Environ 20% des croisiéristes reviennent séjourner à Marseille ou dans la région après une première découverte lors d’une escale - Photo : C. Moirenc
TourMaG - Marseille signe une très bonne année 2025 ?
Jacques Hardelay : Oui, c’est un bon cru. Nous avons accueilli 2,6 millions de passagers et 660 escales, soit une hausse de 8% par rapport à 2024.
Nous n’avons pas eu plus d’escales, mais des navires beaucoup mieux remplis. Et surtout, nous constatons un étalement de l’activité sur l’année et sur la semaine. Il n’y a plus uniquement un pic en juillet-août.
La saison commence désormais dès mars, avec des mois d’avril, mai, septembre ou octobre très intenses. Ce qui permet de mieux gérer les flux dans la ville. Nous avons davantage de passagers, mais répartis dans le temps.
TourMaG - Vous insistez beaucoup sur les "têtes de ligne"…
Jacques Hardelay : C’est un sujet clé pour nous. Environ 30% des passagers commencent ou terminent leur croisière à Marseille.
Nous avons eu 452 croisières au départ de Marseille en 2025. Ces voyageurs restent souvent plus longtemps avant ou après leur croisière. L’impact économique est donc beaucoup plus important pour les hôtels, les taxis, les excursions ou les commerces.
Jacques Hardelay : Oui, c’est un bon cru. Nous avons accueilli 2,6 millions de passagers et 660 escales, soit une hausse de 8% par rapport à 2024.
Nous n’avons pas eu plus d’escales, mais des navires beaucoup mieux remplis. Et surtout, nous constatons un étalement de l’activité sur l’année et sur la semaine. Il n’y a plus uniquement un pic en juillet-août.
La saison commence désormais dès mars, avec des mois d’avril, mai, septembre ou octobre très intenses. Ce qui permet de mieux gérer les flux dans la ville. Nous avons davantage de passagers, mais répartis dans le temps.
TourMaG - Vous insistez beaucoup sur les "têtes de ligne"…
Jacques Hardelay : C’est un sujet clé pour nous. Environ 30% des passagers commencent ou terminent leur croisière à Marseille.
Nous avons eu 452 croisières au départ de Marseille en 2025. Ces voyageurs restent souvent plus longtemps avant ou après leur croisière. L’impact économique est donc beaucoup plus important pour les hôtels, les taxis, les excursions ou les commerces.
Promouvoir davantage les produits locaux
Jacques Hardelay préside Marseille Provence Croisière depuis juin 2025 - Photo : Marseille Provence Croisière
Jacques Hardelay : Exactement. Nous faisons du lobbying pour le territoire. Notre obsession, c’est d’améliorer l’impact économique tout en réduisant les impacts négatifs.
Nous travaillons aussi à promouvoir davantage les produits locaux. Il existe un énorme potentiel en région Sud, mais il est encore sous-exploité.
TourMaG - Vous voulez commencer par la croisière fluviale ?
Jacques Hardelay : Oui, parce que les volumes sont plus faibles et que cela nous permet d’expérimenter plus facilement.
Nous travaillons avec les artisans et les producteurs locaux. L’idée est de construire progressivement une filière, avec des produits de qualité et des volumes adaptés.
Si cela fonctionne sur le fluvial, nous proposerons ensuite ce modèle aux armateurs maritimes, qui ont déjà des organisations bien établies mais aussi des besoins très importants.
Développer la clientèle internationale
TourMaG - La clientèle internationale progresse fortement…
Jacques Hardelay : Nous avons enregistré 21% d’Américains supplémentaires, 41% de Canadiens ou encore une progression des clientèles chinoises, notamment grâce à la liaison directe Marseille-Shanghai. Les Chinois embarquent principalement sur MSC ou Costa.
Et Marseille est aujourd’hui le premier port mondial de MSC en nombre d’escales. Le travail réalisé par MSC pour valoriser Marseille est exceptionnel.
L’aéroport est en première ligne et l'ouverture d'une connexion directe entre New York et Marseille renforcerait encore l’attractivité du port pour cette clientèle à fort pouvoir d’achat. Il y a aussi beaucoup d’Américains dans le segment luxe, notamment autour du terminal J4.
TourMaG - Marseille accueille aussi une grande majorité des croisiéristes français ?
Jacques Hardelay : Oui. Les Français restent la première clientèle avec 497 361 passagers en 2025 (+0,91%).
Je précise aussi qu'environ 20% des croisiéristes reviennent ensuite séjourner à Marseille ou dans la région après une première découverte lors d’une escale. C’est un impact touristique très fort.
Jacques Hardelay : Nous avons enregistré 21% d’Américains supplémentaires, 41% de Canadiens ou encore une progression des clientèles chinoises, notamment grâce à la liaison directe Marseille-Shanghai. Les Chinois embarquent principalement sur MSC ou Costa.
Et Marseille est aujourd’hui le premier port mondial de MSC en nombre d’escales. Le travail réalisé par MSC pour valoriser Marseille est exceptionnel.
L’aéroport est en première ligne et l'ouverture d'une connexion directe entre New York et Marseille renforcerait encore l’attractivité du port pour cette clientèle à fort pouvoir d’achat. Il y a aussi beaucoup d’Américains dans le segment luxe, notamment autour du terminal J4.
TourMaG - Marseille accueille aussi une grande majorité des croisiéristes français ?
Jacques Hardelay : Oui. Les Français restent la première clientèle avec 497 361 passagers en 2025 (+0,91%).
Je précise aussi qu'environ 20% des croisiéristes reviennent ensuite séjourner à Marseille ou dans la région après une première découverte lors d’une escale. C’est un impact touristique très fort.
