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Hôtellerie, infrastructures, luxe : les chantiers pharaoniques de l’Égypte

Le point avec le Dr Ahmed Youssef, CEO de l'Egyptian Tourism Authority


TourMaG a profité de son séjour en Egypte, à l'occasion du Forum des Pionniers 2026, pour poser quelques questions à Ahmed Youssef, CEO de l'Egyptian Tourism Authority pour le ministère égyptien du tourisme et des antiquités, à propos de la stratégie touristique du pays à horizon 2030. Montée en gamme, nouveaux projets balnéaires et infrastructures hôtelières... l’Égypte met tout en place pour atteindre son objectif d'accueillir 30 millions de visiteurs par an d’ici 2028.


Rédigé par le Mercredi 10 Juin 2026 à 07:19

L'Égypte a dépassé pour la première fois en 2025, le seuil des 19 millions de visiteurs - Photo : Jules DESPRETZ
L'Égypte a dépassé pour la première fois en 2025, le seuil des 19 millions de visiteurs - Photo : Jules DESPRETZ
TourMaG - Alors que l'Egypte vient d'accueillir 130 décideurs du tourisme français, on parle régulièrement de sa capacité de résilience face aux crises, notamment dans le secteur du tourisme, 3e source de revenus du pays*. Cinq ans après la pandémie, le pays a même enregistré un record de fréquentation en 2025...

Ahmed Youssef : Effectivement, l'Égypte a dépassé pour la première fois en 2025, le seuil des 19 millions de visiteurs (19 008 600), soit une augmentation de 20,5% par rapport à 2024, confirmant son record historique en matière de tourisme.

Le nombre de visiteurs français, quant à lui, a atteint 506 889 en 2025, soit une hausse remarquable de 30,7% par rapport aux 387 797 visiteurs de 2024.

À titre de comparaison, le nombre de visiteurs français a connu une croissance constante : de 298 812 en 2019 à 89 218 en 2020, il est remonté à 150 989 en 2021, puis à 310 126 en 2022 et à 412 748 en 2023, avant de légèrement baisser à 387 797 en 2024.

La France n’est donc pas seulement un marché en reprise, mais un marché en nette croissance, désormais bien au-dessus des niveaux pré-pandémiques.

TourMaG - Cette tendance se poursuit-elle en 2026 ? Quelles sont vos prévisions ?

Ahmed Youssef :
De janvier à mars 2026, l'Égypte a accueilli 4 558 900 de touristes, soit une hausse de 15,6% par rapport à la même période en 2025 (3 944 700), ce qui place le pays en bonne voie pour une nouvelle année record.

Le nombre de visiteurs français (145 740) augmente aussi de 32,4 % par rapport aux 110 064 visiteurs enregistrés sur la même période en 2025, confirmant ainsi l'accélération de la dynamique du tourisme français en 2026.

Le Grand Egyptian Museum (GEM), pleinement opérationnel depuis novembre 2025, devrait être un moteur essentiel de la croissance continue jusqu'en 2026 et au-delà.

* Le secteur du tourisme contribue à hauteur de 8,5% au PIB égyptien et soutient environ 2,7 millions d'emplois

« Gizeh 2030 » : la zone autour des pyramides complètement réaménagée

TourMaG - Justement, quelques mois après l'ouverture officielle du GEM au public, le 4 novembre 2025, quels effets remarquez-vous sur la fréquentation touristique ?

Ahmed Youssef :
Environ 1,5 million de visiteurs ont été accueillis durant les 10 mois de la phase d'ouverture progressive, c'est-à-dire d'octobre 2024 à novembre 2025.

Puis, la première semaine complète d'exploitation a enregistré une moyenne d'environ 19 000 visiteurs par jour. Depuis décembre 2025, la fréquentation quotidienne s'est stabilisée à environ 15 000 visiteurs, conformément à la capacité maximale.

D'ailleurs, un nouveau système de réservation en ligne a été mis en place pour gérer la forte augmentation de la demande.

Dans les années à venir, le GEM est appelé à jouer un rôle clé dans le renforcement de l'attractivité touristique de l'Égypte à l'échelle mondiale, contribuant ainsi à ce que le nombre annuel d'arrivées de visiteurs dépasse les 25 millions d'ici 2026.

TourMaG - Quels sont les aménagements prévus autour du GEM ?

