Que sont devenues les agences et marques de Thomas Cook France, deux ans aprĂšs la faillite du groupe ? - DR : Depositphotos.com
La sentence est tombée le 28 novembre 2019 !
Le Tribunal de commerce de Nanterre rend alors son jugement pour la reprise des actifs du voyagiste Thomas Cook France. Au total, sur les 174 points de ventes, 149 sont rachetés.
Le principal repreneur ? Un consortium regroupant SalaĂŒn Holidays, Navitours, Havas Voyages, Charles (Karavel-Promovacances), Cati (Voyages le Vacon), Voyages dâaffaires-Broc Voyages, Esprit de voyages, Citra Voyages et Servotel.
Ces onze repreneurs se partagent ainsi 145 points de vente sur les 174 agences de voyages détenues en propre par Thomas Cook France.
3 autres agences sont reprises par PrĂȘt-Ă -Partir et une derniĂšre par Captain Ferry.
Le Tribunal de commerce de Nanterre rend alors son jugement pour la reprise des actifs du voyagiste Thomas Cook France. Au total, sur les 174 points de ventes, 149 sont rachetés.
Le principal repreneur ? Un consortium regroupant SalaĂŒn Holidays, Navitours, Havas Voyages, Charles (Karavel-Promovacances), Cati (Voyages le Vacon), Voyages dâaffaires-Broc Voyages, Esprit de voyages, Citra Voyages et Servotel.
Ces onze repreneurs se partagent ainsi 145 points de vente sur les 174 agences de voyages détenues en propre par Thomas Cook France.
3 autres agences sont reprises par PrĂȘt-Ă -Partir et une derniĂšre par Captain Ferry.
Des agences toujours ouvertes et rentables
« Nous avons repris de belles agences, bien placĂ©es et avec du personnel de qualitĂ©. Toutes sont ouvertes et fonctionnent trĂšs bien », rĂ©sume Arnaud Abitbol, vice-prĂ©sident de Marietton DĂ©veloppement, qui avait repris Ă lâĂ©poque 19 agences.
Au sein du groupe SalaĂŒn Holidays, « les agences tutoient les niveaux de 2018/2019, car elles connaissent Ă©videmment toujours des perturbations en Asie. Nous nâavons pas de donnĂ©es prĂ©cises, mais je pense quâune partie des clients historiques est revenue.
Les agences Thomas Cook Ă©taient de trĂšs bonnes agences, avec des collaborateurs aguerris, formĂ©s. Câest pour cela quâelles ont Ă©tĂ© nombreuses Ă ĂȘtre reprises. Les conditions Ă©taient Ă©galement avantageuses », affirme Nicolas Delord, ancien PDG de Thomas Cook France et dĂ©sormais directeur gĂ©nĂ©ral de SalaĂŒn Holidays.
Sur les trois agences rachetĂ©es par le rĂ©seau PrĂȘt-Ă -Partir, François Piot exploite uniquement celle dâAnnemasse, les deux autres le sont par son associĂ©, Laurent Lhomme.
« Cette agence existe toujours. Elle tourne bien, nous avons une bonne équipe et elle est rentable », affirme François Piot.
« Nous avons fermĂ© lâagence que nous avions en centre commercial Ă Annemasse et regroupĂ© les deux fonds de commerce au profit de celle du centre-ville. Les deux affichaient un volume dâaffaires sympathique chez Thomas Cook de 1,5 million dâeuros et de 2 millions dâeuros pour notre agence.
Est-ce que nous sommes sur les mĂȘmes volumes quâavant ? Trop tĂŽt pour le dire. LâĂ©quipe est diffĂ©rente, les charges Ă©galement », explique le dirigeant de PrĂȘt-Ă -Partir, avant de conclure : « Pour moi, ce rachat est une bonne opĂ©ration. »
AprÚs Hervé Vighier, Jet tours et Eldorador finalement entre les mains de NG Travel
Autres actifs de la branche française : Jet tours et Eldorador.
AprĂšs le rachat surprise par HervĂ© Vighier, l'ex-patron de Marmara, qui avait alors dĂ©boursĂ© plus d'un million d'euros, les deux marques ont fini dans lâescarcelle du groupe NG Travel en dĂ©cembre 2020.
« Jet tours nâest plus un tour-opĂ©rateur, câest dĂ©sormais un site distributeur BtoC, adhĂ©rent dâHavas franchise, et qui revend aussi bien nos produits que ceux de la concurrence. Nous avons Ă©galement un call center qui renvoie vers nos trois agences : deux Ă Paris et une Ă Levallois », recontextualise Philippe Sangouard, directeur de Boomerang Voyages, tour-opĂ©rateur du groupe NG Travel.
