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Week-end chic à Hammamet, autour de La Badira 🔑

La Badira est, en Tunisie, l'unique membre du prestigieux réseau hÎtelier "Leading hotels of the world".


Ave ses 130 suites, toutes avec vue sur la Méditerranée, ses terrasses, ses piscines extérieures, sa longue plage dorée, l'hÎtel La Badira s'affiche comme le plus luxueux hÎtel de Hammamet, la grande station balnéaire au sud de Tunis. Un lieu idéal pour décompresser puis partir à la découverte de quelques "musts" de la culture tunisienne.


Rédigé par le Jeudi 1 Juin 2023 à 00:05

A La Badira, l'ombre joue avec la lumiĂšre

La Badira s'affiche comme l'hĂŽtel le plus luxueux de Hammamet - Photo La Badira
La Badira s'affiche comme l'hĂŽtel le plus luxueux de Hammamet - Photo La Badira
La porte blanche à deux battants s'ouvre et le visiteur pénÚtre dans un univers fait de pureté et de blancheur.

InstallĂ©e dans un quartier rĂ©sidentiel de Hammamet oĂč le rouge, le rose, le jaune et le violets des bougainvilliers colorent les murs blancs des belles propriĂ©tĂ©s, La Badira s'affiche comme l'hĂŽtel le plus luxueux de Hammamet en Tunisie.

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Au bout d'une longue colonnade blanche, son immense terrasse s'ouvre sur l'infini de la Méditerranée qu'ourle, en contrebas, une plage de sable blond.

Dans les vastes espaces du rez-de-chaussée, le blanc inonde les murs, la lumiÚre joue avec l'ombre et avec les claustras en bois ou en fer forgé, les luminaires ajourés sont noirs, comme, parfois, les tours des portes. Le nom de l'hÎtel n'a été choisi par hasard : Badira signifie "resplendissante comme la pleine lune" en arabe.

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Si La Badira a opté pour un décor épuré, avec à peine, ici et là, une touche de décoration orientale, elle invite aussi le visiteur à plonger dans l'univers du voyage de la premiÚre moitié du XXe siÚcle, une période ou de nombreux peintres et écrivains, séduits par la lumiÚre et la beauté d'Hammamet en firent un lieu de résidence privilégie, assurant sa renommée internationale. Un juste retour des choses car cette ville a alors inspiré Jean Cocteau, Paul Klee ou August Macke.

Des photos jaunies de "Tunis La Blanche" et de la Médina (vieille ville) d'Hammamet viennent rappeler le temps passé. Tout comme les vieilles affiches touristiques de style colonial vantant les circuits nord-africains du Touring-Club de France. Et aussi plusieurs malles anciennes en bois et cuir.


Mouna, femme de coeur et de tĂȘte

Mouna Ben Halima a pris la relĂšve de son pĂšre  (Photo Paula Boyer)
Mouna Ben Halima a pris la relĂšve de son pĂšre (Photo Paula Boyer)
La Badira est intimement liĂ©e Ă  l'histoire de Mouna ben Halima. A 25 ans, alors qu'elle venait juste de terminer ses Ă©tudes de gestion Ă  Paris, elle a dĂ» prendre la suite de son pĂšre, dĂ©cĂ©dĂ© prĂ©maturĂ©ment, Ă  la tĂȘte de l'entreprise familiale de promotion immobiliĂšre et hĂŽtellerie.

Pendant la "rĂ©volution du Jasmin" qui a mis Ă  bas la dictature du prĂ©sident Zine el-Abidine Ben Ali, cette femme de tĂȘte et de cƓur s'est engagĂ©e aux cĂŽtĂ©s des pro-dĂ©mocratie, puis a fondĂ© avec d'autres bĂ©nĂ©voles, Tounsa.

Avec cette association d'Ă©ducation civique, elle a sillonnĂ© en bus les campagnes tunisiennes pour aller Ă  la rencontre des laissĂ©s pour compte et les inciter Ă  voter.... Elle a alors dĂ©couvert Ă  quel point les rĂȘves de dĂ©mocratie Ă©taient ceux d'une Ă©lite, Ă  quel point aussi beaucoup de Tunisiens vivaient dans une extrĂȘme pauvretĂ©.

