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La case de l’Oncle Dom : Non, le tourisme ne profite pas aux pays de destination

L’édito de Dominique Gobert


Rédigé par Dominique Gobert le Lundi 12 Février 2018

C’est un vrai bonheur d’avoir la chance d’écrire au calme, un œil sur Chien Charly qui surveille les oiseaux venus chercher pitance sous un sapin, la neige égaillant ses flocons dans une nature apaisée. Un environnement qui ne demande rien d’autre que de continuer à vivre…



il suffit de dire respectueux de l’environnement et des beautés de notre planète. Eco responsable, ça ne veut rien dire, c’est même très con ! - photo : domaine public
il suffit de dire respectueux de l’environnement et des beautés de notre planète. Eco responsable, ça ne veut rien dire, c’est même très con ! - photo : domaine public
Introduction bucolique, vous étonnez-vous ? Peut-être, mais ne suffit-il pas simplement de laisser la nature vivre tranquille, au rythme des saisons et pour nous, pauvres humains, de respecter son devenir.

Chez moi, les arbres vivent, mais meurent aussi de leur belle vie, les oiseaux aquatiques s’installent, le temps d’une saison ou d’un passage sur leur plan d’eau. Chien Charly observe aussi, croquant, de ci de là un vieux pigeon, histoire de montrer qui est le boss !

Marrant et pas besoin de clamer à outrance un besoin insupportable de s’auto-proclamer « éco-responsable ». Il suffit de vivre naturellement, c’est pourtant simple !

Tout ça me vient à l’esprit en lisant le récent sondage publié par mon pote Nadir, Jean-Pierre, le type qui parle plus vite qu’une mitrailleuse vendue à l’Arabie Saoudite par nos bons marchands d’armes…

Dans le sondage d’Easyvoyage, il appert (mais oui, c’est français) que la majorité des voyageurs français sont assez d’accord pour « tester un voyage éco-responsable » mais que (en gros et je résume), ils ne veulent pas que ça coûte plus cher.

Ben tiens, ça ne surprend pas vraiment.

Dans l’entretien qu’il a accordé à nos confrères de l’Echo Touristique, ce bon Jean-Pierre, rendant quand même un hommage appuyé à Voyageurs du Monde, reconnait que les tour-opérateurs ne sont quand même pas encore au top pour ce qui est de programmer des voyages écolos. En fait, il suffit de dire respectueux de l’environnement et des beautés de notre planète. Eco responsable, ça ne veut rien dire, c’est même très con !

Dominique Gobert
Dominique Gobert
J’aime bien aussi son plaidoyer pour que, je cite « les pros du tourisme s’engagent vraiment à commencer par les hôteliers ». En même temps, et le l’ai déjà affirmé depuis longtemps, c’est bien de compenser « financièrement » les émissions de CO², mais finalement, c’est en gros « acheter » un permis de polluer. Il existe d’ailleurs des officines extrêmement lucratives qui « échangent » contre monnaie sonnante et trébuchante, des permis d’émettre du CO²… Authentique !

C’est super, cher Nadir, d’encourager et je cite encore « Les hôtels devraient récupérer les eaux de pluie, mieux payer leurs employés dans les pays en voie de développement, accueillir les enfants du personnel le mercredi pour qu’ils jouent avec ceux des voyageurs. Ce serait autrement plus intéressant que d’emmener les touristes en autocar jusqu’à l’école locale pour quelques selfies. Il faudrait aussi que les produits locaux approvisionnent les buffets. S’il n’y en a pas, pourquoi ne pas créer une filière ».

Certes. Récupérer l’eau de pluie, je dis pas, ça coûte pas cher. Mieux payer les employés dans les pays en voie de développement ? Roooh ! Ben, allez dire ça à toutes ces chaînes hôtelières qui dégagent justement de très belles marges… Et allez dire ça à tous ces marchands de clubs industriels qui n’hésitent pas à matraquer les hébergeurs sur leurs tarifs ? On se souvient encore d’un Wathier qui avait proclamé unilatéralement et sans discussion une réduction de 5% sur les tarifs accordés à ses hôteliers…

Accueillir les enfants du personnel pour qu’ils jouent avec les enfants des touristes ? Grand fou, va… Laisser des enfants issus des villages alentours se baigner dans la grande piscine ? Caramba…

Non, Jean-Pierre, c’est trop beau, mais vous savez bien que c’est loin d’être réaliste. Combien de clients, sur la masse que cherchent à développer les TUI, Thomas Cook et autres supermarchés des touristes seront sensibles à ce qui n’est qu’une découverte naturelle et humaniste ?

C’est super et j’approuve totalement, mais vous vous gourez complètement. Seule réalité, dans vos propos, « le tourisme ne profite pas aux pays de destination » !

Dommage.

