La Fédération unie des auberges de jeunesse devait fêter cette année ses 70 ans.
Créée dans le sillage des congés payés et d’une France qui se reconstruit, en découvrant les loisirs et son territoire, la FUAJ exploitait une trentaine d’établissements en France et comptait 317 salariés, jusqu’à sa liquidation avec poursuite d’activité, annoncée le 2 mars dernier.
Après plus de deux mois d’incertitude, les équipes et les auberges en savent désormais davantage sur l’été qui arrive et sur leur avenir.
Le tribunal a désigné le groupement constitué par ONLE FAC Habitat et GSE pour reprendre la quasi-totalité du réseau, à l’exception des établissements de Beaugency et de Beaulieu-sur-Dordogne.
"C’est un soulagement, car il n’y a pas de casse sociale.
99 % des salariés conservent leur emploi, les auberges sont maintenues et seront développées par un groupement qui a une assise financière solide, ce qui nous a fait défaut. C’est le meilleur scénario possible qui a été choisi.
Les repreneurs souhaitent poursuivre le projet, le développer et rénover les auberges.
Et si un tel acteur se positionne, c’est que, malgré nos faiblesses, nous n’étions pas si mauvais dans ce que nous faisions et que le produit est intéressant", nous explique David Le Carré, désormais ex-délégué général de la Fédération unie des auberges de jeunesse.
Créée dans le sillage des congés payés et d’une France qui se reconstruit, en découvrant les loisirs et son territoire, la FUAJ exploitait une trentaine d’établissements en France et comptait 317 salariés, jusqu’à sa liquidation avec poursuite d’activité, annoncée le 2 mars dernier.
Après plus de deux mois d’incertitude, les équipes et les auberges en savent désormais davantage sur l’été qui arrive et sur leur avenir.
Le tribunal a désigné le groupement constitué par ONLE FAC Habitat et GSE pour reprendre la quasi-totalité du réseau, à l’exception des établissements de Beaugency et de Beaulieu-sur-Dordogne.
"C’est un soulagement, car il n’y a pas de casse sociale.
99 % des salariés conservent leur emploi, les auberges sont maintenues et seront développées par un groupement qui a une assise financière solide, ce qui nous a fait défaut. C’est le meilleur scénario possible qui a été choisi.
Les repreneurs souhaitent poursuivre le projet, le développer et rénover les auberges.
Et si un tel acteur se positionne, c’est que, malgré nos faiblesses, nous n’étions pas si mauvais dans ce que nous faisions et que le produit est intéressant", nous explique David Le Carré, désormais ex-délégué général de la Fédération unie des auberges de jeunesse.
FUAJ : 10 millions d’euros pour assurer la reprise
La seule ombre au tableau de la reprise concerne les 12 licenciements économiques au siège social.
"C’était la seule offre qui proposait de reprendre 50 % des effectifs du siège. Nous sommes sur un acteur bienveillant et humain", nous décrit-il.
Pour ceux qui ne connaissent pas le groupement à l’origine de la reprise de la FUAJ, ONLE FAC Habitat est une association qui appartient à la société SMERRA.
La mutuelle santé étudiante a été créée en 1970. Elle s’est développée en agrégeant des services à destination des jeunes Français, comme les assurances et le logement.
Avant cette reprise, elle possédait 12 000 logements étudiants répartis dans 100 résidences sociales implantées dans de nombreuses villes universitaires en France.
Avec la Fédération unie des auberges de jeunesse, elle diversifiera sans doute encore son activité.
Nous trouvons aussi dans le dossier LOGIFAC, une autre entité de gestion de logements destinés aux étudiants, appartenant à SMERRA.
"Nous sommes sur un acteur philosophiquement proche de l’esprit des auberges.
La façon dont ils prennent le dossier aujourd’hui me permet d’être optimiste. Ils veulent assurer la continuité du réseau, tout en ayant une approche très humaine et ferme, c’est-à-dire qu’ils vont se concentrer sur le commercial, parce qu’ils mettent quand même plus de 10 millions d’euros sur la table.
Ils attendent aussi forcément des résultats, et c’est tout à fait normal," affirme David Le Carré.
Pour l’heure, rien n’est définitif quant à l’usage du réseau.
"C’était la seule offre qui proposait de reprendre 50 % des effectifs du siège. Nous sommes sur un acteur bienveillant et humain", nous décrit-il.
