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Sécheresse : la Région PACA en première ligne

24 départements en vigilance sécheresse



L’été sera chaud… Mais surtout très sec ! Certaines Régions sont déjà dans un état préoccupant depuis plusieurs mois. Le soleil et les beaux jours attirent les voyageurs, mais il faudra rapidement trouver une réponse à l’équation : comment les accueillir tout en respectant les besoins environnementaux ?


Rédigé par le Lundi 13 Juin 2022

Dès le début du mois de mai, les fortes chaleurs attiraient les touristes sur les plages de Marseille - crédit : Juliette Pic
Dès le début du mois de mai, les fortes chaleurs attiraient les touristes sur les plages de Marseille - crédit : Juliette Pic
Nous sommes en juin 2022 et la chaleur estivale est déjà là depuis le début du printemps.

Les réservations vont bon train, et même si beaucoup de touristes se décident à la dernière minute, le taux d’occupation est déjà élevé.

Sur franceinfo jeudi 26 mai 2022, Gîte de France annonçait un taux de remplissage « exceptionnel » de 88 % pour le week-end de l’ascension.

L’été devrait suivre, avec en tête des réservations les destinations littorales et notamment la Région PACA, deuxième en intention de séjour au national comme à l’international.

Des chiffres a priori positifs mais qui cachent une réalité qui l’est moins : cette chaleur, qui attire les touristes aujourd’hui, pourrait bien avoir l’effet inverse à terme.

Des sécheresse précoces

Depuis avril, les institutions chargées de vérifier le niveau d’eau sont en alerte : la sécheresse s’installe de plus en plus tôt et de plus en plus durablement sur le territoire.

Selon le service géologique national (le Bureau de recherches géologiques et minières, ou BRGM), « L’état des nappes phréatiques s’est rapidement dégradé à partir de février 2022. Les pluies insuffisantes ont fortement impacté le niveau des nappes. La situation est particulièrement préoccupante, avec des niveaux bas à très bas localement ».

Les prévisions Météo France pour ce début d’été vont dans le même sens : un temps « plus chaud et plus sec que la normale en Europe continentale et surtout Méditerranée ».

Un constat qui s’inscrit dans une tendance générale, et va dans le sens des projections du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), qui promet pour les saisons estivales à venir des pics de chaleurs accentués et des périodes de sécheresse intense, provoquant une baisse du niveau des nappes phréatiques.


Des disparités sur le territoire

Au 1er juin 2022, 24 départements sont placés en vigilance sécheresse :

Ain, Alpes-Maritimes, Alpes de Haute-Provence, Ardèche, Bouches-du-Rhône, Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Dordogne, Drôme, Haute-Savoie, Ille-et-Vilaine, Indre, Loire-Atlantique, Loiret, Maine-et-Loire, Mayenne, Morbihan, Sarthe, Tarn, Var, Vaucluse, Vendée et Vienne.

Pour autant, les disparités restent importantes selon les régions.

Pour l’OFB par exemple, « l’équivalent en eau du manteau neigeux est conforme à la saison sur les Pyrénées, mais très déficitaire sur les Alpes et la montagne Corse ».

Des différences qui se retrouvent un peu partout dans l’hexagone : si la situation est relativement globale, les sols de certaines régions se sont tout de même humidifiés quand d’autres se sont asséchés.

L’agence ajoute : « La situation est particulièrement préoccupante, avec des niveaux bas à très bas localement, sur les nappes entre Vendée, Maine et Touraine ainsi que sur les nappes de la Côte d’Azur, de Provence et du sud de la Drôme. (...) Concernant les débits des cours d’eau, la situation reste défavorable sur le pourtour méditerranéen et l’Auvergne avec des débits souvent inférieurs à 40 % du débit moyen interannuel ».

En première ligne donc, on retrouve la Région PACA, largement plébiscitée par les touristes et pourtant en situation compliquée sur les littoraux comme dans les terres.

Dans un entretien accordé à France Bleu PACA, Gaétan Heymes, prévisionniste à Météo France à Briançon, explique quelles répercussions la baisse du niveau du lac de Serre-Ponçon peut avoir sur la région : « Il n'y a pas de souci à se faire pour la consommation (...) mais c'est pour le tourisme qu'il y a des inquiétudes à avoir, parce qu'EDF doit maintenir une cote à 775 mètres qui n'est pas atteinte (actuellement à 769 mètres, ndlr), sachant qu'il n'y a pas beaucoup de réserve derrière on peut avoir des inquiétudes »

Dans ces conditions, comment imaginer l’avenir dans les régions particulièrement touchées ? Comment gérer l’accueil des touristes ?

Le tourisme durable, l’une des clés ?

Chaque région fera face à des problématiques différentes. En fonction de la biodiversité présente, de la géologie bien sûr, mais aussi de l’urbanisation et du rôle de l’industrie et de l’agriculture. Car ce sont des secteurs particulièrement gourmands en eau : 80 % de l’eau douce est utilisé pour le secteur agricole.

Mais partout où la situation l’exige, le secteur du tourisme a toutes les cartes en main pour agir.

Il est le plus à même d'informer les touristes sur les mesures à appliquer en cas de restriction et d'arrêté préfectoral. Il peut aussi adapter les bâtiments pour lutter contre les îlots de chaleur et créer des îlots de fraîcheur pour soulager ses clients et les protéger.

Il peut aussi revoir ses offres de manière à éviter l'afflux de touristes au moment des sécheresses et réduire les risques.

Dans les territoires sur-fréquentés en PACA, on mise sur la diversification pour désengorger les sites où la biodiversité est déjà en souffrance. C’est le pari du Parc National des Calanques qui avait opté l’été dernier pour une politique de démarketing visant à proposer des alternatives aux touristes.

Dans l’hôtellerie-restauration, il faudra sans doute proposer des menus moins carnés (selon l’Inra, la production d’1 kg de viande de bœuf nécessite environ 600 litres d’eau - l’équivalent de 10 douches en moyenne), et installer un matériel moins gourmand en eau dans les salles de bain et les buanderies.

Atout France, l'Adème et de nombreux acteurs du tourisme comme Logis Hotels sont d'ores et déjà très actifs en la matière.

Qui dit réduction du plastique dit réduction de l’eau ; quid des piscines, des loisirs nautiques ? Le tourisme va devoir se réinventer et ça tombe bien : c’est une industrie inventive qui se tourne de plus en plus vers un tourisme plus conscient.

Particulièrement adaptable, le secteur du tourisme est en train de se transformer et peut même ambitionner d’être l’une des industries porteuses de solutions innovantes pour réinventer l’avenir.

... À suivre : Écotourisme et sécheresse : le rôle clé des Parcs Naturels Régionaux

Les Césars du Voyage Responsable

Rappelons que TourMaG et le Petit Futé organisent "Les Césars du Voyage Responsable".

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Cet événement débutera en septembre 2022 avec la phase des votes qui durera jusqu'en février 2023.

La cérémonie des Césars du Voyage Responsable, quant à elle, aura lieu en mars 2023.

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A lire aussi : Césars du Voyage Responsable : “Il y a une urgence à agir dans notre métier…”



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