Il aura fallu vivre la belgisation de la vie politique française pour se rendre réellement compte de l’impact de la politique et des incertitudes économiques sur l’industrie touristique.
Les agences de voyages et leurs cousines du voyage d’affaires sont extrêmement sensibles aux soubresauts de l’actualité économique.
Depuis 2025, les changements politiques en France, couplés aux difficultés à faire passer un quelconque budget, ont quelque peu rendu atone l’activité dans les points de vente. D’ailleurs, d’après les bruits qui courent, ce début d’année démarre très mollement côté réservations.
Alors que Sébastien Lecornu, le Premier Ministre a réussi à faire passer son projet de loi de Finances (PLF), sans faire sauter son gouvernement, et que Donald Trump plombe l’économie mondiale et fragilise celle de l’Hexagone à coups de messages postés sur son propre réseau social… Marc Touati a tenté de trouver une note d’optimisme et de dégager de la cohérence dans cette pagaille.
"Si je devais résumer l’année 2025 en trois points, je commencerais par une bonne nouvelle : la croissance mondiale, je l’anticipais à 3 %, et c’est ce qu’il s’est passé.
Tout le monde a pris peur avec les droits de douane, mais on a finalement appris à comprendre le fonctionnement de Trump. Au début, il fait peur, puis il revient sur ses annonces et, finalement, ils sont passés comme une lettre à la poste.
Les exportations de la Chine vers les USA ont chuté de 30 %, mais elles ont augmenté de 15 % vers l’Europe, c’est dangereux. Un pays qui a battu son excédent commercial record. Nous devons réagir au dumping chinois qui bénéficie d’un yuan sous-évalué et vend à perte.
Il nous faut du pragmatisme : c’est ce qui nous a fait défaut en 2025," affirme l’économiste.
Les agences de voyages et leurs cousines du voyage d’affaires sont extrêmement sensibles aux soubresauts de l’actualité économique.
Depuis 2025, les changements politiques en France, couplés aux difficultés à faire passer un quelconque budget, ont quelque peu rendu atone l’activité dans les points de vente. D’ailleurs, d’après les bruits qui courent, ce début d’année démarre très mollement côté réservations.
Alors que Sébastien Lecornu, le Premier Ministre a réussi à faire passer son projet de loi de Finances (PLF), sans faire sauter son gouvernement, et que Donald Trump plombe l’économie mondiale et fragilise celle de l’Hexagone à coups de messages postés sur son propre réseau social… Marc Touati a tenté de trouver une note d’optimisme et de dégager de la cohérence dans cette pagaille.
"Si je devais résumer l’année 2025 en trois points, je commencerais par une bonne nouvelle : la croissance mondiale, je l’anticipais à 3 %, et c’est ce qu’il s’est passé.
Tout le monde a pris peur avec les droits de douane, mais on a finalement appris à comprendre le fonctionnement de Trump. Au début, il fait peur, puis il revient sur ses annonces et, finalement, ils sont passés comme une lettre à la poste.
Les exportations de la Chine vers les USA ont chuté de 30 %, mais elles ont augmenté de 15 % vers l’Europe, c’est dangereux. Un pays qui a battu son excédent commercial record. Nous devons réagir au dumping chinois qui bénéficie d’un yuan sous-évalué et vend à perte.
Il nous faut du pragmatisme : c’est ce qui nous a fait défaut en 2025," affirme l’économiste.
"L’Europe et la France sont les dindons de la farce" de l'économie mondiale
C’est l’un des chevaux de bataille de Marc Touati, qui appelle régulièrement à une thérapie de choc bienveillante dans notre pays, à l’image de ce qu’a connu l’Italie ou encore l’Argentine.
"Nous venons d’atteindre les 3 500 milliards de dettes. Ce qui est d’autant plus dangereux, c’est que, dans le même temps, les taux d’intérêt ont augmenté.
Cette hausse est très mauvaise pour l’État, car la charge de la dette va atteindre 70 milliards d’euros en 2026, mais c’est aussi négatif pour les entreprises, car cela limite leur capacité d’investissement.
Dans le même temps, l’or a encore battu des records historiques, et l’argent aussi, avec +220 % de hausse depuis 2025. Ce sont des valeurs refuges, notamment dans une période de fortes tensions géopolitiques.
