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Secret médical : vers une suppression pour les pilotes de ligne ?

Étonnant, non ?



Incapacités physiques, mentales, addictions : les médecins ont-ils le droit de dénoncer aux autorités les pilotes de ligne qu’ils ne jugent pas en état d’exercer leur métier, quitte à déroger au secret médical ?


Rédigé par le Lundi 22 Juillet 2019

Le débat fera tristement résonner dans les esprits le crash du vol 9525 de la Germanwings, provoqué volontairement par le copilote dans les Alpes françaises en 2015. Ce dernier avait consulté 40 médecins différents en 5 ans - DR : Daniel Schwinn via www.planespotters.net
Le débat fera tristement résonner dans les esprits le crash du vol 9525 de la Germanwings, provoqué volontairement par le copilote dans les Alpes françaises en 2015. Ce dernier avait consulté 40 médecins différents en 5 ans - DR : Daniel Schwinn via www.planespotters.net
Les médecins ont-ils le droit de passer outre le secret médical s’ils estiment qu’un pilote de ligne n’est pas en état de voler ?

Voilà un débat des plus délicats qui se profile.

D’après la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), qui a envoyé une note à tous les médecins de France, c’est oui.

Du côté du puissant Syndicat national des pilotes de lignes (SNPL), il n’en est pas question.

Au nom d’éventuels « risques graves et imminents de mise en danger d’autrui » et « après avoir épuisé toute autre solution », la DGAC a récemment proposé aux médecins français de « faire part de (leurs) préoccupations de façon nominative aux médecins évaluateurs de la DGAC ».

Une recommandation qui, bien que prudente et allant dans le sens d'une plus grande sécurité des vols, va à l’encontre du principe d’un secret médical général et absolu.

Dénoncer ou non ?

« Une étude juridique diligentée par le SNPL confirme que la note de la DGAC est illégale à de nombreux égards.

Nous allons saisir l’Ordre des médecins, afin de lui communiquer les conclusions de cette étude qui peut mettre en danger la sécurité juridique des médecins qui suivraient cette consigne à la lettre »
, s’est empressé de répondre le SNPL dans une note interne.

Pour les pilotes, les « cuisiniers des cantines scolaires » ou les « chauffeurs de bus » sont autant responsables de la sécurité des utilisateurs.

« Les pilotes de ligne sont les seuls pour lesquels la levée du secret médical est présentée comme une pratique normale et légitime », précise le courrier du SNPL, faisant valoir un risque pour les pilotes français de ne plus se soigner de peur de perte d’anonymat et d’arrêt de vol.

Si la question paraît compliquée à trancher, rappelons que les pilotes sont soumis annuellement à un examen médical très complet, qui peut conduire à la suspension de leur licence.

D’autre part, le débat fera tristement résonner dans les esprits le crash du vol 9525 de la Germanwings, provoqué volontairement par le copilote dans les Alpes françaises en 2015.

Ce dernier souffrait d’un sévère syndrome de burn-out et avait eu des tendances suicidaires par le passé.

Psychiatres, généralistes ou ophtalmologues : il avait consulté pas moins de 41 médecins différents dans les 5 années précédant le crash, et des certificats d’incapacité de travail déchirés avaient été retrouvés à son domicile...

De quoi faire réfléchir...

Pierre Georges Publié par Pierre Georges Journaliste - TourMaG.com
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