Corsair imagine déjà une possible commande d'avions, après le feu vert de Bruxelles - Crédit photo : Romain Cannizaro
C'est presque un nouveau dirigeant avec qui nous échangeons.
Non pas que Pascal de Izaguirre, Directeur général de Corsair ait changé, mais les discussions se font plus légères. Il faut dire que Corsair a reçu, la veille de Noël, le plus beau des cadeaux, comme l'a qualifié un salarié, soulagé.
En effet, fin décembre, la compagnie a enfin reçu le feu vert de Bruxelles concernant son plan de restructuration. La Commission européenne a validé la refonte de son précédent dossier, le tout assorti d'une aide d'État de 168 millions d'euros.
Le mois dernier, nous avions parlé avec Pascal de Izaguirre, qui nous faisait part de son"soulagement".
"C'est une aventure qui aura duré quelques années, cela donne une certaine légèreté et une sérénité très appréciable. La saga de Corsair continue : il y a eu du suspense et des rebondissements," nous confiait-il, rieur, avant même la publication du document de la Commission européenne justifiant sa décision.
Ce vendredi 20 mars 2026, le pavé de 80 pages que la compagnie n'a pas pu consulter a enfin été publié. Il dévoile, entre autres, les contraintes imposées par Bruxelles.
Non pas que Pascal de Izaguirre, Directeur général de Corsair ait changé, mais les discussions se font plus légères. Il faut dire que Corsair a reçu, la veille de Noël, le plus beau des cadeaux, comme l'a qualifié un salarié, soulagé.
En effet, fin décembre, la compagnie a enfin reçu le feu vert de Bruxelles concernant son plan de restructuration. La Commission européenne a validé la refonte de son précédent dossier, le tout assorti d'une aide d'État de 168 millions d'euros.
Le mois dernier, nous avions parlé avec Pascal de Izaguirre, qui nous faisait part de son"soulagement".
"C'est une aventure qui aura duré quelques années, cela donne une certaine légèreté et une sérénité très appréciable. La saga de Corsair continue : il y a eu du suspense et des rebondissements," nous confiait-il, rieur, avant même la publication du document de la Commission européenne justifiant sa décision.
Ce vendredi 20 mars 2026, le pavé de 80 pages que la compagnie n'a pas pu consulter a enfin été publié. Il dévoile, entre autres, les contraintes imposées par Bruxelles.
Corsair : un plan de restructuration de 7 mois seulement !
Un long délai pour la publication qui s’explique par le travail de contrôle des informations figurant dans le texte.
De plus, les parties prenantes sont autorisées à caviarder certaines pages, afin de ne pas trop donner d’informations à leurs concurrents.
Nous apprenons dans ce volumineux dossier que différents remèdes, donc contraintes, ont été intégrés pour limiter les distorsions de concurrence.
Et, une nouvelle fois, la direction de Corsair a pu souffler.
Contrairement à certaines décisions précédentes, comme ce fut le cas pour Air Austral, le plan de restructuration a une échéance fixée au 30 septembre 2026.
Pendant sept mois, la direction devra effectuer un reporting trimestriel à un trustee, (un curateur en français dans le texte), qui veillera à la bonne exécution et au bon respect de tous les remèdes imposés par Bruxelles.
"Septembre, c’est presque demain. Après, il ne faut pas oublier que nous sommes engagés dans cette procédure depuis 2020 : cela fera presque six ans.
Nous vivons sous contraintes depuis de nombreuses années," nous explique-t-on dans l’entourage de la direction.
Concrètement, jusqu’à fin septembre 2026, Corsair va devoir limiter strictement sa flotte à neuf appareils.
L’année passée, la Commission européenne, dans sa justification pour prolonger l’examen du plan de restructuration, avait avancé avoir des "doutes sérieux quant au respect par la France et par Corsair de son engagement de limiter la flotte à neuf appareils", alors que cela lui avait été imposé en décembre 2020, pour une durée de deux ans.
De plus, les parties prenantes sont autorisées à caviarder certaines pages, afin de ne pas trop donner d’informations à leurs concurrents.
Nous apprenons dans ce volumineux dossier que différents remèdes, donc contraintes, ont été intégrés pour limiter les distorsions de concurrence.
Et, une nouvelle fois, la direction de Corsair a pu souffler.
Contrairement à certaines décisions précédentes, comme ce fut le cas pour Air Austral, le plan de restructuration a une échéance fixée au 30 septembre 2026.
Pendant sept mois, la direction devra effectuer un reporting trimestriel à un trustee, (un curateur en français dans le texte), qui veillera à la bonne exécution et au bon respect de tous les remèdes imposés par Bruxelles.
"Septembre, c’est presque demain. Après, il ne faut pas oublier que nous sommes engagés dans cette procédure depuis 2020 : cela fera presque six ans.
Nous vivons sous contraintes depuis de nombreuses années," nous explique-t-on dans l’entourage de la direction.
