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En mars, les emm... et ça repart ! [ABO]

l'édito de Céline Eymery


Mars serait-il devenu le mois des galères pour le tourisme ? Entre l’éruption du volcan islandais en 2010, la pandémie de Covid-19 en 2020 et les tensions géopolitiques actuelles, les professionnels du voyage se retrouvent une nouvelle fois en première ligne et doivent prévoir l’imprévu...


Rédigé par le Lundi 16 Mars 2026 à 07:41

En Mars, les ennuis... ça repart ! - Depositphotos.com Auteur SergeyNivens
En Mars, les ennuis... ça repart ! - Depositphotos.com Auteur SergeyNivens
Faut-il supprimer mars du calendrier des pros du tourisme ?

Rappelez-vous, nous sommes en mars 2010. Le volcan islandais Eyjafjallajökull se réveille doucement. Un mois plus tard, des millions de passagers sont bloqués à destination ou dans les aéroports européens.

104 000 vols ont été annulés au plus fort de la crise, entre le 15 et le 22 avril 2010, soit 48% du trafic prévu sur huit jours, avec un pic à 80% le 18 avril 2010, selon Eurocontrol. Environ 10 millions de passagers restent plantés sur le tarmac.

Le trafic aérien est au point mort, les avions restent cloués au sol.

10 ans plus tard, mars 2020, un virus paralyse le monde entier. En France le premier confinement est décrété à partir du 17 mars 2020. Il durera un mois et vingt-cinq jours.

D'autres s'en suivent à la fin de l’année 2020 puis au printemps 2021.

Bilan : là aussi des passagers se retrouvent bloqués à travers le monde. Des frontières se ferment brutalement.

Le monde est face à une crise sans précédent et l'économie mondiale en berne, avec des chiffres d'affaires qui tombent littéralement à zéro.


A chaque fois, les opérateurs de voyage ont répondu présents

Mars 2026, Israël et les Etats-Unis mènent des frappes contre l’Iran.

Les représailles qui suivent sur les monarchies du Golfe paralysent la zone. Vols annulés, voyageurs bloqués, et départs extrêmement compliqués.

Nous n'allons pas vous refaire l'histoire, vous en vivez les conséquences.

Autant dire qu'en mars ça repart toujours. Pas les voyages, les ennuis… et c'est un euphémisme.

Si ces trois événements n'ont pas eu la même intensité - la pandémie de covid-19 reste une crise inédite et sans précédent - ils ont un point commun : mettre à l'épreuve la réactivité, le professionnalisme et la résilience des acteurs du tourisme.

A chaque fois, les opérateurs de voyage ont répondu présent.

Quand le ciel européen s’est vidé après l’éruption du volcan islandais, ils ont trouvé des solutions pour rapatrier des clients ou les assister sur place.

Quand la pandémie de Covid a éclaté, la profession a dû affronter une crise sans précédent : rapatriements massifs, gestion des annulations et des fameux avoirs…

Aujourd’hui, face aux tensions géopolitiques et aux perturbations sur certaines routes aériennes ou destinations, le même réflexe prévaut : anticiper, adapter, sécuriser.

Vous me direz qu'ils n'ont pas vraiment le choix. Le tourisme est une profession réglementée, soumise à de nombreuses obligations légales. Mais dans les moments critiques, la profession est davantage qu'une véritable chaîne de gestion de crise : elle devient une chaîne de solidarité.

Bien entendu il y a des tensions. Des polémiques récurrentes : la gestion des compagnies aériennes qui ne jouent pas le jeu, les relations commerciales compliquées entre voyagistes et agences, ou encore le rôle des prestataires à destination.

En façade on affiche l'union, mais en coulisse on distribue les bons les et mauvais points.

Rappelons qu'en France, la trésorerie est principalement détenue par la distribution, alors que ce sont les tour-opérateurs qui assurent les rapatriements des clients, me glisse un observateur du secteur.

Et à l'heure des comptes, quand on tentera de récupérer une partie de ses petits, cela ne fera pas sans quelques frictions.

Car dans pareil cas, la solidité financière des entreprises devient tout bonnement stratégique.

Les voyagistes n'ont eu d'autre choix que de mettre la main à la poche pour porter assistance à leurs clients, leur trouver des vols retour, sans compter les affrètements effectués avec parfois des sommes à 6 chiffres... le tout dans un contexte d'inflation subite !

Désormais, distributeurs et tour-opérateurs doivent convaincre les Français de réserver leurs prochains voyages.

Car en plus des coûts directs engendrés, le manque à gagner lié au ralentissement des réservations, à l’heure où se profile la saison été, pourrait peser lourdement sur les futurs résultats financiers.

Et ce n'est pas gagné : si l'on en croit les chiffres dévoilés par Protourisme,, Jusqu’à 1,3 million de Français pourraient renoncer à voyager à l’étranger !

Contrairement à l'éruption volcanique de 2010, le risque géopolitique et la perspective d’un conflit armé n’incitent guère à l’évasion.

Comme le répétait Laurent Abitbol, Président de Havas Voyages et Président du directoire de Selectour sur les ondes de France Inter :

"Nous sommes un secteur très résilient. Quand ça repart, ça repart très fort. Si la guerre cesse dans quinze jours ou trois semaines, la demande reviendra. Les gens adorent voyager !"

La méthode Coué ? Peut-être.

Il est vrai que peu d’industries sont capables de repartir aussi vite une fois la tempête passée.

Reste toutefois une inconnue : quand cette nouvelle crise prendra-t-elle fin ?

Céline Eymery Publié par Céline Eymery Rédactrice en Chef - TourMaG.com
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Tags : crise golfe
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