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Etourisme : les 15e Rencontres de Pau foncent au vert

2019, l'année charnière où le tourisme est devenu vert ?



Pour ses 15 ans, les rencontres etourisme de Pau ont consacré une grande partie de leur programme à la cause environnementale. Lors de la précédente édition, les acteurs du tourisme se sont engagés dans un manifeste, voici l'heure d'un premier bilan. De plus le baromètre Raffour Interactif revient sur un changement de paradigme important : les clients sont désormais sensibles au tourisme durable.


Rédigé par le Mercredi 16 Octobre 2019

Depositphotos.com Rawpixel
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"Avant d'ouvrir la conférence, je tiens à préciser que sur la pause café ne sont pas des gobelets en plastique, mais en protéine de maïs, ils sont donc biodégrables," affirme Ludovic Dublanchet le cofondateur de l'agence Agitateurs de Destinations Numériques.

Une phrase qui démontre bien le changement pris ces dernières semaines dans les consciences.

Déjà en 2018 lors de la clôture des 14e rencontres Etourisme de Pau, les organisateurs avaient voulu adresser un message fort avec une dernière conférence en forme de manifeste pour la cause environnementale.

Guillaume Cromer alertait alors "nous détruisons la matière première du tourisme qu'est notre planète." En filigrane : il est venu le temps d'agir et non de parler.

Les offices de tourisme (OT) étaient alors invités à s'engager sur plusieurs thèmes : la sobriété digitale, une vision sociétale de leurs activités, l'écologie désirable, le tourisme local et la transparence.

Ainsi ces actions des OT se sont inscrites dans une démarche "positive et joyeuse, mais est-ce que cela va suffire ?" demande Fançois Perroy, directeur de l'agence marketing Emotio Tourisme.

Sans doute pas. A l'heure où la Chine annonce la construction de 200 aéroports et où le trafic aérien devrait doubler d'ici 2030, doit-on alors céder au pessimisme ?

La prochaine transformation du tourisme sera-t-elle environnementale ?

Les idées noires n'ont pas leur place dans l'amphithéâtre des Pyrénées-Atlantiques.

A Cluny par exemple au lieu d'accueillir 27 responsables d'agences de voyages chinoises pour attirer les voyageurs venus de l'Empire du Milieu et son tourisme de masse, le responsable de l'OT a tout simplement dit "non".

"Vouloir séduire les Chinois n'est pas nécessairement logique quand à moins de deux heures nous avons un bassin de population de 5 millions de personnes.

Et pour un village de 5 500 habitants cela est largement suffisant
," recentre Thomas Chevalier le DG de l'office de tourisme de Cluny.

Au lieu de regarder en dehors de nos frontières, l'avenir du tourisme serait donc sur notre territoire. Autre région, autre message. En Auvergne-Rhônes-Alpes, la décision a été prise de valoriser "un tourisme bienveillant", afin de promouvoir l'humain, la nature et l'environnement.

De l'autre côté de la France, la MONA (Mission des Offices de tourisme Nouvelle-Aquitaine) s'est engagée dans les gestes responsables, mais aussi à gérer les flux et la transmission au public de la cause environnementale.

"Je pense sincèrement que la transition environnementale sera dans les années à venir l'équivalent de ce qu'a été la transformation numérique" témoigne Jean-Baptiste Soubaigné, le chargé de projets pour la MONA.

Ces exemples démontrent que la révolution se mène sur le terrain et que chacun est responsable de ses actes.

"La France doit porter une vision du tourisme vert en tant que pays leader dans le domaine, c'est de notre ressort" ambitionne Guillaume Cromer, directeur de l'agence ID-Tourisme.

Une transformation à mener avant 2024 ?

Et l'écologie ne se limite pas seulement au travail fait sur le contrôle des impressions ou de la suppression des gobelets... La sauvegarde de la planète va plus loin.

"Le numérique est extrêmement vorace en énergie. Imaginez un peu qu'il représente deux fois l'ensemble de la pollution de notre pays, chaque année" illustre François Perroy.

Bien souvent oublié, le numérique est une source majeure de pollution. Par exemple, l'envoie d'un mail consomme autant qu'une ampoule 60watt allumée pendant 25 minutes.

Lire : Dénumériser pour décarboner : credo pour une "good tech"

En 2019, hors spam, ce sont plus de 293 milliards de mails qui seront envoyés dans le monde. Pour comprendre l'urgence, les rapports du GIEC sont accessibles mais peu consultés.

"Selon un haut responsable de l'ADEME (Agence Environnement et Maitrise Energie ndlr), nous avons 5 à 6 ans pour faire la bascule, sinon il sera trop tard," fixe comme cap Guillaume Cromer.

