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Formation : bientôt un "réseau d’excellence d’écoles et de formations" du tourisme

Pour faire monter en qualité et quantité l’offre de formations



Le 20 novembre 2021, le Premier ministre, Jean Castex a présenté le plan de reconquête et de transformation du tourisme, baptisé Destination France. Objectif : reconquérir les talents, changer le regard sur les métiers du tourisme et proposer des formations d’excellence. Ce plan prévoit aussi la création d’un réseau d’écoles et de formations d’excellence du tourisme pour renforcer et rendre attractives et visibles les formations du tourisme. A la clé : la création de 400 places d’étudiants entre 2022 et 2024. L’UFR ESTHUA Tourisme et Culture d’Angers est partie prenante de ce réseau. Interview de Jean-René Morice, son directeur.


Rédigé par le Mardi 30 Novembre 2021

L’UFR ESTHUA Tourisme et Culture d’Angers est impliquée dans la création du « réseau d’excellence d’écoles et de formations » du tourisme annoncé, le 20 novembre 2021, par le Premier ministre, Jean Castex. - UFR Esthua
L’UFR ESTHUA Tourisme et Culture d’Angers est impliquée dans la création du « réseau d’excellence d’écoles et de formations » du tourisme annoncé, le 20 novembre 2021, par le Premier ministre, Jean Castex. - UFR Esthua
TourMaG.com - La formation est l’un des piliers du plan Destination France , dont vous êtes l’un des acteurs forts. Que prévoit-il en termes de formation ?

Jean-René Morice :
Le projet est ambitieux. Il s’agit de rendre plus lisible la formation universitaire dans le tourisme au niveau national et international.

L’un des axes de ce plan est la création d’un « réseau de formations d’excellence au tourisme », à l’échelle France.

L’enjeu est aussi de mieux répondre aux besoins du secteur, notamment en développant la professionnalisation à travers l’apprentissage.

TourMaG.com – Pourquoi créer ce « réseau de formations d’excellence au tourisme » ?

J.-R. M. :
Tout est à inventer. Il faut identifier les acteurs, monter, créer, inventer ce réseau qui fédérera les universités qui allient formation et recherche.

Le problème aujourd’hui est que nous avons des modèles de structurations différents d’une université à l’autre : institut, département rattaché ou intégré, faculté… Ce réseau permettra de parler le même langage à partir d’une structure qui reposera sur le même modèle.

Je souhaite que l’on ne néglige pas la recherche fondamentale développée au sein des universités, car elle répond aux attentes des professionnels, à l’innovation et au développement du tourisme.

A date, il y a eu une annonce, avec ce plan à 1.9 milliard d’euros. Je suis en train de me rapprocher d’université, comme l’Institut de Recherche et d'Etudes Supérieures du Tourisme (Irest)- Paris Sorbonne, ou encore l’Institut Supérieur du Tourisme de l'Hôtellerie et de l'Alimentation de l'Université (ISTHIA) de Toulouse, mais pas que !

LIRE AUSSI : Qu'est-ce que le Plan Reconquête Tourisme à 1,9 milliard d'euros ?

"coconstruire ce fameux concept d’écoles universitaires du tourisme qui n’existe pas"

TourMaG.com – Comment allez-vous travailler ?

J.-R. M. :
Aujourd’hui, chacun travaille à l’échelle de son université. L’idée est de coconstruire ce fameux concept d’écoles universitaires du tourisme qui n’existe pas.

Comment constituer un contenu ? Comment mener un travail plus collaboratif dans le domaine de la formation universitaire en tourisme ? Comment va-t-il fonctionner ? S’agit-il d’un réseau informel ?

Nous allons travailler avec les universités et avons un ministère de tutelle. Le budget est attaché au cabinet du Premier ministre et sera refléché vers le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation.

Il reste également à définir le statut juridique que pourraient prendre ces écoles universitaires du tourisme tout en restant intégrées dans les universités françaises. Est-ce que l’on est sur un modèle polytechnique, IAE ?

Tout en restant pluriel, ce réseau permettra aussi aux étudiants et professionnels d’avoir un interlocuteur plus clair quand on parle de formation et de recherche dans le tourisme.

TourMaG.com – Quel est le calendrier ?

J.-R. M. :
Dès janvier 2022, avec le ministère et les universités engagées dans la démarche, nous lancerons la construction du réseau pour communiquer auprès des étudiants et des professionnels.

Nous devons travailler d’ici Noël à cette feuille de route collégiale avec les autres universités, pour une mise en œuvre selon le calendrier de la campagne de communication, pour être opérationnels quand les candidats seront là.

