TourMaG.com, 1e TourMaG.com, 1e

logo TourMaG  




Voyages d'Exception veut "faire passer le BtoB de 11 à 30% d'ici 2025 !" 🔑

Interview de Lionel Rabiet, le fondateur et directeur de Voyages d'Exception


La Covid parait bien loin pour les professionnels du tourisme, Ă  tel point que certains ont mĂȘme effacĂ© ses effets (nĂ©gatifs) sur les bilans comptables. C'est le cas de Voyages d'Exception qui entend repartir de zĂ©ro dĂšs mars 2023, date de la clĂŽture de son exercice, grĂące Ă  deux annĂ©es bĂ©nĂ©ficiaires. Cet Ă©quilibre doit permettre de s'atteler Ă  de nombreux chantiers, dont le plus important : pĂ©nĂ©trer le BtoB.. Entretien avec Lionel Rabiet, le directeur de Voyages d'Exception.


Rédigé par le Jeudi 16 Février 2023 à 00:05

"Les bénéfices de mars 2022 et mars 2023 vont effacer les dettes de la crise. Nous retrouvons une situation positive dÚs mars 2023", selon Lionel Rabiet, le directeur de Voyages d'Exception
"Les bénéfices de mars 2022 et mars 2023 vont effacer les dettes de la crise. Nous retrouvons une situation positive dÚs mars 2023", selon Lionel Rabiet, le directeur de Voyages d'Exception
TourMaG - Comment se porte Voyages d'Exception en ce début d'année 2023 ?

Lionel Rabiet : Le début d'année démarre trÚs bien.

Notre exercice comptable se termine fin mars, nous allons frÎler les 16 millions d'euros de chiffre d'affaires, contre 17,5 millions avant Covid, soit 90% de notre activité de 2019.

Sauf accident, les bĂ©nĂ©fices de mars 2022 et mars 2023, vont nous permettre d’effacer la totalitĂ© des pertes liĂ©es Ă  la crise.

Nous retrouverons une situation positive dÚs mars 2023. Nous avons un PGE que nous remboursons et auquel nous n'avons pas touché.


Nous avons retrouvé les effectifs d'avant crise, avec presque 30 salariés. C'est une bonne nouvelle !

Le terrestre, que nous avons lancé en 2021, représente 5% de nos revenus, mais déjà 15% sur le prochain exercice. L'appétence est là pour ces produits, notamment les voyages en train, avec des conférenciers.

Nous avons également beaucoup développé les croisiÚres sur des petits bateaux et ça fonctionne trÚs bien.


"La croissance de la rentabilité est une meilleure chose que celle du CA"

TourMaG - Vous affrétez des bateaux ? Ce ne sont pas seulement des cabines réservées chez des croisiéristes ?

Lionel Rabiet :
Oui, nous affrétons pour plus de 80% de nos croisiÚres. Sur les grandes traversées (Japon, Patagonie...), nous prenons des allotements, mais sur tous les autres produits, nous affrétons.

Si l’ensemble de nos produits est bien reparti, nous constatons un petit recul de la demande sur les croisiĂšres fluviales. Nous avons un peu rĂ©duit notre production en 2023 sur ce segment.


TourMaG - Tout semble au beau fixe. Quel est votre objectif pour l'exercice 2023/2024 ?

Lionel Rabiet :
Notre objectif est de faire entre 18 et 20 millions d'euros de chiffre d'affaires, donc plus qu'avant Covid.

Nous voulons repartir en avant, en maintenant une rentabilité élevée. La hausse des revenus est une bonne chose, mais la croissance de la rentabilité en est une meilleure. Nous visons une rentabilité comprise entre 5 et 8 %.

Pour atteindre ces objectifs, nous cherchons à développer des partenariats au niveau de la production. Nous nous sommes associés à Neogusto récemment, autour de voyages culinaires que nous coorganisons.


TourMaG - Visez-vous d'autres partenariats en ce sens ?

Lionel Rabiet :
Nous avons une clientÚle de qualité et des outils trÚs efficaces au niveau du CRM et en marketing. Pour grandir, nous voulons développer notre offre.

