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Formation : de l'école à l'entreprise, comment s'entendre pour aller de l'avant ?

1er forum recrutement organisé par Welcome to the Travel by TourMaG.com



Welcome to the Travel by TourMaG.com, média leader de l’emploi et de la formation dans le tourisme, a organisé, le 18 mai 2021, son 1er forum recrutement. La table ronde, animée par Valérie Dufour, à la tête de Welcome to the Travel by TourMaG.com, et Caroline Lelièvre, journaliste, a réuni recruteurs, écoles et centres de formation. Comment les écoles et entreprises peuvent collaborer pour répondre aux besoins de l'industrie du tourisme ? On vous dit tout.


Rédigé par le Mercredi 9 Juin 2021

La crise sanitaire a fortement bouleversé l’industrie du tourisme. A la veille de la reprise, les besoins en compétences ont évolué.

C’est ce sujet qui a animé les échanges lors de la première partie du 1er forum recrutement, organisé par Welcome to the Travel by TourMaG.com le 18 mai 2021.

Profils commerciaux, compétences digitales, gestion de projet… Après avoir identifié les compétences que le tourisme de demain requiert, il reste à savoir comment répondre aux besoins sur le terrain.

Comment les écoles, organismes de formation et les entreprises peuvent travailler ensemble pour redynamiser l'industrie du tourisme et redonner de l’espoir à la jeunesse et au personnel des secteurs concernés ?

Le forum a permis à des représentants d’écoles de tourisme, dirigeants et DRH de différentes entreprises du tourisme et d’hôtellerie de nourrir le sujet.

Théorie versus réalité

« Ces dernières années, nous avons eu l’impression, nous, recruteurs, de devoir nous adapter aux demandeurs d’emploi. Aujourd’hui, il y a des formations bac +2 en inadéquation avec nos métiers. La crise a mis en exergue toutes ces problématiques », constate Olivia Calvin, directrice commerciale de Climats du Monde.

Brice Duthion, manager du projet Campus sud des métiers tourisme de la CCI Nice Côte d'Azur, confirme ce besoin de faire évoluer le contenu de la formation. « Le principal enjeu est le travail d’ingénierie. Il y a un véritable fossé entre les attentes des entreprises et l’offre de formation », appuie-t-il.

« Il y a un travail de fond à mener avec les professionnels, à la fois pour accompagner ceux qui restent dans le domaine de l’entreprise, pour la fidélisation, alors que beaucoup de salariés ont quitté le secteur », complète-t-il.

De son côté Karine Estaun, à la tête de l’organisme de formation Tourism’Development pointe une disparité entre les organismes de formation et les écoles. « Pourtant, on dépend de la même certification », remarque celle qui intervient essentiellement auprès des institutionnels.

La certification RNCP permet une certaine agilité.

« Une école dépend du référentiel défini par le ministère de l’Education nationale, quand on est une école privée on fait une demande de certification des titres auprès du RNCP, de France compétences qui dépend du ministère du Travail. Nous à l’ESCAET, on délivre des titres avec des blocs de compétences », explique Laurie Larchez, directrice des opérations à l’ESCAET.

Reste que du côté de la formation, on n’attend pas les bras croisés.

« Depuis le début de la crise, nous avons revu toutes nos méthodes de vente et l’enseignement sur le digital de notre bachelor. Nous avons répondu à la demande de nos partenaires, regardé les annonces d’emploi des recruteurs », précise Romain David, directeur Administratif et Financier de l’EFHT.

Cohésion entre centres de formation et entreprises

Le monde de la formation est conscient de l’importance d’être en corrélation avec le terrain.

« On ne peut pas dire que l’on propose des formations professionnalisantes, sans être en rapport direct avec les entreprises , affirme Frédéric Canicio, directeur de Grand Sud Formation. Nous faisons appel à des intervenants qui sont des professionnels du secteur. Derrière le diplôme, les étudiants visent un métier, c’est important pour nous d’avoir des formations en adéquation avec ces métiers. »

Et d’ajouter que : « C’est peut-être aux entreprises de nous donner les clés, pour pouvoir les intégrer au mieux dans nos démarches de montée en compétences auprès des étudiants. »

Une hypothèse soutenue par le manager du projet Campus sud des métiers tourisme de la CCI Nice Côte d'Azur. Selon lui, « Il y a un gros travail d’investissement à faire avec les milieux professionnels. Ils sont en partie responsables de la désaffection d’une partie des emplois qui existent dans le secteur du tourisme. »

L’alternance, un lien avec l’entreprise

Et si l’alternance faisait partie de ces entrées dans le monde de l’entreprise ?

