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Les compagnies aériennes d'Outre-mer face à un "stop and go" angoissant

La chronique de Christophe Hardin


Face à une pandémie implacable, et aussi, n’ayons pas peur de le dire, un scepticisme dramatique des populations envers le vaccin, l’Outre-mer français passe du sourire aux larmes au rythme des vagues épidémiques et de leurs variants. Dans ce contexte, les compagnies aériennes n'ont d'autres choix que de s'adapter...


Rédigé par Christophe Hardin le Mardi 21 Septembre 2021

Les compagnies aériennes qui desservent les territoires d'Outre-mer n'ont eu d'autres choix que de s'adapter à la situation sanitaire des destinations qu'elles desservent - Depositphotos.com  Auteur timwege
Les compagnies aériennes qui desservent les territoires d'Outre-mer n'ont eu d'autres choix que de s'adapter à la situation sanitaire des destinations qu'elles desservent - Depositphotos.com Auteur timwege
Après avoir été un refuge l’hiver dernier permettant aux compagnies aériennes françaises long courrier de « sauver les meubles » sur l'Outre-mer et après un début d’été plein d’espoir, la situation s’est globalement dégradée à la mi-août.

Conséquence : des milliers d’annulations sur les vols vers les DOM-TOM.

« Aujourd’hui nous remboursons plus de billets que nous n’en vendons » me confiait récemment un des responsables commercial d’une compagnie desservant l’Outre-Mer.

Quelques signes d’amélioration sont perceptibles avec cependant, des situations disparates selon les départements et territoires.

La Nouvelle-Calédonie considérée il y a peu comme Covid Free mais rattrapée par le variant delta s’est strictement confinée le 7 septembre dernier et les vols de la Métropole vers "Le Caillou" sont actuellement suspendus.

Confinement un coup dur en Polynésie

En Polynésie, la saison été se déroulait relativement bien avec la réouverture du territoire aux Américains début mai et le retour, en juin, des passagers métropolitains vaccinés.

Mais à la mi-août, l’explosion des cas et la mise en place d’un confinement et d’un couvre-feu, a été un coup dur.

Depuis, la situation se stabilise doucement mais le trafic reste très fortement impacté encore aujourd’hui. Michel Monvoisin le PDG d'Air Tahiti Nui de passage à Paris reste cependant confiant.

« Quand nous sommes entrés dans la crise nous étions solides après sept exercices bénéficiaires et une flotte neuve qui nous a aidés à baisser de 30% notre empreinte carbone. Nous savons que dès que l’on pourra rouvrir, la demande repartira » confiait-il à BMF T.V il y a quelques jours.

Et Jean Marc Hastings, DG de la compagnie pour la France et l’Europe et avec qui TourMag a pu échanger, de confirmer une vrai résilience de la part de la compagnie Polynésienne.

Air Tahiti Nui : "le lien avec la Métropole ne sera jamais interrompu"

« Certes depuis le début de la pandémie nous n’opérons plus de vols vers la Nouvelle-Zélande et le Japon, cependant sur le périmètre existant cela se passe plutôt bien. Nous volons pour le marché américain entre Los Angeles et Papeete avec 3 vols par semaine et ce marché a été moins impacté que le marché français.

Nous n’avons plus pour l’instant dans la clientèle américaine, les croisiéristes, cependant et même avec des obligations de confinement dans le périmètre de l’hôtel, la demande, au départ de ce marché, reste correcte pour venir à Papeete ou dans d’autres îles polynésiennes qui restent ouvertes.

Nous avons également eu des bons remplissages entre la France et la Polynésie via Vancouver. Le remplissage de ces vols baisse actuellement dans le sens Métropole-Polynésie mais nous avons encore de bons remplissages en sens inverse. Nous accompagnons aussi le transport des relèves sanitaires si important en cette période.

L’arrière-saison sur septembre octobre était très bien engagée et nous avons la volonté avec nos partenaires agents de voyages et tour-opérateurs de vouloir redémarrer avec l’allègement des mesures de confinement à compter de 20 septembre.

Une chose est sure également, le lien avec la Métropole ne sera jamais interrompu. Il y aura toujours des vols ente la Polynésie et la France.
»

Air Caraïbes, French Bee et Air Austral...

En attendant, Air Tahiti Nui aimerait pouvoir compter sur les opérateurs de l’Etat comme la BPI pour pouvoir se recapitaliser.

