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PerfectStay veut "faire deux fois mieux qu'en 2019" 🔑

PerfectStay entend bien réaliser sa levée de fonds de 50 millions d'euros



La dernière fois que nous avions échangé Laurent Curutchet, cofondateur de PerfectStay, le covid apparaissait dans des entrefilets en bas des pages des journaux régionaux. Puis la pandémie est arrivée et a balayé les rêves de grandeur du tour-opérateur BtoB entièrement technologique. Qu'à cela ne tienne, les deux années ont été mises à contribution pour développer les outils technos et le plan ambitieux n'est que reporté. Pour 2022, PerfectStay rêve toujours de sa levée de fonds à 8 chiffres et aimerait bien commencer à se projeter de l'autre côté de l'Atlantique. Echange avec Laurent Curutchet, cofondateur et PDG de PerfectStay.


Rédigé par le Jeudi 17 Février 2022

Les deux années de crise ont juste reporté les grandes ambitions de PerfectStay (levée de fonds, Etats-Unis, croissance) selon Laurent Curutchet son PDG - DR
Les deux années de crise ont juste reporté les grandes ambitions de PerfectStay (levée de fonds, Etats-Unis, croissance) selon Laurent Curutchet son PDG - DR
TourMaG.com - L'indice Next40/120 de la French Tech est sorti au début du mois de février. Dans la catégorie voyage, ne figure plus que Perfectstay. Comment l'expliquez-vous ?

Laurent Curutchet :
C'est malheureux qu'il n'y ait plus que nous.

L'industrie du voyage a toute sa place au sein de cet écosystème de start-up. L'impact de la crise s'est fait spécialement sentir dans le marché, mais le classement ne repose pas seulement sur l'activité.

Il existe des critères de levée de fonds, de taille de business et de croissance. Nous y sommes depuis 2020. Tous les ans, pour y figurer nous devons communiquer ces chiffres, avec un dossier à monter.

Le covid a été pris en compte dans l'étude des dossiers, avec des performances basées sur deux années.

"Nous avons sécurisé l'entreprise, avec des montants importants" selon Laurent Curutchet

TourMaG.com - Qu'est devenue l'entreprise ?

Laurent Curutchet :
C'est malheureux, mais nous en sommes aujourd'hui à peu près au même point qu'en janvier 2020.

A cette époque nous pensions doubler sur l'exercice notre business, nous parlons là de notre 4e année d'existence. Les perspectives étaient très bonnes, avec la volonté de clôturer une nouvelle levée de fonds pour accompagner notre développement à l'international.

Nous nous projetions avec beaucoup d'appétit, puis le covid a rebattu les cartes.

Dans les toutes premières semaines de la crise, nous avons sécurisé l'entreprise au niveau financier, avec des montants importants. Nous avons pu mener à bien cette mission grâce à nos investisseurs (Partech et Felix Capital).

Nous nous sommes retrouvés avec des montants disponibles très significatifs. Encore aujourd'hui nous avons du cash et nous ne sommes pas à risque. Même si la crise devait durer, nous pourrions passer au travers.


Puis nous avons concentré nos efforts sur l'évolution de notre technologie. Nous l'avons enrichie et ajoutée quantité d'automatisation, de sorte que nous ressortons de cette crise avec une plateforme technologique qui est plus efficace encore.

Pour le coup nous n'avons pas perdu notre temps, donc d'une certaine manière nous sortons de cette période plus fort que nous y sommes entrés.

TourMaG.com - Vous avez un business model atypique, puisque vous vous chargez de développer la rubrique voyage de grandes marques, pas toujours en lien avec le tourisme. Votre positionnement particulier vous a-t-il desservit durant la crise ?

Laurent Curutchet :
Je n'ai pas toutes les informations sur le secteur, donc ce n'est pas facile de se comparer.

Par contre, j'en déduis que lorsque c'est vraiment le bazar, notre modèle n'est pas tellement différent ni même mieux que les autres. Grosso modo, nous sommes sur des tendances similaires par rapport à nos confrères.

En revanche, lorsque ça repart, nous sommes susceptibles de repartir beaucoup plus vite, avec une dynamique actuelle sensiblement meilleure que le marché.

Pour l'exercice 2022, si la situation se normalise, j'attends que nous retrouvions les tendances qui devaient être les nôtres en 2020, donc de fortes croissances.

Perfectstay : "des acquisitions sont possibles"

TourMaG.com - En étant présent sur Emirates, Transavia, Air France ou autres, vous êtes plutôt tourné vers des séjours en dehors de la France. N'était-ce pas compliqué pour Perfectstay de se concentrer pendant 2 ans sur l'Hexagone ?

Laurent Curutchet :
La France était une destination microscopique dans notre activité historiquement, elle est devenue sur ces années de crise... visible.

Nous avons considérablement augmenté nos offres sur la France. Les produits se sont plutôt pas mal vendus, mais à notre échelle, donc pour qui la France n'est pas notre fonds de commerce premier.

Nous proposons du package avant tout, ce n'est pas sur le marché domestique que le package a plus de valeur ajoutée pour le client. Nous attendions avec impatience la réouverture du long-courrier, comme Maurice.

TourMaG.com - Au-delà de votre technologie, avez-vous fait évoluer votre façon de concevoir le voyage ?