Les territoires ont compris l'urgence d'agir mais n'ont pas la pression de ventes que peuvent avoir les agences de voyages.

La prochaine étape devra être à l'engagement fort des tour-opérateurs et des réseaux de distribution car les touristes ont eux saisi l'importance de la problématique.

Une prise de conscience des clients en agence ?

Tous les pans du tourisme sont touchés par la problématique. Certaines compagnies aériennes sont dans le dur économiquement et pointées du doigt dans les médias mais la distribution et la production du voyage connaissent aussi une période délicate.

A force de ne pas voir les modifications des comportements de consommations des voyageurs, la plus vieille agence de voyages du monde a mis la clé sous la porte.(Thomas Cook ndlr)

"Il s'agit de la disparition d'un dinosaure à petite cervelle. Ils ont vécu dans l'époque précédente, sauf que le métier doit s'adapter en permanence," expliquait Jean-Pierre Mas, lors de la convention des EDV Grand Est la semaine dernière.

Et pour s'adapter l'ensemble de l'industrie va devoir penser, concevoir et vendre vert.

Si les Français partent à 51% uniquement dans l'Hexagone, ils sont aussi 29% à mixer les voyages à l'étranger et en France, ainsi notre pays représente une source de départ pour près de 80% des Français.

Cet indicateur ne démontre pas seulement la volonté d'ancrer les vacances dans un tourisme durable et local, il correspond aussi à des exigences budgetaires, selon Guy Raffour, directeur du cabinet Raffour Interactif.

Pour la première fois, le baromètre présenté chaque année démontre une appétence prépondérante de la part du grand public pour les questions environnementales.

Ainsi, dans l'enquête faites auprès des agents de voyages, 41% des professionnels quantifient le critère du respect de l'environnement comme facteur dans le choix du lieu des futures vacances de leurs clients. Il arrive même en 4e position en termes d'importance.

"C'est la première année que les Français prennent conscience du problème et exigent des actions de la part des professionnels" rapporte Guy Raffour.

Ainsi sur les 19 critères influençant le choix des vacances, l'environnement arrive pour la première fois en 6e place.

Le tourisme durable n'est plus une option.

Tourisme : la jeunesse est-elle vraiment plus soucieuse de l'environnement ?

Contrairement aux images diffusées par les journaux télévisés, ce ne sont pas toujours les plus jeunes qui semblent préoccupés par l'environnement.

Toujours d'après le baromètre Raffour Interactif, l'âge moyen des voyageurs préoccupés par la cause environnementale est de 49 ans, alors que ceux n'ayant pas cité ce critère dans le choix de son séjour est de 43 ans.

"Tout simplement car les anciens ont l'expérience de l'évolution de nos sociétés et qu'ils sont sans doute moins optimistes" analyse le responsable du cabinet.

De plus, les personnes sensibles vivent en moyenne dans des zones un peu moins urbanisées et ont un salaire plus faible. Les couples avec enfants sont plus préoccupés que les autres de même que ceux partis seulement en France métropolitaine.

"Je ne suis pas un expert de l'environnement, mais un analyste statisticien, je livre seulement nos observations. Nous ne pouvons pas faire autrement que protéger notre planète et ne plus faire l'autruche. Tout ne va pas s'arrêter du jour au lendemain, il faut accompagner les gens dans la transition" explique Guy Raffour.

Si le tourisme n'est pas devenu vert en 2019, la prise de conscience du grand public est certaine. D'ici 2030, le monde comptabilisera 1,8 milliard de touristes, contre 1,4 en 2018.

Un virage important devra être pris. Plus il sera pris tôt et plus celui-ci sera doux. Les professionnels du tourisme ont ainsi un rôle important à jouer dans cette transformation qui représente aussi une opportunité de business.

Au moins vous ne pourrez pas dire que TourMaG.com ne vous a pas prévenus.

Palmes du Tourisme Durable : ouverture officielle des candidatures pour la 3e édition 2019 !

Après le succès de la 2e édition en 2018, TourMaG.com et ATD, avec leurs partenaires ATR et leurs sponsors, mettent en route la 3e édition des Palmes du Tourisme Durable.
Les candidatures à la 3e édition des Palmes du Tourisme Durable 2019 sont désormais ouvertes sur le site web dédié : www.palmesdutourismedurable.com Cette année, en partenariat avec l’UMIH, nous ajoutons une nouvelle catégorie : la restauration.

Romain Pommier Publié par Romain Pommier Journaliste - TourMaG.com
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