"Nous avons un problÚme d'adéquation entre les études et ceux que veulent faire les gens, puis la réalité de l'emploi. Il y a un vrai débat à mener pour trouver de l'attractivité dans notre secteur," selon Emmanuel Foiry (Kuoni) - Depositphotos @Curvabezier
TourMaG.com - En ce début d'année et aprÚs un exercice 2021 douloureux, à quoi ressemblent les premiers jours de 2022 ?
Emmanuel Foiry : Ils sont trÚs pénibles.
Nous étions trÚs bien orientés en septembre et octobre, jusqu'à l'arrivée du variant omicron.
Nous étions trÚs contents déjà pour nous, de pouvoir refaire notre boulot, puis pour la boite aussi.
Sauf que maintenant l'activitĂ© est Ă l'arrĂȘt, puis ce qui devient de plus en plus compliquĂ©, c'est au niveau opĂ©rationnel.
Les cas contacts se multiplient, avec des équipes entiÚres affectées par le coronavirus.
Emmanuel Foiry : Ils sont trÚs pénibles.
Nous étions trÚs bien orientés en septembre et octobre, jusqu'à l'arrivée du variant omicron.
Nous étions trÚs contents déjà pour nous, de pouvoir refaire notre boulot, puis pour la boite aussi.
Sauf que maintenant l'activitĂ© est Ă l'arrĂȘt, puis ce qui devient de plus en plus compliquĂ©, c'est au niveau opĂ©rationnel.
Les cas contacts se multiplient, avec des équipes entiÚres affectées par le coronavirus.
Omicron : "des destinations commencent Ă ĂȘtre trĂšs dĂ©sorganisĂ©es"
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Emmanuel Foiry : Exactement, c'est aussi le cas dans de nombreux endroits.
Des compagnies aĂ©riennes annulent des vols du jour au lendemain, faute de PNC. Des destinations commencent Ă ĂȘtre trĂšs dĂ©sorganisĂ©es, comme la Laponie finlandaise.
Là bas, la haute saison est trÚs courte, sauf que la multiplication des cas contacts rend l'opérationnel trÚs compliqué. Le télétravail est aussi pénalisant.
D'ailleurs vous noterez que le décret poussant les entreprises à réinstaurer le télétravail à la faveur de 3 jours par semaine, ce décret n'est toujours pas sorti et il ne sortira jamais.
La situation n'est pas simple depuis le début, mais nous revenons doucement en arriÚre.
TourMaG.com - Cela signifie qu'il y a un retour du chĂŽmage partiel ?
Emmanuel Foiry : Nous avons dĂ» remettre certaines personnes Ă l'arrĂȘt, dans le cas de l'accord sur l'APLD.
AprĂšs c'est surtout le timing qui est perturbant, alors que nous Ă©tions dans une bonne dynamique en rĂ©duisant les pĂ©riodes d'inactivitĂ©, omicron nous a remis un petit coup derriĂšre la tĂȘte.
Il est arrivé au mauvais moment.
Tourisme : "nous allons avoir un mal de chien Ă conserver nos talents"
TourMaG.com - L'enjeu est maintenant de sauver le printemps ?
Emmanuel Foiry : Oui, aprÚs je vais dire une tautologie, mais nous n'avons jamais été aussi prÚs de la fin de cette pandémie.
AprĂšs ce qui me rassure dans cette histoire, c'est que je n'ai plus aucun doute sur le niveau d'appĂ©tence des Français pour le voyage. En septembre ça revenait trĂšs fort, sur des niveaux trĂšs proches de 2019, alors que nous n'avions mĂȘme pas toutes les destinations ouvertes.
Je sais que ça va repartir et fort, mais je ne sais pas quand et surtout il ne faut pas trop que ça traßne.
TourMaG.com - Pourquoi ne faut-il pas que cette reprise traĂźne ?
Emmanuel Foiry : Je rejoins les idées de François Piot qui intervient souvent chez vous et qui a des analyses trÚs justes.
Nous allons avoir de vrais problĂšmes en ressources humaines, avec une profession qui fait de moins en moins rĂȘver. Elle est sortie des radars des jeunes, il n'est plus trop possible de voyager, donc les Ă©ductours se rarifient.
En plus de ça, ĂȘtre agent de voyages vous n'ĂȘtes pas bien payĂ©s et c'est un mĂ©tier trĂšs compliquĂ©, vous ajoutez Ă cela, le tĂ©lĂ©travail.
Notre profession commence Ă ĂȘtre dĂ©sertĂ©e, nous allons avoir un mal de chien Ă conserver nos talents.