« La premiĂšre annĂ©e a Ă©tĂ© trĂšs courte, Ă cause de la crise sanitaire. Aujourdâhui, lâactivitĂ© fonctionne bien et se dĂ©veloppe normalement.
Depuis janvier-fĂ©vrier, lâactivitĂ© a bien redĂ©marrĂ©. Notre production reprĂ©sente un pourcentage intĂ©ressant, mais pas unique. Car nous revendons tous les TO, rĂ©sume le directeur de Boomerang Voyages. DĂ©sormais, notre stratĂ©gie est de monter en puissance, avec pour objectif dâatteindre dans les trois ans 100 millions dâeuros de chiffre dâaffaires et de devenir un distributeur incontournable. »
AprĂšs le rachat surprise par HervĂ© Vighier, l'ex-patron de Marmara, qui avait alors dĂ©boursĂ© plus d'un million d'euros, les deux marques ont fini dans lâescarcelle du groupe NG Travel en dĂ©cembre 2020.
« Jet tours nâest plus un tour-opĂ©rateur, câest dĂ©sormais un site distributeur BtoC, adhĂ©rent dâHavas franchise, et qui revend aussi bien nos produits que ceux de la concurrence. Nous avons Ă©galement un call center qui renvoie vers nos trois agences : deux Ă Paris et une Ă Levallois », recontextualise Philippe Sangouard, directeur de Boomerang Voyages, tour-opĂ©rateur du groupe NG Travel.
« La premiĂšre annĂ©e a Ă©tĂ© trĂšs courte, Ă cause de la crise sanitaire. Aujourdâhui, lâactivitĂ© fonctionne bien et se dĂ©veloppe normalement.
Depuis janvier-fĂ©vrier, lâactivitĂ© a bien redĂ©marrĂ©. Notre production reprĂ©sente un pourcentage intĂ©ressant, mais pas unique. Car nous revendons tous les TO, rĂ©sume le directeur de Boomerang Voyages. DĂ©sormais, notre stratĂ©gie est de monter en puissance, avec pour objectif dâatteindre dans les trois ans 100 millions dâeuros de chiffre dâaffaires et de devenir un distributeur incontournable. »
Une dizaine de clubs Eldorador en 2023
Quid dâEldorador, concept club relancĂ© lâan dernier par NG Travel ?
« Il complÚte notre production aux cÎtés des clubs Coralia, festifs, et Kappa Club, tournés vers la découverte et la rencontre avec la population locale.
Eldorador rĂ©pond Ă un concept dĂ©diĂ© au sport et Ă la famille, avec deux ou trois activitĂ©s avec des coachs professionnels en plus des animateurs. Par exemple des coachs de club de fitness, ou encore du tennis avec des joueurs classĂ©s Ă lâATP parmi les 200 meilleurs joueurs français, etc. », explique Philippe Sangouard.
RelancĂ© il y a un an, avec quatre clubs en CrĂȘte, prĂšs de Malaga en Espagne, Ă Fuerteventura (Canaries) et en RĂ©publique Dominicaine, le concept devrait compter, en 2023, une dizaine de clubs.
« Cela Ă©volue tranquillement et bien. Notre produit rĂ©fĂ©rence est lâOstria en CrĂšte, avec 280 chambres sur les 300 que compte lâĂ©tablissement. De juin Ă septembre 2021, le taux de remplissage Ă©tait de 95% », prĂ©cise le directeur de Boomerang.
Cette annĂ©e, annĂ©e normale avec dĂ©marrage au mois dâavril, a connu une Ă©volution trĂšs importante de notre chiffre, mais pas comparable Ă N-1 », explique le directeur de Boomerang.
« Il complÚte notre production aux cÎtés des clubs Coralia, festifs, et Kappa Club, tournés vers la découverte et la rencontre avec la population locale.
Eldorador rĂ©pond Ă un concept dĂ©diĂ© au sport et Ă la famille, avec deux ou trois activitĂ©s avec des coachs professionnels en plus des animateurs. Par exemple des coachs de club de fitness, ou encore du tennis avec des joueurs classĂ©s Ă lâATP parmi les 200 meilleurs joueurs français, etc. », explique Philippe Sangouard.
RelancĂ© il y a un an, avec quatre clubs en CrĂȘte, prĂšs de Malaga en Espagne, Ă Fuerteventura (Canaries) et en RĂ©publique Dominicaine, le concept devrait compter, en 2023, une dizaine de clubs.
