A six semaines du départ de son tour du monde, TMR se retrouve sans avion et lance une action en justice - DR : Capture écran TMR
Il a fait des tours du monde sa marque de fabrique.
A 76 ans, Jean-Maurice Ravon, le dirigeant de l'agence TMR à Marseille, organisait en janvier dernier la 46e édition de sa croisiÚre autour du globe, en version luxe.
La prochaine est prĂ©vue du 12 novembre au 2 dĂ©cembre 2023. Au programme : la Havane, CarthagĂšne des Indes, lâĂle de PĂąques, Tahiti, Sydney, les Temples d'Angkor, le Vietnam, Samarcande...
Mais voilà , alors que l'agence compte quelque 200 inscrits pour ce voyage, la situation est en train de tourner au vinaigre. "J'ai été informé début septembre par la société Artheau Aviation, qui s'occupe de l'affrÚtement de l'avion, que la compagnie Air Caraïbes Atlantique (la filiale qui gÚre les vols charters et les affrÚtements d'Air Caraïbes, ndlr) annulait le contrat, qui avait été signé le 27 juillet dernier, explique Jean-Maurice Ravon.
Parmi les motifs qui sont avancés figurent la guerre en Ukraine et la hausse du prix du fuel, deux éléments qui ne datent pourtant pas de cet été...", souligne-t-il.
Etonné d'un tel revirement de situation à quelques semaines du départ, le patron de TMR interroge son courtier aérien.
"Dans un mail, Artheau Aviation reconnait la dĂ©faillance d'Air CaraĂŻbes Atlantique et m'informe que la compagnie acceptera de partir moyennant un supplĂ©ment de 600 000âŹ".
Un réajustement tarifaire qui passe mal pour Jean-Maurice Ravon, alors que le contrat - qui stipule tous les services fournis et les tarifs - a été signé tout juste un mois auparavant.
"J'estime que cette hausse est un manquement au contrat et je m'oppose Ă ce chantage, Ă ce racket," martĂšle-t-il, d'autant plus que "le contrat passĂ© avec Artheau Aviation prĂ©voit uniquement une indexation sur le prix du fuel, et il n'y a mĂȘme pas 600 000⏠de fuel au total pour l'ensemble du voyage !"
A 76 ans, Jean-Maurice Ravon, le dirigeant de l'agence TMR à Marseille, organisait en janvier dernier la 46e édition de sa croisiÚre autour du globe, en version luxe.
La prochaine est prĂ©vue du 12 novembre au 2 dĂ©cembre 2023. Au programme : la Havane, CarthagĂšne des Indes, lâĂle de PĂąques, Tahiti, Sydney, les Temples d'Angkor, le Vietnam, Samarcande...
Mais voilà , alors que l'agence compte quelque 200 inscrits pour ce voyage, la situation est en train de tourner au vinaigre. "J'ai été informé début septembre par la société Artheau Aviation, qui s'occupe de l'affrÚtement de l'avion, que la compagnie Air Caraïbes Atlantique (la filiale qui gÚre les vols charters et les affrÚtements d'Air Caraïbes, ndlr) annulait le contrat, qui avait été signé le 27 juillet dernier, explique Jean-Maurice Ravon.
Parmi les motifs qui sont avancés figurent la guerre en Ukraine et la hausse du prix du fuel, deux éléments qui ne datent pourtant pas de cet été...", souligne-t-il.
Etonné d'un tel revirement de situation à quelques semaines du départ, le patron de TMR interroge son courtier aérien.
"Dans un mail, Artheau Aviation reconnait la dĂ©faillance d'Air CaraĂŻbes Atlantique et m'informe que la compagnie acceptera de partir moyennant un supplĂ©ment de 600 000âŹ".
Un réajustement tarifaire qui passe mal pour Jean-Maurice Ravon, alors que le contrat - qui stipule tous les services fournis et les tarifs - a été signé tout juste un mois auparavant.
"J'estime que cette hausse est un manquement au contrat et je m'oppose Ă ce chantage, Ă ce racket," martĂšle-t-il, d'autant plus que "le contrat passĂ© avec Artheau Aviation prĂ©voit uniquement une indexation sur le prix du fuel, et il n'y a mĂȘme pas 600 000⏠de fuel au total pour l'ensemble du voyage !"
Artheau Aviation se veut rassurant
Lire aussi : CroisiĂšres musicales annulĂ©es : Costa et TMR poursuivies par 300 Ă 400 clients đ
"J'ai déjà versé un acompte de prÚs d'un million d'euros à Artheau Aviation, sans compter tous les hÎtels qui ont été payés d'avance", ajoute Jean-Maurice Ravon, qui n'écarte pas l'éventualité de devoir déposer le bilan.
De son cÎté, Roch Artheau, le directeur associé d'Artheau Aviation, se veut moins alarmiste. "Notre métier est de trouver des solutions d'affrÚtement d'avions et de négocier des prix, avec des variables inhérentes à chaque contrat (carburant, parité euro/dollar, etc.), qui font que les prix évoluent tous les jours.
Dans le cas de TMR et Air Caraïbes, il y a eu de nombreux échanges et les réajustements demandés par la compagnie aérienne nous paraissaient convenables au vu de la conjoncture actuelle et de ce qui se passe dans l'aérien de maniÚre générale.