Quand elle est revenue Ă  ses affaires familiales, fin 2012, Mouna Ben Halima avait en tĂȘte qu'il Ă©tait de son devoir d'investir dans l'Ă©conomie et de crĂ©er des emplois. Elle savait aussi que du temps de Ben Ali, le tourisme tunisien centrĂ© sur une hĂŽtellerie moyenne gamme et "all inclusive", souffrait d'une image mĂ©diocre. Elle a fait le pari de contribuer Ă  Ă©lever les standards de l'hĂŽtellerie locale.

Son retour a donc pris la forme d'un projet d'hĂŽtel de luxe, Ă  Hammamet.

HÎtel La Badira : 130 suites avec vue sur la Méditerranée

Décor blanc et beige pùle pour cette suite Junior de La Badira (Photo La Badira)
Décor blanc et beige pùle pour cette suite Junior de La Badira (Photo La Badira)
Pour faire La Badira, Mouna Ben Halima n'est pas partie de zéro. Elle a en effet conservé la structure d'un 4 étoiles que son pÚre possédait sur place, mais elle l'a entiÚrement transformé.

C'est seulement aprÚs un an et neuf mois de travaux pharaoniques que La Badira a été inaugurée, à la fin décembre 2024. Une petite merveille avec ses 120 suites junior, ayant, toutes, vue sur la Méditerranée. Pour que cela soit possible, l'architecte a dû ruser : il lui a fallu concevoir des chambres tout en longueur, à demi-ouvertes sur l'espace salle de bain. La vue sublime, l'espace, la décoration dans des tons blancs ou beige pùle font oublier cet inconvénient.

S'y ajoutent 10 suites d'exception dont 6 suites "Légendes" de 160 m2, évoquant chacune l'univers d'un des artistes tombés sous le charme d'Hammamet au XXe siÚcle, par exemple les peintres Paul Klee et August Macke, l'actrice Claudia Cardinale, l'aristocrate et dandy roumain Georges Sebastian, l'Américaine Wallis Simpson ou encore l'écrivain français Jean Cocteau. Chacune a une décoration unique qui évoque l'univers de la personnalité à laquelle elle est dédiée et possÚde sa propre piscine privée.

Lire aussi : "En Tunisie, la reprise du tourisme devrait se confirmer en 2023"

Soucieux d'attirer une clientÚle d'affaires, La Badira s'est également équipée d'imposantes salles de réunions et de banquets. Ces espaces, généreux, peuvent aussi héberger des mariages et autres événements spéciaux.

Installée dÚs mon arrivée dans une suite junior, c'est d'abord l'envie de m'asseoir dans un fauteuil sur le balcon qui m'a pris. Pour regarder tranquillement la Méditerranée. Un moment de pur bonheur.

Saveurs tunisiennes

Les saveurs tunisiennes sont la spécialité du restaurant Adra (Photo La Badira)
Les saveurs tunisiennes sont la spécialité du restaurant Adra (Photo La Badira)
Un peu plus tard, ce sont les espaces du rez-de-chaussée qui attirent : bibliothÚque, coins cheminée, bar à cocktails et fauteuils ou divans douillets installés dans des recoins vitrés à l'allure d'alcÎves. Chaque soir, j'y suis donc restée un moment pour papoter devant un verre, avant d'aller dßner.

Pour le premier soir, rendez-vous dans l'un des deux restaurants signature de La Badira : Adra affiche un cachet local bien à lui et revisite la gastronomie tunisienne, avec une touche de modernité. Pas de doute cependant : on est bien au bord de la Méditerranée et l'offre de produits de la mer est abondante et inventive.

Pour ce premier dßner sur le sol tunisien, cela a donc été un carpaccio de poulpe en entrée. Il a été suivi d'un bar farci aux épinards et à la ricotta, parfaitement cuit et rehaussé de saveurs subtiles. Un assortiment de fruits de saison est venu fort à propos couronner ce repas.

