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FUTUROSCOPIE : de l’extension du domaine du wellness physique et mental 🔑

Le décryptage de Josette Sicsic (Futuroscopie)



Alors qu’une grande partie du monde se mobilise sur le crĂ©neau inĂ©puisable du « bien-ĂȘtre », la France a tardĂ© Ă  s’investir et Ă  investir, laissant Ă  des acteurs de plus ou moins grande taille le soin de rĂ©pondre Ă  des attentes en progression continue depuis prĂšs de 30 ans. Dans un pays cartésien, faisant surtout confiance aux vertus de l’eau thermale et marine en matière de santé, les choses changent cependant peu Ă  peu et devraient permettre de rendre la France plus compĂ©titive. Les stations thermales en prennent la dĂ©cision et l’Etat devrait les suivre.


Rédigé par le Jeudi 12 Mai 2022

Wellness et bien-ĂȘtre : la France fait bouger les lignes pour revenir dans la course - Depositphotos.com Auteur gustavofrazao
Wellness et bien-ĂȘtre : la France fait bouger les lignes pour revenir dans la course - Depositphotos.com Auteur gustavofrazao
Voyons tout d’abord ce qu’il se passe en Europe. Alors que le thermalisme domine l’offre de tourisme de santĂ©, notamment en Allemagne, dans les pays de l’Est, en Italie
 on se met Ă©galement au goĂ»t du jour.

Exemple : « À Marbella en Espagne, entre mer et forêts de chênes, le jeûne thérapeutique Buchinger aborde les questions fondamentales de l’existence humaine selon une vision holistique, tout en mettant l’accent sur le principe de l’autonomisation, c’est-à-dire, en s’attachant à renforcer les capacités d’auto-guérison de chacun ».

Le jeûne est à la mode. C’est un fait. Mais, dans les centres Buchinger, qui ne sont que deux d’ailleurs, l’un en Espagne, l’autre sur le lac de Constance en Allemagne, le jeûne fait l’objet de séjours optimum sur le plan de l’efficacité tout en offrant un cadre d’un luxe inouï, à des tarifs tout aussi optimums.

En effet, non seulement, 10 jours minimum sont obligatoires mais chaque jour coûte au moins 300 Ă  400 euros par personne. On est donc bien dans le registre des soins de grand luxe. Un crĂ©neau ambitieux et recherchĂ©.


En Italie qui semble ĂȘtre la destination ayant le mieux dĂ©veloppĂ© son offre de « benessere », dans le Val d’Aoste, les Dolomites, le Haut Adige, le long des grands lacs du nord, en Toscane, autour de Rome, une gamme d’établissements de grand luxe est dĂ©sormais disponible.

SignĂ©s par de grands noms de l’architecture, ils ont soit Ă©tĂ© construits de toutes piĂšces, soit ont remplacĂ© des Ă©tablissements haut-de-gamme existants.

Parfaitement modernisĂ©s, combinant Ă©cologie et luxe avec « bien-ĂȘtre » physique et mental, ils reçoivent surtout une clientĂšle nationale et un petit tiers de clientĂšles internationales.

Quant Ă  la Suisse et l’Autriche, elles sont aussi au fait de cette tendance avec un Ă©tablissement historique comme La Prairie Ă  Montreux qui fait partie des Ă©tablissements les plus exclusifs du monde. En grande partie grĂące Ă  sa gamme de cosmĂ©tiques.

France : la montagne joue la carte du bien-ĂȘtre sous toutes ses formes et devient zen

Longtemps en reste faute d’avoir de vĂ©ritables thĂ©rapies originales Ă  offrir, la France pour sa part est restĂ©e attachĂ©e Ă  son offre thermale, avec 87 stations et un marchĂ© captif, celui des curistes dont les soins sont remboursĂ©s par la sĂ©curitĂ© sociale.

Lequel s’établit aux environs de 600 000 en annĂ©e normale mais a perdu 200 000 d’entre eux ces deux derniĂšres annĂ©es. Certes, quelques stations comme Vittel ou Evian ont bien tentĂ© de jouer le jeu et diversifiĂ© leur offre.

Tandis que les Ă©tablissements de thalassothĂ©rapie ont longtemps incarnĂ© la seule offre de bien-ĂȘtre non mĂ©dicalisĂ©e. Avec un certain succĂšs d’ailleurs puisqu’aujourd’hui encore, les quelque 50 centres ont vu leurs clientĂšles (avant Covid augmenter).

MalgrĂ© des durĂ©es de sĂ©jour plus courtes. Sauf que la concurrence du bassin mĂ©diterranĂ©en a Ă©mergĂ© et les voilĂ  en compĂ©tition avec l’Espagne, le Maroc, la Tunisie, la GrĂšce


On notera aussi que de nombreux hĂŽtels de luxe ont pris le parti de confier les clĂ©s de leurs espaces de bien-ĂȘtre Ă  des marques prestigieuses de cosmĂ©tiques. Ainsi, les spas signĂ©s Nuxe, Clarens, les Cinq mondes, Deep Blue
 se sont multipliĂ©s.

Dans les villes et les territoires touristiques. Avec un dĂ©faut : proposer des soins standardisĂ©s Ă  une clientĂšle qui a justement besoin de s’évader des standards et profiter d’une originalitĂ© en adĂ©quation avec le cadre environnemental et la tradition locale.