Les négociations se sont étalées sur plusieurs mois, il n'y a donc pas eu une telle variation de prix en l'espace d'un mois.
Maintenant, à ma connaissance, le tour du monde est bien maintenu, sauf si M. Ravon devait en décider autrement. De notre cÎté, nous avons proposé d'autres solutions à TMR, des solutions de substitution".
Y'avait-il réellement un contrat avec Air Caraïbes ?
Mais selon TMR, le contrat de mandat a Ă©tĂ© rompu voilĂ dix jours et Artheau Aviation aurait mĂȘme commencĂ© Ă rembourser son client pour l'acompte versĂ©.
Air Caraïbes, de son cÎté, nous confirme qu'aprÚs de nouveaux échanges, "Artheau Aviation nous a informé le 21 septembre 2023 que son client (TMR) refusait finalement la nouvelle proposition. Notre compagnie a donc pris acte de cette décision. Aucune proposition n'avait été dûment signée".
Il semblerait donc que le broker ait commencé à encaisser l'argent de TMR avant que le contrat avec Air Caraïbes ne soit signé.
"Cela me rappelle un cas que j'ai défendu récemment, commente Me Yves Removille, avocat à la Cour. Un de mes clients avait affrété un avion pour desservir une petite ßle en GrÚce durant l'été, et la compagnie a annulé ses rotations 15 jours avant le démarrage.
Aucun autre appareil n'étant disponible, mon client a été contraint d'annuler son offre et de reprotéger des centaines de clients en les envoyant ailleurs ou en les remboursant.
Le broker, quant à lui, qui n'avait pas signé le contrat avec la compagnie aérienne, a finalement accepté de prendre en charge 50% des frais car il a reconnu sa faute et souhaitait éviter une procédure".
Néanmoins, dans cette histoire, l'organisateur du séjour a été contraint de résilier son contrat avec l'hÎtel en GrÚce et donc de mettre en difficulté son partenaire à quelques jours de la haute saison.
Air Caraïbes, de son cÎté, nous confirme qu'aprÚs de nouveaux échanges, "Artheau Aviation nous a informé le 21 septembre 2023 que son client (TMR) refusait finalement la nouvelle proposition. Notre compagnie a donc pris acte de cette décision. Aucune proposition n'avait été dûment signée".
Il semblerait donc que le broker ait commencé à encaisser l'argent de TMR avant que le contrat avec Air Caraïbes ne soit signé.
"Cela me rappelle un cas que j'ai défendu récemment, commente Me Yves Removille, avocat à la Cour. Un de mes clients avait affrété un avion pour desservir une petite ßle en GrÚce durant l'été, et la compagnie a annulé ses rotations 15 jours avant le démarrage.
Aucun autre appareil n'étant disponible, mon client a été contraint d'annuler son offre et de reprotéger des centaines de clients en les envoyant ailleurs ou en les remboursant.
Le broker, quant à lui, qui n'avait pas signé le contrat avec la compagnie aérienne, a finalement accepté de prendre en charge 50% des frais car il a reconnu sa faute et souhaitait éviter une procédure".
Néanmoins, dans cette histoire, l'organisateur du séjour a été contraint de résilier son contrat avec l'hÎtel en GrÚce et donc de mettre en difficulté son partenaire à quelques jours de la haute saison.
Un référé contre Air Caraïbes et Artheau Aviation
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Le patron de TMR, quant à lui, ne compte pas rester les bras croisés.
Il a assignĂ© en rĂ©fĂ©rĂ© Air CaraĂŻbes, Artheau Aviation, et compte faire de mĂȘme avec la RC Pro de son broker.
Il recherche Ă©galement activement un nouvel avion, et dĂ©clare disposer d'une trĂ©sorerie suffisante pour le rĂ©server, mĂȘme s'il attend toujours de rĂ©cupĂ©rer une partie de son acompte auprĂšs d'Artheau Aviation.
"C'est une complication importante, parce que je dois désormais trouver le bon avion, qui va disposer de la bonne configuration pour le type de prestations que j'ai vendu, et aussi la bonne compagnie, qui a déjà une expérience dans les tours du monde", conclut Jean-Maurice Ravon. Le tout dans un délai de six semaines.
Lire aussi : AprĂšs 2 ans d'arrĂȘt, les tours du monde se tirent la bourre... đ
Il a assignĂ© en rĂ©fĂ©rĂ© Air CaraĂŻbes, Artheau Aviation, et compte faire de mĂȘme avec la RC Pro de son broker.
Il recherche Ă©galement activement un nouvel avion, et dĂ©clare disposer d'une trĂ©sorerie suffisante pour le rĂ©server, mĂȘme s'il attend toujours de rĂ©cupĂ©rer une partie de son acompte auprĂšs d'Artheau Aviation.
"C'est une complication importante, parce que je dois désormais trouver le bon avion, qui va disposer de la bonne configuration pour le type de prestations que j'ai vendu, et aussi la bonne compagnie, qui a déjà une expérience dans les tours du monde", conclut Jean-Maurice Ravon. Le tout dans un délai de six semaines.
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Publié par Anaïs Borios 















