Conflits internes, recherche de nouveaux budgets, réforme du GIE... Atout France traverse une zone de turbulences ces temps-ci - DepositPhotos, sdecoret
Vitrine de l'offre et de la demande touristique française, Atout France a récemment fait les gros titres de la presse pour des raisons moins réjouissantes.
A quelques semaines du coup d'envoi des Jeux olympiques, le GIE a été secoué de l'intérieur, aprÚs que des salariés ont décidé de régler leurs comptes avec la direction par le biais d'une lettre ouverte et anonymisée, moins de deux mois avant la fin du mandat de la DG, Caroline Leboucher.
Nous aurons l'occasion de revenir prochainement sur le fond des différends qui opposent une partie des collaborateurs au management de l'agence (notamment le sort d'une partie des salariés expatriés au sein des bureaux internationaux).
NĂ©anmoins, les Ă©lĂ©ments de ce courrier - dĂ©nonçant « la gestion calamiteuse » d'Atout France, les « mĂ©thodes autoritaires » de la DG et les « dĂ©gĂąts psychologiques » engendrĂ©s - de mĂȘme que ceux contenus dans la rĂ©ponse de la direction - qui Ă©voque « de graves accusations », des « manĆuvres » et un impact sur le travail des Ă©quipes dans « un contexte budgĂ©taire complexe » - ont largement Ă©tĂ© relayĂ©s et commentĂ©s dans les mĂ©dias comme sur les rĂ©seaux sociaux.
En interne, le clash a entraĂźnĂ© de nombreuses rĂ©percussions, dont une vĂ©ritable scission au sein mĂȘme du CSE, mais aussi une sĂ©rie de plaintes dĂ©posĂ©es par des salariĂ©s, la mise en arrĂȘt maladie pour quelques semaines de cadres. L'onde de choc s'est aussi propagĂ©e plus haut, du cĂŽtĂ© de lâĂtat.
A quelques semaines du coup d'envoi des Jeux olympiques, le GIE a été secoué de l'intérieur, aprÚs que des salariés ont décidé de régler leurs comptes avec la direction par le biais d'une lettre ouverte et anonymisée, moins de deux mois avant la fin du mandat de la DG, Caroline Leboucher.
Nous aurons l'occasion de revenir prochainement sur le fond des différends qui opposent une partie des collaborateurs au management de l'agence (notamment le sort d'une partie des salariés expatriés au sein des bureaux internationaux).
NĂ©anmoins, les Ă©lĂ©ments de ce courrier - dĂ©nonçant « la gestion calamiteuse » d'Atout France, les « mĂ©thodes autoritaires » de la DG et les « dĂ©gĂąts psychologiques » engendrĂ©s - de mĂȘme que ceux contenus dans la rĂ©ponse de la direction - qui Ă©voque « de graves accusations », des « manĆuvres » et un impact sur le travail des Ă©quipes dans « un contexte budgĂ©taire complexe » - ont largement Ă©tĂ© relayĂ©s et commentĂ©s dans les mĂ©dias comme sur les rĂ©seaux sociaux.
En interne, le clash a entraĂźnĂ© de nombreuses rĂ©percussions, dont une vĂ©ritable scission au sein mĂȘme du CSE, mais aussi une sĂ©rie de plaintes dĂ©posĂ©es par des salariĂ©s, la mise en arrĂȘt maladie pour quelques semaines de cadres. L'onde de choc s'est aussi propagĂ©e plus haut, du cĂŽtĂ© de lâĂtat.
Vers une réforme d'Atout France en 2025
« Une consultation sera initiée en septembre 2024 pour une structuration de réforme proposée par le Gouvernement fin 2024 », indique le communiqué officiel.
En parallĂšle, le Gouvernement souhaite aussi faire Ă©voluer la rĂ©glementation du tourisme afin de « lâadapter aux nouveaux dĂ©fis », avec un texte lĂ©gislatif « tourisme » ad hoc prĂ©vu dĂ©but 2025.
Doit-on y voir une rĂ©action forte de la part de lâĂtat dans une situation de crise ?
Il faudra d'abord voir comment s'articulera cette fameuse consultation. Trois ou quatre mois seront-ils suffisants pour dessiner les contours d'une V2 d'Atout France alors qu'au temps de sa création, en 2009, Hervé Novelli avait planché sur le sujet durant une année ?
Et qui sera donc consulté ? TourMaG reviendra trĂšs prochainement sur ces points-lĂ dans le cadre d'une enquĂȘte plus approfondie.
