S'il est encore tÎt pour tirer des conclusions sur la fréquentation touristique en Corse pour juillet-août, certains professionnels, notamment les hÎteliers, sont inquiets pour la saison - DR : DepositPhotos.com, Photoprofi30@
La Corse n'a pas la rĂ©putation d'ĂȘtre une destination « bon marché ».
Bien qu'étant une ßle française tout proche du continent, les coûts des transports, qu'ils soient aériens ou maritimes, pÚsent sur l'enveloppe globale du budget vacances.
Aussi, en plein milieu de la haute saison touristique et alors que l'inflation se fait sentir sur les dépenses des voyageurs, comment se porte la destination et ses professionnels du tourisme ?
« Nous devrions finir l'été sur une baisse d'environ 20% de chiffre d'affaires par rapport à l'année derniÚre. A deux points prÚs, c'est à peu prÚs pareil en nombre de clients », indique Jean-Marc Ettori, le PDG du voyagiste Corsicatours.
Idem pour les hÎtels du Groupe. « Nous constatons une baisse autour de -10% sur nos établissements sur juillet-août, poursuit-il, elle est moindre sur notre hÎtel club en all inclusive, le Marina Viva, sûrement parce que les clients qui optent pour cette formule savent qu'ils n'auront pas de supplément à payer ».
Bien qu'étant une ßle française tout proche du continent, les coûts des transports, qu'ils soient aériens ou maritimes, pÚsent sur l'enveloppe globale du budget vacances.
Aussi, en plein milieu de la haute saison touristique et alors que l'inflation se fait sentir sur les dépenses des voyageurs, comment se porte la destination et ses professionnels du tourisme ?
« Nous devrions finir l'été sur une baisse d'environ 20% de chiffre d'affaires par rapport à l'année derniÚre. A deux points prÚs, c'est à peu prÚs pareil en nombre de clients », indique Jean-Marc Ettori, le PDG du voyagiste Corsicatours.
Idem pour les hÎtels du Groupe. « Nous constatons une baisse autour de -10% sur nos établissements sur juillet-août, poursuit-il, elle est moindre sur notre hÎtel club en all inclusive, le Marina Viva, sûrement parce que les clients qui optent pour cette formule savent qu'ils n'auront pas de supplément à payer ».
Un mois d'août à la peine...
« Les ventes se sont amoindries de mai à juillet, ainsi que toute l'avance que nous avions pu prendre », constate Stéphane Ralkos, le directeur voyages du tour-opérateur. Néanmoins, Ollandini devrait boucler la saison sur une progression comprise entre +5 et +10% des ventes.
Lire aussi : AprĂšs la Corse et la Sardaigne, une nouvelle destination pour Ollandini en 2024 ? đ
Malgré une moyenne satisfaisante, Stéphane Ralkos remarque un changement dans le comportement des clients. « Traditionnellement, juillet est un mois compliqué pour nous. La majorité des touristes viennent en Corse à partir de la 3e semaine de juillet jusqu'au 15 août. Mais cette année, paradoxalement, août s'annonce moins bon que juillet en terme d'arrivées ».
Et les ventes de derniÚre minute (VDM) ne sont pas non plus au rendez-vous. « Cette semaine, à peine 25% de nos VDM portent sur août et 70% sur septembre, sachant que ce dernier mois est aujourd'hui deux fois supérieur à août en nombre d'arrivées. C'est un mois qui devient explosif ».
Des taux de réservation inhabituels en juillet et août
Cette frĂ©quentation « anormale » de la Corse en plein mois d'aoĂ»t fait Ă©cho Ă l'enquĂȘte rĂ©cente publiĂ©e par la Banque de France *, Ă©voquant que « la saison touristique enregistre un niveau dâactivitĂ© en-deçà de celui observĂ© en 2022 ».
« Le « poumon Ă©conomique » de la rĂ©gion marque le pas, poursuit l'institution. En effet lâafflux touristique qui avait caractĂ©risĂ© lâannĂ©e 2022 nâest pas observĂ© cette annĂ©e ce qui impacte toute la filiĂšre hĂŽteliĂšre, restauration et location de vĂ©hicules ».
« Nous avons démarré la saison beaucoup plus tard que d'habitude à cause d'un manque de collaborateurs, nous explique Karina Goffi, la présidente de l'UMIH de Corse.