Une plaine immense peuplée d'oliviers

Depuis le village haut-perché de Takrouna, la vue est époustouflante sur la plaine peuplée d'oliviers (Photo Paula Boyer)
Depuis le village haut-perché de Takrouna, la vue est époustouflante sur la plaine peuplée d'oliviers (Photo Paula Boyer)
Si La Badira est un lieu idéal pour décompresser. Elle l'est également pour partir à la découverte d' une Tunisie restée plus authentique que celle de ses stations balnéaires tant appréciées des touristes étrangers.

PersuadĂ©e que les richesses culturelles et les sites archĂ©ologiques de son pays mĂ©ritent d'ĂȘtre mieux connues, Mouna Ben Halima s'emploie d'ailleurs Ă  encourager leurs dĂ©couvertes. La Badira propose Ă  ses clients des sĂ©jours thĂ©matiques Ă  des prix qui reflĂštent le "luxe abordable" dont peut, Ă  bon droit, se prĂ©valoir cet hĂŽtel.

Par exemple un séjour intitulé "Patrimoine culinaire et culturel" de 4 jours (650 euros par personne, vol non inclus) qui comprend le transfert depuis l'aéroport de Tunis, trois nuits à La Badira, un soin dans son Spa, une escapade sur les hauteurs d'Hammamet avec un cours de cuisine dans un gßte rural, ensuite une découverte d'Hammamet ville, puis le lendemain une visite des vestiges de la cité antique de Carthage et une promenade dans le pittoresque village de Sidi Bou Saïd qui surplombe la Méditerranée.

Autre proposition Ă  tonalitĂ© culturelle de La Badira, un sĂ©jour de quatre jours (720 €, vol non compris) sur le thĂšme des "villages mĂ©connus", toujours avec trois nuits Ă  La Badira et un soin dans son Spa.

En compagnie de Slim Ajabi, un guide Ă©rudit et merveilleusement francophone recrutĂ© par La Badira, la visite que j’ai faite de quelques-uns de ces villages s'est rĂ©vĂ©lĂ©e particuliĂšrement intĂ©ressante.

Cet homme, en effet, est intarissable sur les diverses civilisations (phĂ©nicienne, carthaginoise, romaine, byzantine, etc.) qui se sont succĂ©dĂ© sur ce territoire Ă  l'origine peuplĂ© de BerbĂšres. Il ne laisse rien ignorer non plus de la conquĂȘte de la Tunisie par les Arabes Ă  partir du VIIe siĂšcle, de la tutelle plus tard de l'empire ottoman, de l'arrivĂ©e des Français ni des premiĂšres annĂ©es de l'indĂ©pendance sous la conduite de Habib Bourguiba...

AprĂšs trois quart d'heure de route
dans une plaine immense et aride peuplée d'innombrables oliviers, d'orangers et de champs de légumes, de petits bourgs faits de maisons blanchies à la chaux et de touffes de figuiers de barbarie en fleurs, une route pentue grimpe jusqu'à un gros piton rocheux. C'est là que s'accroche le village de Takrouna.

De là-haut, la vue est à couper le souffle -et ce n'est pas juste une formule !- sur la plaine, sur le golfe de Hammamet, sur Hergla, Sousse, Zaghouan ainsi que la plaine de Kairouan ! Un autre monde à portée de regard.

Pain "tabouna" et "kilim de torchon"

Hamida plaque les galettes sur les parois intérieures du four chauffées à blanc (photo Paula Boyer)
Hamida plaque les galettes sur les parois intérieures du four chauffées à blanc (photo Paula Boyer)
A la fin du Moyen-Age, explique Slim Ajabi, les rochers oĂč s'aggrippe Takrouna ont servi de refuge Ă  des familles de mauresques fuyant l’Espagne alors reconquise par les Rois catholiques, Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille.

Malheureusement, depuis, la dureté de la vie a fait fuir beaucoup d'habitants. En 2014, ils étaient encore 600. L'éboulement d'un immense rocher, il y a deux ans, en a découragé d'autres. Aujourd'hui, restent seulement deux familles.


