Les acteurs du tourisme doivent accepter que la communication de crise n’est plus une activité ponctuelle, mais une compétence permanente - DepositPhotos.com, VitalikRadko
Prenons un instant, regardons les choses avec un peu de recul. Le tourisme mondial change de visage.
Après le choc immense de la crise sanitaire, un autre basculement est à l’œuvre, plus diffus peut-être, mais tout aussi profond : celui d’un monde devenu durablement instable.
Les tensions géopolitiques, les conflits ouverts ou sous-jacents, les recompositions énergétiques et stratégiques ne sont plus des secousses passagères. Ils s’installent dans le paysage.
Avec eux, ce sont nos façons de penser le voyage, de le désirer, de le préparer et de le vivre qui évoluent.
Pour les acteurs du tourisme, il s’agit de faire face à des crises ponctuelles, et apprendre à avancer dans un environnement devenu instable…
Dans ce contexte, la question centrale n’est plus uniquement opérationnelle ou commerciale ; elle est devenue communicationnelle.
Comment inciter à voyager dans un monde de plus en plus incertain ? Comment promouvoir de nouvelles destinations sans sembler profiter des difficultés d’autres régions ? Comment rassurer sans dramatiser, ni banaliser les risques ?
A ces défis, les tour-opérateurs et les compagnies aériennes doivent répondre.
Lire aussi : Gestion de crise : que faut-il dire (ou pas) à ses clients ?
Après le choc immense de la crise sanitaire, un autre basculement est à l’œuvre, plus diffus peut-être, mais tout aussi profond : celui d’un monde devenu durablement instable.
Les tensions géopolitiques, les conflits ouverts ou sous-jacents, les recompositions énergétiques et stratégiques ne sont plus des secousses passagères. Ils s’installent dans le paysage.
Avec eux, ce sont nos façons de penser le voyage, de le désirer, de le préparer et de le vivre qui évoluent.
Pour les acteurs du tourisme, il s’agit de faire face à des crises ponctuelles, et apprendre à avancer dans un environnement devenu instable…
Dans ce contexte, la question centrale n’est plus uniquement opérationnelle ou commerciale ; elle est devenue communicationnelle.
Comment inciter à voyager dans un monde de plus en plus incertain ? Comment promouvoir de nouvelles destinations sans sembler profiter des difficultés d’autres régions ? Comment rassurer sans dramatiser, ni banaliser les risques ?
A ces défis, les tour-opérateurs et les compagnies aériennes doivent répondre.
Lire aussi : Gestion de crise : que faut-il dire (ou pas) à ses clients ?
Rassurer, la première mission du discours touristique
Pendant longtemps, l’industrie a reposé sur une promesse simple : le voyage comme parenthèse enchantée, accessible et standardisée.
Or, les crises récentes ont profondément transformé les attentes des voyageurs. La sécurité perçue, la lisibilité des parcours, la capacité d’anticipation des opérateurs sont devenus des critères déterminants.
Dans ce cadre nouveau, la communication doit évoluer selon un registre plus responsable, presque institutionnel, sans perdre sa dimension inspirante.
Rassurer est aujourd’hui la première mission du discours touristique. Mais rassurer ne signifie pas minimiser ou occulter les tensions internationales. Au contraire, la crédibilité appelle la transparence.
Informer clairement sur les itinéraires, expliquer les dispositifs d’assistance, valoriser la flexibilité des réservations ou la capacité de repli en cas d’événement imprévu sont des éléments qui participent à la construction d’une relation de confiance.
La marque touristique n’est plus uniquement prescriptrice d’évasion ; elle est devenue un tiers protecteur, un facilitateur de mobilité dans un monde complexe.
Lire aussi : Gestion de crise : les EDV lancent une campagne sur le rôle des agences de voyages
Une grande vigilance éthique
Cette exigence de confiance doit s’accompagner d’une grande vigilance éthique dans la manière de promouvoir de nouvelles destinations.
Les tensions actuelles, dans certaines zones du globe, pourraient inciter certains acteurs à adopter une communication comparative ou opportuniste, orientant implicitement les flux touristiques vers d’autres régions.
Une telle stratégie comporte des risques réputationnels majeurs. Elle peut être perçue comme une instrumentalisation commerciale de situations politiques ou humaines sensibles.
La communication touristique doit ainsi privilégier une logique d’ouverture plutôt que de substitution.
Il s’agit d’élargir l’horizon du voyage, de révéler des territoires moins connus pour leurs qualités propres - culturelles, environnementales ou humaines - et non en raison des difficultés rencontrées ailleurs.
Les tensions actuelles, dans certaines zones du globe, pourraient inciter certains acteurs à adopter une communication comparative ou opportuniste, orientant implicitement les flux touristiques vers d’autres régions.
Une telle stratégie comporte des risques réputationnels majeurs. Elle peut être perçue comme une instrumentalisation commerciale de situations politiques ou humaines sensibles.
La communication touristique doit ainsi privilégier une logique d’ouverture plutôt que de substitution.