Plusieurs des salariĂ©s de Kuoni sont partis et des chasseurs de tĂȘtes profitent de nos faiblesses actuelles, pour dĂ©baucher nos salariĂ©s.
Emmanuel Foiry : Oui, aprÚs je vais dire une tautologie, mais nous n'avons jamais été aussi prÚs de la fin de cette pandémie.
AprĂšs ce qui me rassure dans cette histoire, c'est que je n'ai plus aucun doute sur le niveau d'appĂ©tence des Français pour le voyage. En septembre ça revenait trĂšs fort, sur des niveaux trĂšs proches de 2019, alors que nous n'avions mĂȘme pas toutes les destinations ouvertes.
Je sais que ça va repartir et fort, mais je ne sais pas quand et surtout il ne faut pas trop que ça traßne.
TourMaG.com - Pourquoi ne faut-il pas que cette reprise traĂźne ?
Emmanuel Foiry : Je rejoins les idées de François Piot qui intervient souvent chez vous et qui a des analyses trÚs justes.
Nous allons avoir de vrais problĂšmes en ressources humaines, avec une profession qui fait de moins en moins rĂȘver. Elle est sortie des radars des jeunes, il n'est plus trop possible de voyager, donc les Ă©ductours se rarifient.
En plus de ça, ĂȘtre agent de voyages vous n'ĂȘtes pas bien payĂ©s et c'est un mĂ©tier trĂšs compliquĂ©, vous ajoutez Ă cela, le tĂ©lĂ©travail.
Notre profession commence Ă ĂȘtre dĂ©sertĂ©e, nous allons avoir un mal de chien Ă conserver nos talents.
Plusieurs des salariĂ©s de Kuoni sont partis et des chasseurs de tĂȘtes profitent de nos faiblesses actuelles, pour dĂ©baucher nos salariĂ©s.
"Un vrai débat est à mener pour trouver de l'attractivité dans notre secteur "
TourMaG.com - Et les nouveaux talents ne sont pas si faciles Ă trouver ?
Emmanuel Foiry : Ce n'est pas tant ça, c'est que nous devons les payer plus cher.
Sauf que le voyage n'est pas une industrie riche, nous ne sommes pas le secteur pharmacologique, l'assurance ou la finance, donc nous ne pouvons pas rivaliser.
Je suis assez inquiet Ă ce sujet.
Nous ne sommes pas encore dans la mĂȘme situation que les Etats-Unis, mais je vois des parcours incroyables, avec des personnes qui quittent le secteur Ă 50 voire mĂȘme 55 ans.
Quelque chose qui était impossible avant la pandémie. Les rapports s'inversent, les salariés ont pris le dessus, en quelque sorte. Nous allons devoir faire preuve d'ingéniosité, pour conserver nos staffs et éventuellement en recruter.
TourMaG.com - Le gouvernement va lancer une vaste campagne de communication sur les métiers du tourisme, est-ce suffisant ?
Emmanuel Foiry : C'est aux entreprises de travailler sur les niveaux de revenu, notamment.
Le gouvernement peut faire n'importe quel genre de communication, si les entreprises ne répondent pas présentes, ça ne servira à rien. AprÚs ce n'est pas seulement propre au tourisme, une multitude de secteurs n'arrivent pas à recruter.
Nous avons un problÚme d'adéquation entre les études et ceux que veulent faire les gens, puis la réalité de l'emploi. Il y a un vrai débat à mener pour trouver de l'attractivité dans notre secteur et mon entreprise.
TourMaG.com - Ătes-vous prĂȘts Ă augmenter les salaires ? Si c'est le cas, c'est tout un modĂšle Ă©conomique Ă revoir.
Emmanuel Foiry : Je suis prĂȘt, mais dans l'ordre de grandeur du marchĂ©.
Si nous étions dans une industrie qui gagne beaucoup d'argent, alors nous pourrions bien rémunérer nos salariés. Aujourd'hui, tout le monde sait que le tour-opérating et les agences de voyages sont avant tout des métiers de passion.
Les marges de manoeuvre sont restreintes, il n'y a pas d'argent magique dans les sociétés.
Emmanuel Foiry : Ce n'est pas tant ça, c'est que nous devons les payer plus cher.
Sauf que le voyage n'est pas une industrie riche, nous ne sommes pas le secteur pharmacologique, l'assurance ou la finance, donc nous ne pouvons pas rivaliser.
Je suis assez inquiet Ă ce sujet.
Nous ne sommes pas encore dans la mĂȘme situation que les Etats-Unis, mais je vois des parcours incroyables, avec des personnes qui quittent le secteur Ă 50 voire mĂȘme 55 ans.