Ahmed Youssef :
Le projet de passerelle piétonne et de navette le long d'un itinéraire de 1,27 à 1,45 km reliant directement le GEM au plateau de Gizeh, est achevé. Il est accessible à pied ou en véhicule électrique, et inclus dans le billet standard GEM/Plateau.

Début 2027 sera mise en service la station de métro GEM (ligne 4), qui sera reliée à l’entrée du musée par des tunnels piétonniers souterrains. La ligne sera connectée aux lignes 1 et 2 du métro du Caire et à la future ligne 6.

Par ailleurs, un projet de téléphérique est à l'étude. Il s'agit d'un système comportant jusqu’à 10 stations autour du plateau de Gizeh et du musée, s’inscrivant dans une stratégie plus large d’accessibilité et de desserte hôtelière.

Tous ces projets font partie du plan directeur « Gizeh 2030 », qui vise à réaménager l’ensemble de la zone autour des pyramides.

TourMaG - Quel est l’état d’avancement des projets d’ouverture de pyramides supplémentaires aux visiteurs, notamment celles situées actuellement dans des zones militaires ?

Ahmed Youssef :
Saqqara continue d'étendre ses zones ouvertes, et les découvertes archéologiques régulières sont mises à profit pour promouvoir le site.

En revanche, aucune annonce officielle du gouvernement n'a confirmé l'ouverture de nouveaux sites pyramidaux.

La stratégie annoncée privilégie la répartition des visiteurs vers les sites secondaires déjà accessibles (Saqqara, Memphis, Dahchour) plutôt que l'ouverture de nouvelles zones interdites.

Tourisme balnéaire : la côte nord en plein développement

Le Grand Egyptian Museum (GEM), pleinement opérationnel depuis novembre 2025, devrait être un moteur essentiel de la croissance continue jusqu'en 2026 et au-delà - Photo : Jules DESPRETZ
Le Grand Egyptian Museum (GEM), pleinement opérationnel depuis novembre 2025, devrait être un moteur essentiel de la croissance continue jusqu'en 2026 et au-delà - Photo : Jules DESPRETZ
TourMaG - En parlant de stratégie touristique, pourriez-vous nous en dire plus sur les plans de l’Égypte pour les années à venir ?

Ahmed Youssef :
La stratégie repose sur différents piliers, à commencer par le tourisme culturel, qui inclut un vaste plan directeur pour le plateau de Gizeh, avec la création de 20 000 à 25 000 nouvelles chambres d’hôtel et l’aménagement de nouvelles zones de loisirs, de commerces et de complexes touristiques au cours des trois à cinq prochaines années.

Pour ce qui est des croisières sur le Nil, nous souhaitons qu'elles restent positionnées comme des voyages culturels haut de gamme plutôt que comme des produits de masse ; la croisière Louxor-Assouan étant l’offre phare. Mandarin Oriental et Minor Hotels/SUNRISE proposent tous deux des croisières de luxe sur le Nil.

D'ailleurs, concernant ce positionnement haut de gamme, le ministère s'éloigne progressivement du tourisme de masse tout compris pour privilégier un modèle ciblant un nombre plus restreint de visiteurs, mais à fort pouvoir d'achat.

Nous souhaitons aussi diversifier notre offre en nous appuyant sur le tourisme d'aventure, le bien-être, l'écotourisme et les expériences dans le désert, qui sont intégrés aux campagnes promotionnelles.

Enfin, côté tourisme balnéaire, les stations de la mer Rouge (Hurghada, Charm el-Cheikh, El Gouna, Marsa Alam) en restent les principaux moteurs de croissance. La côte nord (Nouveau Alamein, Ras El Hekma) est en plein développement afin de faire de l'Égypte une destination méditerranéenne tout au long de l'année.

TourMaG - Sur ce dernier projet, quels sont les atouts de l’Égypte par rapport aux autres destinations méditerranéennes ?

Ahmed Youssef :
Je commencerais par citer sa superficie : Ras El Hekma s’étend sur 170 km², avec 44 km de littoral méditerranéen direct.

Sans oublier son climat, son ensoleillement régulier et les eaux chaudes de la Méditerranée, le tout pour un temps de vol de 3 à 4 heures depuis la plupart des pays d'Europe occidentale. D'ailleurs, trois aéroports opérationnels desservent actuellement la côte nord, tandis qu'un aéroport dédié à Ras El Hekma est prévu.

