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C. Orofino : le concept du « non voyage », c’est s'enfermer dans sa propre prison...

La chronique de Christian Orofino



Alors que les appels à l'immobilisme fleurissent pour des raisons environnementales, Christian Orofino, remet les pendules à l'heure. "Nous ne devons pas nous crisper sur les anathèmes proférés à l’encontre de l’activité touristique, mais construite notre route sur 30 ans entre les contraintes techniques très lourdes d’une modification du transport aérien et les efforts nécessaires qui sont de notre ressort et que nous devons et pouvons assumer. Le voyage est une liberté nécessaire à notre ouverture sur le monde..."


Rédigé par Christian OROFINO le Mardi 19 Mars 2019

Le danger n’est pas pour la planète qui a connu plusieurs cycles et en connaîtra certainement d’autres. En revanche, ce qui importe c’est de connaître (enfin) les chances de survie ou non de l’humanité et, si il est encore temps, quelles sont les décisions à prendre impérativement pour y parvenir. - Depositphotos Alexa84
Le danger n’est pas pour la planète qui a connu plusieurs cycles et en connaîtra certainement d’autres. En revanche, ce qui importe c’est de connaître (enfin) les chances de survie ou non de l’humanité et, si il est encore temps, quelles sont les décisions à prendre impérativement pour y parvenir. - Depositphotos Alexa84
En plein mouvement de ce qu’on a appelé « la crise des gilets jaunes », un certains nombre de personnalités politiques se sont livrées à « un concours Lépine » de l’impôt le plus impopulaire.

En ce moment, alors que le tourisme, après une période de difficultés, reprend de belles couleurs, des idées suicidaires font irruption telles que la taxation du kérosène, la décroissance du tourisme ou encore l’interdiction de visites de sites.

Tout cela devrait, d’après les auteurs de ces propositions, participer au ralentissement du réchauffement climatique et ainsi sauver la planète.

Sauver la planète une utopie

Si il est acquis par tous que les émissions de gaz à effet de serre anthropiques dues à notre consommation provoquent un déséquilibre de notre système, il est aussi admis que, quels que soient les cataclysmes potentiels et à venir, ce n’est pas la planète qui disparaitra mais l’humanité qui ne pourrait pas s’adapter aux nouvelles conditions climatiques et aux pénuries de ressources fossiles

Le danger n’est pas pour la planète qui a connu plusieurs cycles et en connaîtra certainement d’autres. En revanche, ce qui importe c’est de connaître (enfin) les chances de survie ou non de l’humanité et, si il est encore temps, quelles sont les décisions à prendre impérativement pour y parvenir.

Le GIEC dans son rapport à l’issue du sommet sur le climat 2019 déclare :

« Il n’est pas impossible de limiter la hausse du réchauffement climatique à 1,5°C, mais cela nécessiterait des transitions sans précédent dans tous les domaines de la société. Les 10 prochaines années sont cruciales ».

Cependant quelles sont concrètement ces transitions « sans précédent » ?

Tout un chacun est capable de comprendre les remises en cause nécessaires pour un danger sans retour mais avec un plan structuré, argumenté, compréhensible par tous qui part d’un constat simple en passant par les actions indispensables et surtout en apportant une vision de la société à x années après avoir effectué ces transitions.

Une modification progressive de nos comportements

Il n’est pas possible de demander à l’humanité tout de suite d’effacer tout ce qui a constitué un progrès social, dont le voyage fait partie, depuis l’ère industrielle de la moitié du 19ème siècle, car c’est sa raison d’exister qui cesserait.

L’écologie doit être traitée par le haut, c’est à dire par la représentation d’une ère nouvelle positive à laquelle doivent adhérer les citoyens.
Chaque secteur économique doit aussi mettre en place son propre plan pour participer à une construction nouvelle de son activité.

La part du tourisme au niveau mondial

Les émissions mondiales ont atteint en 2018 37 milliards de tonnes en augmentation de 2,7% dont 26% attribuées à la Chine, 15% aux USA et 10% à l’Europe.

Pour le tourisme, des chercheurs de l’université de Sydney ont établi la part des émissions de gaz à effet de serre à 8% de ces 37 milliards de tonnes.

Bien que ce pourcentage puisse comporter des contestations puisqu’il prend en compte les déplacements d’affaires et les émissions des touristes sur place, alors que ne sont pas déduites les émissions qu’ils auraient générées si ils étaient restés chez eux, prenons tout même comme référence les résultats de cette étude qui estime à 3 milliards de tonnes d’émissions CO2 dues à l’activité touristique mondiale pour l’année 2018.

La part du transport aérien est de 95% dans le total de ces émissions liées au tourisme, soit 2,85 milliards de tonnes et 150 Millions de tonnes pour les émissions générées par les déplacements intérieurs, les séjours hôteliers, les déchets etc….
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Le tourisme français

1,4 milliard de touristes ont visité le monde en 2018 en émettant selon les chercheurs de Sydney,3 milliards de tonnes de gaz à effet de serre soit environ une émission de 2 tonnes par touriste.

Si le travail sur la transition écologique de l’activité touristique doit être effectué marché national par marché national, en ce qui concerne la France, 23 millions de touristes français visitent les pays étrangers. Et ce sont environ 8 millions de clients par an qui le font par le biais d’agences et Tours Opérateurs.

Pour le marché « out going » français et ses 8 millions de clients, ce sont donc 16 millions de tonnes d’émission de gaz à effet de serre qu’il faut attribuer à l’activité professionnelle nationale.

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