Laurent Curutchet :
C'est le cœur de notre entreprise.

Après au-delà de l'automatisation des process, nous faisons arriver le contenu des offres par des connectivités, nous pouvons corriger et améliorer ce contenu.

D'un point de vue opérationnel, nous avons passé plusieurs niveaux.
Je pense que dorénavant nous sommes en mesure de déployer plus rapidement et facilement notre business.

Par le passé de nombreuses tâches étaient manuelles, et demandaient des interventions humaines, maintenant nos systèmes nous permettent de produire, générer des contenus et de les distribuer automatiquement.

C'est un investissement de notre part.

"En 2022 faire deux fois 2019, soit 200 millions de chiffres d'affaires"

TourMaG.com - Vous avez signé Emirates récemment, d'autres deals sont en préparation ?

Laurent Curutchet :
Tout d'abord durant cette crise nos partenaires ont tous été solidaires par rapport à la situation. Globalement, il y a eu beaucoup de solidarité aussi bien en France que sur les marchés étrangers, où nous sommes présents.

Nous avons trouvé les solutions pour gérer au mieux la crise et les clients.

D'un point de vue commercial, nous n'avons pas eu de casse (La Redoute ayant stoppé en août 2020, ndlr). Les partenaires avec lesquels nous opérions avant la crise, sont toujours nos partenaires aujourd'hui.

Après nous n'avons pas relancé tous les marchés étrangers, car il faut des ressources nécessaires. Nous avons rouvert l'Allemagne, le Royaume-Uni et je pense que dans les mois qui viennent nous allons rouvrir l'Espagne et l'Italie.

Commercialement, nous avons un pipe et nous avons des échanges avec un certain nombre de partenaires potentiels.


TourMaG.com - Le tourisme est la dernière industrie à sortir de la crise. Est-il encore attractif pour les entreprises extérieures ?

Laurent Curutchet :
Votre constat est possible.

Je pense que toutes les plateformes qui sont puissantes sur internet, tout en étant multi-catégories, le voyage peut être un business significatif. Nous discutons en ce moment aussi bien avec des acteurs du voyage que des entreprises en dehors de ce marché.

Tout le monde part du principe que les fondamentaux du travel ne sont pas remis en question par la crise. De plus l'appétit pour le voyage est encore plus grand, après deux années de sevrage.

Les perspectives commerciales sont positives.

TourMaG.com - Quel regard portez-vous sur 2022 ?

Laurent Curutchet :
Nous avons beaucoup d'ambition sur 2022, même si nous surveillons attentivement la situation sanitaire. Les observations que je fais depuis janvier, me poussent à être optimiste, donc un exercice 2022 en forte croissance par rapport à 2019.

En 2019, nous avions fait pas loin de 100 millions, pour notre 3e exercice, avec la volonté de doubler ce volume en 2020. J'espère que fin 2022, nous ferons deux fois 2019, en termes de recettes.

Levée de fonds de 50 millions "est toujours quelque chose que nous souhaitons"

TourMaG.com - La levée de fonds de 50 millions d'euros a été retardée par la crise, est-elle prévue pour les mois qui viennent ?

Laurent Curutchet :
Oui, c'est toujours quelque chose que nous souhaitons faire.

Il faut évidemment que les conditions de marché nous permettent de discuter sereinement avec les investisseurs. Ces deux dernières années, nous allons les mettre entre parenthèses, elles nous ont détournés de notre trajectoire de fort développement et d'internationalisation.

Notre 2e levée de fonds devait nous permettre de nous implanter ailleurs dans le monde. Si le marché 2022 est porteur, alors les besoins d'investissement seront les mêmes et nous allons considérer les discussions avec les investisseurs potentiels.

Si les choses se normalisent, alors nous serons dans une situation favorable, pour aller chercher une ambition assez peu différente que nous avions en 2020.

TourMaG.com - Le projet avec les 50 millions comprenait une installation aux USA. Est-ce toujours l'objectif ?

Laurent Curutchet :
C'était le plan en 2020.

A l'époque nous avions quasiment 10 marchés qui tournaient bien en Europe, donc nous envisagions une implantation pour la fin de l'année 2020.

Nous sommes en février 2022, nous rouvrons tout juste les marchés européens, donc ce n'est pas sûr qu'il soit réaliste de se dire que nous serons aux Etats-Unis en 2022. Ce qui est clair, c'est qu'avec notre modèle, il y a de quoi faire là-bas.

Après le timing n'est plus nécessairement le bon, ouvrir les USA sera plutôt un challenge pour 2023.

TourMaG.com - Avez-vous des projets d'acquisition ?

Laurent Curutchet :
Les acquisitions sont possibles, surtout concernant des entreprises technologiques qui ont mis en place un système qui peut apporter de la valeur.

De la même façon quand nous avons pour ambitions de nous développer à l'international, potentiellement une acquisition peut faire gagner du temps.

Les acquisitions vont alimenter les discussions avec les investisseurs potentiels. Quand nous disons que nous avons besoin de moyens pour nous développer, cela concerne aussi bien la croissance interne qu'externe.

Nous avons regardé des dossiers, plutôt à l'étranger.

Romain Pommier Publié par Romain Pommier Journaliste - TourMaG.com
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