Autre point important : la compétitivité des coûts fonciers et de développement, qui sont nettement inférieurs à ceux des marchés méditerranéens établis tels que la Côte d'Azur, les Baléares ou la mer Égée turque.

Il s'agit aussi du plus important investissement étranger jamais réalisé en Égypte, soit 150 milliards de dollars, engagés par le fonds souverain des Émirats arabes unis, ADQ. Le Qatar serait en pourparlers concernant un nouveau projet de 3,5 milliards de dollars.

Plusieurs aménagements y sont prévus, dont le plan directeur de Modon Holding pour Ras El Hekma qui comprend le plus grand port de plaisance du monde, un théâtre international de 10 000 places, un club équestre, des infrastructures intelligentes, des hôtels et des zones résidentielles.

Enfin, je tiens à rappeler que New Alamein a été désignée "capitale des stations balnéaires arabes pour 2025" par l'Organisation arabe du tourisme.

L'Egypte se tourne vers le marché du luxe

TourMaG - Plus haut, vous évoquiez un changement de stratégie, tourné vers le marché du luxe. Pourriez-vous nous en dire davantage ?

Ahmed Youssef
: Comme je vous le disais, le ministère égyptien du Tourisme a officiellement réorienté sa stratégie, abandonnant le modèle tout compris, dans l'optique d'attirer plus de 8 millions de touristes à fort pouvoir d’achat chaque année.

Pour ce faire, le ministère a fixé des tarifs minimums pour les chambres d'hôtels dans les principales destinations, dont Louxor, Assouan et Taba, afin de préserver les standards de qualité et d’attirer une clientèle plus aisée.

Dan ce sillon, Mandarin Oriental reprendra le légendaire hôtel Old Cataract à Assouan et ouvrira un nouvel établissement à Louxor d’ici 2027, ainsi qu’une croisière de luxe sur le Nil.

De leur côté, Minor Hotels et SUNRISE Resorts lanceront 50 nouveaux hôtels de luxe et des croisières sur le Nil à travers l’Égypte ; tandis que Four Seasons prévoit de s’étendre au Nouveau Caire, à Louxor et à Charm el-Cheikh.

Enfin, Anantara (Minor Hotels) fera ses débuts en Égypte dans le cadre de ce repositionnement sur le segment du luxe.

TourMaG - D'autres projets hôteliers sont-ils en cours de développement ?

Ahmed Youssef :
L'Égypte est désormais en tête en Afrique en matière de développement hôtelier avec 185 hôtels et complexes hôteliers en projet, soit une croissance de 35,5% en une seule année.

Le Grand Caire compte à lui seul 22 111 chambres en projet, réparties sur 88 projets, ce qui représente le plus important portefeuille de projets hôteliers urbains de toutes les villes africaines. Accor a 28 hôtels en projet au Caire ; Marriott International, 20 ; Hilton, 18 ; et IHG, 14.

Toujours au Caire, les ouvertures prévues pour 2026 incluent le Sofitel OIA Towers (480 chambres), le W Residences Cairo, le Mandarin Oriental Shepherd, le Hilton Amazon Capital Diamond Tower et le Voco West Cairo.

À proximité des pyramides de Gizeh, on compte aussi le Triumph Pyramids Hotel et le Royal Sonesta Pyramids (208 chambres, ouverture prévue en 2028), qui offriront tous deux une vue imprenable sur les pyramides.

Du côté de la Haute-Égypte, les hôtels Mandarin Oriental de Louxor et d’Assouan, ainsi que le Radisson Collection de Marsa Alam et de Port Phoenice, devraient ouvrir leurs portes vers 2027.

Enfin, sur la côte nord, le Swissôtel Cairo West (Accor) a récemment signé un accord et Rove Hotels ouvrira ses portes près des pyramides, à Sheikh Zayed City.

La France, un marché émetteur prioritaire pour le tourisme culturel

Pour l'Egyptian Tourism Authority, les croisières sur le Nil doivent rester des voyages culturels haut de gamme plutôt que des produits de masse - Photo : Jules DESPRETZ
Pour l'Egyptian Tourism Authority, les croisières sur le Nil doivent rester des voyages culturels haut de gamme plutôt que des produits de masse - Photo : Jules DESPRETZ
TourMaG - Quel rôle jouent les visiteurs français dans la stratégie touristique de l'Égypte ?