Le niveau de réservations étant plutÎt bas, nous avons été frileux et avons décidé de ne pas ouvrir en avril, donc nous avons tous perdu entre 10 et 25 jours de début de saison. Je dirais aussi que nous allons certainement finir la saison plus que tÎt que d'habitude, selon les retours que j'ai pu avoir des adhérents.
Le mois de mai n'a pas été beau non plus, avec des prix trÚs élevés et une mauvaise météo. Juin a été aussi trÚs moyen, avec jusqu'à -60%, voire -80% d'activité pour certains hÎteliers, en fonction du type d'établissement et des micro-régions ».
Quant Ă juillet et aoĂ»t, les taux de rĂ©servation sont inhabituels cette annĂ©e. NĂ©anmoins, depuis une semaine, « les rĂ©servations reprennent tout doucement, notamment avec le marchĂ© allemand » note Karina Goffi, qui espĂšre ainsi que l'hĂŽtellerie corse parviendra à « rattraper » une vingtaine de jours sur le mois dâaoĂ»t.
Mais la présidente de l'UMIH reste inquiÚte, car pour attirer les voyageurs en derniÚre minute, certains professionnels ont décidé de revoir leurs tarifs à la baisse. « Cela donne un mauvais signal à la clientÚle : finalement on leur dit que plus ils réserveront tard et plus ils bénéficieront d'offres », souligne la présidente.
« Le « poumon Ă©conomique » de la rĂ©gion marque le pas, poursuit l'institution. En effet lâafflux touristique qui avait caractĂ©risĂ© lâannĂ©e 2022 nâest pas observĂ© cette annĂ©e ce qui impacte toute la filiĂšre hĂŽteliĂšre, restauration et location de vĂ©hicules ».
« Nous avons démarré la saison beaucoup plus tard que d'habitude à cause d'un manque de collaborateurs, nous explique Karina Goffi, la présidente de l'UMIH de Corse.
Le niveau de réservations étant plutÎt bas, nous avons été frileux et avons décidé de ne pas ouvrir en avril, donc nous avons tous perdu entre 10 et 25 jours de début de saison. Je dirais aussi que nous allons certainement finir la saison plus que tÎt que d'habitude, selon les retours que j'ai pu avoir des adhérents.
Le mois de mai n'a pas été beau non plus, avec des prix trÚs élevés et une mauvaise météo. Juin a été aussi trÚs moyen, avec jusqu'à -60%, voire -80% d'activité pour certains hÎteliers, en fonction du type d'établissement et des micro-régions ».
Quant Ă juillet et aoĂ»t, les taux de rĂ©servation sont inhabituels cette annĂ©e. NĂ©anmoins, depuis une semaine, « les rĂ©servations reprennent tout doucement, notamment avec le marchĂ© allemand » note Karina Goffi, qui espĂšre ainsi que l'hĂŽtellerie corse parviendra à « rattraper » une vingtaine de jours sur le mois dâaoĂ»t.
Mais la présidente de l'UMIH reste inquiÚte, car pour attirer les voyageurs en derniÚre minute, certains professionnels ont décidé de revoir leurs tarifs à la baisse. « Cela donne un mauvais signal à la clientÚle : finalement on leur dit que plus ils réserveront tard et plus ils bénéficieront d'offres », souligne la présidente.
Juillet et août, des mois moins soutenus pour les transporteurs cette année
Chez Corsica Ferries, premier transporteur sur la Corse en été, la baisse des réservations depuis deux mois pour la haute saison se fait aussi sentir.
« Nous avons fortement baissé nos prix depuis le mois de mai, afin d'essayer de relancer la destination. Il est un peu trop tÎt pour voir si cela portera ses fruits sur la pointe de trÚs haute saison », nous fait savoir son président, Pierre Mattei.
MĂȘme son de cloche du cĂŽtĂ© d'Air Corsica, dont l'offre de siĂšges est en hausse de plus de 5% par rapport Ă 2022.
« La saison s'étale sur six mois et il est donc prématuré de tirer des conclusions dÚs juillet, commente Luc Bereni, le président du directoire d'Air Corsica. Le deuxiÚme trimestre a été excellent sur le plan du trafic et du coefficient de remplissage.
Les deux mois de la pointe estivale sont moins soutenus, notamment sur Paris oĂč l'on note un ralentissement alors que les autres lignes françaises et europĂ©ennes d'Air Corsica demeurent satisfaisantes.