Concrètement, jusqu’à fin septembre 2026, Corsair va devoir limiter strictement sa flotte à neuf appareils.
L’année passée, la Commission européenne, dans sa justification pour prolonger l’examen du plan de restructuration, avait avancé avoir des "doutes sérieux quant au respect par la France et par Corsair de son engagement de limiter la flotte à neuf appareils", alors que cela lui avait été imposé en décembre 2020, pour une durée de deux ans.
Corsair va devoir se priver de précieux créneaux à Orly
Ce n’est pas tout.
La compagnie dirigée par Pascal de Izaguirre va devoir libérer de très nombreux créneaux. En tout, 700 slots au départ d’Orly seront restitués, de façon irrévocable, cela correspond pratiquement à un vol par jour.
"C’est quand même un gros sacrifice, car Orly est contraint, et leur valeur stratégique est très élevée", nous dit-on depuis le siège de la compagnie.
Les récupérer ne sera pas chose facile. Il faut attendre une attribution de slots et voir la candidature de la compagnie bleue retenue par le COHOR.
À ce chiffre doit s’ajouter aussi la libération, à titre provisoire au bénéfice de tiers, donc pour des concurrents, et jusqu’à la fin du plan de restructuration, de 800 créneaux.
Alors que l'Aéroport Paris-Orly gagne en puissance pour les concurrentes d’Air France, suite à son retrait au profit de Transavia, puis à la mise en fonction de la ligne de métro 14, céder 1 500 slots, donc l'équivalent de deux vols quotidiens, a valeur d’amputation pour une compagnie qui ne peut démultiplier les vols, puisqu’elle opère uniquement sur des lignes long-courriers.
De plus, durant l’été, ses capacités seront réduites, puisque 97 rotations entre Orly et l’Outre-mer devront être supprimées.
Même si le sacrifice est lourd, les équipes avaient anticipé ce genre de contraintes au moment d’établir leur business plan pour l’année en cours.
"Tout cela va bien sûr offrir des opportunités à nos concurrents", rage un salarié depuis le siège à Rungis.
"Nous avions, par chance, anticipé les remèdes qu’aurait pu nous imposer la Commission européenne pour l’exercice 2025/2026. Cela signifie qu’il n’y aura aucun ajustement de notre plan de vols, ni d’annulations", poursuit-il.
Les contraintes ne s’arrêtent pas là.
La compagnie dirigée par Pascal de Izaguirre va devoir libérer de très nombreux créneaux. En tout, 700 slots au départ d’Orly seront restitués, de façon irrévocable, cela correspond pratiquement à un vol par jour.
"C’est quand même un gros sacrifice, car Orly est contraint, et leur valeur stratégique est très élevée", nous dit-on depuis le siège de la compagnie.
Les récupérer ne sera pas chose facile. Il faut attendre une attribution de slots et voir la candidature de la compagnie bleue retenue par le COHOR.
À ce chiffre doit s’ajouter aussi la libération, à titre provisoire au bénéfice de tiers, donc pour des concurrents, et jusqu’à la fin du plan de restructuration, de 800 créneaux.
Alors que l'Aéroport Paris-Orly gagne en puissance pour les concurrentes d’Air France, suite à son retrait au profit de Transavia, puis à la mise en fonction de la ligne de métro 14, céder 1 500 slots, donc l'équivalent de deux vols quotidiens, a valeur d’amputation pour une compagnie qui ne peut démultiplier les vols, puisqu’elle opère uniquement sur des lignes long-courriers.
De plus, durant l’été, ses capacités seront réduites, puisque 97 rotations entre Orly et l’Outre-mer devront être supprimées.
Même si le sacrifice est lourd, les équipes avaient anticipé ce genre de contraintes au moment d’établir leur business plan pour l’année en cours.
"Tout cela va bien sûr offrir des opportunités à nos concurrents", rage un salarié depuis le siège à Rungis.
"Nous avions, par chance, anticipé les remèdes qu’aurait pu nous imposer la Commission européenne pour l’exercice 2025/2026. Cela signifie qu’il n’y aura aucun ajustement de notre plan de vols, ni d’annulations", poursuit-il.
Les contraintes ne s’arrêtent pas là.
Corsair : une commande d'avions à l'avenir !
Corsair ne pourra pas, pendant huit mois, prendre des participations ou racheter une autre compagnie, sauf en justifiant du caractère indispensable d'une telle acquisition pour sa viabilité à long terme.
Elle devra, en revanche, négocier de bonne foi des accords commerciaux avec toutes les compagnies qui en feront la demande. Pour finir, le réseau ne pourra pas grandir avec la desserte d'une nouvelle destination.
Autant de conditions qui font que l'exercice à venir sera sans doute en léger repli par rapport au précédent, qui avait été historique, avec 712 millions d'euros de chiffre d'affaires.
