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Hantavirus : les passagers débarqués, les croisières d’expédition sous le feu des projecteurs

Le Hondius est arrivé dimance à Tenerife


Arrivé aux Canaries, le MV Hondius a débarqué une grande partie de ses quelque 150 personnes encore, dont cinq Français. Restent à bord plusieurs passagers néerlandais ainsi que des membres d’équipage qui poursuivent la route vers les Pays-Bas, pays d’origine du navire exploité par l’armateur néerlandais Oceanwide Expeditions.


Rédigé par le Dimanche 10 Mai 2026 à 14:47

Le Hondius peut accueillir jusqu"à 170 passagers et 56 membres d'équipage @Oceanwide Expeditions
Le Hondius peut accueillir jusqu"à 170 passagers et 56 membres d'équipage @Oceanwide Expeditions
Le cauchemar que redoute toute compagnie de croisière a pris fin dimanche à Tenerife pour une majorité des passagers du Hondius. Pour Oceanwide Expeditions, placé sous le feu des projecteurs après la mort de trois personnes contaminées à l’hantavirus, commence désormais un autre combat : celui de l’image.

Car au-delà du drame humain et de l’enquête sanitaire internationale en cours, cette affaire a replacé les croisières d’expédition dans le débat public, avec son lot de fantasmes, de peurs post-Covid et parfois de clichés sur un secteur encore méconnu.

Oceanwide Expeditions salué par l’OMS

S’il n’a pas multiplié les prises de parole médiatiques, l’armateur néerlandais a toutefois communiqué presque quotidiennement à travers une série de communiqués détaillant la situation sanitaire à bord et les mesures prises.

L’itinéraire concerné, baptisé Atlantic Odyssey, avait commencé à Ushuaïa, en Argentine, le 1er avril, avec une arrivée initialement prévue à Praia, au Cap-Vert, le 4 mai. Oceanwide rappelle que ce voyage permettait aux passagers de débarquer à Sainte-Hélène, ou de poursuivre jusqu’au Cap-Vert.

L’Organisation mondiale de la santé a d’ailleurs publiquement salué “le capitaine du navire, Jan Dobrogowski, l’équipage et la compagnie exploitant le bâtiment”, qui ont fait preuve d’une “coopération exemplaire dans ce moment difficile”.

Dans une lettre adressée directement aux habitants de Tenerife, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a insisté sur un point : “Il ne s’agit pas d’un nouveau Covid.” L’organisation estime que le risque sanitaire la population locale reste faible. À Tenerife, l’arrivée du navire avait pourtant suscité plusieurs manifestations d’habitants inquiets, signe que les traumatismes liés au Covid restent encore très présents dans les esprits.

Ushuaïa écarte toute responsabilité

Reste une question centrale : où les passagers ont-ils été contaminés ?

Le ministère de la Santé de Terre de Feu a écarté l’hypothèse selon laquelle les cas détectés à bord du Hondius trouveraient leur origine dans la province argentine. Le directeur de l’Épidémiologie et de la Santé environnementale, Juan Petrina, a estimé que la possibilité d’une contamination locale était “pratiquement nulle”, rappelant qu’aucun antécédent de cette maladie n’avait été recensé dans la région.

“Nous considérons qu’il s’agit d’une situation fortuite. Ce navire est parti d’Ushuaïa, mais la même chose aurait pu se produire depuis n’importe quel port du monde”, a-t-il déclaré, soulignant que les personnes concernées avaient embarqué sans symptômes.

Aucune preuve officielle ne vient non plus confirmer les rumeurs évoquant d’éventuelles activités à risque menées par les passagers lors de leur séjour à Ushuaïa.

Une activité très encadrée

Chaque année, le port d’Ushuaïa accueille environ 500 escales de navires d’expédition, générant entre 150.000 et 200.000 visiteurs durant la saison australe. L’occasion pour les autorités locales de rappeler que les croisières d’expédition constituent “une activité extrêmement encadrée”, avec de nombreuses attestations sanitaires, contrôles et procédures avant embarquement.

Dans l’imaginaire collectif, ces voyages évoquent souvent l’aventure brute et les territoires extrêmes. La réalité opérationnelle est beaucoup plus structurée.