Pour ceux qui ne connaissent pas le groupement à l’origine de la reprise de la FUAJ, ONLE FAC Habitat est une association qui appartient à la société SMERRA.
La mutuelle santé étudiante a été créée en 1970. Elle s’est développée en agrégeant des services à destination des jeunes Français, comme les assurances et le logement.
Avant cette reprise, elle possédait 12 000 logements étudiants répartis dans 100 résidences sociales implantées dans de nombreuses villes universitaires en France.
Avec la Fédération unie des auberges de jeunesse, elle diversifiera sans doute encore son activité.
Nous trouvons aussi dans le dossier LOGIFAC, une autre entité de gestion de logements destinés aux étudiants, appartenant à SMERRA.
"Nous sommes sur un acteur philosophiquement proche de l’esprit des auberges.
La façon dont ils prennent le dossier aujourd’hui me permet d’être optimiste. Ils veulent assurer la continuité du réseau, tout en ayant une approche très humaine et ferme, c’est-à-dire qu’ils vont se concentrer sur le commercial, parce qu’ils mettent quand même plus de 10 millions d’euros sur la table.
Ils attendent aussi forcément des résultats, et c’est tout à fait normal," affirme David Le Carré.
Pour l’heure, rien n’est définitif quant à l’usage du réseau.
Auberges de jeunesse : un modèle économique fragile...
Le nouveau propriétaire de la trentaine d’adresses n’a pas précisé, si elles resteront intégralement des auberges de jeunesse ou si une partie du réseau sera convertie en résidences étudiantes.
"Ils se donnent trois ans pour opérer le redressement économique de la structure, ce qui nous paraît raisonnable.
Ils vont prendre le temps de comprendre le réseau et son fonctionnement avant de prendre des décisions sur de possibles modifications d’usage des résidences.
Après, je pense qu’ils souhaitent créer des ponts entre leur activité dédiée aux étudiants et l’activité auberges de jeunesse.
Du moins, sur 2026, ils s’inscrivent dans une continuité de l’activité. Ensuite, il y aura sans doute des choses à faire, avec la transformation de certains établissements en résidences étudiantes", estime David Le Carré.
A lire : De l’auberge de jeunesse au Generator : toute une histoire
Les repreneurs n’ont pas dévoilé leur stratégie au tribunal. Ils ont surtout mis en avant le fait que leur objectif premier était d’assurer la pérennité du réseau et d’éviter la disparition d’un acteur historique.
Cette reprise à la barre est aussi l’occasion de porter un regard sur le chemin parcouru par la Fédération unie des auberges de jeunesse, mais aussi sur la vitalité toute relative du tourisme social, abandonné par les acteurs publics.
Quand celui qui est désormais l’ex-délégué général a pris les rênes de la FUAJ, celle-ci était placée en redressement judiciaire. Nous étions en 2018 et, malgré le travail effectué, elle n’a jamais réussi à se relever.
"La FUAJ a commencé à perdre de l’argent dès 2005.
Et à ce moment-là, il n’y avait pas encore eu l’apparition des auberges de jeunesse de nouvelle génération, avec la montée en gamme du secteur.
Nous n’avions pas les fonds pour opérer la transformation du réseau et le rénover. Nous faisions tout sur nos fonds propres, ce n’était pas tenable sans partenaires bancaires.
Il faut vraiment comprendre comment les auberges de jeunesse fonctionnent, car le modèle économique est difficile à tenir. Cela ne gagne pas énormément d’argent et il faut contrôler chaque euro qui sort," rembobine le dirigeant.
Malgré tout, l’arrivée des The People, Jo&Joe, Meininger ou encore Generator a eu un impact sur les acteurs historiques, confrontés à une trésorerie exsangue.
"Ils se donnent trois ans pour opérer le redressement économique de la structure, ce qui nous paraît raisonnable.
Ils vont prendre le temps de comprendre le réseau et son fonctionnement avant de prendre des décisions sur de possibles modifications d’usage des résidences.
Après, je pense qu’ils souhaitent créer des ponts entre leur activité dédiée aux étudiants et l’activité auberges de jeunesse.
Du moins, sur 2026, ils s’inscrivent dans une continuité de l’activité. Ensuite, il y aura sans doute des choses à faire, avec la transformation de certains établissements en résidences étudiantes", estime David Le Carré.