Ahmed Youssef :
La France est considérée comme un marché émetteur prioritaire pour le tourisme culturel, compte tenu des liens historiques étroits qui unissent la France à l'égyptologie.

D'ailleurs, notre ministre du Tourisme et des Antiquités, S.E. Sherif Fathy, a rencontré personnellement ses homologues français en décembre 2024 afin de renforcer la coopération bilatérale en matière de tourisme et d'antiquités.

Le marché hexagonal est donc essentiel à la nouvelle orientation touristique culturelle de l'Égypte : les voyageurs français privilégient les expériences patrimoniales, les séjours plus longs et les dépenses plus importantes, autant d'éléments en phase avec le nouveau modèle stratégique.

C'est pour cela que la stratégie de promotion de l'Égypte en France met de plus en plus l'accent sur le Grand Mémorial égyptien (GEM) et l'offre enrichie de Gizeh, ainsi que sur la côte nord, présentée comme une alternative balnéaire de luxe.

TourMaG - Participerez-vous à IFTM 2026 ?

Ahmed Youssef :
Oui, l’Égypte a toujours été un acteur majeur et constant d’IFTM Top Resa à Paris, compte tenu de l’importance stratégique du marché français.

Quel rôle pour l'aéroport international du Sphinx ?

TourMaG - Parlons à présent de la connectivité aérienne. Savez-vous si de nouvelles liaisons vers la France ou d’autres destinations européennes sont à l'étude ? Ou bien, est-il prévu une hausse de la capacité sur certaines liaisons existantes ?

Ahmed Youssef :
Air France maintient des vols directs entre Paris Charles de Gaulle et l’aéroport international du Caire.

De son côté, EgyptAir a pris livraison de son premier Boeing 737 MAX et développe ses liaisons européennes, notamment vers Paris, Bruxelles, Istanbul et Vienne. Elle inaugurera également une liaison saisonnière Le Caire-Palma de Majorque en 2026.

Par ailleurs, toujours en 2026, EgyptAir et Air Cairo lanceront de nouvelles liaisons, dont une liaison directe Le Caire-Berlin et une augmentation des fréquences vers Paris.

Enfin, British Airways participe à ce développement en augmentant ses services vers Le Caire, Hurghada et Charm el-Cheikh.

De plus, on peut citer parmi les nouvelles liaisons saisonnières depuis le Royaume-Uni, Cardiff-Hurghada et Newcastle-Charm el-Cheikh.

Quant à Wizz Air, elle prévoit de tripler son trafic passagers en Égypte d’ici 2027, renforçant ainsi considérablement l’accès à l’Europe à bas prix.

Des liaisons vers les pays baltes se développent également : El Al lance des vols charters saisonniers reliant El Alamein à Vilnius et Palanga (Lituanie).

TourMaG - Quid de l'aéroport international du Sphinx, situé à deux pas du plateau de Gizeh ?

Ahmed Youssef :
Modernisé pour accueillir jusqu'à 1,2 million de passagers par an, cet aéroport s'étend désormais sur 24 000 m² et dispose de nouveaux comptoirs d'enregistrement, portes d'embarquement, salons et systèmes de sécurité de pointe.

Il a un rôle stratégique, celui de désengorger l'aéroport international du Caire et de servir de porte d'entrée dédiée aux visiteurs du GEM et du plateau de Gizeh.

Depuis début 2025, l'aéroport du Sphinx a accueilli plus d'un million de passagers, soit une augmentation de 21% par rapport à l'année précédente.

Il est actuellement desservi par 22 compagnies aériennes opérant 95 vols hebdomadaires vers 25 destinations nationales et internationales. Parmi les compagnies présentes, citons Kuwait Airways (depuis mai 2026), easyJet, Wizz Air, flydubai et Air Arabia.

La ligne 4 du métro permettre, dès 2027, de relier directement l'aéroport au réseau de transport du Caire.

Une volonté générale d’accroître la capacité des vols charters

Le Dr Ahmed Youssef, CEO de l'Egyptian Tourism Authority, rend visite aux Pionniers de passage au Caire - Photo : Jules DESPRETZ
Le Dr Ahmed Youssef, CEO de l'Egyptian Tourism Authority, rend visite aux Pionniers de passage au Caire - Photo : Jules DESPRETZ
TourMaG - A propos des liaisons aériennes intérieures, y'a-t-il des projets d'expansion au départ d'aéroports autres que celui du Caire, comme Assouan ou Louxor ?

