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Tunisie : les hîteliers et les agents de voyages font front commun 🔑

proposer aux marchés émetteurs un produit touristique fiable et durable


Les Fédérations des hÎteliers et des agents de voyages souhaitent faire front commun pour coordonnées leurs actions et proposer aux marchés émetteurs un produit touristique "fiable, durable, diversifié et sorti des labyrinthes administratifs qui les entravent." Les deux organismes pointent également du doigt les structures qui ne respectent pas la rÚglementation en vigueur pour exercer leurs activités.


Rédigé par le Lundi 16 Octobre 2023 à 00:05

Tunisie : au  salon IFTM Top Resa 2023 Dora Milad prĂ©sidente de la FĂ©dĂ©ration tunisienne de l’hĂŽtellerie (FTH) et Ahmed Bettaieb prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration tunisienne des Agents de voyages (FTAV).
Tunisie : au salon IFTM Top Resa 2023 Dora Milad prĂ©sidente de la FĂ©dĂ©ration tunisienne de l’hĂŽtellerie (FTH) et Ahmed Bettaieb prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration tunisienne des Agents de voyages (FTAV).
ComplĂ©mentaires sur le terrain Dora Milad, prĂ©sidente de la FĂ©dĂ©ration tunisienne de l’hĂŽtellerie (FTH) et Ahmed Bettaieb, prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration tunisienne des Agents de voyages (FTAV) dĂ©cident d’unir leurs expertises. Créées il y a quelque 60 ans au dĂ©but de l’essor touristique du pays ces deux fĂ©dĂ©rations patronales sont le fruit d’une longue expĂ©rience en matiĂšre de tourisme d’accueil.

AprÚs 13 ans de crise, elles demandent à coordonner les actions des différents acteurs du tourisme réceptif pour présenter aux marchés émetteurs un produit touristique fiable, durable, diversifié et sorti des labyrinthes administratifs qui les entravent.

Et cette coordination ils la feront avec les autres secteurs liĂ©s au tourisme tels l’Artisanat, le Travail, de la Culture sous l’égide d’une commission parlementaire qui aura la possibilitĂ© de lĂ©gifĂ©rer. Le challenge qui se dessine est de taille. Mais ces deux fortes personnalitĂ©s aux parcours bien diffĂ©rents ne manquent ni de volontĂ© ni de dĂ©termination.

Sur le marché français, la Tunisie a toujours été un partenaire majeur pour les tour-opérateurs et les agences de voyages. En 2023 elle retrouve sa position de premiÚre destination des voyages à forfait moyen-courrier (82 % du trafic global).

Du 1er mai au 31 octobre 2023 son trafic augmentait de + 33,6 % et son chiffre d’affaires de + 7,1 %. (Chiffres SETO qui reprĂ©sente 70 % des plus importants tour-opĂ©rateurs).

Le nombre de voyageurs français qui sĂ©journeront en 2023 en Tunisie n’atteindra pas le chiffre de 1 400 000 atteint en 2010 l’annĂ©e de tous les records - annĂ©e qui prĂ©cĂ©dait la rĂ©volution -. Il pourrait cependant s’approcher du million. Ils Ă©taient prĂšs de 800 000 en 2022.

Pilier essentiel de l’économie tunisienne, le tourisme gĂ©nĂšre 100 000 emplois directs, 289 000 emplois indirects soit 11,14 % de la population active.

Il reprĂ©sente 13,8 % du PIB du pays. (Chiffres 2018 – Etude KPMG 2019). Au salon IFTM Top Resa, sur le stand toujours trĂšs animĂ© et bondĂ© de l’Office du Tourisme de Tunisie rencontre et portraits croisĂ©s de Dora Milad et Ahmed Bettaieb. Ils sont tous deux animĂ©s par une mĂȘme passion pour le tourisme d’accueil dont ils connaissent toutes les facettes.


Portraits croisés de Dora Milad et Ahmed Bettaieb

PremiĂšre femme aux commandes de la FTH créée en 1964 Dora Milad a un parcours atypique. DiplĂŽmĂ©e de l'ESSEC la grande Ă©cole de commerce française elle rejoint le groupe familial TTS fondĂ© en 1968 par l’un des pionniers du tourisme tunisien son pĂšre Aziz Milad aujourd’hui dĂ©cĂ©dĂ©.