Dans la cour qu'enserrent plusieurs maisons basses, une femme, pourtant, s'active. Hamida qui, ce matin-lĂ , a pĂ©tri la farine avec de l'eau, s'apprĂȘte Ă  faire cuire le pain traditionnel rond et plat appelĂ© "tabouna", en le plaquant sur les parois intĂ©rieures d'un four artisanal chauffĂ© Ă  blanc.

Elle poursuit sa besogne sans s'inquiéter de notre présence mais lorsque les galettes sont cuites, elle nous invite à sa table pour le goûter. Trempé dans de l'huile d'olive et accompagné d'une poignée de petites olives, c'est un régal.

Pour joindre les deux bouts, Hamida tisse aussi des tapis Ă  partir de tissus et vĂȘtements de rĂ©cupĂ©ration. "Nous appelons cela du "kilim chouelek", autrement dit "kilim de torchon", explique Slim Ajabi.

Le fils unique de Hamida vit maintenant en France, chez une tante. A Takrouna, elle n'a plus que sa mĂšre et une soeur. Hamida ne se fait pas prier pour parler des difficultĂ©s du quotidien, aggravĂ©es par "l'inflation Ă  deux chiffres". Cela n'empĂȘche pas cette femme que la vie n'a manifestement pas mĂ©nagĂ©, de sourire et d'ĂȘtre accueillante. Elle est l'un des visages de cette Tunisie plus authentique que la propriĂ©taire et directrice de La Badira rĂȘve de mieux faire connaĂźtre.

La résistance de Zriba-la-haute

Dans les rues de  Zriba Olya (Photo Paula Boyer)
Dans les rues de Zriba Olya (Photo Paula Boyer)
Un peu plus loin, entre deux pitons rocheux, s'élÚve le village berbÚre de Zriba Olya, autrement dit " Zriba-la-Haute". "Ce village a deux siÚcles, explique Slim Ajabi. Il date de l'époque ottomane".

Au loin, les 1300 mÚtres du mont Zaghouan barrent de bleu-gris l'horizon. La mine de fluor, plomb et zinc qui, longtemps, a fait vivre bien des familles est désormais fermée. Reste l'élevage de moutons, l'agriculture et pour beaucoup, la pauvreté.

Au pied des deux pics rocheux entre lesquels a Ă©tĂ© construit Zriba Olya, s'Ă©tend Zriba-le-Bas, une citĂ© thermale rĂ©putĂ©e, amĂ©nagĂ©e autour de sources naturelles chaudes, crĂ©e de l'animation, donne de l'emploi, fait vivre des commerces. En revanche, sur les hauteurs arides de Zriba Olya oĂč les toits des maisons sont arrondis pour que la moindre goutte d'eau puisse ĂȘtre rĂ©cupĂ©rĂ©e, il reste seulement quelques familles.

Ce matin de mai, il ne semble pas y avoir ùme qui vive. Pourtant, au milieu des maisons pour partie en ruines, à deux pas de la zaouïa (édifice religieux) dont le toit est couvert de tuiles vernissées en écaille de poisson, un ùne noir est attaché. Et un homme silencieux, sac sur le dos, file dans une ruelle.

Plus loin, sur une placette, un petit café aux tables faites de planches de récupération, est rouvert depuis peu. En l'absence de clients, les deux femmes qui le tiennent -une mÚre et sa fille- déjeunent tranquillement à l'intérieur, tandis que, sur la terrasse, une portée de chatons sollicite l'attention des visiteurs. Décidément, Zriba-la-Haute ne se résigne pas à mourir.


Georges Sebastian, le "Gatsby le Magnifique" de Hammamet

La grande table noire "Ananas" qoccupe toujours sa place au bord de la piscine, désormais vide (photo Paula Boyer)
La grande table noire "Ananas" qoccupe toujours sa place au bord de la piscine, désormais vide (photo Paula Boyer)
AprÚs cette découverte émouvante d'un pays bien différent -et tellement plus authentique - de la Tunisie de carte postale dont se contentent la plupart des touristes, il était temps de déjeuner. Retour donc à Hammamet. Le restaurant Barberousse qui est littéralement posé sur les anciens remparts de la ville, nous attendait pour nous régaler de poissons, de poulpes grillés et de fruits.

