« On ne peut pas dire aux agences de voyages dâaffaires quâil faut moins vendre. Un imaginaire collectif doit se crĂ©er pour avancer sur quelque chose qui donne envie », affirme Charles-Henri Margnat, fondateur du label RSE Positive CompanyÂź @positive company
TourMaG.com â Quâest-ce que le label Positive Company (ex Positive Workplace) ?
Charles-Henri Margnat : Nous sommes partis du constat que la majorité des labellisations RSE étaient fondées sur des audits documentaires. Dans le meilleur des cas, une personne répondait à un certain nombre de questions sur une plateforme ou un tableur Excel en apportant des documents justificatifs. Selon les réponses, il obtenait ou non le label.
Nous trouvions cette mĂ©thodologie extrĂȘmement limitĂ©e. Et encore plus avec lâavĂšnement de lâintelligence artificielle. Pour nous, ce nâĂ©tait pas suffisant pour vĂ©rifier quâune entreprise Ă©tait vraiment engagĂ©e.
Nous avons créé il y a plus de 4 ans une méthodologie innovante et unique de labellisation RSE, qui est basée sur deux principales étapes. La premiÚre reste une revue documentaire sur une plateforme en libre accÚs.
La seconde concerne des enquĂȘtes anonymes envoyĂ©es aux principales parties prenantes, câest-Ă -dire tous les salariĂ©s, les fournisseurs et les clients. Chacun a le mĂȘme poids. Le label est dĂ©cernĂ© par les parties prenantes ce qui permet dâĂ©viter le Greenwashing, car câest trop facile de dire que lâon est engagĂ©.
Il existe aujourdâhui trois niveaux de labellisation : 1, 2 et 3 Ă©toiles.
TourMaG.com â La RSE est un dossier prioritaire dans le voyage dâaffaires. Selectour Bleu Voyages, Wagram voyages ⊠Plusieurs acteurs du voyage dâaffaires vous ont sollicitĂ© et obtenu votre label.
Charles-Henri Margnat : Il y a une contrainte forte des responsables des achats, mais aussi des voyageurs, dans le public comme dans le privé. Ce dernier est parfois plus ambitieux que le public. Le privé peut se montrer plus vindicatif.
Selectour, puis Havas Voyages [ndlr : le GIE ASHA] ont lancĂ© un audit RSE de leurs 50 principaux partenaires. Audit que nous animons avec eux depuis le dĂ©but de lâannĂ©e.
Câest un message fort envoyĂ© au marchĂ© : nous ne sommes pas simplement producteurs de voyage, nous sommes responsables de ce que nous mettons sur le marchĂ©.
Lire aussi : RSE : le GIE ASHA va évaluer 50 partenaires pour le business travel
Charles-Henri Margnat : Nous sommes partis du constat que la majorité des labellisations RSE étaient fondées sur des audits documentaires. Dans le meilleur des cas, une personne répondait à un certain nombre de questions sur une plateforme ou un tableur Excel en apportant des documents justificatifs. Selon les réponses, il obtenait ou non le label.
Nous trouvions cette mĂ©thodologie extrĂȘmement limitĂ©e. Et encore plus avec lâavĂšnement de lâintelligence artificielle. Pour nous, ce nâĂ©tait pas suffisant pour vĂ©rifier quâune entreprise Ă©tait vraiment engagĂ©e.
Nous avons créé il y a plus de 4 ans une méthodologie innovante et unique de labellisation RSE, qui est basée sur deux principales étapes. La premiÚre reste une revue documentaire sur une plateforme en libre accÚs.
La seconde concerne des enquĂȘtes anonymes envoyĂ©es aux principales parties prenantes, câest-Ă -dire tous les salariĂ©s, les fournisseurs et les clients. Chacun a le mĂȘme poids. Le label est dĂ©cernĂ© par les parties prenantes ce qui permet dâĂ©viter le Greenwashing, car câest trop facile de dire que lâon est engagĂ©.
Il existe aujourdâhui trois niveaux de labellisation : 1, 2 et 3 Ă©toiles.