"Dans un premier temps, nous allons souffler et peaufiner notre plan de montée en gamme. Nous allons travailler la qualité de notre produit, assurer la performance, puis nous allons préparer l'avenir.
Il passera forcément par des commandes d'avions supplémentaires et la recherche d'ouvertures de lignes supplémentaires. Mais cela se fera plus tard, ce n'est pas encore une priorité.
L'aérien est un mouvement permanent. Comme pour le vélo, il ne faut pas arrêter de pédaler pour avancer. Donc nous devons grandir pour exister," poursuit ce haut gradé de l'état-major de la compagnie.
En attendant de voir plus loin, attardons-nous un peu sur le présent.
Elle devra, en revanche, négocier de bonne foi des accords commerciaux avec toutes les compagnies qui en feront la demande. Pour finir, le réseau ne pourra pas grandir avec la desserte d'une nouvelle destination.
Autant de conditions qui font que l'exercice à venir sera sans doute en léger repli par rapport au précédent, qui avait été historique, avec 712 millions d'euros de chiffre d'affaires.
"Dans un premier temps, nous allons souffler et peaufiner notre plan de montée en gamme. Nous allons travailler la qualité de notre produit, assurer la performance, puis nous allons préparer l'avenir.
Il passera forcément par des commandes d'avions supplémentaires et la recherche d'ouvertures de lignes supplémentaires. Mais cela se fera plus tard, ce n'est pas encore une priorité.
L'aérien est un mouvement permanent. Comme pour le vélo, il ne faut pas arrêter de pédaler pour avancer. Donc nous devons grandir pour exister," poursuit ce haut gradé de l'état-major de la compagnie.
En attendant de voir plus loin, attardons-nous un peu sur le présent.
Corsair : "Je continue d'être aux commandes"
Pendant que l'activité dans les agences de voyages patine un peu, les réservations de Corsair seraient plutôt solides sur toutes les lignes, nous dit-on, et en phase avec les objectifs.
Surtout, la rentabilité se maintiendrait à un beau niveau, malgré la forte hausse du baril depuis les tensions entre les USA et l'Iran. La direction et les salariés de Corsair peuvent souffler : la pérennité de l'entreprise est maintenant assurée.
Il ne reste plus qu'à appuyer sur le bouton pour effectuer le virement et valider le tour de table finalisé en décembre 2023 et revu pour faire face au désistement de la République du Congo.
Après avoir réussi l'opération de sauvetage de Corsair et redressé de façon spectaculaire les comptes de la compagnie, est-ce le moment idoine pour Pascal de Izaguirre, âgé de 68 ans, de tirer sa révérence ?
"Je continue d'être aux commandes.
Les actionnaires me font confiance, l'Etat aussi, et j'ai envie de rester. Tant que je me sens en forme, que je suis en capacité de supporter le stress et la pression que cela impose, tant que je suis content de me rendre au travail.
Après autant d'épreuves, j'ai envie de savourer un peu. Puis nous avons de beaux projets qui me motivent," nous avait confié le PDG de Corsair, en marge de la dernière conférence de presse de la FNAM.
La direction en a informé ce jour ses salariés, elle affirme dans une communication interne que nous avons pu consulter qu'elle respectera strictement l'ensemble de ces engagements, et mobilisera toute son énergie à la bonne mise en œuvre de son plan d'affaires.
Tel un phénix, malgré les nombreuses épreuves, Corsair et son pilote continuent de voler.
Surtout, la rentabilité se maintiendrait à un beau niveau, malgré la forte hausse du baril depuis les tensions entre les USA et l'Iran. La direction et les salariés de Corsair peuvent souffler : la pérennité de l'entreprise est maintenant assurée.
Il ne reste plus qu'à appuyer sur le bouton pour effectuer le virement et valider le tour de table finalisé en décembre 2023 et revu pour faire face au désistement de la République du Congo.
Après avoir réussi l'opération de sauvetage de Corsair et redressé de façon spectaculaire les comptes de la compagnie, est-ce le moment idoine pour Pascal de Izaguirre, âgé de 68 ans, de tirer sa révérence ?
"Je continue d'être aux commandes.
Les actionnaires me font confiance, l'Etat aussi, et j'ai envie de rester. Tant que je me sens en forme, que je suis en capacité de supporter le stress et la pression que cela impose, tant que je suis content de me rendre au travail.
Après autant d'épreuves, j'ai envie de savourer un peu. Puis nous avons de beaux projets qui me motivent," nous avait confié le PDG de Corsair, en marge de la dernière conférence de presse de la FNAM.
La direction en a informé ce jour ses salariés, elle affirme dans une communication interne que nous avons pu consulter qu'elle respectera strictement l'ensemble de ces engagements, et mobilisera toute son énergie à la bonne mise en œuvre de son plan d'affaires.
Tel un phénix, malgré les nombreuses épreuves, Corsair et son pilote continuent de voler.
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Publié par Romain Pommier 














