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Thomas Cook : les clients floués seront-ils remboursés un jour ?

L'Editorial de Jean da Luz



Les 9300 clients victimes de la défaillance de Thomas Cook et dont les dossiers sont toujours pendants auprès de l'Association Professionnelle de Solidarité du Tourisme, peuvent être légitimement inquiets. Les menaces de solvabilité qui pèsent sur la caisse de garantie des professionnels (APST) font craindre au mieux des remboursements retardés, au pire des pertes sèches pour les victimes du voyagiste.


Rédigé par le Dimanche 16 Mai 2021

APST : la garantie actuelle, voulue et mise en place de façon paritaire par les professionnels, comporte de nombreux trous dans la raquette... - DR : DepositPhotos
APST : la garantie actuelle, voulue et mise en place de façon paritaire par les professionnels, comporte de nombreux trous dans la raquette... - DR : DepositPhotos
Cela fait maintenant près de 18 mois que les clients de Thomas Cook ont déposé leur dossier auprès de l’APST.

Le voyagiste a brutalement cessé son activité le 23 septembre 2019, plantant des centaines de milliers de clients dans le monde entier.

A l’époque, l’Etat britannique a dû voler, au sens littéral du terme, au secours de ses ressortissants en affrétant plusieurs dizaines d’avions pour les rapatrier.

En France aussi, des milliers de clients ont dû à l’APST de pouvoir rentrer chez eux. Compte tenu de l’urgence, les pouvoirs publics français ont fait obligation à l'Association professionnelle de solidarité du tourisme de pourvoir à leur assistance et à leur retour sur le sol français.

C’était là la première étape d’un processus qui allait saper les fondations d’une institution dont les finances avaient déjà été mises à rude épreuve.

En effet, la caisse de garantie ne disposait pas des cautions bancaires nécessaires pour pouvoir encaisser le “crash” du voyagiste britannique.

Les 9300 dossiers d’indemnisation, représentent selon notre confrère l’Echo Touristique, (LIRE) représentent (excusez du peu) un total d’environ 20 millions d’euros.

Ce montant a déjà asséché en grande partie les liquidités de l’association qui va devoir, en outre, se séparer de son immeuble parisien de standing, Avenue Carnot, pour boucler ses fins de mois.

Garantie : les "avoirs" suscitent de nouvelles craintes

Comme si cela ne suffisait pas, l'avènement de la pandémie qui a paralysé l’industrie du voyage, menace de lui donner le coup de grâce.

En effet, la fermeture des agences de voyages qui aujourd’hui détiennent pour plus d’un milliard d’”avoirs” des clients qui n’ont pu partir, fait naître de nouvelles craintes.

Le secteur pourrait connaître une vague de faillites en cascade sans précédent, qui viendrait “charger” un peu plus la barque de l’organisme de garantie. L'Italie et les Pays Bas ont d'ores et déjà mis en place des dispositifs permettant d'amortir le choc. La France, une fois encore, joue la montre sur cette question...

Dans un courrier adressé cette semaine à ses adhérents, la présidente de l’APST tire la sonnette d’alarme : "L’APST risque de ne pas être en mesure de faire face à ses obligations de garantie à venir..." (LIRE) En effet, l’Etat qui reste le garant ultime des consommateurs en cas de faillite du système actuel, se fait toujours tirer l’oreille pour renflouer les caisses de l’APST.

Certes (et ceci explique un peu cela), l’Association n’est pas un exemple de gestion rigoureuse, loin s’en faut.(LIRE) Mais ce n’est pas au consommateur de payer les pots cassés. Il faut souhaiter que le Gouvernement qui a porté à bout de bras les professionnels du tourisme français, ne joue pas la politique de la chaise vide.

Une réforme en profondeur de la garantie voyages ?

Au contraire, cette crise pourrait venir à point nommé pour réformer en profondeur le système. En tout cas, il faut le souhaiter.

Car la garantie actuelle, voulue et mise en place de façon paritaire par les professionnels, comporte de nombreux trous dans la raquette, pour rester dans la phraséologie pandémique.

Les défaillances récentes des transporteurs aériens (qui pourrait s’accélérer aussi) français comme Aigle Azur et XL Airways, en ont démontré il y a quelques mois les failles.

Quand vous achetez un billet “sec”, sans autres prestations, s’entend, vous n’avez aucune garantie en cas de défaut du transporteur. Une “spécialité” française, car d’autres pays (Pays Bas, Québec…) ont réussi à trouver la parade pour indemniser les passagers qui en sont victimes.

Pour en finir avec cette situation, il faut revoir de fond en comble le régime d’assurance actuel. Il faut créer un fonds de garantie “totale”, reposant sur un minimum de contribution du consommateur au moment de l’achat de son billet ou de son forfait.

La France y travaille, l’Europe y réfléchit mais, pour l’instant c’est le flou artistique et à la fin... c’est toujours le consommateur qui perd... et tous les professionnels aussi !

Quel est votre avis sur les garanties voyage ? Faites-vous partie des clients dans l'attente du règlement de votre dossier ?

Votre avis nous intéresse. Pensez-vous que l'Etat français mettra enfin en place une garantie globale pour le voyage ? Honorera-t-il ses engagements en direction des consommateurs ?

Exprimez-vous ci-dessous et laissez-nous vos commentaires.

