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Quid de l’état et des défis du transport aérien français ? 🔑

rapport d’activités 2023 - 2024 de la FNAM


Le rapport d’activités publié récemment par la FNAM permet, chiffres et commentaires à l’appui, de se faire une idée de l’état du secteur aérien en France. Le Covid est digéré, mais les défis sont énormes et les turbulences politiques pourraient de nouveau obscurcir le ciel du transport aérien français.


Rédigé par le Jeudi 4 Juillet 2024

La FNAM a publié son rapport d'activité qui donne une idée de l'état du transport aérien français et des défis à venir - Crédit : Depositphoto. 06photos
La FNAM a publié son rapport d'activité qui donne une idée de l'état du transport aérien français et des défis à venir - Crédit : Depositphoto. 06photos
Comme chaque année, la FNAM a publié son rapport d’activités qui permet d’avoir, non seulement un état économique du transport aérien français, mais aussi un point sur les grands enjeux et les défis à relever : la transition écologique bien sûr, l’amélioration des performances de la navigation aérienne en France, le social et l’arrivée des Jeux Olympiques de Paris.

Le transport aérien en France, rappelle en préambule la FNAM, c’est 85 000 salariés pour un total de 170 millions de passagers en 2023, soit encore un déficit de 10 millions de passagers par rapport à 2019.


Hausse des coûts et problèmes d’approvisionnement

Le secteur aérien a été confronté à une hausse de l’ensemble de ses coûts et notamment du kérosène après l’agression de l'Ukraine par la Russie et l’aggravation du conflit israélo-palestinien après les attentats terroristes du 7 octobre.

Malgré ce contexte géopolitique anxiogène, la demande n’a pas faibli. Cumulée à la hausse des coûts, nous avons pu constater une très nette hausse du prix des billets.

En moyenne les tarifs aériens au départ de France ont ainsi augmenté de l’ordre de 30% par rapport à 2017 (inflation des prix de 17% sur la même période).

La FNAM souligne que la hausse des tarifs de janvier - février 2024 sur les liaisons domestiques a été largement le résultat de l’annulation contrainte de vols du fait des expérimentations autour de la mise en œuvre du nouveau système de navigation aérienne 4-Flight en France.

On se souvient effectivement que des milliers de vols avaient dû être annulés durant la phase d’expérimentation de ce nouvel outil indispensable.

Rappelons à ce sujet que selon la DNSA (Direction des Services de la Navigation Aérienne), le basculement définitif du dispositif en novembre prochain avec les inévitables besoins d’adaptation dont il aura besoin pourrait bien impacter le trafic pour les vacances de Noël 2024.

Cependant, et actuellement les tarifs stagnent plutôt et sont même en légère baisse sur les liaisons long-courriers internationales.

Autre préoccupation pointée par la FNAM : les problèmes importants au sein de la « chaîne d’approvisionnement » qui peine à satisfaire les compagnies aériennes, se traduisant par des retards de livraisons d’avions, de pièces détachées, moteurs, qui les handicapent et génèrent pour elles des coûts supplémentaires.

Transport aérien française : fiscalité, revenir à la stabilité

La FNAM souligne aussi que 2023 aura vu le secteur aérien remettre au gouvernement, au titre de l’article 301 de la Loi Climat et Résilience, une feuille de route française de décarbonation du secteur aérien permettant d’atteindre la neutralité carbone en 2050.

Selon la fédération, les objectifs de décarbonation du secteur aérien sont atteints dans cette feuille de route par le renouvellement des flottes avec des avions plus sobres en carburant, l’optimisation des opérations aériennes au sol et en vol, l’incorporation massive de carburants d’aviation durables (CAD), et l’introduction d’avions de nouvelles technologies (électrique, hydrogène).

Mais outre le renouvellement des flottes, la décarbonation coûte cher, le secteur doit pouvoir disposer de ses ressources propres et ne voit pas du tout d’un bon œil la nouvelle taxe sur les infrastructures de transport de longue distance (TILD) entrée en vigueur le 1er janvier 2024.

L’imposition de cette nouvelle taxe, en renchérissant le coût d’utilisation des principaux aéroports français à hauteur de plusieurs centaines de millions d’euros sur la période 2024-2027, porte un coup supplémentaire à l’attractivité de la France et à la compétitivité des compagnies aériennes basées sur le territoire national par rapport à certaines compagnies low cost étrangères fréquentant peu ces aéroports.