« Cela Ă©volue tranquillement et bien. Notre produit rĂ©fĂ©rence est lâOstria en CrĂšte, avec 280 chambres sur les 300 que compte lâĂ©tablissement. De juin Ă septembre 2021, le taux de remplissage Ă©tait de 95% », prĂ©cise le directeur de Boomerang.
Cette annĂ©e, annĂ©e normale avec dĂ©marrage au mois dâavril, a connu une Ă©volution trĂšs importante de notre chiffre, mais pas comparable Ă N-1 », explique le directeur de Boomerang.
Chute de Thomas Cook, quel impact sur le business ?
Si pratiquement toutes les agences ont Ă©tĂ© reprises, toutefois cela nâa pas entraĂźnĂ© une hausse dâactivitĂ© des points de vente.
« Globalement, les agences qui tournaient bien chez Thomas Cook ont Ă©tĂ© reprises par des concurrents. Nous nâavons pas gagnĂ© de nouveaux clients », note François Piot, de PrĂȘt-Ă -Partir.
En revanche, la fin de lâactivitĂ© tour-operating a permis de dĂ©velopper un vivier important de prospects.
« CâĂ©tait un trĂšs gros TO Jet tours, qui pesait plus de 400 millions dâeuros. Sa chute a profitĂ© Ă tous les TO, lâactivitĂ© a ruisselĂ© sur tous les concurrents. ForcĂ©ment quand lâactivitĂ© est repartie, aprĂšs Covid, chacun a pu bĂ©nĂ©ficier de la disparition de Jet tours », analyse Arnaud Abitbol, vice-prĂ©sident de Marietton DĂ©veloppement.
"Il est vrai que beaucoup d'anciens clients de Thomas Cook aficionados de cette formule se sont dirigés tout naturellement vers nos Club Marmara et nos Club Lookéa. La disparition de Thomas Cook a laissé un vide dans le marché du tourisme et plus précisément dans celui des villages clubs", commente Christophe Fuss, directeur général adjoint de TUI France.
MĂȘme constat dressĂ© par Philippe Sangouard, pour NG Travel : « Depuis le redĂ©marrage en juin 2021, câest Ă©vident que tous les TO basĂ©s sur ce concept club ont une progression plus importante que les TO gĂ©nĂ©ralistes avec des circuits ou du « Ă la carte ».
A lâĂ©poque, le TO Jet tours reprĂ©sentait un volume intĂ©ressant. Cela a bĂ©nĂ©ficiĂ© Ă tous ceux qui font du club et Ă nous en particulier. En 2019, nous avions environ 50 clubs, aujourdâhui nous en avons une centaine. Nous ne sommes pas Ă pĂ©rimĂštre constant, nous avons une Ă©volution plus importante. »
« Globalement, les agences qui tournaient bien chez Thomas Cook ont Ă©tĂ© reprises par des concurrents. Nous nâavons pas gagnĂ© de nouveaux clients », note François Piot, de PrĂȘt-Ă -Partir.
En revanche, la fin de lâactivitĂ© tour-operating a permis de dĂ©velopper un vivier important de prospects.
« CâĂ©tait un trĂšs gros TO Jet tours, qui pesait plus de 400 millions dâeuros. Sa chute a profitĂ© Ă tous les TO, lâactivitĂ© a ruisselĂ© sur tous les concurrents. ForcĂ©ment quand lâactivitĂ© est repartie, aprĂšs Covid, chacun a pu bĂ©nĂ©ficier de la disparition de Jet tours », analyse Arnaud Abitbol, vice-prĂ©sident de Marietton DĂ©veloppement.
"Il est vrai que beaucoup d'anciens clients de Thomas Cook aficionados de cette formule se sont dirigés tout naturellement vers nos Club Marmara et nos Club Lookéa. La disparition de Thomas Cook a laissé un vide dans le marché du tourisme et plus précisément dans celui des villages clubs", commente Christophe Fuss, directeur général adjoint de TUI France.
MĂȘme constat dressĂ© par Philippe Sangouard, pour NG Travel : « Depuis le redĂ©marrage en juin 2021, câest Ă©vident que tous les TO basĂ©s sur ce concept club ont une progression plus importante que les TO gĂ©nĂ©ralistes avec des circuits ou du « Ă la carte ».
A lâĂ©poque, le TO Jet tours reprĂ©sentait un volume intĂ©ressant. Cela a bĂ©nĂ©ficiĂ© Ă tous ceux qui font du club et Ă nous en particulier. En 2019, nous avions environ 50 clubs, aujourdâhui nous en avons une centaine. Nous ne sommes pas Ă pĂ©rimĂštre constant, nous avons une Ă©volution plus importante. »
Une catastrophe économique oubliée ?
