Transparence des salaires : le Parlement europĂ©en a adoptĂ©, le 30 mars 2023, une directive visant Ă contraindre les employeurs dans lâUnion europĂ©enne (UE) Ă la transparence pour garantir lâĂ©galitĂ© de rĂ©munĂ©ration entre femmes et hommes. â depositphotos/AndreyPopov
L'Union EuropĂ©enne a adoptĂ© une directive visant Ă combler l'Ă©cart de rĂ©munĂ©ration entre les femmes et les hommes. Pour rappel, dans lâUE, les femmes gagnent en moyenne 13% de moins que les hommes pour le mĂȘme travail.
Peut-elle y arriver ?
« Seule, non, mais elle y contribuera, répond Xavier de Lagarde, Directeur des Ressources Humaines de Voyageurs du Monde. Toute action qui amÚne de la transparence et qui favorise plus d'équité entre les salariés est positive. Nous avons en France un index égalité femmes/hommes qui pousse progressivement les entreprises à plus d'attention et favorise le dialogue sur ce sujet. La directive européenne est dans cette lignée. C'est donc positif ! »
« Les choses n'avancent sans doute pas assez vite mais elles avancent, comme le souligne les résultats 2022 publiés par le ministÚre du travail
. Au-delà de ces outils, le vrai juge de paix est en réalité le marché de l'emploi. Avec un taux de chÎmage autour de 7%, les entreprises doivent rémunérer leurs salariés au plus juste et à l'aune de leurs compétences, et ce quel que soit leur genre au risque de les voir partir. C'est d'autant plus vrai pour le secteur du tourisme qui, avec une population majoritairement féminine (autour de 80%), peine aujourd'hui à recruter », complÚte Xavier de Lagarde, Directeur des Ressources Humaines de Voyageurs du Monde.
Lire aussi : Voyageurs du Monde : "une vingtaine de recrutements sont Ă venir" đ
Peut-elle y arriver ?
« Seule, non, mais elle y contribuera, répond Xavier de Lagarde, Directeur des Ressources Humaines de Voyageurs du Monde. Toute action qui amÚne de la transparence et qui favorise plus d'équité entre les salariés est positive. Nous avons en France un index égalité femmes/hommes qui pousse progressivement les entreprises à plus d'attention et favorise le dialogue sur ce sujet. La directive européenne est dans cette lignée. C'est donc positif ! »
« Les choses n'avancent sans doute pas assez vite mais elles avancent, comme le souligne les résultats 2022 publiés par le ministÚre du travail
. Au-delà de ces outils, le vrai juge de paix est en réalité le marché de l'emploi. Avec un taux de chÎmage autour de 7%, les entreprises doivent rémunérer leurs salariés au plus juste et à l'aune de leurs compétences, et ce quel que soit leur genre au risque de les voir partir. C'est d'autant plus vrai pour le secteur du tourisme qui, avec une population majoritairement féminine (autour de 80%), peine aujourd'hui à recruter », complÚte Xavier de Lagarde, Directeur des Ressources Humaines de Voyageurs du Monde.
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Transparence des salaires : « Une certaine forme dâingĂ©rence qui peut ĂȘtre malsaine »
Si pour lui, rĂ©duire lâĂ©cart entre les salaires des femmes et des hommes est « noble et nĂ©cessaire », la dĂ©marche pose malgrĂ© tout question : « Au-delĂ du genre et de lâĂ©cart de rĂ©munĂ©ration, ma crainte est de sâorienter vers une uniformisation de lâensemble des salaires, car derriĂšre cette directive, il y a une forme dâobligation de transparence sur lâensemble des salaires », observe-t-il.
Selon le professionnel des RH, la rĂ©munĂ©ration est lâun des leviers financiers permettant de rĂ©compenser les salariĂ©s individuellement.
« Si on sort du cadre homme/femme, dans lâabsolu Ă travail Ă©gal, salaire Ă©gal, mais est-ce que dans la vraie vie le travail est Ă©gal dâune personne Ă lâautre pour le mĂȘme titre ? Jâai de gros doute. Nous sommes majoritairement dans des entreprises privĂ©es oĂč il y a des objectifs de rentabilitĂ©, de service, de qualitĂ©. Il ne faut pas se diriger vers une dĂ©sindividualisation de la rĂ©munĂ©ration en fonction de la performance », selon le fondateur du cabinet de conseil en ressources humaines B-ressource.