Les compagnies spécialisées dans les régions polaires appliquent déjà des protocoles sanitaires et environnementaux particulièrement stricts, notamment sous l’impulsion de l’International Association of Antarctica Tour Operators (IAATO).

Désinfection des bottes avant débarquement, nettoyage des équipements, limitation des flux de passagers à terre, briefings détaillés avant excursions : l’expédition polaire fait aujourd’hui partie des segments les plus protocolisés du tourisme mondial.

Des navires préparés aux urgences médicales

La santé constitue également une priorité majeure pour ces opérateurs qui évoluent parfois à plusieurs jours d’un grand centre hospitalier. La plupart des navires d’expédition embarquent des médecins et disposent d’installations médicales capables de gérer des situations complexes en attendant une éventuelle évacuation. Certains disposent même de véritables mini-hôpitaux.

Le Commandant Charcot de Ponant Explorations est par exemple équipé d’un hôpital embarqué. Son hélicoptère, utilisé pour les opérations scientifiques et les reconnaissances au-dessus des glaces, a déjà servi pour des évacuations médicales.

La pandémie de Covid-19 a encore renforcé cette culture du risque sanitaire. Isolement en cabine, suivi des symptômes, procédures de quarantaine ou coordination avec les autorités portuaires : le secteur a considérablement renforcé ses dispositifs ces dernières années.

“Inutile de dramatiser”

À bord du Hondius, plusieurs passagers français ont tenté d’apporter un peu de nuance au traitement médiatique de l’affaire.

Julia et Roland Seitre, deux des cinq Français présents à bord, ont décrit une situation “quasi normale” malgré les restrictions sanitaires.

Selon eux, cette croisière où la moyenne d’âge est assez élevée n'’est “ni une croisière de luxe, ni une croisière de loisirs classique”. À bord, expliquent-ils, se trouvent “beaucoup d’ornithologues, des passionnés d’histoire et géographie et de lieux isolés, des botanistes, des spécialistes des cétacés ou des étoiles”.,Ces deux vétérinaires dénoncent également une dramatisation excessive : “Inutile de dramatiser à outrance comme certains médias l'ont fait. Cela ne facilite en rien la compréhension rationnelle de la situation.”

La croisière a déjà traversé des crises sanitaires bien plus graves. Durant la pandémie de Covid-19, plusieurs navires avaient été transformés en véritables symboles mondiaux de la contagion, avec des quarantaines prolongées et des centaines de contaminations à bord. Pourtant, le secteur a depuis retrouvé une dynamique record en nombre de passagers.

Difficile, à ce stade, de savoir si l’image de la croisière d’expédition sera durablement affectée par l’affaire du Hondius. Mais certains responsables locaux veulent déjà relativiser l’impact. “Il n’y a eu ni annulations, ni situations traumatisantes pour l’activité” depuis le MV Hondius, a affirmé à l'AFP Juan Manuel Pavlov, secrétaire de politique extérieure à l’Institut du tourisme de la Terre de Feu (Infuetur).

Dirigé depuis 2025 par le Français Rémi Bouysset, Oceanwide Expeditions fait partie des acteurs reconnus de la croisière d’expédition polaire.

L’armateur néerlandais exploite principalement trois navires : le Hondius, l’Ortelius et le Plancius. Spécialisée dans les voyages en Arctique, Antarctique et dans les îles subantarctiques, la compagnie revendique plus de trente ans d’expérience dans les régions polaires. Créée en 1993, Oceanwide a d’abord opéré au Belize et aux Galapagos avant de se recentrer progressivement sur les destinations polaires comme le Svalbard, le Groenland, l’Antarctique ou la Géorgie du Sud.

La compagnie met en avant une approche immersive tournée vers l’observation de la faune, les débarquements fréquents et les activités de plein air. Le fait d’exploiter directement ses propres navires lui permet également de proposer des itinéraires très flexibles en fonction des conditions météo ou des observations animalières. Au fil des années, Oceanwide a reçu plusieurs récompenses dans l’univers des croisières polaires, tout en conservant une image d’opérateur spécialisé à taille humaine basé à Vlissingen, aux Pays-Bas.


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