Que faire en cas d’agression sexuelle de la part d’un client ? Les conseils d'Emmanuelle Llop - Depositphotos @psodaz
La France est sous le choc depuis une semaine, après le scandale lié à l’affaire de la petite Lyhanna.
L’enfant de 11 ans a été retrouvée morte le 4 juin 2026, alors que le principal suspect, Jérôme Barella, mis en examen pour meurtre, faisait l’objet de nombreuses plaintes, sans toutefois avoir été condamné.
Le dysfonctionnement de la justice est au cœur de toutes les discussions, jusqu’au plus haut sommet de l’État.
En attendant, le tourisme n’est malheureusement pas à l’abri de scandales liés à des agressions sexuelles. Le tourisme sexuel, bien que marginal, reste une réalité de notre industrie et peut conduire à des pratiques interdites, passibles de lourdes condamnations, aussi bien en France qu'à destination.
Il y a quelques semaines, des professionnels du voyage se sont retrouvés face au cas d’un client dont il leur a été rapporté qu’il aurait commis des actes pouvant relever d’agressions sexuelles à l’encontre d’enfants.
Dans ces conditions, que peuvent faire les agents de voyages, parfois situés à des centaines ou des milliers de kilomètres des faits ? Nous avons demandé les conseils à Emmanuelle Llop, la fondatrice du Cabinet Equinoxe Avocats.
Tout d'abord revenons sur les faits.
L’enfant de 11 ans a été retrouvée morte le 4 juin 2026, alors que le principal suspect, Jérôme Barella, mis en examen pour meurtre, faisait l’objet de nombreuses plaintes, sans toutefois avoir été condamné.
Le dysfonctionnement de la justice est au cœur de toutes les discussions, jusqu’au plus haut sommet de l’État.
En attendant, le tourisme n’est malheureusement pas à l’abri de scandales liés à des agressions sexuelles. Le tourisme sexuel, bien que marginal, reste une réalité de notre industrie et peut conduire à des pratiques interdites, passibles de lourdes condamnations, aussi bien en France qu'à destination.
Il y a quelques semaines, des professionnels du voyage se sont retrouvés face au cas d’un client dont il leur a été rapporté qu’il aurait commis des actes pouvant relever d’agressions sexuelles à l’encontre d’enfants.
Dans ces conditions, que peuvent faire les agents de voyages, parfois situés à des centaines ou des milliers de kilomètres des faits ? Nous avons demandé les conseils à Emmanuelle Llop, la fondatrice du Cabinet Equinoxe Avocats.
Tout d'abord revenons sur les faits.
Un client aurait embrassé des enfants et a été exclu de l’hôtel...
Bien que cette personne ait toujours eu un comportement, que l’agent de comptoir qui nous a rapporté l’histoire jugeait "lourd", elle n’était pas connue pour avoir commis des infractions.
Sans emploi, elle arpentait très fréquemment les rues animées de cette ville et avait l’habitude de ne parler qu’aux femmes. Cet homme est un habitué des agences de voyages de la cité.
Mais ce dernier voyage sera celui de trop.
Dès le premier jour du séjour, l’hôtel contacte l’agence ayant effectué la réservation. L’établissement informe alors le point de vente que le client vient d’être expulsé après s’être introduit dans un espace réservé aux enfants et avoir embrassé plusieurs d’entre eux, âgés de seulement quelques années.
Une plainte aurait été déposée à l’étranger, "mais on sait par expérience ce que cela donne à l’étranger", nous confie la salariée.
Cette choquante mésaventure lui a été rapportée par un confrère, le client ne passant plus par le réseau de notre interlocutrice, mais par une nouvelle enseigne.
Déjà l’année passée, lors d'un autre voyage, il avait été particulièrement désagréable avec les réceptionnistes, nous confie-t-on, allant jusqu’à demander les services de travailleuses du sexe.
Suite à cette histoire, les forces de l’ordre françaises se sont rendues dans les points de vente ayant vendu par le passé des séjours à cette personne, elles ont conseillé de ne plus rien lui vendre à l’avenir.
Que faire en cas d’agression sexuelle de la part d’un client ?
Et alors que sa conseillère a dû lui refuser une vente, ce même client est revenu peu après demander des conseils à notre interlocutrice. Elle a alors suivi les recommandations des policiers, une réponse que le principal intéressé n’a pas appréciée.
Face à un tel cas, nous avons demandé quelques conseils à Emmanuelle Llop.
Tout d’abord, il convient de s’assurer de la véracité des propos rapportés par telle ou telle personne.
"Il est essentiel de faire preuve de prudence concernant les informations reçues sur un client et d'en vérifier l'origine. Ensuite, il convient de ne relayer que les faits dont on a été personnellement témoin.
Dans le cas présent, l’agent de voyage est averti par des tiers de comportements attribués à un client, mais pas à l’occasion d’un voyage qu’il aurait lui-même directement vendu.