En revanche, les stations de montagne ont compris l’intĂ©rĂȘt de profiter de leur environnement naturel, leurs sommets, leur faune, leur flore, leur silence pour se reconvertir en stations de remise en forme pendant l’étĂ©.

L’opportunitĂ© est certes de taille. Ainsi, dans le dernier dossier de France Montagne, on apprend que Courchevel propose de la « marche peace » qui consiste en exercices de respiration, inspirĂ©e des marches bouddhistes.

Aux Saisies, c’est pareil : on marche en faisant du Qi Gong et yoga. Aux Arcs, l’heure est aux balades zen. A Val d’IsĂšre, c’est la pĂȘche qui est mise Ă  l’heure du bien-ĂȘtre


A Saint François Longchamp, une association « Tourisme et montagnothĂ©rapie » composĂ©e d’une accompagnatrice, un naturopathe et des agriculteurs propose aux vacanciers des randos Ă  dos d’ñne et toutes sortes d’activitĂ©s de pleine nature simples, capables d’apporter de petits bonheurs !

Val Thorens, Samoens, MĂ©gĂšve, Combloux
 jouent aussi Ă  fond cette carte inĂ©vitablement gagnante et porteuse d’avenir dont le principal mĂ©rite est de se produire dans un cadre naturel sans nĂ©cessiter de gros investissements en Ă©quipements adaptĂ©s.

Et, en plus, cela plaĂźt Ă  une clientĂšle globalement de plus en plus jeune, toujours majoritairement fĂ©minine, exigeante et avertie, que l’on peut diviser en deux catĂ©gories majeures :

- Les experts en quĂȘte de « mieux ĂȘtre » : ils ont tentĂ© de multiples expériences, se montrent très pointilleux vis-Ă -vis des Ă©tablissements et des soins qu’on leur propose et cherchent avant tout l’efficacitĂ©. Parmi eux, une partie reste fidĂšle Ă  un Ă©tablissement lui garantissant la performance souhaitĂ©e. Une autre partie pour sa part cherche la nouveautĂ©.

- Les curieux en quĂȘte d’expĂ©rience, de « fun », de plaisir : curieux, ils cherchent Ă  pimenter leur voyage de dĂ©couverte d’un nouveau style. Ils essaient donc toutes sortes de pratiques, en quelques heures ou un peu plus. Juste pour le plaisir de dĂ©couvrir des nouveautĂ©s auxquelles par la suite, ils peuvent adhĂ©rer et devenir des fidĂšles dans leur vie quotidienne.

La stratĂ©gie nationale cherche Ă  renouveler le thermalisme grĂące au bien-ĂȘtre

Mais, face Ă  ce constat, la bonne nouvelle car il en est une, revient Ă  la prise de conscience de l’Etat d’une part, qui a indiquĂ© que « le bien-ĂȘtre en particulier dans une station thermale semble une voie porteuse de dĂ©veloppement qui pourrait s’appuyer sur une identitĂ© commune, capitalisant sur l’existant et permettant de prĂ©parer l’avenir et d’adopter de bonnes orientations stratĂ©giques ».

Pour cela un budget important a Ă©tĂ© dĂ©gagĂ© : 10 millions euros de subventions du fonds « Avenir montagne » et 500 000 euros par Atout-France pour la promotion ainsi que des prĂȘts de trĂšs long terme sur le fonds d’épargne de la Banque des territoires.

Cette bonne nouvelle revient aussi aux stations thermales elles-mĂȘmes qui, rĂ©unies Ă  Paris, le 11 mai dernier, par l’Association nationale des maires des communes thermales, ont exprimĂ© Ă  travers de nombreuses interventions et la voix de leur prĂ©sident Paul Audan, maire de GrĂ©oux-les-Bains, leur adhĂ©sion Ă  des stratĂ©gies de dĂ©veloppement de l’offre de bien-ĂȘtre.

En faisant preuve d’une crĂ©ativitĂ© capable d’attirer vers leurs stations une clientĂšle touristique demandeuse non seulement de variĂ©tĂ© et de qualitĂ© dans ce domaine mais aussi d’escapades touristiques dans la rĂ©gion, celles-ci entendent se mettre au goĂ»t du jour, accroĂźtre leurs clientĂšles et la diversifier, et ainsi Ă©taler leurs saisons.

Est-on Ă  la veille d’un « aggiornamiento » ? Probablement. A condition que la prĂ©cipitation ne l’emporte pas sur la rĂ©flexion et la conceptualisation de produits et de soins dont le sĂ©rieux ne peut ĂȘtre sacrifiĂ©. Or, la France n’a pas vraiment de tradition dans ce domaine. ( Ce sera le thĂšme d’un prochain article).

Lire aussi :

- FUTUROSCOPIE - Le retour en grùce du marché du wellness aprÚs la pandémie

- FUTUROSCOPIE - La France a-t-elle un « happyness » à vendre ?

Josette Sicsic - DR
Josette Sicsic - DR
Journaliste, consultante, confĂ©renciĂšre, Josette Sicsic observe depuis plus de 25 ans, les mutations du monde afin d’en analyser les consĂ©quences sur le secteur du tourisme.

AprĂšs avoir dĂ©veloppĂ© pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de l’actualitĂ© oĂč elle dĂ©code le prĂ©sent pour prĂ©voir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.

Contact : 06 14 47 99 04
Mail : touriscopie@gmail.com

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