Si aujourdâhui, la situation est satisfaisante, la reprise de ces agences a cependant nĂ©cessitĂ© un travail important de communication auprĂšs du public.
« Lâinvestissement de dĂ©part ne reflĂšte pas le coĂ»t pour Havas Voyages de la remise en route. Les clients vous oublient trĂšs vite. Relancer une agence fermĂ©e, avec lâimage de Thomas Cook qui fait faillite, câest compliquĂ©. MalgrĂ© tout, ça reste une opĂ©ration intĂ©ressante », affirme Arnaud Abitbol.
« En janvier 2020, les agences reprises ont connu un redémarrage moins tonique que celui des autres agences du groupe », reconnait Nicolas Delord, ex-patron de Thomas Cook.
Outre la faillite, les agences ont pùti de la chute du tour-opérateur. « Je suppose que la faillite de Thomas Cook a impacté les clients, notamment ceux ayant des inscriptions en cours. Cela a entrainé une perte de confiance. Nous avons mené une opération communication de relance", précise-t-il.
Idem chez PrĂȘt-Ă -Partir. « Nous avons eu besoin de communiquer au moment du dĂ©pĂŽt de bilan.
Jâavais moi-mĂȘme une agence Thomas Cook Ă Saint-Dizier. Nous avons organisĂ© une rĂ©union publique pour expliquer que nous nâĂ©tions pas concernĂ©s directement par la faillite.
Jâai fusionnĂ© les deux agences que je possĂ©dais dans la ville, lâenseigne Thomas Cook a disparu et ça a fait oublier au client cette affaire. MĂȘme sâils ont la mĂ©moire courte, ils ont eu besoin dâune communication assez forte au dĂ©but pour les rassurer », appuie François Piot.
Les autres marques du groupe nâont pas souffert de cette image nĂ©gative. « Dans la conscience du public, Jet tours et Eldorador nâont pas Ă©tĂ© touchĂ©es par la chute de Thomas Cook. Ces deux marques restent trĂšs fortes et positives », note Philippe Sangouard, du groupe NG Travel.
Preuve en est : « La frĂ©quentation et le volume dâachats sont importants. On sent une adhĂ©sion Ă la qualitĂ© de la marque », conclut-il.
Une belle part dâhĂ©ritageâŠ
« Lâinvestissement de dĂ©part ne reflĂšte pas le coĂ»t pour Havas Voyages de la remise en route. Les clients vous oublient trĂšs vite. Relancer une agence fermĂ©e, avec lâimage de Thomas Cook qui fait faillite, câest compliquĂ©. MalgrĂ© tout, ça reste une opĂ©ration intĂ©ressante », affirme Arnaud Abitbol.
« En janvier 2020, les agences reprises ont connu un redémarrage moins tonique que celui des autres agences du groupe », reconnait Nicolas Delord, ex-patron de Thomas Cook.
Outre la faillite, les agences ont pùti de la chute du tour-opérateur. « Je suppose que la faillite de Thomas Cook a impacté les clients, notamment ceux ayant des inscriptions en cours. Cela a entrainé une perte de confiance. Nous avons mené une opération communication de relance", précise-t-il.
Idem chez PrĂȘt-Ă -Partir. « Nous avons eu besoin de communiquer au moment du dĂ©pĂŽt de bilan.
Jâavais moi-mĂȘme une agence Thomas Cook Ă Saint-Dizier. Nous avons organisĂ© une rĂ©union publique pour expliquer que nous nâĂ©tions pas concernĂ©s directement par la faillite.
Jâai fusionnĂ© les deux agences que je possĂ©dais dans la ville, lâenseigne Thomas Cook a disparu et ça a fait oublier au client cette affaire. MĂȘme sâils ont la mĂ©moire courte, ils ont eu besoin dâune communication assez forte au dĂ©but pour les rassurer », appuie François Piot.
Les autres marques du groupe nâont pas souffert de cette image nĂ©gative. « Dans la conscience du public, Jet tours et Eldorador nâont pas Ă©tĂ© touchĂ©es par la chute de Thomas Cook. Ces deux marques restent trĂšs fortes et positives », note Philippe Sangouard, du groupe NG Travel.
Preuve en est : « La frĂ©quentation et le volume dâachats sont importants. On sent une adhĂ©sion Ă la qualitĂ© de la marque », conclut-il.
Une belle part dâhĂ©ritageâŠ






Publié par Caroline Lelievre