Et cette croissance peut venir de prestataires externes, dĂšs lors qu'ils remplissent notre cahier des charges. Nous produisons nous-mĂȘmes nos voyages, mais nous sommes ouverts Ă  travailler avec des partenaires.

"Nous voyons émerger une vague de Carpe Diem 2.0"

TourMaG - Cela vous permet aussi de vous appuyer sur les communautés, en plus des expertises des marques avec lesquelles vous travaillez ?

Lionel Rabiet :
Pas exactement. Avec ces nouvelles productions, nous souhaitons proposer de nouveaux produits à la communauté de Voyages d'Exception.

Nous avons une clientùle fidùle, qui a un lien trùs fort avec la marque. L'humain est au cƓur de tout ce que nous faisons. A ces clients qui voyagent beaucoup, nous voulons proposer des nouvelles destinations et types de voyages, pour qu'ils n'aient pas besoin d'aller ailleurs.

C'est dans cette démarche que nous avons ajouté le voyage terrestre.


TourMaG - Vous avez une clientĂšle plutĂŽt senior. Constatez-vous, comme Asia et Guillaume Linton, un revenge travel chez les seniors ?

Lionel Rabiet :Il existe encore chez certains seniors une forme d’apprĂ©hension par rapport au voyage. Mais cela concerne de moins en moins de gens.

En revanche, nous voyons Ă©merger une tendance que je qualifierais de "Carpe Diem 2.0". Quand ils sont ĂągĂ©s et en bonne santĂ©, les seniors veulent profiter de la vie sans attendre. D’oĂč plus de rĂ©servations et Ă  plus court terme.

"Le voyage apparait de plus en plus comme un plaisir coupable"

TourMaG - Vous ĂȘtes trĂšs engagĂ© dans le tourisme durable et responsable. Notez-vous un changement de comportement chez vos clients ?

Lionel Rabiet :
Je vois parfois poindre un sentiment de culpabilitĂ© Ă  voyager loin. C'est un phĂ©nomĂšne encore timide, mais c'est un signal faible auquel nous devons prĂȘter attention.

Certains nous disent : "je sais que ce n'est pas super pour l'environnement de partir loin, mais je le fais parce que j'en ai envie". Le voyage apparait de plus en plus comme une forme de plaisir coupable.

Ça ne se reflĂšte pas dans nos chiffres, mais ce mouvement va s'amplifier et constitue un vĂ©ritable dĂ©fi pour les voyagistes Ă  moyen ou long terme.

En développant le tourisme responsable, nous voulons proposer des solutions pour déculpabiliser nos voyageurs.


TourMaG - Quelles solutions mettez-vous en place pour lutter contre ce changement de vision du voyage long-courrier ?

Lionel Rabiet :
Nous avons dĂ©marrĂ© un processus pour ĂȘtre labellisĂ© "Agir pour un tourisme responsable (ATR)". Notre objectif est d'obtenir ce label au 1er semestre 2023.

Nous agissons en faisant d’abord tout ce que nous pouvons pour rĂ©duire l’impact carbone : en organisant les acheminements en train quand c’est possible, en optant toujours pour les vols directs quand ils existent, etc.

Mais il faut reconnaitre que dans plus de 80% de nos voyages, l'avion ne peut pas ĂȘtre Ă©vitĂ©. VoilĂ  pourquoi nous nous engageons sur l'absorption.

Les controverses ne doivent pas nous pousser à ne rien faire d’autant que nous serons trùs rigoureux dans le choix des projets d’absorption.

DÚs le 1er avril 2023, nous allons investir dans des projets à hauteur de 100% des émissions carbone de nos voyageurs.

"Nous voulons faire passer les ventes BtoB de 11 Ă  30% d'ici 2025 !"

TourMaG - Vous compensez sans demander aux clients leurs souhaits ?

Lionel Rabiet :
C'est du ressort des voyagistes de prendre ce type d’initiatives. Nous avons un rĂŽle d'Ă©vangĂ©lisation auprĂšs des clients.

Nous allons nous appuyer sur le fonds de dotation du SETO qui s’appuiera en 2023 sur celui de Voyageurs du Monde. Ce projet est un vĂ©ritable investissement financier pour Voyages d'Exception. Le coĂ»t pour nous est loin d’anecdotique..