TourMaG.com â La RSE est un dossier prioritaire dans le voyage dâaffaires. Selectour Bleu Voyages, Wagram voyages ⊠Plusieurs acteurs du voyage dâaffaires vous ont sollicitĂ© et obtenu votre label.
Charles-Henri Margnat : Il y a une contrainte forte des responsables des achats, mais aussi des voyageurs, dans le public comme dans le privé. Ce dernier est parfois plus ambitieux que le public. Le privé peut se montrer plus vindicatif.
Selectour, puis Havas Voyages [ndlr : le GIE ASHA] ont lancĂ© un audit RSE de leurs 50 principaux partenaires. Audit que nous animons avec eux depuis le dĂ©but de lâannĂ©e.
Câest un message fort envoyĂ© au marchĂ© : nous ne sommes pas simplement producteurs de voyage, nous sommes responsables de ce que nous mettons sur le marchĂ©.
Lire aussi : RSE : le GIE ASHA va évaluer 50 partenaires pour le business travel
"Câest complĂ©tement schizophrĂ©nique de faire de la RSE dans le tourisme"
Charles-Henri Margnat : Oui, aujourdâhui, nous sommes encore au stade de dĂ©finir ce que veut dire « responsable » dans le voyage et le tourisme dâaffaires.
Câest complĂ©tement schizophrĂ©nique de faire de la RSE dans le tourisme. Les personnes qui travaillent dans ce secteur depuis X annĂ©es, font la promotion du voyage, de la dĂ©couverte et lâexploration de terres inconnues ou pasâŠ
Avant le covid nous Ă©tions dans une logique de consommation, câest en train de changer.
LâimpossibilitĂ© de voyager pendant la crise sanitaire a obligĂ© Ă faire autrement. Le voyage dâaffaires a dĂ» se restructurer.
Au niveau sociĂ©tal, quand, avant câĂ©tait cool de se dĂ©placer en Inde pour une rĂ©union, maintenant câest devenu hasbeen. Les personnes qui Ă©taient fiĂšres de se dĂ©placer Ă outrance, ne fanfaronnent plus.
Aujourdâhui les Français sont plus conscients de lâimpact environnemental de leurs actions.
La RSE nâest pas quâune question environnementale, elle est aussi liĂ©e la maniĂšre dont les salariĂ©s sont traitĂ©s, mais aussi Ă des notions de partage de la richesse, de transformation de modĂšles dâaffaires, de gestion des risques et des enjeux de lâentreprise, de son empreinte sociĂ©tale Ă travers son interaction sur le territoire⊠Certes le monde du voyage dâaffaires sur la partie environnementale nâest pas terrible, mais aujourdâhui, câest un secteur en pleine transformation qui a compris les enjeux depuis quelque temps et essaye aujourdâhui dây rĂ©pondre au maximum.
Faut-il stopper le voyage dâaffaires ? Câest toute une industrie qui sâĂ©croule. Ce nâest ni souhaitable, ni rĂ©aliste. Lâenjeu est : Comment rĂ©ussir Ă sensibiliser ? Ă rĂ©duire lâimpact environnemental des dĂ©placements ? Ă garantir de meilleures conditions de travail ?
"Tout va se structurer avec les parties prenantes"
TourMaG.com â La fiabilitĂ© des outils pose question.
Charles-Henri Margnat : Je suis dâaccord, mais ça ne fait que 5 ans que lâon traite ces sujets de façon importante et scientifique. Dans 20 ou 30 ans, nous aurons le recul et proposerons des indicateurs fiables.
Aujourdâhui, il y a plein dâinitiatives de lancer. Certains sont Greenwashing, dâautres bullshit ou encore trĂšs sĂ©rieuses, tout va se structurer avec les parties prenantes.
Elles vont comprendre ce qui est crĂ©dible ou ne lâest pas.
Lire aussi : AFTM : « Les reporting des TMC sont-ils vraiment nuls ? »
TourMaG.com â Comment ne pas tomber dans le Greenwashing dans le voyage dâaffaires ?