L'aprĂšs-midi, balade dans la MĂ©dina, la "vieille ville" de Hammamet, qui s'Ă©tend, au bord de la mer, Ă  la pointe sud de la citĂ© actuelle. Elle est ceinturĂ©e par des remparts, percĂ©s de trois entrĂ©es. Et dotĂ© d'une citadelle construite par les Arabes au XIIĂšme siĂšcle. C’est d'ailleurs ce qui fait son originalitĂ©.

A l'intérieur, un dédale de ruelles plus ou moins étroites, de murs blanchis à la chaux, d'arches parfois peints de blanc et de noir, de portes en bois ou en métal, peintes en bleu ou en ocre, et ornées de motifs géométriques formés avec de gros clous. Leurs contours sont en pierres joliment sculptées.

Dans la MĂ©dina, la vie des familles se dĂ©roule derriĂšre ces portes, Ă  l'abri des regards. En revanche, les boutiques, nombreuses, sont ouvertes sur les rues et proposent imitations de mosaĂŻques romaines, cĂ©ramiques colorĂ©es, vĂȘtements et mille babioles pas toujours de bon goĂ»t.

Il faut marchander un peu, bien sûr, mais ne pas trop s'attarder pour consacrer du temps à la maison de Georges Sebastian.


Cet aristocrate et dandy roumain, sorte de "Gatsby le Magnifique", Ă©tait tombĂ© amoureux fou Hammamet. Il fit construire cette villa aux grands espaces ouverts en 1927, dans un style Art dĂ©co mĂątinĂ© d'influences locales, comme ces voĂ»tes croisĂ©es frĂ©quentes dans les maisons tunisiennes. Du mobilier d'origine, il reste peu d'Ă©lĂ©ments, Ă  l'exception de la grande table noire "Ananas" qui occupe toujours la mĂȘme place au bord de la piscine.

Giacometti, Schiaparelli, Paul Klee, André Gide, Cocteau, Greta Garbo -pour ne citer qu'eux- ont participé à des soirées folles chez Georges Sébastian qui voyageait l'été mais passait l'hiver à Hammamet.

Si Hammamet est devenue célÚbre dans le monde entier, c'est incontestablement à Georges Sebastian et à toutes les célébrités qu'il a reçues, qu'elle le doit.

Le seul Spa by Clarins de Tunisie

Véritable "Spa dans le Spa", le Spa PrivilÚge est équipé d'un espace de soins destiné à ceux qui veulent s'offrir des traitements en duo (Photo La Badira)
Véritable "Spa dans le Spa", le Spa PrivilÚge est équipé d'un espace de soins destiné à ceux qui veulent s'offrir des traitements en duo (Photo La Badira)
Au retour Ă  La Badira, direction le Spa pour se remettre de ce jour de visites et de fatigue.

C'est un Spa by Clarins et c'est le premier et unique centre de bien ĂȘtre de la prestigieuse marque française de cosmĂ©tique en Tunisie.

Doté de 21 cabines de soins et inspiré des thermes cathaginois, équipé aussi de quatre cabines d'hydrothérapie, il joue sur la lumiÚre et sur l'ombre, et semble hésiter entre grand air et cooconing cosy. Sa piscine intérieure chauffée, mi-couverte, mi-ouverte, offre une belle vue sur la Méditerranée, sa vaste salle de fitness, bien équipée, donne sur un jardin ensoleillé.

Ce Spa qui comprend aussi un salon de coiffure, entraßne dans un univers d'inspiration orientale, sensuel, intime et douillet : éclairages tamisés, murs en marbre aux tons gris-roses, sols en mosaïques... Des toiles accrochées aux murs ont été inspirées par les Mille et Une nuits.

En exclusivité sur sa carte, le soin Signature Clarins associe le savoir-faire de Clarins et des produits locaux aux extraits de plantes. Rien de tel pour retrouver de l'énergie.

