EES : les files d'attente vont-elles s'allonger dans les aéroports européens ? - Depositphotos.com Auteur Nopphon1987
Depuis le 10 avril 2026, le système européen d’entrée-sortie (EES) est pleinement opérationnel aux frontières extérieures de l’espace Schengen.
Destiné à renforcer la sécurité et à moderniser les contrôles migratoires, ce dispositif repose notamment sur la collecte de données biométriques des voyageurs issus de pays tiers. Si les professionnels saluent son objectif, plusieurs acteurs du tourisme et du transport s'inquiètent des conséquences opérationnelles du dispositif, notamment en matière de fluidité dans les aéroports.
Le système EES (Entry/Exit System) remplace progressivement le tampon manuel sur les passeports. Il enregistre de manière numérique les entrées, sorties et éventuels refus d’entrée des ressortissants de pays non membres de l’Union européenne effectuant un séjour de courte durée dans l’espace Schengen.
A lire aussi : Entry/Exit System (EES) : les compagnies aériennes redoutent des "difficultés opérationnelles" pour l'été 2026
Lors d’un premier passage, les voyageurs concernés doivent fournir une photographie faciale ainsi que leurs empreintes digitales.
Selon le ministère français de l’Intérieur, l’objectif est de « renforcer la lutte contre l’immigration irrégulière » tout en améliorant le partage d’informations entre les États membres de l’espace Schengen.
Destiné à renforcer la sécurité et à moderniser les contrôles migratoires, ce dispositif repose notamment sur la collecte de données biométriques des voyageurs issus de pays tiers. Si les professionnels saluent son objectif, plusieurs acteurs du tourisme et du transport s'inquiètent des conséquences opérationnelles du dispositif, notamment en matière de fluidité dans les aéroports.
Le système EES (Entry/Exit System) remplace progressivement le tampon manuel sur les passeports. Il enregistre de manière numérique les entrées, sorties et éventuels refus d’entrée des ressortissants de pays non membres de l’Union européenne effectuant un séjour de courte durée dans l’espace Schengen.
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Lors d’un premier passage, les voyageurs concernés doivent fournir une photographie faciale ainsi que leurs empreintes digitales.
Selon le ministère français de l’Intérieur, l’objectif est de « renforcer la lutte contre l’immigration irrégulière » tout en améliorant le partage d’informations entre les États membres de l’espace Schengen.
Le WTTC alerte sur l’impact potentiel des files d’attente
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Cependant le World Travel & Tourism Council (WTTC) estime que la mise en place de l'EES pourrait entrainer de longs délais aux frontières.
Une étude, réalisée auprès de 2 512 voyageurs britanniques, américains, canadiens et australiens, montre que 33 % des répondants déclarent qu’ils éviteraient l’espace Schengen si les files d’attente dépassaient régulièrement trois heures.
Le WTTC estime ainsi que jusqu’à 41 millions d’arrivées internationales et 45,4 milliards de dollars de dépenses touristiques pourraient être menacés si ces retards devenaient récurrents.
« L’introduction de l’EES constitue une étape importante dans la modernisation des frontières européennes et le renforcement de la sécurité », souligne toutefois Gloria Guevara, présidente et directrice générale du WTTC.
Elle ajoute : « Le défi aujourd’hui n’est pas de savoir si l’EES doit être mis en œuvre, mais comment les gouvernements, les autorités frontalières et le secteur du voyage travaillent ensemble pour garantir un déploiement aussi fluide que possible. »
L'étude révèle également que 65 % des voyageurs interrogés soutiennent le système après en avoir pris connaissance, tandis que seulement 6 % se disent très défavorables à l'utilisation de contrôles biométriques.
Une étude, réalisée auprès de 2 512 voyageurs britanniques, américains, canadiens et australiens, montre que 33 % des répondants déclarent qu’ils éviteraient l’espace Schengen si les files d’attente dépassaient régulièrement trois heures.
Le WTTC estime ainsi que jusqu’à 41 millions d’arrivées internationales et 45,4 milliards de dollars de dépenses touristiques pourraient être menacés si ces retards devenaient récurrents.
« L’introduction de l’EES constitue une étape importante dans la modernisation des frontières européennes et le renforcement de la sécurité », souligne toutefois Gloria Guevara, présidente et directrice générale du WTTC.
Elle ajoute : « Le défi aujourd’hui n’est pas de savoir si l’EES doit être mis en œuvre, mais comment les gouvernements, les autorités frontalières et le secteur du voyage travaillent ensemble pour garantir un déploiement aussi fluide que possible. »
L'étude révèle également que 65 % des voyageurs interrogés soutiennent le système après en avoir pris connaissance, tandis que seulement 6 % se disent très défavorables à l'utilisation de contrôles biométriques.
La France utilise toute la flexibilité offerte par les règles européennes pour limiter les files d'attente
Les pays européens disposent actuellement de marges de manœuvre prévues par la réglementation européenne afin de limiter les risques de congestion.
Selon Nicolas Paulissen, délégué général de l'Union des Aéroports Français, les États membres peuvent, jusqu'au 9 septembre 2026, recourir à certaines mesures de flexibilité lorsque les temps d'attente deviennent trop importants.