« La directive dĂ©borde sur la politique de rĂ©munĂ©ration de lâentreprise. Il y a une certaine forme dâingĂ©rence qui peut ĂȘtre malsaine », complĂšte-t-il.
BientĂŽt lâobligation dâafficher le salaire ou une fourchette dans les annonces ?
La directive europĂ©enne prĂ©voit Ă©galement de mettre fin au secret salarial. Les travailleurs auront le droit dâobtenir des informations sur les rĂ©munĂ©rations dans leur catĂ©gorie dâemploi.
Une bonne nouvelle pour ValĂ©rie Dufour, experte emploi, Ă la tĂȘte de Welcome to the Travel : « Je constate chaque jour sur le terrain une mĂ©connaissance des rĂ©munĂ©rations par fonction des candidats et recruteurs. La rĂ©munĂ©ration Ă©tant un Ă©lĂ©ment trĂšs important Ă mentionner dans les offres dâemploi dĂ©sormais pour attirer les candidats en plus des avantages proposĂ©s et du dĂ©roulement de lâentretien ou des entretiens Cette directive europĂ©enne pour une meilleure transparence des rĂ©munĂ©rations ne peut ĂȘtre quâune bonne chose. »
« Le salaire reste trĂšs souvent un des Ă©lĂ©ments clĂ© du poste pour le candidat et sâassurer au plus tĂŽt que le niveau de rĂ©munĂ©ration proposĂ© peut ĂȘtre en adĂ©quation avec ses attentes est essentiel, assure Xavier de Lagarde, DRH de Voyageurs du Monde, avant de prĂ©venir : Attention Ă ne pas trop focaliser sur ce sujet car les missions proposĂ©es, les valeurs de lâentreprise ou encore lâenvironnement de poste pĂšsent parfois plus lourds dans le choix dâun candidat que le seul critĂšre de rĂ©munĂ©ration. »
Une bonne nouvelle pour ValĂ©rie Dufour, experte emploi, Ă la tĂȘte de Welcome to the Travel : « Je constate chaque jour sur le terrain une mĂ©connaissance des rĂ©munĂ©rations par fonction des candidats et recruteurs. La rĂ©munĂ©ration Ă©tant un Ă©lĂ©ment trĂšs important Ă mentionner dans les offres dâemploi dĂ©sormais pour attirer les candidats en plus des avantages proposĂ©s et du dĂ©roulement de lâentretien ou des entretiens Cette directive europĂ©enne pour une meilleure transparence des rĂ©munĂ©rations ne peut ĂȘtre quâune bonne chose. »
« Le salaire reste trĂšs souvent un des Ă©lĂ©ments clĂ© du poste pour le candidat et sâassurer au plus tĂŽt que le niveau de rĂ©munĂ©ration proposĂ© peut ĂȘtre en adĂ©quation avec ses attentes est essentiel, assure Xavier de Lagarde, DRH de Voyageurs du Monde, avant de prĂ©venir : Attention Ă ne pas trop focaliser sur ce sujet car les missions proposĂ©es, les valeurs de lâentreprise ou encore lâenvironnement de poste pĂšsent parfois plus lourds dans le choix dâun candidat que le seul critĂšre de rĂ©munĂ©ration. »
Un tsunami dans le tourisme ?
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Si dans les faits, informer de la rĂ©munĂ©ration dâun poste dans le cadre dâune annonce parait Ă©vident, comment rĂ©agiront les recruteurs de lâindustrie du tourisme Ă cette obligation ?
Dans une industrie qui connaĂźt des difficultĂ©s de recrutement et dont les salaires sont jugĂ©s bas, cette directive peut-elle ĂȘtre une occasion de redorer son blason ? Obligera-t-elle les entreprises Ă revoir le niveaux des salaires ? Par la mĂȘme occasion permettra-t-elle de faciliter les recrutements ? Pas sĂ»r.
« La problĂ©matique dans le secteur du tourisme est le business model. Globalement, les employeurs paient en fonction des marges quâils peuvent gĂ©nĂ©rer. Il faut quâils rĂ©flĂ©chissent Ă la maniĂšre dâaugmenter leur productivitĂ©, dâincentiver leurs collaborateurs par rapport Ă la contribution quâils vont avoir », expose Thierry Baux.