A preuve, ce soir-là, entre les mains d'une esthéticienne experte, un massage de 50 minutes aux huiles essentielles baptisé "massage équilibre" (coût : l'équivalent de 72 euros) m'a apporté une sensation de détente absolue. ComplÚtement oubliées les tensions musculaires et la fatigue de la semaine.

Juste aprÚs, installée sur un fauteuil avec vue sur la mer, j'ai longuement siroté une tisane en papotant. Au risque d'oublier le dßner ! Je suis arrivée juste à temps au restaurant Kamilah, le second restaurant de La Badira, plus décontracté, plus informel que l'Adra. Situé en bord de piscine, il propose, lui, des plats à l'inspiration méditerranéenne plus large.

Sidi Bou SaĂŻd, "petit paradis blanc et bleu"

Discussion entre amis dans les rues de Sidi Bou SaĂŻd (photo Paula Boyer)
Discussion entre amis dans les rues de Sidi Bou SaĂŻd (photo Paula Boyer)
Avant la fin de mon séjour, j'ai expérimenté une autre excursion proposée par La Badira : une journée à Sidi Bou Saïd.

Ce village perché sur une falaise dominant du haut de ses 130 mÚtres la Méditerranée, Carthage et le golfe de Tunis, à une vingtaine de kilomÚtres au nord-est de la capitale tunisienne.

Il porte le nom d'un marabout de la région qui vers la fin de sa vie s'était retiré sur la colline dominant le cap Carthage, pour y enseigner le soufisme, un courant de l'islam visant la « purification de l'ùme » en vue de se « rapprocher » de Dieu.
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Devenu haut-lieu touristique, ce « petit paradis blanc et bleu", classĂ© depuis 1915, est un mĂ©lange pittoresque d'architecture arabe et andalouse]b. Les façades d'une blancheur Ă©clatante et leurs portes cloutĂ©es souvent bleues, parfois ocres, se dressent au fil de ruelles tortueuses. Il fait bon s’y promener, en prenant le temps de faire un pas de cĂŽtĂ© pour dĂ©couvrir ici un patio, lĂ  de fines colonnes, ailleurs des arcades, plus loin des murs couverts de cĂ©ramiques colorĂ©es jusqu'au plafond.

Bien sûr, le palais Ennejma Ezzahra construit au début du XXe siÚcle s'y distingue par sa riche décoration. Cependant, les vastes demeures bourgeoises estivales de style arabo-musulman construites à partir du XVIIe siÚcles sont nombreuses. Quant aux cafés en plein air, en particulier le bien nommé "Café des délices" dont les terrasses descendent en cascade vers la mer, ils ont un charme fou.

Sidi Bou SaĂŻd abrite Ă©galement des hĂŽtels de charme et mĂȘme un 5 Ă©toiles, la "Villa bleue" Ă  l'architecture traditionnelle qui compte 13 chambres et suites. C'est un lieu idĂ©al pour une escale hors du temps. Mais, ce jour-lĂ , nous nous contenterons d'y dĂ©jeuner en regardant la mer.

AprĂšs dĂ©jeuner, la flĂąnerie dans les rues permet de faire quelques achats d'artisanat local et surtout de s’entendre confirmer que la Tunisie, [ce n'est pas seulement la mer et le soleil mais aussi l'art contemporain. ]b En tĂ©moigne la galerie Gorgi, tenue par AĂŻcha, fille du fondateur, Abdelaziz Gorgi, Ă©galement figure importante de l'art du XXe siĂšcle en Tunisie.

Aïcha qui veille sur la mémoire de son pÚre, sait aussi dénicher des talents nouveaux. Elle reçoit des artistes étrangers en résidence et prépare pour novembre prochain une exposition avec dix artistes tunisiens et dix artistes étrangers. "C'est comme cela que l'on fera parler de la Tunisie. Je crois en la Tunisie", affirme-t-elle avec force. Une déclaration enflammée qui fait écho à des propos tenus trois jours plus tÎt par Mouna Ben Halima.

PAULA BOYER Publié par Paula Boyer Responsable rubrique LuxuryTravelMaG - TourMaG.com
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