A lire : De l’auberge de jeunesse au Generator : toute une histoire
Les repreneurs n’ont pas dévoilé leur stratégie au tribunal. Ils ont surtout mis en avant le fait que leur objectif premier était d’assurer la pérennité du réseau et d’éviter la disparition d’un acteur historique.
Cette reprise à la barre est aussi l’occasion de porter un regard sur le chemin parcouru par la Fédération unie des auberges de jeunesse, mais aussi sur la vitalité toute relative du tourisme social, abandonné par les acteurs publics.
Quand celui qui est désormais l’ex-délégué général a pris les rênes de la FUAJ, celle-ci était placée en redressement judiciaire. Nous étions en 2018 et, malgré le travail effectué, elle n’a jamais réussi à se relever.
"La FUAJ a commencé à perdre de l’argent dès 2005.
Et à ce moment-là, il n’y avait pas encore eu l’apparition des auberges de jeunesse de nouvelle génération, avec la montée en gamme du secteur.
Nous n’avions pas les fonds pour opérer la transformation du réseau et le rénover. Nous faisions tout sur nos fonds propres, ce n’était pas tenable sans partenaires bancaires.
Il faut vraiment comprendre comment les auberges de jeunesse fonctionnent, car le modèle économique est difficile à tenir. Cela ne gagne pas énormément d’argent et il faut contrôler chaque euro qui sort," rembobine le dirigeant.
Malgré tout, l’arrivée des The People, Jo&Joe, Meininger ou encore Generator a eu un impact sur les acteurs historiques, confrontés à une trésorerie exsangue.
Auberges de jeunesse : The People, Jo&Joe, Meininger... ont fragilisé les acteurs associatifs
""Les villages vacances connaissent les mêmes problèmes que ceux que nous avons rencontrés.
L’arrivée des acteurs à but lucratif, alors que nous étions une association, a poussé le secteur vers une montée en gamme, donc vers des investissements, et donc vers une hausse des prix.
Nous en oublions tous les missions premières des auberges de jeunesse. Je peux vous dire que les établissements dans leur format historique, tel que nous l’avons connu, je n’en connais pas qui gagnent des mille et des cents. D’ailleurs, même ces nouveaux acteurs ne ramassent pas beaucoup d’argent.
Je pense que ce qui nous est arrivé est loin d’être anodin pour les autres", nous confie l’ex-DG.
Comme les acteurs du tourisme social, la fédération a dû affronter un changement de modèle et un désengagement de l’État.
Jusqu’au siècle dernier, le modèle s’est développé grâce au bénévolat, aux loyers très modérés, aux aides de l’État, aux contrats aidés...
Puis cela s’est tendu à partir du moment où il a fallu embaucher, mettre fin au bénévolat, tout en affrontant le fait que les collectivités ne mettaient plus à disposition, gratuitement ou à petits prix, les locaux, et ne participaient plus aux investissements.
"Si vous n’avez pas un acteur financier, institutionnel ou un fonds d’investissement qui vous suit, vous n’avez plus que vos yeux pour pleurer.
Quand les nouveaux acteurs déboulent avec des bâtiments hyper sympas, instagramables, cela devient vite galère. Le tout dans des villes à fortes tensions, cela devient compliqué.
Notre modèle économique faisait que les établissements de Paris, Lyon ou Bordeaux finançaient Pontarlier, Pontivy ou les autres villes secondaires.
Si l’on veut l’accès au tourisme pour tous, partout en France, alors il faut bien que les territoires porteurs financent ceux qui le sont moins. Sauf que cela n’était plus possible.
Nous avons essayé de travailler avec Bpifrance, mais nous avons trouvé portes closes. Nous rentrions dans les cases de son programme accélérateur du tourisme, mais comme nous étions en plan de continuation à la suite de notre redressement, il n’était pas possible pour eux de nous financer.
Nous avons connu le même sort avec la Banque des Territoires et la Caisse des Dépôts. Les acteurs qui financent le secteur lucratif ne financent pas vraiment le tourisme social", revient-il sur les difficultés de la FUAJ.
L’arrivée des acteurs à but lucratif, alors que nous étions une association, a poussé le secteur vers une montée en gamme, donc vers des investissements, et donc vers une hausse des prix.