La connexion électrique à quai joue un rôle majeur
TourMaG - Les perspectives 2026 sont-elles également orientées à la hausse ?
Jacques Hardelay : Nous prévoyons environ 750 escales et 2,8 millions de passagers.
La connexion électrique à quai joue un rôle majeur. Marseille dispose aujourd’hui d’une puissance unique en Europe, capable de connecter simultanément trois ou quatre navires.
Rome et Barcelone n’ont pas cette capacité. Malte dispose d’une prise, mais Marseille bénéficie d’une puissance disponible unique. Ce qui a été réalisé par le Grand Port maritime de Marseille est techniquement exceptionnel.
TourMaG - Cela devient-il un argument décisif pour les compagnies ?
Jacques Hardelay : Oui, parce que nous fournissons de l’électricité verte. Cela améliore leurs indices environnementaux et réduit l’impact des taxes liées aux émissions. Par ailleurs, en 2025, 28% des escales ont été réalisées par des navires propulsés au GNL, une part en progression de +9%.
TourMaG - Sentez-vous aussi un effet des tensions géopolitiques au Moyen-Orient ?
Jacques Hardelay : La Méditerranée devient encore plus attractive. Certains armateurs réfléchissent déjà à repositionner des capacités vers cette zone pour 2026 ou 2027.
Jacques Hardelay : Nous prévoyons environ 750 escales et 2,8 millions de passagers.
La connexion électrique à quai joue un rôle majeur. Marseille dispose aujourd’hui d’une puissance unique en Europe, capable de connecter simultanément trois ou quatre navires.
Rome et Barcelone n’ont pas cette capacité. Malte dispose d’une prise, mais Marseille bénéficie d’une puissance disponible unique. Ce qui a été réalisé par le Grand Port maritime de Marseille est techniquement exceptionnel.
TourMaG - Cela devient-il un argument décisif pour les compagnies ?
Jacques Hardelay : Oui, parce que nous fournissons de l’électricité verte. Cela améliore leurs indices environnementaux et réduit l’impact des taxes liées aux émissions. Par ailleurs, en 2025, 28% des escales ont été réalisées par des navires propulsés au GNL, une part en progression de +9%.
TourMaG - Sentez-vous aussi un effet des tensions géopolitiques au Moyen-Orient ?
Jacques Hardelay : La Méditerranée devient encore plus attractive. Certains armateurs réfléchissent déjà à repositionner des capacités vers cette zone pour 2026 ou 2027.
Epidémies : les clients savent relativiser
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Hantavirus : les passagers débarqués, les croisières d’expédition sous le feu des projecteurs
TourMaG - Vous n’êtes pas inquiet de l’impact médiatique des récentes épidémies de norovirus ou d’hantavirus ?
Jacques Hardelay : Je ne suis pas compétent sur le plan sanitaire, mais je connais les navires et leur exploitation.
Les procédures d’hygiène à bord d’un bateau de croisière sont deux ou trois fois plus importantes que dans beaucoup d’hôtels ou d’autres lieux accueillant du public.
Les navires sont très bien préparés pour affronter ce type de crise. Après, lorsqu’un virus arrive de l’extérieur dans un espace restreint, ce n’est jamais simple. Mais les compagnies savent gérer ces situations avec beaucoup de professionnalisme.
TourMaG - Cela ne devrait donc pas freiner la demande ?
Jacques Hardelay : Je ne le pense pas. Cela peut créer un peu d’angoisse ponctuellement, mais les client savent aussi relativiser. Les virus existent partout, pas seulement en croisière. Ce qui compte, c’est la transparence, la gestion de crise et la capacité à tirer les leçons de chaque épisode.
TourMaG - La croisière reste donc un secteur en pleine croissance mondiale ?
Jacques Hardelay : Oui, c’est impressionnant. Il y a encore énormément de potentiel.
La vraie question aujourd’hui n’est pas le nombre de passagers, mais l’impact environnemental, la gestion des ports et la performance énergétique des navires.
Les armateurs travaillent énormément pour améliorer leurs bateaux, traiter les déchets, les eaux usées et réduire leur empreinte.
Jacques Hardelay : Je ne suis pas compétent sur le plan sanitaire, mais je connais les navires et leur exploitation.
Les procédures d’hygiène à bord d’un bateau de croisière sont deux ou trois fois plus importantes que dans beaucoup d’hôtels ou d’autres lieux accueillant du public.
Les navires sont très bien préparés pour affronter ce type de crise. Après, lorsqu’un virus arrive de l’extérieur dans un espace restreint, ce n’est jamais simple. Mais les compagnies savent gérer ces situations avec beaucoup de professionnalisme.
TourMaG - Cela ne devrait donc pas freiner la demande ?
Jacques Hardelay : Je ne le pense pas. Cela peut créer un peu d’angoisse ponctuellement, mais les client savent aussi relativiser. Les virus existent partout, pas seulement en croisière. Ce qui compte, c’est la transparence, la gestion de crise et la capacité à tirer les leçons de chaque épisode.
TourMaG - La croisière reste donc un secteur en pleine croissance mondiale ?
Jacques Hardelay : Oui, c’est impressionnant. Il y a encore énormément de potentiel.
La vraie question aujourd’hui n’est pas le nombre de passagers, mais l’impact environnemental, la gestion des ports et la performance énergétique des navires.
Les armateurs travaillent énormément pour améliorer leurs bateaux, traiter les déchets, les eaux usées et réduire leur empreinte.






Publié par Laurent Guéna 