Et, dans ce contexte, une nouvelle fois, le dindon de la farce, c’est l’Europe, donc la France," souffle le fondateur du cabinet ACDEFI.
L’économiste déplore la médiocre croissance de l’Hexagone, une tendance qui se maintiendrait dans le vert uniquement grâce aux dépenses publiques.
En 2025, notre pays devrait afficher fièrement une hausse de son PIB de 0,9 %, contre 1,3 % pour la zone euro.
Une inscription au crayon vert qui pourrait faire pâlir d’envie les Allemands (-0,2 %) et même nos chers voisins Italiens (+0,6 %), dont la richesse par habitant rattraperait la nôtre, notamment en raison d’une forte baisse de la natalité.
En France, "c’est une croissance à crédit"
"Cette croissance nous coûte cher. Nous avons la médaille d’or du déficit public en Europe, avec 5,4 %. Avec de telles dépenses, nous devrions être bien plus performants économiquement. Si, depuis 2017, on neutralise le déficit public, alors nous sommes en récession.
C’est une croissance à crédit, et c’est ce qui m’effraie dans ce budget 2026," déplore l'économiste.
Après la maigre hausse de la richesse enregistrée en 2025, notre pays devrait faire à peine mieux, avec un faible 1 % attendu en 2026, contre un déficit de 5%.
Rappelons qu’en 2024, ce dernier indicateur atteignait 5,8% du PIB. Pour y parvenir, l’État a vu ses recettes fiscales augmenter de plus de 6 % l’année passée, une dynamique qui devrait se poursuivre dans le dernier PLF 26.
"Nous sommes le champion mondial des impôts : nous les augmentons, pareil pour les dépenses publiques. Ce calcul ne fonctionne pas, mais nous persistons. Imaginez que la CSG, créée par Michel Rocard en 1991, est passée de 1% à 10%. On marche sur la tête.
Tous les pays autour de nous font des réformes, baissent les impôts, et ça marche. Nous, on continue de taxer les 300 plus grandes entreprises françaises, qui représentent 8 millions de salariés : si elles vont moins bien, alors ce sont les salariés qui iront moins bien.
Les entreprises françaises avancent avec un boulet au pied et arrivent malgré tout à s’en sortir, ça signifie qu’elles sont bien plus fortes que leurs concurrentes étrangères. Nous devons arrêter le déni de réalité," appuie encore l’économiste.
Il faut bien dire que la situation semble se tendre dans de nombreux secteurs. Il suffit de regarder les défaillances, qui ont atteint un seuil historique : un chiffre surréaliste selon Thierry Millon, directeur des études d’Altares.
D'ailleurs Marc Touati anticipe une hausse du chômage en France.
C’est une croissance à crédit, et c’est ce qui m’effraie dans ce budget 2026," déplore l'économiste.
Après la maigre hausse de la richesse enregistrée en 2025, notre pays devrait faire à peine mieux, avec un faible 1 % attendu en 2026, contre un déficit de 5%.
Rappelons qu’en 2024, ce dernier indicateur atteignait 5,8% du PIB. Pour y parvenir, l’État a vu ses recettes fiscales augmenter de plus de 6 % l’année passée, une dynamique qui devrait se poursuivre dans le dernier PLF 26.
"Nous sommes le champion mondial des impôts : nous les augmentons, pareil pour les dépenses publiques. Ce calcul ne fonctionne pas, mais nous persistons. Imaginez que la CSG, créée par Michel Rocard en 1991, est passée de 1% à 10%. On marche sur la tête.
Tous les pays autour de nous font des réformes, baissent les impôts, et ça marche. Nous, on continue de taxer les 300 plus grandes entreprises françaises, qui représentent 8 millions de salariés : si elles vont moins bien, alors ce sont les salariés qui iront moins bien.
Les entreprises françaises avancent avec un boulet au pied et arrivent malgré tout à s’en sortir, ça signifie qu’elles sont bien plus fortes que leurs concurrentes étrangères. Nous devons arrêter le déni de réalité," appuie encore l’économiste.
Il faut bien dire que la situation semble se tendre dans de nombreux secteurs. Il suffit de regarder les défaillances, qui ont atteint un seuil historique : un chiffre surréaliste selon Thierry Millon, directeur des études d’Altares.
D'ailleurs Marc Touati anticipe une hausse du chômage en France.