"Continuer à adapter l’offre de formations et octroyer des places supplémentaires pour les étudiants est nécessaire "

Jean-René Morice, directeur de l’UFR ESTHUA Tourisme et Culture d’Angers. – DR UFR Esthua.
Jean-René Morice, directeur de l’UFR ESTHUA Tourisme et Culture d’Angers. – DR UFR Esthua.
TourMaG.com – L’idée est d’augmenter l’offre de formation ?

J.-R. M. :
Exactement. Continuer à adapter l’offre de formations et octroyer des places supplémentaires pour les étudiants est nécessaire.

Le réseau doit entraîner avec lui, toutes les universités françaises qui ne seraient pas dotée d’une école de tourisme, mais qui seraient intéressées pour rejoindre la dynamique, voir créer, demain, une école universitaire du tourisme dans leur propre structure.

C’est aussi une réponse aux professionnels du tourisme. Ce n’est pas en réfléchissant dans notre coin que nous allons proposer des offres adaptées et cohérentes avec la réalité opérationnelle.

Un certain nombre d’universités, à l’instar de l’Esthua, sont membres de réseaux professionnels telles que la Conférence des Formations d'Excellence au Tourisme. (CFET)

Développer l’apprentissage est l’un des axes, pas uniquement sur la formation initiale, et dans les différents domaines, dont ceux de l’hôtellerie et la restauration, du patrimoine et de la culture.

TourMaG.com – L’ambition est de résoudre la pénurie de personnel et de fidélisation de collaborateurs.

J.-R. M. :
Entre-autres. Apporter une réponse et continuer d’être plus performant par rapport à cette pénurie actuelle. Et de répondre au changement de société que le covid-19 a provoqué.

Le secteur professionnel doit revoir ses conventions collectives. Et la formation, de son côté, doit préparer des personnes à travailler dans le tourisme, à s’engager sur du long terme.

" intégrer les enjeux de société, politique, liés au numérique, à la digitalisation, à la transition écologique"

TourMaG.com – Que répondez-vous aux acteurs du tourisme qui ont besoin d’une réponse immédiate à la pénurie de personnel ?

J.R. M. :
A l’Esthua, nous avons actuellement 3500 étudiants et organisons plus de 2000 stages par an. Il y a peut-être une méconnaissance, une difficulté à identifier les acteurs avec qui travailler, ce à quoi doit répondre le réseau.

Celui-ci doit mieux accompagner les professionnels. Nous devons continuer à adapter notre offre de formation par rapport à un contexte économique et professionnel.

En 2022, au sein de l’ESTHUA, nous allons mettre en place une licence tourisme avec un parcours hospitalité, où les étudiants vont être formés dès la L1 aux métiers de l’hôtellerie, de la restauration et de l’événementiel.

Le plan de reconquête inclus un plan de communication sur les métiers du tourisme de 10 millions d’euros répartis sur 2022 et 2023, dans la lignée de ce qu’a fait l’armée pour ses recrutements.

Ce n’est pas nous, les universités, dans notre petit coin qui allons changer le monde, mais nous devons agir de manière collégiale et cohérente. Après, cette communication massive, nous devrons être prêts à accueillir ces jeunes qui vont vouloir s’engager dans les métiers du tourisme.

TourMaG.com – Y aura-t-il un lien avec les structures d’enseignement privé ?

J.-R. M. :
Pour l’instant, le lien se fait au sein de la CFET. Le réseau est un projet avant tout universitaire.

Pour autant, il ne s’agit pas d’entrer en concurrence avec les écoles privées, mais d’être complémentaire. Chacun a des compétences et apporte des réponses au monde professionnel. La plus-value du monde universitaire est celle d’une recherche appliquée, qui répond en matière d’innovation.

TourMaG.com - La crise sanitaire a particulièrement touché l’industrie du tourisme. Y a-t-il du positif à retenir ?

J.-R. M. :
Les crises sont toujours compliquées à gérer, mais ce sont des remises en question. Nous devons désormais intégrer les enjeux de société, politique, liés au numérique, à la digitalisation, à la transition écologique.

Ce que les universités proposaient il y a 20 ans, ne peut plus l’être de la même manière aujourd’hui. Il faut continuer à s’adapter, nous questionner, nous repositionner.

Ce plan est une opportunité inouïe. La crise a fait prendre conscience au système français, à nos politiques, l’enjeu que représente le tourisme en termes d’emplois, de PIB.

Il y a une volonté forte de faire de la France, au-delà d’une destination touristique, d’en faire un vrai atout économique.

Caroline Lelievre Publié par Caroline Lelievre Journaliste - TourMaG.com
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