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RSE : quelles réglementations et opportunités pour le secteur du tourisme en 2026 ? [ABO]

La chronique de Camille Le Guilloux


Pour les professionnels du tourisme, le début d’année est la période idéale pour remettre la RSE au cœur des priorités. D'autant plus qu'en 2026, le cadre réglementaire devient de plus en plus structurant autour de la transition écologique, des enjeux sociaux et de la performance durable. CSRD, taxonomie européenne, réduction des déchets, sobriété énergétique... Camille Le Guilloux fait le point sur TourMaG.


Rédigé par le Mercredi 7 Janvier 2026

C. Le Guilloux : "Anticiper la RSE, c’est transformer une obligation réglementaire en levier de performance et de résilience" - DepositPhotos.com, ricochet69
C. Le Guilloux : "Anticiper la RSE, c’est transformer une obligation réglementaire en levier de performance et de résilience" - DepositPhotos.com, ricochet69
Le début d’année, c’est ce moment un peu particulier où l’on reprend son souffle, où l’on fait le point, où l’on commence à regarder vers l’avenir et où l’on a mille projets en tête pour les mois à venir !

Pour les professionnels du tourisme, c’est aussi une période idéale pour remettre la RSE au cœur des priorités.

Pourquoi ? Parce que 2026 est déjà là et avec elle, un cadre réglementaire de plus en plus structurant autour de la transition écologique, des enjeux sociaux et de la performance durable.

CSRD, taxonomie européenne, réduction des déchets, sobriété énergétique : derrière ces sigles parfois intimidants se cachent surtout de formidables leviers pour structurer son activité et gagner en impact !

Lire aussi : Comment réussir son bilan RSE et préparer une stratégie 2026 efficace dans le tourisme ?


La CSRD : un nouveau cadre structurant pour le reporting RSE

La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) constitue la réforme majeure en matière de reporting extra-financier.

À partir de 2026, de nombreuses ETI (entreprise de taille intermédiaire) seront directement concernées, et une grande partie des PME (petites et moyennes entreprises) du tourisme le seront indirectement, via leurs clients, partenaires, banques ou donneurs d’ordre.

Concrètement, la CSRD demande aux entreprises :

- un reporting structuré autour des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) ;

- l’application du principe de double matérialité (impacts de l’entreprise sur la société et impacts des enjeux sociétaux sur l’entreprise) ;

- une approche plus rigoureuse, mesurable et documentée des engagements RSE.

Même sans obligation légale immédiate pour votre structure, anticiper la CSRD permet de gagner en crédibilité, en lisibilité et en cohérence stratégique.

Et bonne nouvelle : ce cadre, loin d’être uniquement contraignant, aide à prioriser les actions réellement utiles et à mieux valoriser ce qui est déjà fait !

La taxonomie européenne : parler le même langage de la durabilité

Complémentaire à la CSRD, la taxonomie verte européenne vise à définir ce qui peut être considéré comme une activité durable sur le plan environnemental.

Elle sert aujourd’hui de référence pour les financeurs, les investisseurs et de plus en plus pour les partenaires économiques.

Pour le secteur du tourisme, cela concerne notamment :

- les projets de rénovation énergétique ;

- la gestion de l’eau et des déchets ;

- les mobilités touristiques ;

- certaines activités de loisirs et d’hébergement.

Même si vous n’êtes pas soumis à une obligation directe, la taxonomie influence déjà l’accès aux financements et la crédibilité des projets. S’y référer, c’est parler le même langage que les investisseurs, les banques et les partenaires.

Transition écologique : des règles… et beaucoup de bon sens

Au-delà du reporting, la transition écologique se traduit par des obligations opérationnelles qui impactent directement le quotidien des professionnels du tourisme.

Parmi les principales réglementations :

- la loi AGEC (anti-gaspillage pour une économie circulaire), qui impose la réduction des déchets, le tri à la source, la fin progressive de certains plastiques à usage unique et le développement du réemploi ;

- les plans de sobriété énergétique, particulièrement sensibles pour les hébergements et équipements touristiques ;

- la montée en puissance des attentes autour du bilan carbone et de la réduction des émissions liées aux transports et aux séjours.

Ces obligations poussent le secteur à revoir certaines pratiques, mais elles ouvrent aussi la voie à des économies, à l’innovation et à des offres plus responsables, en phase avec les attentes des voyageurs.

Obligations sociales et sociétales : remettre l’humain au cœur du tourisme

Impossible de parler RSE sans évoquer les enjeux sociaux et sociétaux, particulièrement forts dans le tourisme.

Les entreprises du tourisme sont de plus en plus attendues notamment sur :

- l’égalité professionnelle et la lutte contre les discriminations ;

- la qualité de vie au travail, la prévention des risques et la santé mentale (grande cause nationale en 2025) ;

- l’accessibilité des établissements, des infrastructures et des offres ;

- l’ancrage territorial, le soutien à l’économie locale et les partenariats responsables.

Ces sujets ne sont pas accessoires : ils influencent directement l’attractivité des métiers, la fidélisation des équipes et la qualité de l’expérience proposée aux clients.

Changer de regard : la RSE comme moteur de performance

Oui, les réglementations RSE se multiplient ! Et face à cette accumulation de textes et d’exigences, la tentation peut être de voir la RSE comme une contrainte supplémentaire.

Pourtant, anticiper ces évolutions et les intégrer dans sa stratégie comme un « outil de pilotage » a de nombreux avantages comme :

- sécuriser ses projets et ses financements ;

- réduire certains coûts (énergie, déchets, ressources) ;

- renforcer sa marque employeur et se différencier sur un marché concurrentiel ;

- répondre aux attentes croissantes des voyageurs en quête de sens !

La rentrée RSE, c’est avant tout une invitation à prendre de l’avance, pas à subir, et construire un modèle plus résilient face aux défis à venir !

À retenir pour les pros du tourisme

- la CSRD est centrale, mais elle s’inscrit dans un cadre réglementaire plus large ;

- la taxonomie européenne influence déjà l’accès aux financements et la crédibilité des projets ;

- les obligations liées à la transition écologique sont concrètes et opérationnelles ;

- les enjeux sociaux et sociétaux sont devenus incontournables dans un secteur humain ;

- anticiper la RSE, c’est transformer une obligation réglementaire en levier de performance et de résilience.


Entamer une nouvelle année est toujours synonyme de bonnes résolutions, c’est donc le moment parfait pour poser les bases d’une stratégie RSE claire, réaliste et engageante. Prêt·e pour 2026 ?

Retrouvez tous les articles de Camille Le Guilloux en cliquant ici.

Camille Le Guilloux - DR
Camille Le Guilloux - DR
Experte Marketing Responsable, Camille Le Guilloux s’est donné pour mission d’inspirer, outiller et guider les entreprises vers des pratiques plus éthiques et durables du marketing.

Devenue infopreneur à impact et animatrice de différents ateliers RSE de sensibilisation (Fresque du Climat, Atelier 2 tonnes, Fresque Océane, Fresque des Nouveaux Récits), elle accompagne aujourd'hui les entreprises et les étudiant·es en école de Commerce à mettre en place des stratégies performantes et responsables !

Site web : www.kerezenn.com


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