Toujours à l’affut pour faire voler ses avions elle a également été retenue pour acheminer il y a quelques jours des pèlerins américains en vol direct de Los Angeles à Lourdes.

Sur les Antilles et l’Océan Indien, les (trop ?) nombreux opérateurs n’ont pas pu, cet été, et comme ils l’espéraient, jouer leur carte à fond. Confinement, couvres feux et raisons impérieuses pour les non vaccinés ont dégonflé très significativement les remplissages.

La Réunion a réussi à maintenir un trafic en hausse avec la Métropole par rapport à l’été 2020 mais qui reste quand même inférieur de moitié par rapport à l’année 2019.

Aux Antilles, la situation semble s’améliorer très doucement mais le mal est fait. La flambée épidémique du mois d’août a été une catastrophe pour l’ensemble des compagnies aériennes.

Les quatre opérateurs français qui en plus d’Air France se partagent les Caraïbes et l’Océan Indien sortent de l’été en situation plutôt délicate. Marc Rochet, directeur général d’Air Caraïbes et président de French Bee avouait même être « dans le creux du creux » et sollicite une aide de l’Etat.

Fin des principaux dispositifs d’aides au 30 septembre

Air Austral, en difficulté également vient d’obtenir un nouveau prêt de l’Etat d’un montant de 20 M€, « juste une manne pour passer septembre octobre » me déclarait récemment un connaisseur du dossier.

Avec Corsair, très impactée également, les deux compagnies ont décidé d’engager des discussions afin de conclure un accord de coopération commerciale (Joint-Venture) sur leur route commune vers La Réunion et ainsi améliorer la rentabilité économique des opérations grâce à la mise en commun de moyens et mise en œuvre de synergies.

Inquiétude chez la nouvelle Présidente de la Région Réunion Madame Huguette Bello qui semblait craindre, avec cette annonce le début d’un "mariage forcé" encouragé par l’Etat.

Mais après tout, est-ce une si mauvaise idée que de réunir dans une holding une, deux, et même trois compagnies d'Outre-mer pour en faire un acteur solide sur les Antilles et l’Océan Indien ? Le modèle a existé avec AOM. Il n’est pas mort de son incongruité mais de sa mauvaise gestion.

Pour l’heure, les compagnies de l’Outre-mer naviguent à vue, espérant après ce « STOP » estival, le retour d’un « GO » au plus tard pour les vacances de Noel prochaines... si le virus le permet.

En attendant, une échéance arrive au 30 septembre, celle de la fin des principaux dispositifs d’aides publiques dans le cadre du fonds de solidarité initié par Bercy.

Si après un moment d’incertitude, les compagnies aériennes figurent bien sur la fameuse liste S1 des entreprises qui vont pouvoir, au-delà du 30 septembre, continuer à bénéficier de mesures particulières, et d’un fonds de solidarité renforcé, pour beaucoup des acteurs directement concernés par cette crise, le compte n’y sera pas.

Les compagnies tirent la sonnette d'alarme

Il n'y a chez eux aucune volonté de remettre en question la nécessité des divers confinements et couvre feux imposés par l’Etat, mais, comme le disait Marc Rochet « celui-ci doit assumer ses décisions ».

Cependant, que ce soit sur les montants d’indemnisation de perte de chiffre d’affaires plafonnés à 200 000€ ou l’engagement de compenser en partie seulement les excédents brut d’exploitation négatifs des compagnies aériennes pour l’année 2021, on est loin du compte et les patrons des compagnies aériennes tirent la sonnette d’alarme.

Au Scara (syndicat des compagnies aériennes autonomes) dont Air Tahiti Nui est un des adhérents, le Président Jean François Dominiak rappelle qu’il avait, dés le début de la pandémie, demandé la mise en œuvre d’un fonds d’un milliard d’euros pour l’ensemble des compagnies aériennes françaises hors groupe Air France.

Et les patrons ne sont pas les seuls à être inquiets. Le SNPL d’Air Caraïbes (syndicat national des pilotes de lignes ) a publiquement fait part de ses craintes.

« Sans aide, c’est mort » a également déclaré un délégué syndical Unsa de Chez Corsair.

Plan spécifique pour le transport aérien ou augmentation massive des plafonds d’indemnisations, dans cet angoissant « stop and go » l’Etat est encore appelé à l’aide. Le temps presse.

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