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Avoirs, PGE… même combat, même déception ? 🔑

L'Editorial de Jean da Luz



Les modalités permettant d'étaler sur une période de 10 ans, sont déceptives. C’est un sursis de condamné à mort, un piège mortel qui attend les entreprises tentées par l’aubaine, comme le révélait Tourmag.com dans son enquête récente, sur la question. En y souscrivant (ce qui n’est pas gagné), elles basculent de fait dans une sorte de dépôt de bilan virtuel où elles ne récoltent que suspicion bancaire et défiance de l’insolvabilité. Tout ça pour ça ?


Rédigé par le Dimanche 13 Février 2022

PGE : premier poste touché par la crise sanitaire au démarrage, le tourisme reste le maillon faible de l’économie face à une reprise en trombe des autres secteurs.  /crédit DepositPhoto
PGE : premier poste touché par la crise sanitaire au démarrage, le tourisme reste le maillon faible de l’économie face à une reprise en trombe des autres secteurs. /crédit DepositPhoto
Au cours des deux dernières années, le Gouvernement français a sans doute davantage fait pour l’industrie touristique qu’aucun autre avant lui.

C’est indéniable.

Les pouvoirs publics ont porté à bout de bras tout un pan de l’économie qui était sur le point de s’effondrer.

Emmanuel Macron ne mentait pas quand il affirmait vouloir maintenir les entreprises françaises et leur compétitivité “coûte que coûte”.

Cette sanctuarisation a permis à notre secteur sinistré de tenir le coup. Elle a été l’occasion d’implanter des mesures-phare (où qu'on a pu croire telles), comme les “Avoirs”.

Approuvés par l’ordonnance 2020-315 du 25 mars, ils étaient censés garder en vie tous ceux qui étaient condamnés à très court terme. L’autre dispositif, plus général celui-là, c'était les Prêts garantis par l’État (PGE).

Ils donnaient la possibilité aux entreprises qui anticipaient des difficultés de trésorerie de contracter un crédit auprès de leur banque. Bien entendu, je schématise.

PGE : le “faux départ” de l’été et de l'automne n’a pas arrangé les choses

Les Pouvoirs publics ont aussi soutenu notre activité par le Fonds Solidarité, les mesures de report des charges patronales, le chômage partiel… Mais beaucoup de ces mesures n’étaient que des emplâtres sur une jambe de bois.

On repoussait le “tas de sable”, selon l’expression de Jean-Pierre Mas, président de EdV.

Autrement dit, dès que la situation s’améliorerait, l’administration fiscale et financière se rappellerait au bon souvenir de ses sujets.

Les “Avoirs” ont été le premier piège tendu à des agences de voyages qui, comme tout un chacun, tablaient sur le caractère temporaire de la pandémie.
On connaît la suite… Avec les reports, les annulations, l’impossibilité de partir, ces sommes n’ont pu être rendues en totalité au consommateur.

Le “faux départ” de l’été et de l'automne dernier n’a pas arrangé les choses. Premier poste touché par la crise sanitaire au démarrage, le tourisme reste le maillon faible de l’économie face à une reprise en trombe des autres secteurs.

Son surendettement est abyssal, rappelait encore récemment le président des EdV, et s’élève à la louche à… 3 milliards d’euros.”Nous avons le plomb de la dette accroché à nos jambes…”

Le 2e acte de ce qui pourrait virer au drame en 2022, ce sont les PGE et ses modalités de remboursement.

Les PGE, comme les “avoirs”, sont une bombe à retardement

Presque toutes les sociétés qui ont pu obtenir ce type de crédit, l’ont mis en place. Certaines à titre préventif, d’autres parce qu’elles ne pourraient tenir sans. Il faut rappeler qu'ils avaient pour objectif de préserver des emplois et de permettre aux entreprises de ne pas sombrer face aux échéances et aux carnets de commandes anémiés.

Or, les PGE, tout comme les “avoirs”, deviennent une bombe à retardement pour les emprunteurs. S’ils n’ont pas été dépensés, ces fonds devront être honorés dans les délais stipulés, car leur finalité n’est pas d'investir.

Scénario identique s’ils ont été consommés, sauf qu’ici la capacité de remboursement est supposée amoindrie. Le Gouvernement avait anticipé une partie de la réponse, en permettant aux débiteurs de refouler leur dette sur une période de plus en plus longue puis de l’étaler encore. Il avait même été envisagé de convertir ces PGE en prêts participatifs.

Cette idée abandonnée, syndicats et professionnels ont poussé Bruno Le Maire et Jean-Baptiste Lemoyne dans leur retranchements pour revenir à Bruxelles et négocier un meilleur compromis.

Mission accomplie. La France a eu gain de cause (?) et le ministre de l’économie et des finances, arraché un répit supplémentaire de 10 ans. Peut-on crier victoire pour autant ? Certainement pas.

C’est un sursis de condamné à mort, un piège mortel qui attend les entreprises tentées par l"’aubaine", comme le révélait Tourmag.com dans son enquête récente, sur la question.

En y souscrivant (ce qui n’est pas gagné), elles basculent de fait dans une sorte de dépôt de bilan virtuel avec la suspicion bancaire et la défiance de l’insolvabilité en prime.

Un vrai champ de mines que EdV et le SETO cherchent à désamorcer mais qui pourrait nous sauter à la figure à tout moment.

Jean Da Luz L'éditorial de Jean Da Luz Directeur de la rédaction - TourMaG.com
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Commentaires

1.Posté par BALADI le 13/02/2022 15:09 | Alerter
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Très fine analyse !
La profession avance : “Eyes Wide Shut “
Espérons une résurrection flamboyante !
baladi

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