TourMaG.com, 1e TourMaG.com, 1e

logo TourMaG  




Guerre au Moyen-Orient : la tentation du cocorico [ABO]

l'édito de Laurent Guéna


Depuis près de trois semaines, les tour-opérateurs et les agences de voyages sont en gestion de crise. Des milliers de clients à rapatrier, des opérations complexes, des itinéraires à reconstruire dans l’urgence, et une facture qui dépasse déjà les 6 millions d’euros.


Rédigé par le Lundi 23 Mars 2026 à 07:35

Selon un sondage commandé par l'Alliance France Tourisme, la France apparaît comme la première destination de report en cas de modification d'un projet de voyage @Deposit-photos.com
Selon un sondage commandé par l'Alliance France Tourisme, la France apparaît comme la première destination de report en cas de modification d'un projet de voyage @Deposit-photos.com
Il y a des communications qui tombent à côté.

À la lecture du communiqué présentant les résultats de la dernière enquête de l’Alliance France Tourisme, un certain malaise s’installe.

Oui, les Français adaptent leurs projets de voyage face à la guerre au Moyen-Orient. Oui, la France apparaît comme une destination de report. Mais présenter cette situation comme une « opportunité immédiate » interroge.

Car sur le terrain, pour de nombreux acteurs du tourisme, la réalité est tout autre. Les ventes décrochent en agences : -20 %, parfois -30 % selon les jours. Des réservations à l’arrêt sur certains axes. Une dynamique de printemps déjà fragilisée.


Le tourisme ne fonctionne pas en silos

L’inquiétude monte : si la crise s’installe, c’est l’été qui vacille et le spectre du chômage partiel qui ressurgit, réveillant les plaies encore vives de la pandémie. Dans ce contexte, parler « d’opportunité » relève au mieux d’un angle partiel, au pire d’un décalage.

Car le tourisme ne fonctionne pas en silos. Ce que certains marchés gagnent, d’autres le perdent immédiatement.

Même les destinations a priori « gagnantes » ne sont pas à l’abri. L’exemple suisse le montre déjà : à Genève, la baisse des clientèles du Golfe et la désorganisation des liaisons aériennes pèsent sur la fréquentation. Une clientèle à forte valeur, difficile à remplacer, et dont l’absence se fait sentir bien au-delà de l’hôtellerie.

Et avec un prix du pétrole qui grimpe, pas certain que les Français prennent la route des vacances aussi nombreux en 2026 ; un prix de l’énergie qui atteint des sommets est néfaste pour l’économie, les entreprises - en particulier l’industrie- et donc pour l’emploi et le pouvoir d’achat.

La guerre ne crée pas de croissance

Ce n’est pas la première fois que la France bénéficie d’un réflexe de proximité. Pendant le Covid, Jean-Baptiste Lemoyne, alors ministre du Tourisme, appelait déjà à des vacances « bleu blanc rouge ». Mais à l’époque, il s’agissait de sauver un secteur à l’arrêt.

Aujourd’hui, la situation est différente. Nous ne sommes pas dans le cadre d’un soutien collectif face à une crise globale, mais d’un rééquilibrage subi, dans un contexte géopolitique instable.

Et derrière les effets de report, une réalité plus brutale : la guerre ne crée pas de croissance, elle redistribue - souvent dans la douleur...


Lu 363 fois

Notez

Nouveau commentaire :

Tous les commentaires discourtois, injurieux ou diffamatoires seront aussitôt supprimés par le modérateur.
Signaler un abus








































TourMaG.com
  • Instagram
  • Twitter
  • Facebook
  • YouTube
  • LinkedIn
  • GooglePlay
  • appstore
  • Google News
  • Bing Actus
  • Actus sur WhatsApp
 
Site certifié ACPM, le tiers de confiance - la valeur des médias