Jean Da Luz L'éditorial de Jean Da Luz Directeur de la rédaction - TourMaG.com
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Commentaires

1.Posté par Rick Sailor le 17/05/2021 10:29 | Alerter
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Cher Monsieur DaLuz

Votre analyse est bonne sur le constat, mais erronée sur les solutions. Le constat est simple à régler : l'État doit prendre en charge les avoirs quitte à limiter les aides offertes actuellement, et dans le futur aux AGV. Les faillites en cascade couteront plus chères aux contribuables que ce milliard évoqué dans votre article. C'est la seule solution pérenne à mes yeux.

Si vous faites payer le client, la valeur ajoutée de l'agence deviendra nulle. Les assurances privées auront alors beau jeu de se substituer à vous pour garantir la bonne exécution d'un voyage acheté en ligne ou chez des conseillers (les fameux coachs) en fonction de fournisseurs agréés et validés, choisis par eux.

Si l'agence fait payer le client, le client devra faire jouer la concurrence ! Elle ne nous sera pas favorable. On le voit déjà avec les réceptifs qui contactent en direct les voyageurs et les groupes. L'équilibre ne peut passer que par cette refonte des garanties avec, comme pour les mutuelles, une obligation de service des assureurs sans possibilité de s'y soustraire.... Sauf insolvabilité ou dossier faible.

Les EDV mènent un combat d'arrière garde, de cour d'école sans regarder devant. C'est le drame de cette institution qui croit que le bien de tous se gère dans la globalité. Une analyse dangereuse pour, justement, le bien de tous.

Votre dévoué
Rick

2.Posté par vainopoulos le 17/05/2021 12:41 | Alerter
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Jean, il ne faut pas mélanger les garanties concernant les forfaits et la garantie sur les vols secs. Il y a une directive européenne qui légifère pour les 27 pays de l'Union afin de protéger le client. pour les voyages à forfait. Par contre, de l'autre côté, il y a une association, IATA, qui décide unilatéralement des choix à prendre pour défendre...ses adhérents. Pourquoi donner des cautions astronomiques et non "légales" à IATA alors que nous n'avons pas de réciprocité. Il y a ...certainement eu des carences dans la gestion des sinistres mais l'APST et les autres organismes de garantie n'ont pas à gérer les dépôts de bilan des compagnies aériennes. C'est aux Etats d'agir pour obliger IATA à prendre en charge les clients à la suite des cessations de paiement des compagnies: leurs situations financières sont connues bien longtemps avant leurs chutes par les BSP nationaux. Une agence de voyages (distributrice, productrice, groupiste...) ne peut pas être tenue responsable de leurs gestions. Les agences de voyages ne peuvent pas être tenues responsables des autorisations de voler alors que la compagnie ne sera pas solvable. Norwegian en est un parfait exemple: en difficulté depuis des années avec des dépenses "inconsidérées" pour prendre des parts de marché sans que personne n'intervienne. Si IATA travaillait en bonne intelligence avec les agences de voyages, je serais d'accord. pour faire un pas de plus dans la protection du voyageur mais, malheureusement, nous en sommes très loin. La seule manière de protéger les clients contre un dépôt de bilan des compagnies est d'imposer des normes financières comme nous le faisons, et d'imposer une garantie financière. Et , en rêvant un peu sinon beaucoup, d'obliger IATA à respecter les lois européennes...

3.Posté par Olivier le 17/05/2021 14:00 | Alerter
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Absolument d'accord avec M. Vainoupoulos.

Il faut arrêter de charger la mule de l'agence tirant sa lourde charette de responsabilité de plein droit, fautive de rien dans 99% des cas et responsable de tout. Il ne manquerait plus que l'APST viennent garantir les Cie Aériennes.. L'APST n'a pas vocation a être une sorte de Mont de Piété...

4.Posté par Patricia le 25/05/2021 17:14 | Alerter
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Bonjour,

C'est surprenant de lire "Certes (et ceci explique un peu cela), l’Association n’est pas un exemple de gestion rigoureuse, loin s’en faut. Mais ce n’est pas au consommateur de payer les pots cassés. Il faut souhaiter que le Gouvernement qui a porté à bout de bras les professionnels du tourisme français, ne joue pas la politique de la chaise vide."

En résumé: l'Etat a laissé les professionnels faire et ils se sont plantés. Comment ces messieurs très respectueux et certainement bardés de diplômes, honorés de titres et tutti quanti ont pu se planter en beauté ? Et maintenant qu'on a vu les limites d'une entente cordiale prônée par les professionnels, ils appellent à l'aide l'Etat. Qui n'ira certainement pas au scalpel, mais à la hache. Et ces mêmes messieurs, honorables représentants des professionnels du tourisme vont crier au scandale que l'Etat ne les écoute pas, ne les aide pas, les empêche à faire leur métier, et bla bla bla la rengaine habituelle.

5.Posté par PROSPER PAKIANATHAN le 06/06/2021 10:53 | Alerter
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Je tien à vous signalier que l'Etat ne peu pas etre responsable pour les Compagnie Privé comme THOMAS COOK
ni pour les Transporteur Aérien comme XL AIRWAYS.C'est les voyageurs sont responsable de leurs propre sorts.

6.Posté par gerard gaillard le 20/06/2021 16:56 | Alerter
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et oui a se jour toujours rien je relance l apst sens reponce ses une honte il ont un dossier complet mais rien ne bouge je suis dégouter

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