Quelque chose qui était impossible avant la pandémie. Les rapports s'inversent, les salariés ont pris le dessus, en quelque sorte. Nous allons devoir faire preuve d'ingéniosité, pour conserver nos staffs et éventuellement en recruter.
TourMaG.com - Le gouvernement va lancer une vaste campagne de communication sur les métiers du tourisme, est-ce suffisant ?
Emmanuel Foiry : C'est aux entreprises de travailler sur les niveaux de revenu, notamment.
Le gouvernement peut faire n'importe quel genre de communication, si les entreprises ne répondent pas présentes, ça ne servira à rien. AprÚs ce n'est pas seulement propre au tourisme, une multitude de secteurs n'arrivent pas à recruter.
Nous avons un problÚme d'adéquation entre les études et ceux que veulent faire les gens, puis la réalité de l'emploi. Il y a un vrai débat à mener pour trouver de l'attractivité dans notre secteur et mon entreprise.
TourMaG.com - Ătes-vous prĂȘts Ă augmenter les salaires ? Si c'est le cas, c'est tout un modĂšle Ă©conomique Ă revoir.
Emmanuel Foiry : Je suis prĂȘt, mais dans l'ordre de grandeur du marchĂ©.
Si nous étions dans une industrie qui gagne beaucoup d'argent, alors nous pourrions bien rémunérer nos salariés. Aujourd'hui, tout le monde sait que le tour-opérating et les agences de voyages sont avant tout des métiers de passion.
Les marges de manoeuvre sont restreintes, il n'y a pas d'argent magique dans les sociétés.
"En 2021 nous avons fait le mĂȘme chiffre qu'en 2020, voire lĂ©gĂšrement moins"
TourMaG.com - Arrivez-vous Ă anticiper ce Ă quoi ressemblera 2022 ?
Emmanuel Foiry : Tout dépend, quand nous allons repartir sur un rythme proche de ce que nous avons observé en septembre ou octobre.
Si nous revenons Ă ce genre de situation, avec des destinations fortes ouvertes, courant fĂ©vrier alors 2022 peut largement ĂȘtre sauvĂ©e. Sauf que nous loupons actuellement les beaux mois de rĂ©servations.
Je ne suis pas devin, je laisse les prédictions et les projections aux autres.
TourMaG.com - Pour terminer sur 2021, comment avez-vous clÎturé l'année, avec deux bons mois ?
Emmanuel Foiry : Le problÚme c'est qu'en septembre et octobre, les clients réservaient pour 2022 et la fin d'année, donc les revenus seront en grande partie pour le prochain exercice.
Nous n'avons pas encore totalement clĂŽturĂ©, nous allons faire grosso modo le mĂȘme chiffre qu'en 2020, voire lĂ©gĂšrement moins. Nous sommes nombreux dans le mĂȘme cas.
Le truc c'est qu'en 2020, jusqu'au 15 mars, nous avions eu trois mois exceptionnels. En 2021, de janvier à fin juin, l'activité était proche de 0, puis à partir de juillet, nous avons remis en route.
En résultat, nous l'améliorons largement en 2020.
Emmanuel Foiry : Tout dépend, quand nous allons repartir sur un rythme proche de ce que nous avons observé en septembre ou octobre.
Si nous revenons Ă ce genre de situation, avec des destinations fortes ouvertes, courant fĂ©vrier alors 2022 peut largement ĂȘtre sauvĂ©e. Sauf que nous loupons actuellement les beaux mois de rĂ©servations.
Je ne suis pas devin, je laisse les prédictions et les projections aux autres.
TourMaG.com - Pour terminer sur 2021, comment avez-vous clÎturé l'année, avec deux bons mois ?
Emmanuel Foiry : Le problÚme c'est qu'en septembre et octobre, les clients réservaient pour 2022 et la fin d'année, donc les revenus seront en grande partie pour le prochain exercice.
Nous n'avons pas encore totalement clĂŽturĂ©, nous allons faire grosso modo le mĂȘme chiffre qu'en 2020, voire lĂ©gĂšrement moins. Nous sommes nombreux dans le mĂȘme cas.
Le truc c'est qu'en 2020, jusqu'au 15 mars, nous avions eu trois mois exceptionnels. En 2021, de janvier à fin juin, l'activité était proche de 0, puis à partir de juillet, nous avons remis en route.
En résultat, nous l'améliorons largement en 2020.






Publié par Romain Pommier
