Mais, poursuit-il, une fois de plus, les véritables comptes seront faits en fin de saison et on verra alors qu'il faudra aller chercher ailleurs que dans une supposée hausse des prix de l'aérien d'éventuelles explications sur une baisse de la fréquentation de certaines structures d'hébergement de notre ßle.
Nos tarifs augmentent moins vite que nos charges et nous avons du mal à répercuter sur le prix des billets la totalité des augmentations de coûts que nous subissons du fait de l'inflation et de l'explosion des taxes à caractÚre environnemental.
Ce ne sont pas les quelques dizaines d'euros de hausse que nous parvenons tant bien que mal à appliquer sur les derniers siÚges des vols les mieux remplis qui ont un effet dissuasif sur la demande globale. Le prix moyen d'un aller-retour en haute saison vers la Corse sur Air Corsica reste inférieur à 300⏠TTC, dont quasiment 80⏠de taxes.
Des lors, comme vient de le déclarer Christian Mantei dans les colonnes de Corse Matin, « laissons de cÎté les analyses au doigt mouillé ». »
« Nous avons fortement baissé nos prix depuis le mois de mai, afin d'essayer de relancer la destination. Il est un peu trop tÎt pour voir si cela portera ses fruits sur la pointe de trÚs haute saison », nous fait savoir son président, Pierre Mattei.
MĂȘme son de cloche du cĂŽtĂ© d'Air Corsica, dont l'offre de siĂšges est en hausse de plus de 5% par rapport Ă 2022.
« La saison s'étale sur six mois et il est donc prématuré de tirer des conclusions dÚs juillet, commente Luc Bereni, le président du directoire d'Air Corsica. Le deuxiÚme trimestre a été excellent sur le plan du trafic et du coefficient de remplissage.
Les deux mois de la pointe estivale sont moins soutenus, notamment sur Paris oĂč l'on note un ralentissement alors que les autres lignes françaises et europĂ©ennes d'Air Corsica demeurent satisfaisantes.
Mais, poursuit-il, une fois de plus, les véritables comptes seront faits en fin de saison et on verra alors qu'il faudra aller chercher ailleurs que dans une supposée hausse des prix de l'aérien d'éventuelles explications sur une baisse de la fréquentation de certaines structures d'hébergement de notre ßle.
Nos tarifs augmentent moins vite que nos charges et nous avons du mal à répercuter sur le prix des billets la totalité des augmentations de coûts que nous subissons du fait de l'inflation et de l'explosion des taxes à caractÚre environnemental.
Ce ne sont pas les quelques dizaines d'euros de hausse que nous parvenons tant bien que mal à appliquer sur les derniers siÚges des vols les mieux remplis qui ont un effet dissuasif sur la demande globale. Le prix moyen d'un aller-retour en haute saison vers la Corse sur Air Corsica reste inférieur à 300⏠TTC, dont quasiment 80⏠de taxes.
Des lors, comme vient de le déclarer Christian Mantei dans les colonnes de Corse Matin, « laissons de cÎté les analyses au doigt mouillé ». »
Les « petits budgets », pas en adéquation avec l'offre corse
De son cÎté, Corsica Linea devrait connaßtre une hausse de 8 à 10% du nombre de passagers entre juillet et août, qui suit la hausse de +8% de son offre par rapport à 2022, avec des prix stables par rapport à l'an dernier.
« Nous sommes plutĂŽt face Ă une saison rĂ©ussie Ă la fois en termes de remplissage de nos bateaux que de satisfaction des clients », commente Pierre Mainguy, le directeur commercial et marketing de Corsica Linea, qui note tout de mĂȘme un rythme de VDM assez soutenu ces derniers jours.
Lire aussi : Corsica Linea renforce sa desserte de l'Algérie pour l'été 2023
Le last minute pourrait donc permettre à certains professionnels de « sauver les meubles ». Pour autant, et malgré quelques promotions, les clients ne doivent pas s'attendre à bénéficier de prix défiant toute concurrence. « Tout est une question de timing », nous résume Karine Nanglard, conseillÚre voyages à l'agence Corsicatours de Porto Vecchio.
« Quand les clients me demandent quelle période est la moins chÚre pour réserver, avant j'aurais su leur répondre. Mais aujourd'hui, entre le yield et l'inflation, je ne peux plus. Ce qui est certain, c'est qu'en général, il vaut mieux réserver en early booking ».