Nous en oublions tous les missions premières des auberges de jeunesse. Je peux vous dire que les établissements dans leur format historique, tel que nous l’avons connu, je n’en connais pas qui gagnent des mille et des cents. D’ailleurs, même ces nouveaux acteurs ne ramassent pas beaucoup d’argent.
Je pense que ce qui nous est arrivé est loin d’être anodin pour les autres", nous confie l’ex-DG.
Comme les acteurs du tourisme social, la fédération a dû affronter un changement de modèle et un désengagement de l’État.
Jusqu’au siècle dernier, le modèle s’est développé grâce au bénévolat, aux loyers très modérés, aux aides de l’État, aux contrats aidés...
Puis cela s’est tendu à partir du moment où il a fallu embaucher, mettre fin au bénévolat, tout en affrontant le fait que les collectivités ne mettaient plus à disposition, gratuitement ou à petits prix, les locaux, et ne participaient plus aux investissements.
"Si vous n’avez pas un acteur financier, institutionnel ou un fonds d’investissement qui vous suit, vous n’avez plus que vos yeux pour pleurer.
Quand les nouveaux acteurs déboulent avec des bâtiments hyper sympas, instagramables, cela devient vite galère. Le tout dans des villes à fortes tensions, cela devient compliqué.
Notre modèle économique faisait que les établissements de Paris, Lyon ou Bordeaux finançaient Pontarlier, Pontivy ou les autres villes secondaires.
Si l’on veut l’accès au tourisme pour tous, partout en France, alors il faut bien que les territoires porteurs financent ceux qui le sont moins. Sauf que cela n’était plus possible.
Nous avons essayé de travailler avec Bpifrance, mais nous avons trouvé portes closes. Nous rentrions dans les cases de son programme accélérateur du tourisme, mais comme nous étions en plan de continuation à la suite de notre redressement, il n’était pas possible pour eux de nous financer.
Nous avons connu le même sort avec la Banque des Territoires et la Caisse des Dépôts. Les acteurs qui financent le secteur lucratif ne financent pas vraiment le tourisme social", revient-il sur les difficultés de la FUAJ.
Tourisme social : "L’État soutient philosophiquement le projet, mais ne le fait plus financièrement"
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Tout comme Touristra à la sortie du Covid, la Fédération unie des auberges de jeunesse n’aura pas réussi à se réinventer, faute de financement.
Cet exemple n’est pas seulement une alerte pour ce secteur en particulier, mais une énième alerte pour le tourisme social, qui éprouve de grandes difficultés dans l’indifférence générale.
"L’État soutient philosophiquement le projet du droit aux vacances pour tous, mais il ne le fait plus financièrement.
Les associations se retrouvent seules financièrement.
Je comprends que l’État ait d’autres priorités.
Nous avons à l’UNAT des personnes très volubiles sur cette thématique du soutien des pouvoirs publics, des loyers modérés... mais j’ai peur que ce soit peine perdue, dans le contexte économique que nous vivons en France", déplore David Le Carré, qui figure parmi les personnes qui vont se retrouver au chômage dans quelques jours.
C’est donc un livre d’histoire vieux de 70 ans qui se referme, et un autre qui s’ouvre, avec davantage de moyens et l’envie de pérenniser les missions du tourisme social.
Cet exemple n’est pas seulement une alerte pour ce secteur en particulier, mais une énième alerte pour le tourisme social, qui éprouve de grandes difficultés dans l’indifférence générale.
"L’État soutient philosophiquement le projet du droit aux vacances pour tous, mais il ne le fait plus financièrement.
Les associations se retrouvent seules financièrement.
Je comprends que l’État ait d’autres priorités.
Nous avons à l’UNAT des personnes très volubiles sur cette thématique du soutien des pouvoirs publics, des loyers modérés... mais j’ai peur que ce soit peine perdue, dans le contexte économique que nous vivons en France", déplore David Le Carré, qui figure parmi les personnes qui vont se retrouver au chômage dans quelques jours.
C’est donc un livre d’histoire vieux de 70 ans qui se referme, et un autre qui s’ouvre, avec davantage de moyens et l’envie de pérenniser les missions du tourisme social.







Publié par Romain Pommier 