A quand une stratégie nationale pour le tourisme en France ?
Ce qui ressort déjà des nombreux témoignages que nous avons pu recueillir, au-delà d'une simple réforme de l'outil Atout France, c'est l'attente trÚs forte de la part des professionnels du secteur, comme des institutionnels, d'une véritable stratégie nationale pour le tourisme en France, qui s'accompagnerait d'une large concertation de l'écosystÚme touristique, d'une redéfinition du rÎle des opérateurs publics (CRT, CDT, OT, etc.) - avec un pouvoir d'action plus large au niveau des régions - et d'une meilleure coordination de l'ensemble des parties prenantes.
Certains, nostalgiques, regrettent l'époque de la « Maison de la France », avec ses grands rendez-vous annuels à propos de la stratégie marketing pluriannuelle, et les moments de réflexion autour de l'offre et de la demande touristique et des méthodes d'approche des marchés, qui permettaient de définir des plans stratégiques sur plusieurs années, et qui réunissaient la commission marketing et l'ensemble des bureaux de Maison de la France, mais aussi les partenaires.
Mais au-delà des annonces gouvernementales et des projections de chacun sur le nouveau visage d'Atout France, demeure une inconnue de taille : la question des moyens alloués à cette réforme.
Nous vous l'annoncions dĂ©jĂ en mars, Atout France est en pleine recherche de budgets pour 2025, aprĂšs la perte des fonds visas (environ 5 MâŹ, compensĂ©s par ailleurs) en 2024 et des crĂ©dits allouĂ©s pour trois ans dans le cadre du plan de relance Destination France au 1er janvier 2025. (Voir Ă ce sujet le rapport de la dĂ©putĂ©e Emilie Bonnivard quant au projet de loi de finances pour 2024).
Certains, nostalgiques, regrettent l'époque de la « Maison de la France », avec ses grands rendez-vous annuels à propos de la stratégie marketing pluriannuelle, et les moments de réflexion autour de l'offre et de la demande touristique et des méthodes d'approche des marchés, qui permettaient de définir des plans stratégiques sur plusieurs années, et qui réunissaient la commission marketing et l'ensemble des bureaux de Maison de la France, mais aussi les partenaires.
Mais au-delà des annonces gouvernementales et des projections de chacun sur le nouveau visage d'Atout France, demeure une inconnue de taille : la question des moyens alloués à cette réforme.
Nous vous l'annoncions dĂ©jĂ en mars, Atout France est en pleine recherche de budgets pour 2025, aprĂšs la perte des fonds visas (environ 5 MâŹ, compensĂ©s par ailleurs) en 2024 et des crĂ©dits allouĂ©s pour trois ans dans le cadre du plan de relance Destination France au 1er janvier 2025. (Voir Ă ce sujet le rapport de la dĂ©putĂ©e Emilie Bonnivard quant au projet de loi de finances pour 2024).
Une réforme, mais avec quels moyens ?
Pourtant, l'Etat ne semble pas disposé à mettre davantage la main à la poche.
Exemple parmi d'autres, depuis le 1er mai, le GIE a rĂ©cupĂ©rĂ© la gestion des nouveaux labels dâĂtat « Tourisme & Handicap » et « Destination d'Excellence » sans toutefois, semble-t-il (mais nous attendons toujours la confirmation d'Atout France) de moyens financiers ou humains supplĂ©mentaires allouĂ©s.
De mĂȘme, que deviendra France Tourisme Observation, le tout nouvel observatoire lancĂ© en partenariat avec ADN Tourisme, alors que deux tiers de son financement (environ 400 000âŹ) proviennent des fonds du plan Destination France (qui s'arrĂȘtent fin 2024) ?
Et que, selon nos confrĂšres de La Lettre, lâĂtat est empĂȘchĂ© d'y apporter des crĂ©dits, n'ayant pas reçu de la part d'Atout France, de convention ou de justification d'une attribution par marchĂ© public ?
Exemple parmi d'autres, depuis le 1er mai, le GIE a rĂ©cupĂ©rĂ© la gestion des nouveaux labels dâĂtat « Tourisme & Handicap » et « Destination d'Excellence » sans toutefois, semble-t-il (mais nous attendons toujours la confirmation d'Atout France) de moyens financiers ou humains supplĂ©mentaires allouĂ©s.
De mĂȘme, que deviendra France Tourisme Observation, le tout nouvel observatoire lancĂ© en partenariat avec ADN Tourisme, alors que deux tiers de son financement (environ 400 000âŹ) proviennent des fonds du plan Destination France (qui s'arrĂȘtent fin 2024) ?