AprÚs sur la généralisation de l'initiative du SETO à l'ensemble de la profession, je n'y crois pas, il faut que ce soit une démarche volontaire, puis tout le monde ne peut pas se le permettre.

Il faut nĂ©anmoins reconnaitre que c’est plus facile pour un opĂ©rateur BtoC avec un panier moyen Ă©levĂ© de s’engager dans l’absorption que pour un voyagiste BtoB soumis Ă  une trĂšs forte concurrence sur les prix.


TourMaG - Quelles sont vos pistes de développement dans les années à venir, alors que vous avez ouvert votre premier point de vente physique ?

Lionel Rabiet :
L'une de nos grandes priorités de l'année, c'est notre développement en BtoB.

En 2022, ce canal de distribution représentait 11% de nos ventes, alors qu'en 2020 et 2021 ce n'était que 5%. Notre objectif étant qu'en 2025 cela représente 30% de nos ventes. Nous négocions actuellement deux trÚs beaux référencements dans des réseaux prestigieux.

Nous allons Ă©galement dĂ©velopper notre Ă©quipe commerciale. Nous recherchons actuellement des commerciaux multicartes sur des rĂ©gions oĂč nous sommes peu prĂ©sents comme le Sud-Ouest de la France, l’Est et la Belgique.

Je suis convaincu que nos séjours sont faits pour la vente dans les agences de voyages. C'est un produit complexe avec un beau panier moyen. L'agent de voyages a une grande valeur ajoutée sur ce genre de produits : pour faire connaitre notre offre, pour expliquer ses atouts et pour convaincre le client.

Notre clientÚle est trÚs tournée vers le digital, mais elle aime le contact humain, donc les agents de voyages sont importants pour nous développer.

"Nous voulons faire partie des consolidateurs du marché"

TourMaG - Pourquoi Voyages d'Exception met autant de temps à pénétrer ce marché ?

Lionel Rabiet :
Le frein numĂ©ro 1, c’est la gestion de la trĂ©sorerie. Dans notre mĂ©tier, nous devons faire des avances importantes aux armateurs trĂšs en amont.

Aujourd'hui, notre puissance en BtoC nous permet toutefois d’avoir les moyens de nous dĂ©velopper en BtoB Ă  hauteur de 25 Ă  30% de notre chiffre d’affaires total.


TourMaG - Avez-vous des projets d’acquisition ?

Lionel Rabiet :
Le préalable est le rétablissement de nos finances. Ce qui sera chose faite cette année.

J'ai confiance dans notre capacité à croßtre, de façon organique ou par acquisition avec nos atouts propres dont notamment la puissance de nos outils numériques parmi les meilleurs du secteur.

Je pense que nous entrons dans une période de consolidation du marché. Nous voulons faire partie des consolidateurs plutÎt que des consolidés.


TourMaG - Quels sont vos projets dans le numérique ?

Lionel Rabiet :
Le numérique a toujours été un enjeu fondamental pour Voyages d'Exception.

Nous avons nos propres Ă©quipes de dĂ©veloppeurs en interne, notre propre CRM qui a Ă©tĂ© créé de zĂ©ro. En 2023, nous continuons Ă  les amĂ©liorer tout en nous intĂ©ressant Ă  deux sujets fondamentaux : l’intelligence artificielle et la cybersĂ©curitĂ©.

Le premier nous sert à enrichir nos brochures et à créer de nouveaux contenus pour les clients, c'est trÚs prometteur. Quant à la cybersécurité, nous sommes en train de revoir tous nos process et outils pour faire face à ces nouveaux dangers.

Romain Pommier Publié par Romain Pommier Journaliste - TourMaG.com
Voir tous les articles de Romain Pommier
  • picto Facebook
  • picto Linkedin
  • picto email

Lu 2217 fois

Notez

Nouveau commentaire :

Tous les commentaires discourtois, injurieux ou diffamatoires seront aussitÎt supprimés par le modérateur.
Signaler un abus








































TourMaG.com
  • Instagram
  • Twitter
  • Facebook
  • YouTube
  • LinkedIn
  • GooglePlay
  • appstore
  • Google News
  • Bing Actus
  • Actus sur WhatsApp
 
Site certifié ACPM, le tiers de confiance - la valeur des médias