« Depuis le 10 avril, vous êtes normalement dans l'obligation de réaliser les contrôles à 100 %, mais vous avez la possibilité, si vous rencontrez des défis de fluidité, de ne pas prendre les données biométriques, c'est-à-dire les empreintes digitales et la photographie du visage », explique-t-il.
Selon lui, cette faculté permet aujourd’hui de maintenir une situation relativement maîtrisée dans les aéroports français.
« En France, on utilise toutes ces souplesses. Cela fait que, pour le moment, la situation reste correcte », indique-t-il.
Selon Nicolas Paulissen, délégué général de l'Union des Aéroports Français, les États membres peuvent, jusqu'au 9 septembre 2026, recourir à certaines mesures de flexibilité lorsque les temps d'attente deviennent trop importants.
« Depuis le 10 avril, vous êtes normalement dans l'obligation de réaliser les contrôles à 100 %, mais vous avez la possibilité, si vous rencontrez des défis de fluidité, de ne pas prendre les données biométriques, c'est-à-dire les empreintes digitales et la photographie du visage », explique-t-il.
Selon lui, cette faculté permet aujourd’hui de maintenir une situation relativement maîtrisée dans les aéroports français.
« En France, on utilise toutes ces souplesses. Cela fait que, pour le moment, la situation reste correcte », indique-t-il.
Des inquiétudes pour l'été... et surtout pour l'après-été
Le représentant de l'UAF estime toutefois que le véritable test interviendra pendant les mois de juillet et août, période de forte affluence dans les aéroports européens.
« La summer peak season, c'est juillet-août. C'est là que nous aurons les gros volumes de trafic », rappelle-t-il.
Mais ses préoccupations concernent surtout la période qui suivra le 9 septembre.
« Nous avons de très fortes inquiétudes pour ce qui va se passer après le 9 septembre, parce qu'il n'y a plus de filet de sécurité après cette date », affirme Nicolas Paulissen.
Le secteur demande ainsi à la Commission européenne de prolonger les flexibilités actuellement autorisées afin d'éviter une dégradation brutale de la fluidité aux frontières.
« Ce que les acteurs du transport aérien demandent à la Commission européenne, c'est de produire un règlement qui prolonge les souplesses accordées jusqu'à début septembre », précise-t-il.
« La summer peak season, c'est juillet-août. C'est là que nous aurons les gros volumes de trafic », rappelle-t-il.
Mais ses préoccupations concernent surtout la période qui suivra le 9 septembre.
« Nous avons de très fortes inquiétudes pour ce qui va se passer après le 9 septembre, parce qu'il n'y a plus de filet de sécurité après cette date », affirme Nicolas Paulissen.
Le secteur demande ainsi à la Commission européenne de prolonger les flexibilités actuellement autorisées afin d'éviter une dégradation brutale de la fluidité aux frontières.
« Ce que les acteurs du transport aérien demandent à la Commission européenne, c'est de produire un règlement qui prolonge les souplesses accordées jusqu'à début septembre », précise-t-il.
Le WTTC recommande une montée en puissance des outils de pré-enregistrement
Pour accompagner le déploiement du dispositif, le WTTC appelle les États membres à renforcer l'information des voyageurs, alors que 55 % des personnes interrogées déclarent avoir peu ou pas entendu parler de l'EES et que 49 % ne savent pas précisément quelles démarches seront requises lors de leur passage aux frontières.
L'organisation recommande également une montée en puissance des outils de préenregistrement numérique ainsi qu'une préparation renforcée des postes-frontières, tant en matière d'équipements que de ressources humaines.
La France a de son côté pris du retard dans le déploiement de certains outils destinés à accélérer le traitement des passagers.
Selon Nicolas Paulissen, les kiosques de préenregistrement prévus dans les grands aéroports français ne sont pas encore opérationnels.
« Ces kiosques permettaient aux voyageurs de remplir certaines formalités avant d'arriver devant le garde-frontière. Comme ils ne fonctionnent pas, ces tâches doivent être réalisées par l'agent de contrôle lui-même », explique-t-il.
Conséquence : le temps de traitement individuel augmente mécaniquement.
« Quand vous devez prendre les empreintes digitales d'une famille avec des enfants, cela ne se fait pas en quelques secondes », souligne-t-il.
L'organisation recommande également une montée en puissance des outils de préenregistrement numérique ainsi qu'une préparation renforcée des postes-frontières, tant en matière d'équipements que de ressources humaines.
La France a de son côté pris du retard dans le déploiement de certains outils destinés à accélérer le traitement des passagers.
Selon Nicolas Paulissen, les kiosques de préenregistrement prévus dans les grands aéroports français ne sont pas encore opérationnels.
« Ces kiosques permettaient aux voyageurs de remplir certaines formalités avant d'arriver devant le garde-frontière. Comme ils ne fonctionnent pas, ces tâches doivent être réalisées par l'agent de contrôle lui-même », explique-t-il.
Conséquence : le temps de traitement individuel augmente mécaniquement.
« Quand vous devez prendre les empreintes digitales d'une famille avec des enfants, cela ne se fait pas en quelques secondes », souligne-t-il.





















