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DIF, CPF... Les Français actifs vont-ils perdre 12 milliards d'euros de droits à la formation ?

Les salariés doivent effectuer la démarche de transfert du DIF vers le CPF



Financer son permis de conduire, un bilan de compétences, booster son anglais, certifier ses compétences digitales ou encore se familiariser avec la gestion de projet… Autant d’initiatives que le Compte personnel de formation (CPF) peut prendre en charge. Se former sans avoir à ouvrir son porte-monnaie ou casser son PEL, c’est possible ! L’offre est alléchante, pourtant le recours à ce dispositif est faible (1.7% en 2018). Et à l’heure où les salariés ont jusqu’au 30 juin 2021 pour transférer leur Droit individuel de formation (DIF), sur leur CPF, la mobilisation est faible.


Rédigé par le Jeudi 17 Juin 2021

Les Français actifs vont-ils perdre les milliards d'euros de formation auxquels ils ont droit ? Et oui, chaque travailleur possède un Compte personnel de formation (CPF), abondée par les entreprises et géré par la Caisse des dépôts et consignations.

Il permet de financer tout ou une partie d'une formation. Cela fait plus de six ans que le Compte personnel de formation (CPF) a été créé, remplaçant le Droit individuel de formation (DIF).

Mais avec la mise en place du CPF en 2015, les droits cumulés jusque-là au titre du Dif n'ont pas été automatiquement transférés vers le CPF. Les salariés doivent eux-mêmes effectuer la démarche.

L’échéance d’inscription au DIF, initialement fixée au 31 décembre 2020, a été reportée au 30 juin 2021, dans le cadre du projet de loi prolongeant l’état d’urgence sanitaire.

LIRE AUSSI : Compte personnel de formation : plus qu’un mois pour récupérer vos heures de DIF

Principales différences entre les deux systèmes : avec le CPF, le salarié n'a plus besoin de l'autorisation de son employeur pour choisir une formation, le nombre de formations certifiées a été resserrée.

Autre changement : le compte est abondé à hauteur de 500 euros par an contre 20 heures auparavant avec le Dif (équivalent de 300 euros).

Seul un tiers des salariés ont transféré leurs droits

Pourtant, seul un tiers des salariés a entrepris les démarches nécessaires pour convertir ses Droits Individuels à la Formation (DIF) sur son Compte personnel de formation (CPF), selon les résultats de l’enquête Wall Street English, publiée en mai 2021.

Avec plus de 10 millions de salariés qui n’ont pas encore entamé les démarches, c’est un budget d’au moins 12 milliards d’euros qui risque d’être perdu pour les salariés au détriment de leur formation professionnelle.

Le potentiel disponible en moyenne sur les comptes DIF s’élève à 1 125 euros, ce qui correspond à 84 heures par compte, selon la Caisse des dépôts.

Autre chiffre : En 2018, le taux de recours au Compte personnel de formation était de 1,7 % parmi les salariés du privé (Dares).

Cela traduit-il un manque d’entrain pour la formation professionnelle ? « Il s'agit tout d'abord d'un manque d'information de l'entreprise vers son salarié. Si elle ne sensibilise pas ses collaborateurs de ces délais, il peut être complexe d'avoir ces éléments en amont si à la base le salarié n'a pas encore pensé à faire une formation. Aussi, de manière individuelle, tant qu'il n'y a pas de volonté de se former, les démarches pour comprendre le système de prise en charge ne seront pas exploitées », répond Emilie Duron, responsable du pôle formation adultes de Viaticus.


Un dispositif méconnu

Pour Laetitia Reynier, responsable formation professionnelle Escaet : « Il ne s'agit pas d'un désintérêt mais plutôt d'un manque de connaissance et de communication. L'intérêt de se former est plus que jamais présent et encore plus en ces temps de crise. 40% des formations de nos apprenants à l'Escaet sont financées par leur CPF. »

Même constat pour Karine Estaun, fondatrice et formatrice de Tourism’Development, qui s’étonne de n’avoir reçu aucune demande de financement via le CPF depuis le début de la crise : « Je pense qu'il y a une méconnaissance sur le fait qu'un salarié peut se former sur n'importe quel thème, pas forcément en lien avec son travail. »

« De plus, le dossier de demande de prise en charge peut parfois paraître lourd pour un collaborateur pris par le quotidien de son travail. Dans ce cas, il peut ne pas oser demander, de peur d'avoir un refus », poursuit Emilie Duron, de Viaticus

« Malheureusement, dans le milieu du tourisme, nous avons fait face à une vague de licenciement. L'occasion pour les salariés licenciés de faire un point sur leur carrière et de se former pour optimiser leur employabilité, poursuit la responsable du pôle formation adultes de Viaticus. C’est à partir de ce moment-là qu’un salarié, prend connaissance des informations et des démarches nécessaires pour mobiliser ses heures CPF. Les salariés en chômage partiel ont eux-aussi souhaité suivre des modules de formation notamment de courte durée, sur des compétences spécifiques, pour les mettre à profit lors du redémarrage de l'activité. »

Mieux communiquer sur le transfert des droits DIF

En janvier dernier, le ministère du Travail à annoncer le lancement d’une campagne d’information et de sensibilisation à destination des chefs d’entreprise et des salariés, pour les inciter à faire valoir les droits à la formation.

« Pour cela, les campagnes de communication du gouvernement ont été d'une grande aide avec les Spots TV, les encarts dans les journaux, réseaux sociaux... », note Laetitia Reynier, de l’Escaet.

Autre piste ? « L'entretien professionnel vise à accompagner le salarié dans ses perspectives d'évolution professionnelle (qualifications, changement de poste, promotion, ...) et identifier ses besoins de formation. Peut être que la notion d'ancienneté dans l'entreprise pour accéder à ces entretiens professionnels devrait être supprimée pour diffuser les informations formations au plus grand nombre ! », avance-t-elle.

LIRE AUSSI : Entretien professionnel : 4 conseils pour en faire un levier d'engagement

Encourager le recours au CPF

Le saviez-vous ? Près de 12 500 certifications sont proposées aux salariés dans le cadre du CPF.

Mais, seules une partie d’entre elles sont mobilisées par les salariés du privé, qui suivent surtout des formations en langues vivantes (38,8%), en informatique (12,2%) et en transport (11,7%) selon les données collectées par le la Banque des territoires.

« C'est à nous, organisme de formation, de diffuser ces informations et d’expliquer à nos futurs apprenants, selon leur statuts (demandeurs d'emploi, salariés, etc…) les différents financements auxquels ils peuvent prétendre. De ce fait, lorsque nous évoquons le CPF, il convient de s'assurer qu'ils ont fait la démarche pour transférer leurs heures de DIF sur leur compte CPF. Un bel accompagnement dès le départ est la clé de la réussite à tous les niveaux pour un projet de formation professionnelle », conclut Laetitia Reynier.

Caroline Lelievre Publié par Caroline Lelievre Journaliste - TourMaG.com
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Tags : CPF, DIF, formation
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