Certaines structures devraient en profiter plus que dâautres ? « Certains vont jouer le jeu de la transparence salariale, car ils ont des business model, plus moderne. Certains verront ça comme une forme de sanction et dâautres adopteront une attitude attentiste et attendront de voir comment sâeffectue les contrĂŽles », prĂ©dit Thierry Baux.
Quid des salariés ? Quelles sera leur réaction quand ils découvriront les salaires de leurs collÚgues à la machine à café ?
« Cela peut gĂ©nĂ©rer une frustration, voire une dĂ©mobilisation, car jugĂ© injuste », anticipe Thierry Baux, selon qui les gens feignent de ne pas connaĂźtre la rĂ©munĂ©ration de leurs voisins. « Je pense quâils savent beaucoup. Les Ă©quipes se parlent. Le fait que ce soit Ă©talĂ© sur la place publique, les rĂ©actions qui Ă©taient larvĂ©s aujourdâhui vont sâexprimer », ajoute-t-il.
« Dans un contexte oĂč la relation Ă lâentreprise a complĂ©tement Ă©voluĂ©, notamment avec le tĂ©lĂ©travail, il y a dĂ©jĂ une forme de mĂ©fiance vis-Ă -vis de lâemployeur. Cette transparence peut ĂȘtre interprĂ©tĂ©e et gĂ©nĂ©rer encore plus de temps dâattention et dâexplication Ă titre individuel que ça ne lâest aujourdâhui. Avec la distanciation, il y a un gros travail dâempathie, de coaching, dâencadrement. Qui va sây coller ? Pas forcĂ©ment le dirigeant, mais le DRH ou le manager, qui va devoir apporter une justification », prĂ©vient Thierry Baux.
Il reste trois ans aux entreprises pour ĂȘtre prĂȘtes Ă rĂ©pondre Ă cette directive.
Dans une industrie qui connaĂźt des difficultĂ©s de recrutement et dont les salaires sont jugĂ©s bas, cette directive peut-elle ĂȘtre une occasion de redorer son blason ? Obligera-t-elle les entreprises Ă revoir le niveaux des salaires ? Par la mĂȘme occasion permettra-t-elle de faciliter les recrutements ? Pas sĂ»r.
« La problĂ©matique dans le secteur du tourisme est le business model. Globalement, les employeurs paient en fonction des marges quâils peuvent gĂ©nĂ©rer. Il faut quâils rĂ©flĂ©chissent Ă la maniĂšre dâaugmenter leur productivitĂ©, dâincentiver leurs collaborateurs par rapport Ă la contribution quâils vont avoir », expose Thierry Baux.
Certaines structures devraient en profiter plus que dâautres ? « Certains vont jouer le jeu de la transparence salariale, car ils ont des business model, plus moderne. Certains verront ça comme une forme de sanction et dâautres adopteront une attitude attentiste et attendront de voir comment sâeffectue les contrĂŽles », prĂ©dit Thierry Baux.
Quid des salariés ? Quelles sera leur réaction quand ils découvriront les salaires de leurs collÚgues à la machine à café ?
« Cela peut gĂ©nĂ©rer une frustration, voire une dĂ©mobilisation, car jugĂ© injuste », anticipe Thierry Baux, selon qui les gens feignent de ne pas connaĂźtre la rĂ©munĂ©ration de leurs voisins. « Je pense quâils savent beaucoup. Les Ă©quipes se parlent. Le fait que ce soit Ă©talĂ© sur la place publique, les rĂ©actions qui Ă©taient larvĂ©s aujourdâhui vont sâexprimer », ajoute-t-il.
« Dans un contexte oĂč la relation Ă lâentreprise a complĂ©tement Ă©voluĂ©, notamment avec le tĂ©lĂ©travail, il y a dĂ©jĂ une forme de mĂ©fiance vis-Ă -vis de lâemployeur. Cette transparence peut ĂȘtre interprĂ©tĂ©e et gĂ©nĂ©rer encore plus de temps dâattention et dâexplication Ă titre individuel que ça ne lâest aujourdâhui. Avec la distanciation, il y a un gros travail dâempathie, de coaching, dâencadrement. Qui va sây coller ? Pas forcĂ©ment le dirigeant, mais le DRH ou le manager, qui va devoir apporter une justification », prĂ©vient Thierry Baux.
Il reste trois ans aux entreprises pour ĂȘtre prĂȘtes Ă rĂ©pondre Ă cette directive.






Publié par Caroline Lelievre
















