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Garantie Voyage : le meilleur moyen d’aider les agences de voyages est de rassurer les consommateurs...

L'Editorial de Jean da Luz



Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat au Tourisme, était ce vendredi sur l’antenne du tourbillonnant Jean-Jacques Bourdin. Sujet de l’émission : l’ouverture des frontières et ses modalités. Naturellement, la question de la garantie voyage est venue sur le tapis. Les consommateurs devront-ils payer davantage pour obtenir une garantie pleine et entière quand ils achèteront un voyage ? Revue de détails...


Rédigé par le Dimanche 6 Juin 2021

Comment les consommateurs feraient-ils confiance pour leur futurs voyages à des entreprises qui ne seraient même pas en mesure de les rembourser ? /crédit DepositPhoto
Comment les consommateurs feraient-ils confiance pour leur futurs voyages à des entreprises qui ne seraient même pas en mesure de les rembourser ? /crédit DepositPhoto
TourMaG.com interpelle depuis des mois les pouvoirs publics sur la question de la solvabilité des agences face au danger du mur d’1 milliard de créances accumulées. Sans réponse claire, jusqu'à présent.

Et pour cause : la situation est complexe. Mais l’attitude de l’Etat qui consiste à jouer la montre n’arrange pas les choses.

Mais les lignes bougent. La presse grand public (Le Monde, Le Parisien, BFM…) s’est emparée cette fin de semaine de la question des avoirs, exigibles à partir de septembre prochain.

L’échéance approche et le risque d’insolvabilité de la Distribution est réel. Par ailleurs, l’APST a alerté une nouvelle fois sur sa situation financière et fait des propositions pour sortir de l’impasse.

Le risque de banqueroute est-il imminent ? Clairement. D’autant que le “Quoi qu’il en coûte” qui permettait aux professionnels de tenir le coup en attendant le retour des clients, s’éloigne progressivement.

La fermeture des frontières qui a empêché les Français de partir a congestionné le processus des avoirs, prévu à l’origine pour une durée (18 mois) déterminée.

Beaucoup d’agences de voyages ne pourront pas faire face

Alors, oui, il faut le dire sans fard : beaucoup d’agences de voyages ne pourront pas faire face et ne seront pas en mesure de rembourser leurs clients. Que se passera-t-il alors ?

Bien entendu, jusqu’ici le discours des Pouvoirs publics consistait (hypocritement) à dire : les professionnels ont une garantie mutuelle avec l’Association professionnelle de Solidarité (APST), celle-ci y pourvoira.

Or, ils savent fort bien que ladite Association est empêtrée depuis 20 mois dans l’affaire Thomas Cook, un vrai bâton merdeux, qui pourrait l’entraîner par le fond.

La gestion calamiteuse de ce dossier, qui oblige cet organisme à vendre (s’il le peut) le “bijoux de famille”, à savoir son immeuble de l’avenue Carnot pour pouvoir rembourser les clients, fait sérieusement douter de ses capacités à assumer de nouveaux déficits.

Qu’est-ce que cela signifie ? Que les clients qui n’ont pu partir et ont laissé des acomptes dans leur agence de voyages physique ou en ligne, ne seront pas remboursés à partir de septembre ?

“Pas du tout, répondait ce vendredi Jean-Baptiste Lemoyne à Jean-Jacques Bourdin. En substance : le consommateur sera remboursé quoiqu'il arrive, "parce que c'est la loi”, a-t-il indiqué rappelant dans le même temps que “il faut que l'on puisse aider les entreprises du voyage à faire face à cela" (...) faites confiance à vos agents de voyages parce qu'ils vont vous faciliter le déplacement"..


Le flou artistique est toujours de rigueur

De bien belles paroles certes, et qui vont droit au cœur des professionnels. Mais plus concrètement ? Comment s’y prendra-t-on ? Les consommateurs seront-ils de nouveau taxés de 2 ou 5 euros pour voir leurs voyages protégés ? Le Secrétaire d’Etat au Tourisme n’a pas la réponse.

Bien entendu, le Gouvernement y travaille avec les représentants des professionnels, mais le flou artistique est toujours de rigueur. Comment on en sort ?

Comment éviter à toute une industrie d’essuyer la vindicte des consommateurs sachant que les associations qui les représentent ne tarderont pas à crier au loup ?

L'Italie et les Pays-Bas ont d’ores et déjà réglé la question, avec un fonds spécial permettant aux agences de voyages de garantir le remboursement des avoirs. En France, nous n’en sommes qu’aux promesses.

S’il est vrai (et je n’en doute pas) que le Gouvernement français veut soutenir la Distribution, le meilleur moyen n’est-t’il pas de rassurer une fois pour toutes les consommateurs ? Comment feraient-ils confiance pour leur futurs voyages à des entreprises qui ne sont même pas en mesure de les rembourser ?