« Il y a une contradiction, expose le directeur de Grand Sud Formation. On sent bien que les étudiants ont besoin de ce temps en entreprise. La réalité on la connaît : a-t-on la possibilité de prendre un(e) alternant(e), dès sa première année ? Aura-t-on le temps de bien s’occuper de lui ? Ce décloisonnement est un vaste sujet. »

« Il doit y avoir beaucoup plus d’interactions », répond Olivia Calvin, directrice commerciale de Climats du Monde. Et pas seulement autour d’un débat. Je ne crois pas que ce soit l’élève qui doit être le lien. Ce n’est pas toujours, non plus, aux professionnels d’intervenir dans l’école. Les professeurs et directeurs d’école doivent revenir chez les voyagistes pour voir la réalité, ce dont on a vraiment besoin. »

De l’importance des soft skills

À l’inverse des “Hard Skills”, les compétences techniques, les “Soft Skills” sont les compétences humaines, personnelles et sociales… Et il ne faut pas les négliger !

« En France, on mise peu sur les compétences », selon Romain David, directeur Administratif et Financier de l’EFHT.

Quel crédit donne un cabinet de recrutement à une attestation de formation complémentaire ?

« J’ai beaucoup de respect pour les gens qui s’autoforme au cours de leur carrière, c’est courageux. Ce qui fait la crédibilité, c’est le fil rouge. La personne qui a fait son introspection, qui sait de quoi elle a envie, où est-ce qu’elle s’éclate, ce qu’elle ne veut pas. Le parcours de vie est fondamental.

Le label académique peut être une condition pour des postes à grosse vocation technique. Au-delà de ça, ce qui va faire la différence, c’est l’intelligence émotionnelle », expose Thierry Baux, du cabinet B Ressource.

« On peut se former dans l’entreprise. La réforme de 2018 de la formation professionnelle tend à responsabiliser l’entreprise dans l’adaptabilité des salariés à l’évolution du monde du travail. On y est ! Les modes de consommation de la formation des jeunes générations sont en train de changer », se félicite Yann Gougeon, à la tête de l'organisme de formation 360 Sharing.

« Les formations modulaires vont prendre le relais, pendant notre vie professionnelle. Nous devons, nous, entreprises du secteur du tourisme être acteur de l’orientation des formations. De vraies discussions doivent se mettre en place, c’est comme cela que nous trouverons la solution », poursuit-il.


Le financement facilité

La crise sanitaire a également bousculé le monde de la formation continue ! « Les dispositifs de formation ont profondément changé. Aujourd’hui, quelqu’un qui souhaite se former arrive à trouver un financement », constate Brice Duthion, manager du projet Campus sud des métiers tourisme de la CCI Nice Côte d'Azur.

Les salariés peuvent demander une prise en charge du financement de leur formation auprès de l’Afdas ou de l’OPCO Mobilités pour les producteurs et distributeurs qui ont mis en place le Fonds national de l’emploi - FNE 2021.

« 80% des formations sont aujourd’hui prises en charge dans l’enveloppe collective de la structure dans laquelle le salarié est embauché. Depuis le début de la crise sanitaire, des enveloppes supplémentaires ont été allouées dans certaines régions », observe Karine Estaun.

« Aujourd’hui, l’application mobile ou le site web Mon compte personnel de formation (CPF), auquel on peut ajouter ses heures de DIF, jusqu’au 30 juin 2021 , est un formidable outil. C’est un dispositif individuel, que l’on peut utiliser sans demander l’accord de son employeur, sauf si on se forme sur le temps de travail », rappelle Laurie Larchez de l’Escaet.

Des solutions existent pour appréhender au mieux le tourisme de demain. Il est urgent de se renseigner sur vos droits et se former au tourisme de demain.


Caroline Lelievre Publié par Caroline Lelievre Journaliste - TourMaG.com
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Commentaires

1.Posté par BARATHIEU le 10/06/2021 08:41 | Alerter
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Cet article ne cite pas les titres professionnels du Ministère du travail, Conseil Vendeur en Voyages par exemple. Ces titres sont révisés tous les 5 ans, avec une analyse de l'emploi et des offres d'emploi (travail prescrit), une analyse des formations, des taux d'emploi et d'utilisation des compétences suite à la formation, des entretiens avec des professionnels et leur hiérarchique (travail réel), un questionnaire aux professionnels et une analyse documentaire. Une partie prospective permet également d'envisager les évolutions à 5 ans.

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