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Comment Ponant fait entrer la science au cœur de l’expédition

Travaux pratiques à bord du Commandant Charcot


Chercheurs embarqués, conférences scientifiques, laboratoires à bord… Avec Ponant Sciences, la compagnie française veut faire de la connaissance et de la sensibilisation environnementale une composante à part entière du voyage. Une manière de se différencier dans l’univers très concurrentiel de l’expédition haut de gamme.


Rédigé par le Jeudi 28 Mai 2026 à 07:26

C'est en 2021 que le programme Ponant Science a été lancé à bord du Commandant Charcot @Ponant-Nicolas Dubreuil
C'est en 2021 que le programme Ponant Science a été lancé à bord du Commandant Charcot @Ponant-Nicolas Dubreuil
À bord du Commandant Charcot, l’exploration ne passe pas seulement par les paysages. Début mai, lors d’une traversée entre Brest et Reykjavik, les passagers ont assisté à une série d’interventions scientifiques organisées dans le théâtre du navire. Climat, biodiversité, pollution plastique, mammifères marins ou dynamiques de la banquise arctique : autant de sujets venus compléter l’expérience du terrain.

Parmi les intervenants figuraient notamment François Galgani, spécialiste de la pollution plastique, Olive Andrews, experte des mammifères marins, Aymeric Houstin, chercheur en écologie de la conservation, ou encore Vito Vitale, directeur de recherche associé à l’Institut des sciences polaires.

L’ambition affichée est claire : faire de l’expédition non seulement un voyage d’observation, mais aussi un outil de compréhension des territoires traversés.

Un laboratoire flottant au cœur des régions polaires

Lancé en 2021 sous la houlette de Megan Clampitt, le programme Ponant Sciences s’appuie principalement sur le Commandant Charcot, présenté comme le premier navire d’exploration polaire de luxe conçu dès l’origine pour accueillir des activités scientifiques.

Derrière les conférences proposées aux passagers, le Commandant Charcot fonctionne comme une véritable plateforme scientifique.

À bord, plusieurs laboratoires accueillent des chercheurs embarqués. A charge, pour les scientifiques, d'obtenir les permis nécessaires pour mener à bien leurs travaux.

Parmi les équipements mobilisés figure une rosette océanographique équipée de bouteilles Niskin, permettant de prélever de l’eau à différentes profondeurs - jusqu’à 1 000 mètres selon les missions - tout en enregistrant des paramètres comme la température, la salinité ou la profondeur.

Les données collectées sont ensuite partagées par la communauté scientifique. Plus de cent projets ont déjà été accueillis depuis le lancement du programme, donnant lieu à une dizaine de publications scientifiques.

Les « science officers », nouveaux passeurs de connaissance

Gwenaël Trividic, science officer,  a pour mission de faciliter la vie des cherchercheurs enmbarqués à bord @LG
Gwenaël Trividic, science officer, a pour mission de faciliter la vie des cherchercheurs enmbarqués à bord @LG
Selon Ponant, plus de 150 chercheurs ont déjà participé à une soixantaine de projets scientifiques depuis le lancement du programme. Les données récoltées alimentent ensuite des travaux partagés avec la communauté scientifique internationale.

Pour faire le lien entre recherche et expérience client, la compagnie a créé un rôle spécifique : celui de science officer.

À mi-chemin entre coordinateur scientifique et médiateur, ce professionnel accompagne les protocoles de recherche, supervise les équipements embarqués et traduit les travaux menés à bord en contenus accessibles aux voyageurs : conférences, présentations ou échanges informels.

Le projet Swap2Zero à l'horizon 2030

Cette logique dépasse aujourd’hui le seul Commandant Charcot. Sur d’autres navires d’expédition de la flotte, des naturalistes, glaciologues ou spécialistes de la biodiversité interviennent régulièrement lors des itinéraires polaires ou tropicaux.

En Polynésie française, le Paul Gauguin participe également à plusieurs initiatives de sensibilisation autour des écosystèmes marins et des récifs coralliens.

Ponant prépare enfin l’étape suivante avec son projet Swap2Zero, un futur voilier transocéanique à propulsion vélique et piles à combustible, annoncé pour l’horizon 2030 et pensé comme une plateforme ouverte aux travaux sur la décarbonation maritime.

Dans un marché de l’expédition où l’accès aux destinations reculées tend à se banaliser, la science devient progressivement un argument de différenciation.



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