Charles-Henri Margnat : Câest bien de le faire, mais il faut Ă©viter de trop communiquer sur la notion de compensation. Il ne faut pas tomber dans 1kg de CO2 dĂ©pensĂ© doit ĂȘtre compensĂ© par 1kg de CO2 captĂ© le biais de la plantation dâarbres. Câest une fuite en avant.
Il faut repenser le schéma au niveau global.
Charles-Henri Margnat : Je suis dâaccord, mais ça ne fait que 5 ans que lâon traite ces sujets de façon importante et scientifique. Dans 20 ou 30 ans, nous aurons le recul et proposerons des indicateurs fiables.
Aujourdâhui, il y a plein dâinitiatives de lancer. Certains sont Greenwashing, dâautres bullshit ou encore trĂšs sĂ©rieuses, tout va se structurer avec les parties prenantes.
Elles vont comprendre ce qui est crĂ©dible ou ne lâest pas.
Lire aussi : AFTM : « Les reporting des TMC sont-ils vraiment nuls ? »
TourMaG.com â Comment ne pas tomber dans le Greenwashing dans le voyage dâaffaires ?
Charles-Henri Margnat : Câest bien de le faire, mais il faut Ă©viter de trop communiquer sur la notion de compensation. Il ne faut pas tomber dans 1kg de CO2 dĂ©pensĂ© doit ĂȘtre compensĂ© par 1kg de CO2 captĂ© le biais de la plantation dâarbres. Câest une fuite en avant.
Il faut repenser le schéma au niveau global.
La RSE ne doit pas ĂȘtre une contrainte purement dans le voyage
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TourMaG.com â Au niveau social, quelles actions mettre en place ?
Charles-Henri Margnat : Depuis le covid, les Ă©quipes ont Ă©tĂ© trĂšs mobilisĂ©es et essorĂ©e par la crise. Il y a un enjeu fort sur le volet social. Dâabord, de maintenir les compĂ©tences, ensuite de motiver les collaborateurs dans un contexte de turbulence et aussi de prendre en considĂ©ration la modernisation du mĂ©tier.
Aujourdâhui, le tĂ©lĂ©travail est devenu la norme Ă lâĂ©chelle nationale. Câest lâune des attentes des collaborateurs.
TourMaG.com - Quid du volet sociétal ?
Charles-Henri Margnat : Lâengagement sociĂ©tal passe par la sensibilisation des voyageurs aux enjeux du territoire, de son histoire et contraintes. Ce qui justifie quâil nâest pas possible de retrouver le mĂȘme confort partout dans le monde.
Si je prends lâexemple de Barcelone, la ville connait une sĂ©cheresse et des difficultĂ©s dâalimentation en eau, un touriste ne peut pas dĂ©barquer et prendre des bains trois fois par jour alors que la population locale survit.
Il y a un enjeu fort de responsabilité sociétale des entreprises du voyages pour sensibiliser le voyageur sur son impact local.
Quel sera le futur dĂ©sirable ? La RSE ne doit pas ĂȘtre une contrainte purement dans le voyage. Ăa ne marcherait pas.
On ne peut pas dire aux agences de voyages dâaffaires quâil faut moins vendre. Un imaginaire collectif doit se crĂ©er pour avancer sur quelque chose qui donne envie.
Pour reprendre Emmanuel Macron, on ne va pas demander aux acteurs du tourisme de devenir des Amish, nous nâembarquerons personne avec nous.
Nous devons avoir une logique de business derriÚre cette notion de RSE. Notre vision est de flécher le business vers des entreprises qui ont pris en considération ces enjeux au détriment de celles qui ont raté le train et sont voués à disparaitre.
TourMaG.com â Quel accompagnement proposez-vous ?
Charles-Henri Margnat : Dans la logique de lâaudit 360° que nous menons dans les entreprises, nous dĂ©livrons Ă lâissu du programme de labellisation un plan dâactions sur-mesure.
Pour deux entreprises du mĂȘme mĂ©tier nous aurons un plan dâactions diffĂ©rent. Nous le crĂ©ons grĂące Ă notre expertise et lâenrichissons des propositions des parties prenantes.