Ahmed Youssef :
Le gouvernement égyptien investit plutôt dans un modèle de plateforme aéroportuaire en étoile depuis le Caire, permettant aux touristes de rejoindre les vols intérieurs de Haute-Égypte (Louxor, Assouan) en un seul voyage avec EgyptAir.

D'ailleurs, la compagnie exploite actuellement six liaisons intérieures au départ du Caire ; le plan 2025/2026 prévoit l'ajout de nouvelles liaisons.

De son côté, l'aéroport international du Sphinx est en cours de développement afin d'assurer également des liaisons intérieures, notamment vers Charm el-Cheikh et Louxor ; tandis que la modernisation des aéroports régionaux d'El Alamein, d'Alexandrie et de Louxor est confirmée.

Néanmoins, la construction de nouveaux aéroports internationaux, Sainte-Catherine et El Arish, est prévue afin d'améliorer la connectivité dans la région du Sinaï.

Enfin, l'aéroport de Marsa Alam poursuit son développement en tant que point d'entrée direct pour le tourisme de plongée et de la mer Rouge.

TourMaG - Quid des vols charters ? Des mesures incitatives sont-elles envisagées pour soutenir leur développement ?

Ahmed Youssef :
Aucun programme d’incitations spécifique et publiquement confirmé n’a été annoncé pour les opérateurs de vols charters pour 2026, bien qu'historiquement, l’Égypte ait accordé des exonérations de redevances d’atterrissage et des garanties de créneaux horaires aux compagnies aériennes lançant de nouvelles liaisons entre aéroports et stations touristiques (Hurghada, Charm el-Cheikh).

L’ouverture du GEM et la volonté de développement de la côte nord constituent aujourd'hui un nouvel argument commercial pour les opérateurs de vols charters, les incitant à envisager des liaisons vers la région du Caire, un marché qui, traditionnellement, ne se prête pas aux vols charters.

Le ministère du Tourisme et le ministère de l’Aviation civile ont d'ailleurs manifesté leur volonté générale d’accroître la capacité des vols charters dans le cadre de l’objectif de 30 millions de visiteurs par an d'ici 2028.

Le e-visa à l'arrivée en cours de déploiement

TourMaG - Est-il prévu d'harmoniser les procédures de traitement des visas dans les aéroports égyptiens ?

Ahmed Youssef :
L’Égypte lancera un système de visa à l’arrivée entièrement numérique à l’aéroport international du Caire en août 2026, avec l’objectif de l’étendre progressivement à tous les aéroports égyptiens.

Une version pilote a été testée au terminal 2 de l’aéroport du Caire fin 2025.

Ce nouveau système permet aux voyageurs d’effectuer leur demande de visa via des bornes libre-service, une application mobile dédiée ou un code QR avec paiement numérique, éliminant ainsi les formulaires papier et réduisant les files d’attente.

La plateforme est mise en œuvre par Cy Shield Technology en partenariat avec la Banque nationale d’Égypte et Banque Misr.

Pour rappel, l’Égypte dispose déjà d’un portail de visa électronique avant le voyage (visa2egypt.gov.eg) pour les nationalités éligibles.

De son côté, le Sud-Sinaï (Charm el-Cheikh, Taba, Dahab, Nuweiba) conserve son système de tampon spécifique de 15 jours pour les arrivées à l’aéroport de Charm el-Cheikh.

L’objectif affiché est un traitement fluide et uniforme des demandes à tous les points d’entrée, conformément au plan stratégique de tourisme durable 2030.

TourMaG - Dans la péninsule du Sinaï, quel est l'état actuel de la réouverture de la région de Taba ?

Ahmed Youssef :
Le point de passage terrestre de Taba avec Israël reste ouvert et opérationnel.

Les touristes entrant par Taba peuvent obtenir à leur arrivée un visa gratuit de 14 jours valable uniquement pour le Sinaï (limité au Sud-Sinaï) ou un visa de 30 jours valable pour l'Égypte entière au prix de 30 $US, auxquels s'ajoute une lettre de garantie de 20 à 25 $US fournie par une agence de voyages agréée s'ils souhaitent se rendre au-delà du Sinaï.

Les hôtels de Taba (Mövenpick Resort, Steigenberger, Tolip Resort, Taba Sands) restent ouverts et opérationnels.


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