Les chefs d’entreprises ne veulent pas de subvention, mais être libres !"
Notre économie souffre et entraîne, avec elle, le secteur du tourisme. Face à un début d’année compliqué, les acteurs ne s’inquiètent pas trop : ils s’attendent à des rattrapages plus étalés dans le temps et à une vague de dernière minute.
En attendant, l’économiste demande qu’on arrête d’emmer*** les Français. "Pompidou avait raison.
J’appelle à baisser les impôts pour tout le monde, tout en baissant les dépenses publiques de fonctionnement. Elles ont augmenté de 23% depuis 2021. Et ce poste représente 33 % des dépenses publiques.
Nous devons réduire le millefeuille administratif, pour nos concitoyens et les entreprises. Elles ne veulent pas des subventions, elles veulent être libres de pouvoir créer des richesses.
Ce que font nos dirigeants politiques, ce n’est pas sérieux. Ce qui m’inquiète dans ce qu’il s’est passé avec le budget, c’est une parole politique dévaluée.
Nos élus doivent penser à la France, alors qu’ils ne pensent qu’à conserver leur place. Il faut qu’on reprenne le pouvoir, qu’on remette notre pays sur le bon chemin. Il faut du pragmatisme," estime celui qui a échangé plusieurs fois avec Bruno Le Maire, lorsque celui-ci était à Bercy.
Des propos qui viennent rappeler ceux de Laurent Abitbol, appelant à un sursaut des chefs d’entreprises, face à une classe politique qui ne serait plus à la hauteur.
A lire : Laurent Abitbol : après le businessman, l'homme politique ?
Et face au phénomène de réindustrialisation et de patriotisme économique, l’économiste met le holà. "Mais est-ce que nous avons encore la main-d’œuvre pour ce type de métiers ?
Il n’y a plus de formation. Ce qui est dramatique, c’est que nous n’anticipons pas. Nos politiques ont sacrifié l’industrie nationale. C’était une volonté politique des années 80 et 90. Nous voulions une économie française sans usines, la mondialisation heureuse. Nous avons raté toutes les dernières révolutions technologiques."
En attendant, l’économiste demande qu’on arrête d’emmer*** les Français. "Pompidou avait raison.
J’appelle à baisser les impôts pour tout le monde, tout en baissant les dépenses publiques de fonctionnement. Elles ont augmenté de 23% depuis 2021. Et ce poste représente 33 % des dépenses publiques.
Nous devons réduire le millefeuille administratif, pour nos concitoyens et les entreprises. Elles ne veulent pas des subventions, elles veulent être libres de pouvoir créer des richesses.
Ce que font nos dirigeants politiques, ce n’est pas sérieux. Ce qui m’inquiète dans ce qu’il s’est passé avec le budget, c’est une parole politique dévaluée.
Nos élus doivent penser à la France, alors qu’ils ne pensent qu’à conserver leur place. Il faut qu’on reprenne le pouvoir, qu’on remette notre pays sur le bon chemin. Il faut du pragmatisme," estime celui qui a échangé plusieurs fois avec Bruno Le Maire, lorsque celui-ci était à Bercy.
Des propos qui viennent rappeler ceux de Laurent Abitbol, appelant à un sursaut des chefs d’entreprises, face à une classe politique qui ne serait plus à la hauteur.
A lire : Laurent Abitbol : après le businessman, l'homme politique ?
Et face au phénomène de réindustrialisation et de patriotisme économique, l’économiste met le holà. "Mais est-ce que nous avons encore la main-d’œuvre pour ce type de métiers ?
Il n’y a plus de formation. Ce qui est dramatique, c’est que nous n’anticipons pas. Nos politiques ont sacrifié l’industrie nationale. C’était une volonté politique des années 80 et 90. Nous voulions une économie française sans usines, la mondialisation heureuse. Nous avons raté toutes les dernières révolutions technologiques."
Trump fait peser un grand "risque sur le dollar," atout majeur de l’économie US
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Et après ce lourd bilan, Marc Touati a voulu se projeter.
"L’inflation, c’est comme le dentifrice, une fois sorti, on ne peut pas le remettre dans le tube. Quand on dit que l’inflation baisse, c’est vrai, mais les prix ne baissent pas, c’est leur hausse qui décline.