Et puis pour aller au bout de ses passions elle revient en France et entreprend des Ă©tudes de stylisme et de modĂ©lisme. De retour Ă  Tunis elle crĂ©e sa maison de couture, s’intĂ©resse aux soyeux de Tunis et de Mahdia, recherche des matĂ©riaux authentiques. CrĂ©atrice de mode elle est reconnue par l’Office national de l’Artisanat. Elle en deviendra mĂȘme membre du jury.

A la naissance de sa fille, elle cesse toute activitĂ© avant de revenir quelques annĂ©es aprĂšs dans l’entreprise familiale. TTS le plus important opĂ©rateur touristique du pays est Ă  la tĂȘte, entre autres services et biens, d’un parc hĂŽtelier de 6 000 lits. Il est l’actionnaire majeur de la premiĂšre compagnie aĂ©rienne tunisienne privĂ©e Nouvelair.

La famille de Ahmed Bettaieb n’a aucun lien avec le tourisme mais pour lui travailler dans le secteur Ă©tait comme un projet de vie. En parallĂšle Ă  un important parcours associatif, maĂźtrise en informatique de gestion obtenue Ă  Paris en poche il s’est lancĂ© trĂšs jeune dans le tourisme.

Et pour avoir exercĂ© presque tous les mĂ©tiers du secteur il en a toute l’expertise. Avant de crĂ©er Ă  Nabeul son agence Delta Voyages spĂ©cialiste du MICE, de l’incentive et des transports il avait travaillĂ© dans l’hĂŽtellerie Ă  Paris (conciergerie, rĂ©servations clients), dirigĂ© une agence rĂ©ceptive Ă  Malte, assurĂ© la direction commerciale d’une agence de voyages Ă  ThĂŽnes (Haute Savoie).

Il avait aussi ouvert à Paris, Echapévoo, une agence spécialiste MICE revendue depuis.

Esprit sportif : il fut prĂ©sident de la ligue nationale de handball tunisien. Un peu politique : depuis 2018 il est Ă©lu tĂȘte de liste au Conseil municipal de sa ville, Nabeul.

Tunisie : les agences de voyages veulent ĂȘtre au service de la promotion de leur pays

En 2023, la FTAV regroupe 920 adhérents sur prÚs de 1 300 agences de voyages ouvertes à travers le pays.

Pour Ahmed Bettaieb durant ces derniĂšres annĂ©es de crise, le mĂ©tier d’agent de voyages s’est dĂ©mocratisĂ© dans le mauvais sens. Le pays aurait trop de nouveaux prestataires qui manquent d’éthique et de professionnalisme alors que le tourisme se redresse Ă  peine.

À l’issue de 13 annĂ©es de crise politique, sociale, Ă©conomique et sanitaire qui ont vu dĂ©filer une vingtaine de gouvernements et une bonne douzaine de ministres du tourisme et de l’artisanat, de nombreuses agences de voyages ont en effet Ă©tĂ© contraintes de baisser le rideau.

« Depuis deux ou trois ans aprĂšs une chute terrible du chiffres d’affaires due au Covid le manque de moyens financiers n’a pas permis Ă  de nombreuses agences d’investir dans l’entretien des infrastructures et le renouvellement du parc roulant devenu trop cher.

L’activitĂ© souffre aussi des intrus Ă  la profession qui s’adonnent Ă  des activitĂ©s du ressort des agences de voyages sans en suivre les contraintes et sans avoir Ă  en supporter les frais, les obligations et les charges auxquels elles sont soumises
».

Le prĂ©sident de la FTAV demande par ailleurs que les pouvoirs publics reconnaissent le rĂŽle des agences de voyages comme de vĂ©ritables entreprises d’exportation des services et de promotion de la destination Tunisie.

En 12 ans, la capacité hÎteliÚre a chuté de 30 % en Tunisie

Dora Milad fait l’état des lieux : en 2010 la Tunisie disposait de 240 000 lits. On en dĂ©nombre 175 000 aujourd’hui soit chute de quelque 30 %.

Un exemple parmi tant d’autres Ă  Tozeur, premiĂšre destination du sud tunisien, 20 hĂŽtels ont fermĂ©.

A la question de savoir si la Tunisie n’avait pas souffert d’une surcapacitĂ© hĂŽteliĂšre et d’un manque de professionnel de certains hĂŽteliers cumulant les fonctions d’investisseur-propriĂ©taires avec celle de directeur gĂ©nĂ©ral. Exigeante en matiĂšre de formation professionnelle la prĂ©sidente de la FTH rĂ©pond :

« Le dĂ©veloppement du tourisme et de fait de l’hĂŽtellerie remonte Ă  la fin des annĂ©es 1960 grĂące Ă  l'action conjuguĂ©e de l'État et de groupes privĂ©s. Le gouvernement encourageait les promoteurs avec des avantages financiers.