Et que, selon nos confrĂšres de La Lettre, lâĂtat est empĂȘchĂ© d'y apporter des crĂ©dits, n'ayant pas reçu de la part d'Atout France, de convention ou de justification d'une attribution par marchĂ© public ?
Doit-on s'attendre Ă une recentralisation du pouvoir Ă Bercy ?
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Enfin, derniÚre inconnue dans cette équation bien complexe : quid du rÎle (ou du contrÎle) de Bercy sur la nouvelle Atout France ?
Lors de sa crĂ©ation en 2009, le GIE avait Ă©tĂ© imaginĂ© par HervĂ© Novelli, alors SecrĂ©taire d'Ătat chargĂ© du Tourisme, comme une agence puissante, vĂ©ritable bras armĂ© du ministĂšre du tourisme, qui rĂ©unirait Ă la fois lâoffre et la demande touristique, dĂ©finirait les normes et externaliserait la fonction touristique afin de laisser aux professionnels et aux collectivitĂ©s territoriales, le soin de la gĂ©rer.
C'Ă©tait sans compter sur la dĂ©pendance d'Atout France aux financements de lâĂtat (qui pĂšsent Ă peu prĂšs pour la moitiĂ© du budget annuel). Des financements publics bien moindres que chez certains de nos voisins europĂ©ens, tandis que le gouvernement n'a de cesse de rĂ©pĂ©ter que la France demeure la premiĂšre destination touristique mondiale, avec ses 100 millions de visiteurs en 2023.
Quant à la crise interne qui sévit chez Atout France, si elle n'est pas la cause de ce projet de réforme, elle pourrait bien avoir contribué à affaiblir le pouvoir décisionnel d'Atout France. Il est en en effet de notoriété publique que Caroline Leboucher et Christian Mantei, le président du GIE, ne s'entendaient guÚre.
Qu'adviendra-t-il ainsi d'Atout France aprÚs le 16 juin et à quelques jours des JO ? Verra-t-on d'ici là la nomination d'un nouveau directeur général ? D'un DG intérimaire ? Qui pilotera la « maison de la France » alors que Paris accueillera le monde ?
Pour l'ensemble des acteurs du tourisme français, et également pour les salariés d'Atout France, espérons que cette crise parviendra à se transformer en opportunité et qu'Atout France, accompagné par ses partenaires, reprendra les manettes de l'avion du tourisme.
Lors de sa crĂ©ation en 2009, le GIE avait Ă©tĂ© imaginĂ© par HervĂ© Novelli, alors SecrĂ©taire d'Ătat chargĂ© du Tourisme, comme une agence puissante, vĂ©ritable bras armĂ© du ministĂšre du tourisme, qui rĂ©unirait Ă la fois lâoffre et la demande touristique, dĂ©finirait les normes et externaliserait la fonction touristique afin de laisser aux professionnels et aux collectivitĂ©s territoriales, le soin de la gĂ©rer.
C'Ă©tait sans compter sur la dĂ©pendance d'Atout France aux financements de lâĂtat (qui pĂšsent Ă peu prĂšs pour la moitiĂ© du budget annuel). Des financements publics bien moindres que chez certains de nos voisins europĂ©ens, tandis que le gouvernement n'a de cesse de rĂ©pĂ©ter que la France demeure la premiĂšre destination touristique mondiale, avec ses 100 millions de visiteurs en 2023.
Quant à la crise interne qui sévit chez Atout France, si elle n'est pas la cause de ce projet de réforme, elle pourrait bien avoir contribué à affaiblir le pouvoir décisionnel d'Atout France. Il est en en effet de notoriété publique que Caroline Leboucher et Christian Mantei, le président du GIE, ne s'entendaient guÚre.
Qu'adviendra-t-il ainsi d'Atout France aprÚs le 16 juin et à quelques jours des JO ? Verra-t-on d'ici là la nomination d'un nouveau directeur général ? D'un DG intérimaire ? Qui pilotera la « maison de la France » alors que Paris accueillera le monde ?
Pour l'ensemble des acteurs du tourisme français, et également pour les salariés d'Atout France, espérons que cette crise parviendra à se transformer en opportunité et qu'Atout France, accompagné par ses partenaires, reprendra les manettes de l'avion du tourisme.






Publié par Anaïs Borios 














