"nous Ă©tions un peu dans un phĂ©nomĂšne de "vacances coute que coute", ou mĂȘme "quoi qu'il en coute", sauf que c'est bel et bien terminĂ©" selon Didier Arino - Depositphotos @focus_bell@hotmail.co.th
TourMaG.com - Une nouvelle année débute et aussi un nouvel exercice pour les professionnels. Faut-il s'attendre à des changements dans le comportement des Français à la veille des grands départs en vacances ?
Didier Arino : Pour la montagne, les Français ont beaucoup beaucoup dépensé ces deux derniÚres années. Par conséquent, nous faisons face à un problÚme de budget disponible pour les vacances.
Ils ont puisĂ© dans leurs Ă©conomies, nous Ă©tions un peu dans un phĂ©nomĂšne des "vacances coĂ»te que coĂ»te", ou mĂȘme "quoi qu'il en coute", mais c'est bel et bien terminĂ©.
A lire : Vacances de février : la montagne tombe de haut !
Dans le mĂȘme temps, les prix n'ont cessĂ© de croĂźtre.
MalgrĂ© ce coup d'arrĂȘt, les rĂ©servations Ă©taient en avance, la saison se prĂ©sentait trĂšs bien. Il n'y avait pas de manque d'appĂ©tence pour la montagne.
Le conflit israĂ©lo-palestinien a renforcĂ© aussi la destination France, avec une dĂ©fiance et une baisse des rĂ©servations pour les pays du Maghreb, Egypte, Jordanie et mĂȘme le Maroc.
Didier Arino : Pour la montagne, les Français ont beaucoup beaucoup dépensé ces deux derniÚres années. Par conséquent, nous faisons face à un problÚme de budget disponible pour les vacances.
Ils ont puisĂ© dans leurs Ă©conomies, nous Ă©tions un peu dans un phĂ©nomĂšne des "vacances coĂ»te que coĂ»te", ou mĂȘme "quoi qu'il en coute", mais c'est bel et bien terminĂ©.
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Dans le mĂȘme temps, les prix n'ont cessĂ© de croĂźtre.
MalgrĂ© ce coup d'arrĂȘt, les rĂ©servations Ă©taient en avance, la saison se prĂ©sentait trĂšs bien. Il n'y avait pas de manque d'appĂ©tence pour la montagne.
Le conflit israĂ©lo-palestinien a renforcĂ© aussi la destination France, avec une dĂ©fiance et une baisse des rĂ©servations pour les pays du Maghreb, Egypte, Jordanie et mĂȘme le Maroc.
Budget vacances : "Il y a un petit décrochage"
Didier Arino : Il y a un petit décrochage. Pour la premiÚre fois depuis des années, les Français disent vouloir réduire leur budget vacances.
Ce n'est que du déclaratif, parfois la réalité est différente, mais ça donne une tendance.
TourMaG.com - Finalement, allons-nous assister à un arbitrage si jamais les prix sont trop élevés ?
Didier Arino : Une grande majorité continuera de partir, mais je pense qu'il y a aura un arbitrage sur les destinations et les opérateurs.
Il y a un important décalage entre le discours volontariste, pour dire que tout va bien, et la réalité. D'autant plus que nous sommes dans une année olympique, donc spéciale pour les voyageurs étrangers et français.
Il y a un vrai questionnement sur l'impact des Jeux olympiques, un évÚnement qui pourrait faire fuir une partie de la clientÚle.
D'une façon générale, nous assistons à une sorte de méthode Coué à grande échelle, en nous disant que tout va bien et que nous battons tous les records de fréquentation.
Le juge de paix sera une nouvelle fois, les chiffres de l'INSEE.
Nous remarquons toujours une trÚs grande différence entre ceux des cabinets ministériels et la réalité de l'INSEE.
"Sur le chiffre de 100 millions de visiteurs...ce n'est pas possible"
TourMaG.com - Le chiffre des 100 millions de touristes avancé par le cabinet de l'ancienne ministre déléguée au Tourisme, vous y croyez ?
Didier Arino : Je ne veux pas polémiquer.
Cela me fait penser aux 50 milliards de recettes touristiques de Le Drian, puis en changeant le monde de calcul nous avions subitement atteint cet objectif, bien avant le laps de temps envisagé.
AprĂšs les journalistes doivent investiguer, analyser les chiffres.
Sur le chiffre de 100 millions de visiteurs, je ne sais pas s'il est vrai, je n'ai pas cherché, mais à bien y regarder, ce n'est pas possible.
AprĂšs nous en revenons Ă l'Ă©ternel dĂ©bat de la premiĂšre destination touristique au monde. Nous avions chutĂ© Ă un moment donnĂ©, car avec les vols low cost les voyageurs qui voulaient se rendre en Espagne, ne prenaient plus la voiture, mais passaient au-dessus de nos tĂȘtes.
Nous dĂ©veloppons le tourisme pour avoir des crĂ©ations d'emplois et crĂ©er de la richesse en France, donc le juge de paix ne peut ĂȘtre que la consommation touristique.
Nous avons deux fois moins de recettes touristiques que les USA.
Didier Arino : Je ne veux pas polémiquer.
Cela me fait penser aux 50 milliards de recettes touristiques de Le Drian, puis en changeant le monde de calcul nous avions subitement atteint cet objectif, bien avant le laps de temps envisagé.
AprĂšs les journalistes doivent investiguer, analyser les chiffres.
Sur le chiffre de 100 millions de visiteurs, je ne sais pas s'il est vrai, je n'ai pas cherché, mais à bien y regarder, ce n'est pas possible.