C’était un choix stratĂ©gique intelligent pour lancer l’économie de notre pays. L’hĂŽtellerie s’est privatisĂ©e dans les annĂ©es 1970 mais pour certains les hĂŽtels Ă©taient en effet devenus des entreprises plus capitalistiques que professionnelles.

Nous avons aussi assistĂ© Ă  beaucoup d’erreurs en matiĂšre de stratĂ©gie et d’emplacements.

Des hĂŽtels se sont construits en 2e et mĂȘme en 3e lignes par rapport Ă  la mer sans amĂ©nager leur environnement ce qui posait des problĂšme de commercialisation.

Il n’y avait pas de sociĂ©tĂ© de gestion... Vous savez, avec les crises que nous avons traversĂ©es ce n’est plus le cas aujourd’hui. L’hĂŽtellerie est un mĂ©tier Ă  part entiĂšre
».

En Tunisie si le segment devenu le plus rentable et qui a le mieux rĂ©sistĂ© aux crises est l’hĂŽtellerie de ville ce sont, pour Dora Milad, les resorts balnĂ©aires pied dans l’eau proposant de nombreuses activitĂ©s ludiques et sportives pour les familles avec enfants qui reprĂ©sentent la demande la plus importante.

Vérité sur le marché mondial, c'est la valeur sûre pour la Tunisie qui fut une des destinations pionniÚres à donner au tourisme balnéaire ses lettres de noblesse.

« La Tunisie une destination idéale pour un tourisme alternatif et durable »

Et quid de la diversification, du tourisme « vert », des hĂ©bergements dits « alternatifs » comme les gĂźtes ruraux, les maisons d’hĂŽtes ?

« Nous soutenons cette belle stratĂ©gie d’offre de nouveaux produits qui allongent la saisonnalitĂ© et reprĂ©sentent une demande significative. J’émets toutefois certaine rĂ©serve.

Nous Ă©valuons entre 700 et 1000 le nombre d’hĂ©bergements para-hĂŽteliers implantĂ©s Ă  travers la Tunisie. Ils ne sont que 10 % Ă  ĂȘtre officiellement dĂ©clarĂ©s et Ă  travailler en phase avec un cahier des charges qui veille entre autres critĂšres Ă  l’hygiĂšne et la sĂ©curitĂ©.

Certains se lancent sans donner suite. Il y a trop de meublés qui, loués en circuit fermé sans service et sans réglementation, ne participent pas au développement de leur région. Je le regrette
».

Le mot de la fin ?

« La Tunisie reprĂ©sente une destination idĂ©ale pour un tourisme alternatifs et durable. Il faut l’organiser le professionnaliser en intĂ©grant aux cĂŽtĂ©s des agents de voyages et des hĂŽteliers les secteurs des services de la culture de l’artisanat.

Il faut accorder au tourisme l’intĂ©rĂȘt qu’il mĂ©rite et le doter d’une vision innovante partagĂ©e avec l’ensemble des professionnels du secteur. Il faut aussi l’inciter Ă  son essor en le finançant et l’affranchissant des freins administratifs qui l’accablent.

Le temps administratif doit Ă©pouser le temps touristique. Le chantier est vaste et il y beaucoup Ă  faire. Je voudrais aussi dire qu’en dĂ©pit des Ă©preuves et des crises nous sommes lĂ . Nous avançons !
».

Agent de voyages en Tunisie : quid de la rĂšglementation ?

L’ouverture de toute agence de voyage rĂ©ceptive (cat.A) a de nombreuses similitudes avec la rĂ©glementation française.

Elle a ses garde-fous et exige le respect d’un cahier des charges. En voici les grandes lignes : ĂȘtre titulaire d’un diplĂŽme d’études supĂ©rieures d’une durĂ©e d’au moins 4 ans dans l'hĂŽtellerie, tourisme ou l’économie et la gestion et ayant exercĂ© au moins trois ans au sein d’une agence de voyages ou d’un Ă©tablissement similaire ; disposer d’un capital de 100.000 dinars (environ 30 000 euros) ; avoir une caution bancaire d’une valeur de 50.000 dinars ; souscrire une assurance couvrant sa responsabilitĂ© civile professionnelle ; ĂȘtre propriĂ©taire ou locataire des locaux Ă  usage commercial ; ne pas avoir fait l’objet d’un jugement de faillite ou d’une condamnation.

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Tags : tunisie
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