Il urge d’édicter une règle structurée et réfléchie sur la question et de ne pas renvoyer sans cesse le problème aux calendes grecques.

Quel est votre avis sur les garanties voyage ? Seriez-vous prêt ou non à contribuer pour mieux garantir votre départ ?

Votre avis nous intéresse. Pensez-vous que l'Etat français mettra enfin en place une garantie globale pour le voyage ? Honorera-t-il ses engagements en direction des consommateurs ?

Exprimez-vous ci-dessous et laissez-nous vos commentaires.

Jean Da Luz L'éditorial de Jean Da Luz Directeur de la rédaction - TourMaG.com
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Commentaires

1.Posté par Yves Brossard le 07/06/2021 00:33 | Alerter
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Je ne suis pas un spécialiste du sujet, et je crains de dire des énormités sur ce sujet complexe. Tant pis, je m’essaye à l’exercice, bien que je ne maîtrise ni les tenants ni les aboutissants de ce sujet.

Un premier point, il faudrait distinguer le sujet de l’avenir de l’APST, de celui du remboursement des avoirs, ce dernier étant lié à une situation d’exception, et devant en conséquence être traité de manière exceptionnelle, le régime de l’APST n’ayant jamais été conçu pour absorber un risque imprévisible et global. Pas plus, mais pas moins, que le fait qu’il n’a jamais été prévu dans les contrats de travail des salariés que l’Etat prendrait à sa charge une part des salaires.

J’ai le sentiment confus que l’APST, dans le cas spécifique des avoirs liés à la crise sanitaire, devrait être exclue de toute obligation de remboursement des avoirs, par substitution aux agences défaillantes. De la même manière qu’il ne serait pas possible de rechercher en responsabilité un architecte ou un ingénieur béton en cas de destruction d’immeuble consécutivement à un tsunami.

Une solution pratique à examiner : dans un premier temps, l’Etat se substituerait aux agences de voyages, considérant que l’APST ne serait pas mise en jeu, l’Etat assurant lui-même le remboursement des avoirs.

Ce qui signifie que l’Etat ferait son affaire personnelle, dans un deuxième temps, du remboursement de ces avoirs « ajustés »auprès des agences de voyages ; ce qui permettra à l’Etat de négocier de manière individualisée les conditions du remboursement par les agences de voyages des avoirs « ajustés ». L’APST pourrait assurer la mission de prestataire de services dans cette opération, pour le compte de l’Etat.

Reste que ces avoirs correspondent pour une part à des dettes que les agences de voyages ont contracté à l’égard de prestataires, et pour une part à des créances qu’elles ont sur des prestataires.
Pour autant que lesdits prestataires se considèrent, et/ou soient considérés par les tribunaux, comme débiteurs ou créanciers des agences de voyages ; ce qui n’est vraisemblablement pas acquis.
De sorte qu’il ne serait pas raisonnable de faire supporter juridiquement et économiquement aux agences de voyages le remboursement de sommes dont elles n’ont pas tiré profit.

Quid de la restitution des sommes recouvrées dans un second temps par l’Etat auprès des agences de voyages ? Et quid des sommes qui ne sont plus entre les mains des agences de voyages mais de certains de leurs prestataires ? L’Etat interviendra-t-il, et de quelle manière, pour récupérer ces sommes dues aux agences de voyages, et pour la part « ajustée » aux clients ayant versé des acomptes ?

Il me semble que la première étape d’un processus honnête consisterait à identifier parmi les acomptes versés par les clients, les montants qui ont été conservés par les agences de ceux qui ont été reversés à des tiers. Et d’évaluer le montant des honoraires acquis aux agences de voyages pour la fourniture des services qu’ils ont d’une part indéniablement rendus pour l’aboutissement des réservations, et même des services après-vente, considérables, qu’ils ont fournis, notamment pour le rapatriement des clients en cours de séjour au moment du déclenchement de la crise sanitaire. Seul le solde pourrait faire l’objet d’une négociation de remboursement à l’Etat.

En conclusion, l’Etat devrait exercer sa responsabilité d’assureur du sinistre sanitaire, et donc rembourser intégralement les clients, et supporter la perte pour cause sanitaire réellement supportée transitoirement par les agences de voyages.

Ou bien, s’il en a le courage, pourquoi pas, l’Etat devra faire admettre aux clients qu’il ne rembourse qu’une partie des avoirs, en expliquant que la part perdue des avoirs correspond à un dommage collatéral lié à la crise sanitaire et non à un bénéfice indû retiré par les agences de voyages, et qu’il s’assurera lui-même du contrôle comptable de la justification des pertes.

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