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1.Posté par Pat44 le 13/02/2018 09:01 | Alerter
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Une fois n’est pas coutume : complètement d’accord cher Dominique

2.Posté par Valérie GUEDET le 13/02/2018 11:27 | Alerter
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Bonjour,
Pour ma part je serais moins catégorique : une offre alternative existe, elle n'a sans doute pas vocation à inonder le marché face à celle qui "ne profite pas aux pays de destination", mais le fait d'en proposer une lecture prouve bien qu'elle est perceptible et suscite le questionnement. Il est des clients (et avant eux, des professionnels), qui cherchent à travers le tourisme, cet "autre chose" rendant le voyage différent : sont alors (solli)citées des notions qui ne relèvent pas du même champs comme le voyage écolo, la compensation carbone ou la récupération des eaux de pluie, soit notre rapport à la planète ; des employés mieux rémunérés à destination, soit une donnée sociale ; l'accueil des enfants du personnel au contact des touristes ou la visite d'une école (avec un projet qui ne s'arrête pas au selfie, of course), soit un angle sociétal ; le tout regroupé sous le vocable imprécis de voyage éco-responsable (que d'autres appellent aussi durable, équitable, c'est selon) et dans lequel l'axe sur les filières de produits locaux trouve également sa place. C'est moins une affaire de lexique qu'une aspiration profonde de clients qui, versatiles, achètent de plus en plus nombreux sans inverser encore la vapeur, leur voyage comme tout autre produit : un Bio tout comme un 1er prix. Il n'est dès lors pas irréaliste de penser qu'aux rennes de son caddie, le client du supermarché soit toujours plus sensible à ce que nous, professionnels, saurons lui proposer.
Belle journée à toutes et tous.
https://www.linkedin.com/in/valérie-guédet-37773554

3.Posté par Jean-Pierre Nadir le 13/02/2018 12:04 | Alerter
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Bonjour Dominique,

Enfin la consécration ! Un édito de la Case de l'Oncle Dom qui m'est dédié ;-) ...
Privilège partagé avec le sondage Easyvoyage, les hôteliers, les TO... ;-)

Au final, nous avons à peu près les mêmes convictions, semble-t-il, si ce n'est que toi tu sembles penser que c'est une cause perdue là où moi je sens un frétillement, voire un intérêt, voire des initiatives du type produits d'immersion avec Comptoir des Voyages, ou des produits de rencontres avec les populations locales de Kappa Club qui cherchent à élargir le concept hôtelier du Club à toute la destination environnante.

Au final ce qui est important c'est que le sujet soit au centre des discussions, merci donc au travers de cette chronique de donner un éclairage à ce sujet. Et évidemment à dispo pour développer avec toi ma réflexion sur la répartition de valeurs entre opérateurs et destinations.

Jean-Pierre Nadir

4.Posté par DOMINIQUE GOBERT le 13/02/2018 12:24 | Alerter
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Oui cher Jean-Pierre, nous sommes assez proches. Effectivement, les initiatives, particulièrement de la part de Kervella et ses clubs qui proposent, sans ostentation aucune, une vraie rencontre avec les cultures et les populations sont encourageantes et je n'aurai de cesse que de les soutenir.
D'accord aussi avec Valérie Guedet dans l'ensemble. Le client!
En revanche, et je ne les ai pas cité, ton "appréciation" d'ATR ne me satisfait pas. Soit on monte "un business", soit on agit vraiment!
Amitiés

5.Posté par capestan le 13/02/2018 14:38 | Alerter
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Bonjour Dominique,
On va se le faire ce déjeuner décidément, car non la compensation CO2 n'est pas qu'une compensation financière, ou un droit de polluer. C'est de la reforestation , donc des plantations qui absorbent le CO2 émis dans l'atmosphère. Ces plantations s'agissant de reforestations de mangroves par ex peuvent avoir aussi d'autres impacts écologiques sur la biodiversité, mais aussi économiques et sociaux (pêche, cultures etc.). cela sera difficile mais je ne désespère pas de te convaincre du bien fondé de ces démarches et de celles d'ATR.
A bientôt donc.

6.Posté par Jean-Pierre Nadir le 13/02/2018 15:13 | Alerter
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Si déjeuner, j'en suis les amis!

Et vous Valérie?

7.Posté par Valérie GUEDET le 13/02/2018 15:51 | Alerter
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Je débattrai avec le plus grand plaisir de ce sujet, aux côtés des puristes, rigoristes et autres progressistes car nous parlons bien de la première industrie au monde. Autant dire que les discussions ne manqueront pas d'être tout à la fois passionnantes et animées. Peu importe, pourvu qu'elles soient constructives.

8.Posté par idress le 14/02/2018 12:59 | Alerter
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Bonjour Cher Dominique Gobert


Vos commentaires, ainsi que celui de JP NADIR, laisse à penser que Kappa Club est l'inventeur des rencontres de touristes et populations locales. Il n'en est rien.......cela fait des années que cela se fait dans notre metier. Alors, soit vous venez d'arriver soit vous ne connaissez que peu d’opérateurs de voyages. En effet, beaucoup produisent et vendent ces rencontres, sur plein de destinations. Mon Cher Dominique Gobert, Mon Cher JP Nadir.......sortez de vos bureaux !!!!!!

La rencontre avec des populations locales est l'essence meme du voyage : sinon, ce sont des vacances.

Ce qui ne permet pas aux populations locales de profiter de la valeur , c'est justement le concept ALL INCLUSIVE. Pourtant, c'est ce que vend Kappa Club : Ou va la valeur ???? dans les poches de la population locale ??? surement pas !!!


Merci de votre attention

bien à vous

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