Câest aussi un vecteur de business. Si je prends lâexemple de Time to Fly, entreprise spĂ©cialiste de la conformitĂ© rĂ©glementaire pour lâaviation, a Ă©tĂ© une des premiĂšres entreprises Ă se lancer dans la labellisation en 2019.
Quand ils ont envoyĂ© les enquĂȘtes Ă leurs clients dans le cadre de lâaudit, est ressorti de maniĂšre assez forte le sujet des bilans carbone. Lancer cette offre faisait sens. Aujourdâhui, ils font les bilans carbone de quasiment tous les aĂ©roports de France.
La RSE est une opportunitĂ©, un vecteur de business. Les entreprises du voyage dâaffaires qui nâont pas compris cela vont se retrouver Ă la traine.
Charles-Henri Margnat : Depuis le covid, les Ă©quipes ont Ă©tĂ© trĂšs mobilisĂ©es et essorĂ©e par la crise. Il y a un enjeu fort sur le volet social. Dâabord, de maintenir les compĂ©tences, ensuite de motiver les collaborateurs dans un contexte de turbulence et aussi de prendre en considĂ©ration la modernisation du mĂ©tier.
Aujourdâhui, le tĂ©lĂ©travail est devenu la norme Ă lâĂ©chelle nationale. Câest lâune des attentes des collaborateurs.
TourMaG.com - Quid du volet sociétal ?
Charles-Henri Margnat : Lâengagement sociĂ©tal passe par la sensibilisation des voyageurs aux enjeux du territoire, de son histoire et contraintes. Ce qui justifie quâil nâest pas possible de retrouver le mĂȘme confort partout dans le monde.
Si je prends lâexemple de Barcelone, la ville connait une sĂ©cheresse et des difficultĂ©s dâalimentation en eau, un touriste ne peut pas dĂ©barquer et prendre des bains trois fois par jour alors que la population locale survit.
Il y a un enjeu fort de responsabilité sociétale des entreprises du voyages pour sensibiliser le voyageur sur son impact local.
Quel sera le futur dĂ©sirable ? La RSE ne doit pas ĂȘtre une contrainte purement dans le voyage. Ăa ne marcherait pas.
On ne peut pas dire aux agences de voyages dâaffaires quâil faut moins vendre. Un imaginaire collectif doit se crĂ©er pour avancer sur quelque chose qui donne envie.
Pour reprendre Emmanuel Macron, on ne va pas demander aux acteurs du tourisme de devenir des Amish, nous nâembarquerons personne avec nous.
Nous devons avoir une logique de business derriÚre cette notion de RSE. Notre vision est de flécher le business vers des entreprises qui ont pris en considération ces enjeux au détriment de celles qui ont raté le train et sont voués à disparaitre.
TourMaG.com â Quel accompagnement proposez-vous ?
Charles-Henri Margnat : Dans la logique de lâaudit 360° que nous menons dans les entreprises, nous dĂ©livrons Ă lâissu du programme de labellisation un plan dâactions sur-mesure.
Pour deux entreprises du mĂȘme mĂ©tier nous aurons un plan dâactions diffĂ©rent. Nous le crĂ©ons grĂące Ă notre expertise et lâenrichissons des propositions des parties prenantes.
Câest aussi un vecteur de business. Si je prends lâexemple de Time to Fly, entreprise spĂ©cialiste de la conformitĂ© rĂ©glementaire pour lâaviation, a Ă©tĂ© une des premiĂšres entreprises Ă se lancer dans la labellisation en 2019.
Quand ils ont envoyĂ© les enquĂȘtes Ă leurs clients dans le cadre de lâaudit, est ressorti de maniĂšre assez forte le sujet des bilans carbone. Lancer cette offre faisait sens. Aujourdâhui, ils font les bilans carbone de quasiment tous les aĂ©roports de France.
La RSE est une opportunitĂ©, un vecteur de business. Les entreprises du voyage dâaffaires qui nâont pas compris cela vont se retrouver Ă la traine.







Publié par Caroline Lelievre 