Il s’agit d’élargir l’horizon du voyage, de révéler des territoires moins connus pour leurs qualités propres - culturelles, environnementales ou humaines - et non en raison des difficultés rencontrées ailleurs.
Restaurer la dimension intellectuelle et émotionnelle du voyage
Dans cette recomposition, le récit occupe une place stratégique.
Face à une surinformation anxiogène, les voyageurs attendent des contenus qui donnent du sens et de la profondeur à leurs choix.
Les formats éditoriaux immersifs, les témoignages d’habitants ou d’experts, les approches culturelles ou historiques permettent de réhumaniser la destination et de restaurer la dimension intellectuelle et émotionnelle du voyage.
Cette narration contribue également à repositionner les marques comme des acteurs engagés dans la compréhension du monde, et non comme de simples distributeurs de séjours.
La communication touristique doit par ailleurs intégrer une segmentation plus fine des publics. La perception du risque varie selon l’âge, l’expérience du voyage, la situation familiale ou encore l’exposition médiatique.
Les familles recherchent avant tout la prévisibilité et la sécurité, tandis que certains voyageurs plus expérimentés peuvent être attirés par des destinations émergentes ou atypiques.
Adapter les messages à ces représentations différenciées est un levier essentiel pour maintenir la confiance sans uniformiser les discours.
Face à une surinformation anxiogène, les voyageurs attendent des contenus qui donnent du sens et de la profondeur à leurs choix.
Les formats éditoriaux immersifs, les témoignages d’habitants ou d’experts, les approches culturelles ou historiques permettent de réhumaniser la destination et de restaurer la dimension intellectuelle et émotionnelle du voyage.
Cette narration contribue également à repositionner les marques comme des acteurs engagés dans la compréhension du monde, et non comme de simples distributeurs de séjours.
La communication touristique doit par ailleurs intégrer une segmentation plus fine des publics. La perception du risque varie selon l’âge, l’expérience du voyage, la situation familiale ou encore l’exposition médiatique.
Les familles recherchent avant tout la prévisibilité et la sécurité, tandis que certains voyageurs plus expérimentés peuvent être attirés par des destinations émergentes ou atypiques.
Adapter les messages à ces représentations différenciées est un levier essentiel pour maintenir la confiance sans uniformiser les discours.
La communication, un outil stratégique de résilience sectorielle
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Enfin, les acteurs du tourisme doivent accepter que la communication de crise n’est plus une activité ponctuelle, mais une compétence permanente.
La rapidité de circulation de l’information, l’intensité des réactions sur les réseaux sociaux et la volatilité des décisions de réservation imposent une organisation spécifique : veille géopolitique continue, scénarios de communication anticipés, porte-paroles formés et coordination étroite avec les autorités publiques.
Dans ce cadre, la communication est devenu un outil stratégique de résilience sectorielle.
Inciter à voyager dans un monde instable ne signifie pas promettre une illusion d’insouciance. Il s’agit de proposer une manière lucide et responsable de continuer à découvrir, à rencontrer et à comprendre.
Le tourisme a toujours été un vecteur de liens entre les sociétés. Dans un contexte international fragmenté, cette fonction prend une valeur particulière.
Les entreprises qui sauront communiquer avec justesse, humilité et vision, contribueront à préserver leur activité, et à maintenir cette circulation essentielle des regards et des cultures.
Voyager, ce n’est pas tourner le dos au réel ; c’est choisir une autre manière de l’habiter.
La rapidité de circulation de l’information, l’intensité des réactions sur les réseaux sociaux et la volatilité des décisions de réservation imposent une organisation spécifique : veille géopolitique continue, scénarios de communication anticipés, porte-paroles formés et coordination étroite avec les autorités publiques.
Dans ce cadre, la communication est devenu un outil stratégique de résilience sectorielle.
Inciter à voyager dans un monde instable ne signifie pas promettre une illusion d’insouciance. Il s’agit de proposer une manière lucide et responsable de continuer à découvrir, à rencontrer et à comprendre.
Le tourisme a toujours été un vecteur de liens entre les sociétés. Dans un contexte international fragmenté, cette fonction prend une valeur particulière.
Les entreprises qui sauront communiquer avec justesse, humilité et vision, contribueront à préserver leur activité, et à maintenir cette circulation essentielle des regards et des cultures.
Voyager, ce n’est pas tourner le dos au réel ; c’est choisir une autre manière de l’habiter.
Bernard-Xavier Spokojny est un professionnel de la communication, spécialisé en communication de crise et en gestion des enjeux de réputation.
Ancien directeur de la communication de la compagnie aérienne XL Airways et auparavant du tour-opérateur Marsans, il préside aujourd’hui PRagency, agence en communication et gestion de crises.
Il intervient également comme enseignant et conférencier sur ces thématiques.
Contact : bx@pragency.best
Ancien directeur de la communication de la compagnie aérienne XL Airways et auparavant du tour-opérateur Marsans, il préside aujourd’hui PRagency, agence en communication et gestion de crises.
Il intervient également comme enseignant et conférencier sur ces thématiques.
Contact : bx@pragency.best




