La FNAM rappelle que le pavillon français perd chaque année, dans la concurrence internationale, un point de part de marché au profit d’opérateurs bénéficiant d’un environnement réglementaire et fiscal plus favorable dans leurs pays d’origine.

La part de marché du pavillon français était ainsi de 39% en 2023 (trafic passagers) tandis que la capacité offerte sur les liaisons intra-européennes n’est plus que de 25%.

D’où cet appel au rétablissement d’un cadre fiscal stable permettant aux compagnies aériennes basées en France de concrétiser leur décarbonation.

Une meilleure gestion du contrôle aérien

Pointées régulièrement du doigt, les grèves des contrôleurs aériens français ont été particulièrement préjudiciables en 2023.

Le coût estimé des grèves des contrôleurs en Europe sur la période 2018-2022 avait ainsi été chiffré par Eurocontrol à 800 M€ dont 624 M€ pour le seul contrôle aérien français.

C’est donc sans hésiter que la FNAM a soutenu la Loi adoptée le 30 décembre 2023 mettant en place un dispositif pour les contrôleurs aériens de déclaration individuelle d’intention de faire grève, pour qu’au moins les compagnies puissent prévoir, anticiper et prévenir leurs passagers.

Elle souhaite également qu’avec ces dispositions, la DGAC puisse mieux préserver les objectifs de trafic, en clair réduire les abattements de vols qu’elle décrète lorsque survient une grève.

La FNAM continue également de plaider pour la mise en place rapide en France d’une autorité de supervision indépendante de la DGAC comme autorité de régulation de la DSNA.

Une proposition qui figurait dans le projet de règlement européen dit « SES2+ », mais a été rejetée à l’initiative notamment des autorités françaises.

Impossible encore aujourd’hui de trouver un accord global pour une gestion centralisée du contrôle aérien, faciliter son déploiement dans une seule entité, pouvant notamment fournir des itinéraires plus directs et gérés plus simplement.

Les dirigeants français et allemand n’ont pas l’air pour l’instant de vouloir abandonner leur souveraineté dans ce domaine.

Mobilisation pour les JO

Enfin, la FNAM rappelle que les Jeux Olympiques constituent une vitrine pour la France et que le secteur aérien s’est pleinement mobilisé pour garantir la réussite de cet évènement.

Le dialogue social avec plusieurs accords de branche signés en 2024 est jugé « de qualité » et devrait préserver les JO d’importants mouvements sociaux dans le secteur de l’aérien.

Une conjoncture très incertaine

Le rapport d’activités de la FNAM dresse un état des lieux qui avait déjà été ébauché le mois dernier, il y a un mois, lors du congrès annuel de la FNAM

Déjà, le Président, Pascal de Izaguirre pointait les défis à relever tels que l’amélioration de la compétitivité, la transition écologique et la poursuite d’un dialogue social constructif.

Mais depuis la parution du rapport de la FNAM, la France est entrée dans une période d’instabilité politique qui pourrait bien rendre encore plus difficile la situation du pavillon français si les extrêmes arrivaient au pouvoir.

Comme un signe, le cours de l’action d’ Air France - KLM a chuté de près de 22% depuis les élections européennes.

Le programme de l’extrême gauche fait craindre pour le secteur de l’aérien une augmentation des taxes et une politique écologique radicale et punitive qui dégraderait encore plus la compétitivité du pavillon français.

Pas mieux avec l’extrême droite et son hostilité à l’Europe, et une politique protectionniste qui à terme pourrait bien mettre en péril l’alliance Skyteam.

Elle devrait également rendre plus difficiles les acquisitions qu'Air France – KLM prévoit comme par exemple la compagnie portugaise TAP.

Ajoutons qu’en 2018, lorsque "l’étranger" Ben Smith a été pressenti pour prendre les commandes d’Air France, entreprise stratégique en grande difficulté, le gouvernement a validé sa nomination. On a vu depuis le résultat.

Qu’aurait fait un chef du gouvernement issu des extrêmes ?

Christophe Hardin Publié par Christophe Hardin Journaliste AirMaG - TourMaG.com
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