L’alimentaire a augmenté de 24% depuis 2021, et assez peu de revenus ont progressé de la sorte. Dans le même temps, les prix des ordinateurs ont baissé, cela participe au calcul de l’inflation, sauf que personne n’achète des ordinateurs tous les quatre matins.
Son évolution va dépendre notamment du contexte géopolitique. La hausse des prix devrait être de 1,5 à 2% en Europe. Il n’y aura pas de dérapage.
Au niveau mondial, l’année sera quand même bonne : la croissance sera de 3%, même si la moyenne à long terme est plutôt de 3,5 %. Donc nous sommes un peu en deçà. Je pense que 2026 sera une année charnière, pour la France, vivement 2027," affirme le conseiller économique chez eToro.
Dans 12 mois, les Français seront alors en pleine campagne présidentielle, une élection qui s’annonce à haut risque, même si l’économiste anticipe un changement de politique plus favorable pour les entreprises.
Une année qui dépendra grandement des messages postés par Trump sur Truth Social et de ses décisions erratiques, qui donnent parfois l’impression d’être décousues, pour rester poli.
La dernière, celle d’imposer de nouveaux droits de douane à l’Europe, a été remisée après l’intervention du patron de l’OTAN, concernant l’avenir du Groenland.
"Il est très compliqué de savoir ce qu’il fait. Une chose se dégage : America and Business First.
Je ne pense pas que nous assistions à la fin du libéralisme. Il est très attaché à la bonne santé des marchés financiers. Un grand risque pèse sur le dollar, c’est ce qui fait la force de l’économie américaine. Si jamais le dollar baisse trop, il risque de tomber de son piédestal.
Trump doit arrêter de prendre des décisions qui nuisent à sa monnaie.
Dans ce contexte, l’Europe n’en profite pas, pour une simple raison, nous ne sommes pas unis. Nous avons, entre les grandes puissances, des intérêts divergents. Cette situation pourrait être une chance, mais nous avons des faiblesses qui font que nous ne sommes pas une grande puissance," conclut Marc Touati.
"L’inflation, c’est comme le dentifrice, une fois sorti, on ne peut pas le remettre dans le tube. Quand on dit que l’inflation baisse, c’est vrai, mais les prix ne baissent pas, c’est leur hausse qui décline.
L’alimentaire a augmenté de 24% depuis 2021, et assez peu de revenus ont progressé de la sorte. Dans le même temps, les prix des ordinateurs ont baissé, cela participe au calcul de l’inflation, sauf que personne n’achète des ordinateurs tous les quatre matins.
Son évolution va dépendre notamment du contexte géopolitique. La hausse des prix devrait être de 1,5 à 2% en Europe. Il n’y aura pas de dérapage.
Au niveau mondial, l’année sera quand même bonne : la croissance sera de 3%, même si la moyenne à long terme est plutôt de 3,5 %. Donc nous sommes un peu en deçà. Je pense que 2026 sera une année charnière, pour la France, vivement 2027," affirme le conseiller économique chez eToro.
Dans 12 mois, les Français seront alors en pleine campagne présidentielle, une élection qui s’annonce à haut risque, même si l’économiste anticipe un changement de politique plus favorable pour les entreprises.
Une année qui dépendra grandement des messages postés par Trump sur Truth Social et de ses décisions erratiques, qui donnent parfois l’impression d’être décousues, pour rester poli.
La dernière, celle d’imposer de nouveaux droits de douane à l’Europe, a été remisée après l’intervention du patron de l’OTAN, concernant l’avenir du Groenland.
"Il est très compliqué de savoir ce qu’il fait. Une chose se dégage : America and Business First.
Je ne pense pas que nous assistions à la fin du libéralisme. Il est très attaché à la bonne santé des marchés financiers. Un grand risque pèse sur le dollar, c’est ce qui fait la force de l’économie américaine. Si jamais le dollar baisse trop, il risque de tomber de son piédestal.
Trump doit arrêter de prendre des décisions qui nuisent à sa monnaie.
Dans ce contexte, l’Europe n’en profite pas, pour une simple raison, nous ne sommes pas unis. Nous avons, entre les grandes puissances, des intérêts divergents. Cette situation pourrait être une chance, mais nous avons des faiblesses qui font que nous ne sommes pas une grande puissance," conclut Marc Touati.







Publié par Romain Pommier 