AprĂšs nous en revenons Ă l'Ă©ternel dĂ©bat de la premiĂšre destination touristique au monde. Nous avions chutĂ© Ă un moment donnĂ©, car avec les vols low cost les voyageurs qui voulaient se rendre en Espagne, ne prenaient plus la voiture, mais passaient au-dessus de nos tĂȘtes.
Nous dĂ©veloppons le tourisme pour avoir des crĂ©ations d'emplois et crĂ©er de la richesse en France, donc le juge de paix ne peut ĂȘtre que la consommation touristique.
Nous avons deux fois moins de recettes touristiques que les USA.
Inflation : "Une grande partie de la clientĂšle n'arrive plus Ă suivre"
TourMaG.com - Quel bilan faites-vous de 2023 et comment vous projetez-vous sur 2024 ?
Didier Arino : Pour 2024, la saison vient de débuter, je ne peux pas vraiment me prononcer. D'autant que je n'ai pas tous les retours des socio-pros.
Nous venons de lancer notre grande enquĂȘte.
Sur 2023, contrairement à ce qui a été dit, l'avant et l'arriÚre-saison ont permis de générer un bon bilan du tourisme. Par contre l'été a été décevant. En juillet et août, nous avons observé une légÚre baisse des nuitées touristiques.
Et l'année derniÚre, nous avons eu une sorte d'airbag puisque prÚs d'un million de Français ne sont pas partis à l'étranger, malgré leurs intentions de départ, principalement en raison des coûts du transport aérien.
La clientÚle étrangÚre a compensé, en grande partie, la baisse des nuitées des Français.
L'activitĂ© a Ă©tĂ© stable d'une annĂ©e sur l'autre, avec une hausse des prix moyens de 10%, l'augmentation Ă Paris a Ă©tĂ© de 15%. Les taux d'occupation ont augmentĂ© de 2 Ă 3% en Ăle-de-France, quand la Province affiche 0%.
Globalement les destinations internationales s'en sont bien sorties, comme Nice. Le reste des territoires, notamment ruraux, ont observé une baisse des nuitées. Sur les meublés, nous avons enregistré une hausse de l'activité.
Didier Arino : Pour 2024, la saison vient de débuter, je ne peux pas vraiment me prononcer. D'autant que je n'ai pas tous les retours des socio-pros.
Nous venons de lancer notre grande enquĂȘte.
Sur 2023, contrairement à ce qui a été dit, l'avant et l'arriÚre-saison ont permis de générer un bon bilan du tourisme. Par contre l'été a été décevant. En juillet et août, nous avons observé une légÚre baisse des nuitées touristiques.
Et l'année derniÚre, nous avons eu une sorte d'airbag puisque prÚs d'un million de Français ne sont pas partis à l'étranger, malgré leurs intentions de départ, principalement en raison des coûts du transport aérien.
La clientÚle étrangÚre a compensé, en grande partie, la baisse des nuitées des Français.
L'activitĂ© a Ă©tĂ© stable d'une annĂ©e sur l'autre, avec une hausse des prix moyens de 10%, l'augmentation Ă Paris a Ă©tĂ© de 15%. Les taux d'occupation ont augmentĂ© de 2 Ă 3% en Ăle-de-France, quand la Province affiche 0%.
Globalement les destinations internationales s'en sont bien sorties, comme Nice. Le reste des territoires, notamment ruraux, ont observé une baisse des nuitées. Sur les meublés, nous avons enregistré une hausse de l'activité.
"Une baisse de fréquentation pour les villages de vacances et les résidences"
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TourMaG.com - La victoire des meublés entraine-t-elle des pertes ailleurs ?
Didier Arino : On note, dans le mĂȘme temps, une baisse de frĂ©quentation pour les villages de vacances et les rĂ©sidences.
Tout ce qui est issu du tourisme social et associatif a connu une rétractation, plutÎt logique, puisqu'ils ne peuvent pas jouer sur la variable prix, pour compenser la baisse de fréquentation.
Nous sommes arrivĂ©s Ă un seuil de hausse des prix, oĂč une grande partie de la clientĂšle n'arrive plus Ă suivre.
La notion de bon rapport qualité-prix va encore davantage jouer en 2024.
Pour résumer, nous n'avons pas de quoi sauter au plafond, ni de faire du catastrophisme.
TourMaG.com - Finalement, c'est le retour du monde d'avant ?
Didier Arino : Oui, nous avons retrouvé les départs vers l'étranger, finalement nous avons retrouvé les chiffres d'avant covid.
Le monde du tourisme de 2019 est de retour.
Didier Arino : On note, dans le mĂȘme temps, une baisse de frĂ©quentation pour les villages de vacances et les rĂ©sidences.
Tout ce qui est issu du tourisme social et associatif a connu une rétractation, plutÎt logique, puisqu'ils ne peuvent pas jouer sur la variable prix, pour compenser la baisse de fréquentation.
Nous sommes arrivĂ©s Ă un seuil de hausse des prix, oĂč une grande partie de la clientĂšle n'arrive plus Ă suivre.
La notion de bon rapport qualité-prix va encore davantage jouer en 2024.
Pour résumer, nous n'avons pas de quoi sauter au plafond, ni de faire du catastrophisme.
TourMaG.com - Finalement, c'est le retour du monde d'avant ?
Didier Arino : Oui, nous avons retrouvé les départs vers l'étranger, finalement nous avons retrouvé les chiffres d'avant covid.
Le monde du tourisme de 2019 est de retour.






Publié par Romain Pommier
















