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Aéroports parisiens : plus de 123 000 vols retardés ou annulés en 2025

classement publié par Flightright


Plus de 123 000 vols retardés ou annulés en 2025 au départ de Paris : derrière ce chiffre record, les aéroports de Paris-Charles de Gaulle, Paris-Orly et Paris-Beauvais affichent des profils de perturbations très différents. Entre logique de hub, modèle low-cost et trafic point-à-point, chacun adopte sa propre stratégie face aux tensions du trafic aérien.


Rédigé par le Mardi 17 Février 2026 à 09:40

Plus de 123 000 vols retardés ou annulés en 2025 au départ de Paris - Depositphotos.com @Rawpixel
Plus de 123 000 vols retardés ou annulés en 2025 au départ de Paris - Depositphotos.com @Rawpixel
En 2025, voyager depuis la capitale française n’a rien eu d’un long fleuve tranquille.

Selon le dernier classement publié par Flightright, plus de 123 000 vols ont été retardés ou annulés au départ des aéroports parisiens, soit un peu plus d’un vol sur trois.

Mais derrière ce chiffre se cache une réalité plus nuancée.

Les trois principales plateformes franciliennes, Paris-Charles de Gaulle, Paris-Orly et Paris-Beauvais, ne gèrent pas les perturbations de la même manière.

Deux classements, deux lectures du trafic

L’étude distingue deux palmarès : l’un consacré aux retards (supérieurs ou égaux à 15 minutes à l’arrivée), l’autre aux annulations.

Côté retards, Paris-Charles de Gaulle concentre la plus forte proportion, près de 4 vols sur 10 arrivent après l’horaire prévu.

Beauvais affiche également une fréquence élevée de retards, malgré un trafic plus limité. À l’inverse, Orly présente un taux nettement inférieur à ses deux voisins.

Sur le terrain des annulations, la hiérarchie évolue. Paris-Charles de Gaulle arrive également en tête, avec près de 1 % des vols supprimés en 2025. Orly se situe dans une position intermédiaire, tandis que Beauvais enregistre le taux d’annulations le plus faible des trois plateformes.

Un constat s’impose, un aéroport peut cumuler les retards sans pour autant afficher le même profil en matière d’annulations. Ces écarts traduisent des stratégies opérationnelles distinctes.

CDG, Orly et Beauvais face à des logiques bien distinctes

Premier aéroport français, Paris-Charles de Gaulle fonctionne selon une logique de réseau. Les vols sont interconnectés, organisés en vagues serrées pour optimiser les correspondances. Dans ce système, une seule annulation peut désorganiser plusieurs rotations d’appareils, immobiliser des équipages et perturber des dizaines, voire des centaines de passagers en correspondance. Le retard devient alors un outil de régulation : décaler un départ permet parfois de préserver la continuité du réseau.

Mais lorsque l’effet domino devient incontrôlable, l’annulation s’impose. Malgré une stratégie d’absorption par le retard, CDG se retrouve ainsi en tête des annulations parmi les aéroports parisiens.

À Beauvais, la mécanique est différente. Spécialisé dans le trafic low-cost, l’aéroport repose sur des rotations très optimisées, sans véritable système de correspondances. Chaque vol constitue une unité économique autonome : un appareil, un équipage, un aller-retour. Dans ce modèle, annuler un vol peut coûter plus cher que d’accumuler plusieurs heures de retard. Résultat : la plateforme privilégie le maintien du vol, quitte à accepter des retards importants. L’annulation reste l’ultime recours.

Orly, dont le trafic est majoritairement point-à-point, occupe une position intermédiaire. Ici, le retard ne protège pas de correspondances stratégiques, comme à CDG. Il s’agit davantage d’un désagrément local que d’un outil d’ajustement du réseau.

Au-delà d’un certain seuil, le retard perturbe la gestion des équipages et la rotation des appareils. L’annulation peut alors servir de "remise à zéro" opérationnelle. Orly retarde donc moins que ses voisins, mais annule plus volontiers que Beauvais, sans atteindre les niveaux d’un hub comme CDG.

Quelles conséquences pour les passagers ?

Pour Imane El Bouanani, responsable juridique France chez Flightright, ces différences reflètent la structure même du système aérien français : un modèle hybride, à la fois centralisé et fragmenté.

Contrairement à l’Allemagne, plus décentralisée, ou aux Pays-Bas, fortement hubifiés, la France concentre à Paris trois fonctions distinctes : hub intercontinental, plateforme low-cost et aéroport point-à-point. Chaque site gère ainsi le "désordre aérien" selon sa propre logique.

Au-delà des statistiques, ces arbitrages ont un impact concret. Un retard prolongé à CDG peut entraîner la perte d’une correspondance internationale. Une annulation à Orly impose de revoir l’intégralité du parcours. À Beauvais, le maintien du vol peut signifier plusieurs heures d’attente.


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