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À l'aube de ses 65 ans, Voyages Eurafrique accélère sa diversification [ABO]

Le point avec Philippe Korcia, directeur général de Voyages Eurafrique


À l’approche de ses 65 ans en 2027, le Groupe Voyages Eurafrique poursuit sa transformation. Entre montée du MICE, intégration de l’hôtellerie, enjeux technologiques et pression sur la rentabilité, son directeur général, Philippe Korcia, détaille les leviers de développement d’un acteur indépendant solidement ancré sur le segment B2B.


Rédigé par le Vendredi 20 Février 2026 à 07:34

« Fournir une offre globale - transport, hébergement, technologie et accompagnement - est aujourd’hui la clé pour répondre aux attentes des entreprises et continuer à se développer durablement sur le business travel », affirme Philippe Korcia - Photo : Voyages Eurafrique
« Fournir une offre globale - transport, hébergement, technologie et accompagnement - est aujourd’hui la clé pour répondre aux attentes des entreprises et continuer à se développer durablement sur le business travel », affirme Philippe Korcia - Photo : Voyages Eurafrique
Acteur historique du voyage d’affaires, le Groupe Voyages Eurafrique revendique, à bientôt 65 ans, une longévité rare sur le marché français.

Le modèle du groupe reste clairement orienté corporate. En 2025, l’entreprise a réalisé 45 millions d’euros de chiffre d’affaires (hors incentive), avec une organisation articulée autour d’un grand plateau à Aix-en-Provence, complété par plusieurs points de vente loisirs à Aix, Marseille et Cagnes-sur-Mer.

Néanmoins, Voyages Eurafrique a choisi de diversifier ses sources de revenus.

« Nous connaissons aussi un fort développement sur le MICE, précise son dirigeant, Philippe Korcia. Les entreprises ont besoin de se voir, d’échanger. Nous organisons de plus en plus de team buildings et de réunions de motivation pour les grands groupes », observe-t-il.

L’incentive et l’événementiel représentent environ 8 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Aussi, le positionnement sur des opérations d’envergure renforce la crédibilité B2B de l’entreprise. « Avant, on faisait beaucoup de petites conventions. Aujourd’hui, les grandes entreprises s’appuient sur nous. On a par exemple organisé une très belle convention de grande ampleur l’an dernier et une autre est prévue au Maroc. »


L’intégration de l’hôtellerie, un levier stratégique pour l’offre corporate

Egalement, depuis 2019, le groupe a engagé une diversification vers l’hôtellerie, en cohérence avec les besoins des clients entreprises.

« Nous nous sommes lancé dans l’hôtellerie en 2019 et avons maintenant deux hôtels, dont un 5 étoiles de 135 chambres à Marseille et un 4 étoiles de 72 chambres à Aix », indique Philippe Korcia.

L’objectif est clair : maîtriser davantage la chaîne de valeur du déplacement professionnel.

« Le fait de posséder nos hôtels nous aide à nous développer sur les séminaires et incentives. Nous pouvons proposer des packages avec qualité de service et prix compétitif, ce qui est essentiel pour nos clients entreprises. »

Dans cette logique, un projet d’acquisition d’un hôtel à Paris est à l’étude, ciblant un hôtel 3 étoiles d’une cinquantaine de chambres.

Car la vision du chef d'entreprise est claire : « Fournir une offre globale - transport, hébergement, technologie et accompagnement - est aujourd’hui la clé pour répondre aux attentes des entreprises et continuer à se développer durablement sur le business travel. »

Une croissance portée par l’organique plutôt que par l’acquisition

Malgré un marché en consolidation, le groupe privilégie pour l’instant la croissance organique.

« Pour l’instant, nous ne sommes pas dans l’optique de racheter des entreprises, mais plus sur une croissance organique », affirme Philippe Korcia, tout en laissant la porte ouverte à des opportunités ciblées. « Si une opportunité se présente dans le business travel, je reste en éveil. »

Autre évolution notable : la digitalisation accélérée des ventes.

« 70% de notre chiffre d’affaires est réalisé en online aujourd’hui », précise le dirigeant.

Mais cette mutation digitale pose une question clé de rentabilité : « La rentabilité du business travel doit se faire par l’augmentation du volume, notamment avec tous les outils online. »

Pression économique et enjeux de trésorerie : les inquiétudes du secteur

Philippe Korcia alerte sur plusieurs sujets structurants pour 2026-2027, notamment le règlement du BSP.

« Si les prélèvements se font à la semaine, cela va créer des décalages de trésorerie importants pour les agences de voyages », prévient-il.

Il plaide pour une adaptation des compagnies aériennes : « Il faut qu’elles acceptent davantage les paiements par cartes pour maintenir des délais de paiement raisonnables pour les agences. »

Lire aussi : Règlement BSP : vers la fin de l’exception française ?

La facturation électronique, prévue pour 2026, constitue également un chantier majeur.

« Nous serons prêts, mais il ne faut pas que cela devienne une usine à gaz qui génère encore plus de coûts pour les entreprises », estime-t-il.

Lire aussi : Facturation électronique : tout ce que vous devez savoir !

Ferroviaire, concurrence et évolution des usages corporate

Sur le transport, le basculement modal vers le train est désormais très visible au sein de l’entreprise.

« Sur la ligne Marseille-Paris, on est passés de 70% d’avion à 80% de train en quelques années », constate Philippe Korcia.

L’arrivée de nouveaux opérateurs renforce la concurrence tarifaire : « Trenitalia propose pour l’instant des prix plus compétitifs avec un service VIP apprécié des entreprises, mais propose moins de rotations. »

Face à cette évolution, il appelle à une réaction plus commerciale de l’opérateur historique. « La SNCF doit être plus volontariste sur les prix et la relation avec les clients entreprises.

On ne peut plus avoir des allers-retours Marseille-Paris à 400 ou 500 euros dans un contexte où les entreprises réduisent leurs dépenses »
, affirme Philippe Korcia.

NDC, IA et techno : vers une agence augmentée

Sur le plan technologique, le groupe investit fortement dans l’innovation et l'intelligence artificielle, en lien avec les GDS et les SBT.

« On travaille énormément à remettre la techno au cœur de l’agence et à intégrer l’IA dans l’entreprise dans sa globalité », explique le directeur général d'Eurafrique, pilote sur l’IA chez Amadeus.

L’objectif n’est toutefois pas de remplacer l’humain, mais de renforcer la valeur de service.

« Notre but est de faire de l’IA tout en gardant la qualité de service. C’est l’ADN du Groupe Eurafrique : service au client avec une technologie à jour. »

Concernant la NDC, la montée en puissance est progressive : « Notre taux de ventes en NDC augmente, mais nous avons encore des problématiques de modification de dossiers et les tarifs ne sont pas toujours meilleurs que via le GDS. »

Ressources humaines : un enjeu critique pour le business travel

Le recrutement reste l’un des défis majeurs du secteur.

« Ce qui nous inquiète, c’est la difficulté à trouver des collaborateurs. Les jeunes s’engagent moins dans les métiers du tourisme, qui ne sont pas toujours très bien rémunérés », constate Philippe Korcia.

Le groupe mise sur l’alternance et les partenariats écoles pour renouveler les compétences, notamment sur les plateaux corporate nécessitant une maîtrise des outils GDS.

« Il faut absolument donner envie, continuer la formation et être proche des écoles. Sinon, nous perdrons le savoir-faire métier au profit des chatbots et de l’IA », conclut le chef d’entreprise.


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