Si cela arrive, les instructions de la police sont bien sûr à prendre au sérieux", nous explique la fondatrice du cabinet Equinoxe Avocats, qui a déjà été confrontée à ce genre d’histoire.
Pour rappel, le refus de vendre un produit ou un service est interdit par la loi et peut être pénalement sanctionné.
Malgré tout, il existe des motifs d’exclusion à ce droit, comme un motif légitime, tel qu’une demande anormale, l’indisponibilité du produit ou le comportement inapproprié du consommateur.
Le cas exposé entre dans cette dernière catégorie.
"Refuser de vendre à un tel personnage réputé pour ces comportements ne sera jamais reproché à l’agence si elle a reçu des informations vérifiées", valide l’avocate.
Face à un tel cas, nous avons demandé quelques conseils à Emmanuelle Llop.
Tout d’abord, il convient de s’assurer de la véracité des propos rapportés par telle ou telle personne.
"Il est essentiel de faire preuve de prudence concernant les informations reçues sur un client et d'en vérifier l'origine. Ensuite, il convient de ne relayer que les faits dont on a été personnellement témoin.
Dans le cas présent, l’agent de voyage est averti par des tiers de comportements attribués à un client, mais pas à l’occasion d’un voyage qu’il aurait lui-même directement vendu.
Si cela arrive, les instructions de la police sont bien sûr à prendre au sérieux", nous explique la fondatrice du cabinet Equinoxe Avocats, qui a déjà été confrontée à ce genre d’histoire.
Pour rappel, le refus de vendre un produit ou un service est interdit par la loi et peut être pénalement sanctionné.
Malgré tout, il existe des motifs d’exclusion à ce droit, comme un motif légitime, tel qu’une demande anormale, l’indisponibilité du produit ou le comportement inapproprié du consommateur.
Le cas exposé entre dans cette dernière catégorie.
"Refuser de vendre à un tel personnage réputé pour ces comportements ne sera jamais reproché à l’agence si elle a reçu des informations vérifiées", valide l’avocate.
Chartes éthiques et conditions particulières de vente : des leviers pour agir contre les agressions
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Ce n’est pas le seul conseil de l’avocate aux agents de voyages confrontés à des comportements répréhensibles.
"Il existe des chartes éthiques contre le tourisme sexuel qu’une agence peut signer et dont elle peut dire qu’elle est membre", nous explique-t-elle.
Une fois cette étape passée, l’agent de voyages n’est pas en mesure de porter plainte à la place de la victime, car seule cette dernière est en capacité de mener cette action.
En revanche, il peut dénoncer le comportement et les faits aux autorités françaises, afin qu’elles puissent mener des investigations.
"Le signalement évitera par ailleurs à l’agence d’être taxée de complicité pour avoir envoyé le client, par exemple, faire du tourisme sexuel, comme cela peut être le cas en Thaïlande, à Madagascar ou en République dominicaine.
Il m’est déjà arrivé de faire inscrire dans les conditions particulières de vente que l’agence était sensible au combat contre le tourisme sexuel et qu’elle rejetterait toute demande de voyage vers certains pays si elle avait le moindre soupçon à l’égard d’un client.
Cela faisait suite à un cas similaire, qui a été signalé et poursuivi en France", conclut Emmanuelle Llop.
Les moyens de lutte ne sont pas nombreux pour mettre fin à l’impunité de certains agissements, mais ils existent.
Il faut aussi ne pas douter que les autorités puissent faire leur travail, tout en signalant les situations suspectes et les faits avérés, pour que demain, la peur change de camp, même pour des actes commis à des milliers de kilomètres de son agence de voyages.
"Il existe des chartes éthiques contre le tourisme sexuel qu’une agence peut signer et dont elle peut dire qu’elle est membre", nous explique-t-elle.
Une fois cette étape passée, l’agent de voyages n’est pas en mesure de porter plainte à la place de la victime, car seule cette dernière est en capacité de mener cette action.
En revanche, il peut dénoncer le comportement et les faits aux autorités françaises, afin qu’elles puissent mener des investigations.
"Le signalement évitera par ailleurs à l’agence d’être taxée de complicité pour avoir envoyé le client, par exemple, faire du tourisme sexuel, comme cela peut être le cas en Thaïlande, à Madagascar ou en République dominicaine.
Il m’est déjà arrivé de faire inscrire dans les conditions particulières de vente que l’agence était sensible au combat contre le tourisme sexuel et qu’elle rejetterait toute demande de voyage vers certains pays si elle avait le moindre soupçon à l’égard d’un client.
Cela faisait suite à un cas similaire, qui a été signalé et poursuivi en France", conclut Emmanuelle Llop.
Les moyens de lutte ne sont pas nombreux pour mettre fin à l’impunité de certains agissements, mais ils existent.
Il faut aussi ne pas douter que les autorités puissent faire leur travail, tout en signalant les situations suspectes et les faits avérés, pour que demain, la peur change de camp, même pour des actes commis à des milliers de kilomètres de son agence de voyages.






Publié par Romain Pommier 