StĂ©phane Ralkos, quant Ă lui, a notĂ© que « les clients aux budgets forts ont rĂ©servĂ© bien en amont. Nous avons rĂ©alisĂ© de beaux dossiers, Ă 15 ou 20 000âŹ. LĂ , en derniĂšre minute, il s'agit plutĂŽt de petits budgets et je crains que ces derniers ne soient pas en adĂ©quation avec l'offre corse », souligne-t-il.
« Nous sommes plutĂŽt face Ă une saison rĂ©ussie Ă la fois en termes de remplissage de nos bateaux que de satisfaction des clients », commente Pierre Mainguy, le directeur commercial et marketing de Corsica Linea, qui note tout de mĂȘme un rythme de VDM assez soutenu ces derniers jours.
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Le last minute pourrait donc permettre à certains professionnels de « sauver les meubles ». Pour autant, et malgré quelques promotions, les clients ne doivent pas s'attendre à bénéficier de prix défiant toute concurrence. « Tout est une question de timing », nous résume Karine Nanglard, conseillÚre voyages à l'agence Corsicatours de Porto Vecchio.
« Quand les clients me demandent quelle période est la moins chÚre pour réserver, avant j'aurais su leur répondre. Mais aujourd'hui, entre le yield et l'inflation, je ne peux plus. Ce qui est certain, c'est qu'en général, il vaut mieux réserver en early booking ».
StĂ©phane Ralkos, quant Ă lui, a notĂ© que « les clients aux budgets forts ont rĂ©servĂ© bien en amont. Nous avons rĂ©alisĂ© de beaux dossiers, Ă 15 ou 20 000âŹ. LĂ , en derniĂšre minute, il s'agit plutĂŽt de petits budgets et je crains que ces derniers ne soient pas en adĂ©quation avec l'offre corse », souligne-t-il.
Airbnb : « nous regardons le rouleau compresseur et nous attendons »
Pour justifier la baisse de frĂ©quentation, la Banque de France Ă©voque « l'inflation dans tout le secteur du tourisme », mais parle Ă©galement « d'autres facteurs » qui ont jouĂ©. « La concurrence dâautres zones et une offre de transport qui semble en baisse pourraient expliquer cette Ă©volution.
Au final les professionnels observent des baisses de volumes aussi bien dans lâhĂŽtellerie que la location de vĂ©hicules. Le secteur de la restauration semble ĂȘtre plus sensible aux arbitrages rĂ©alisĂ©s par les touristes, rĂ©sume le rapport.
Pour autant, lâactivitĂ© tangente le niveau atteint en 2019. Les prix, aprĂšs un ajustement Ă la hausse avant saison, se stabilisent. Ă court terme, les professionnels sont prudents et anticipent au mieux une Ă©volution mesurĂ©e de lâactivitĂ©. »
Les VDM, mais aussi les réservations sur l'arriÚre-saison pourraient permettre d'améliorer le niveau d'activité ; mais avec des prix moins hauts qu'en juillet-août, pas sûr que le chiffre d'affaires engrangé suffise à contenter les professionnels.
D'autant qu'au-delà du coût des transports et de l'inflation, d'autres problématiques les inquiÚtent. « Nous assistons à une ubérisation qui nous asphyxie dans tous les sens, commente Karina Goffi pour l'UMIH. Cela touche les hébergeurs, mais aussi les loueurs de voitures, les taxis, les restaurateurs...
Certaines communes en France ont pris des mesures contre la poussée d'Airbnb, mais pour cela, il faut une volonté de la part des maires.
Aujourd'hui, le monde entier est en train de se rĂ©veiller sur Airbnb, et nous en Corse, nous allons encore ĂȘtre les derniers. Nous regardons le rouleau compresseur et nous attendons.
Alors bien sĂ»r, on ne peut pas arrĂȘter Airbnb, mais il faut le rĂ©guler et vivre avec, pour pouvoir proposer aux clients des offres qui rĂ©pondent Ă leurs diffĂ©rents besoins ».
Au final les professionnels observent des baisses de volumes aussi bien dans lâhĂŽtellerie que la location de vĂ©hicules. Le secteur de la restauration semble ĂȘtre plus sensible aux arbitrages rĂ©alisĂ©s par les touristes, rĂ©sume le rapport.
Pour autant, lâactivitĂ© tangente le niveau atteint en 2019. Les prix, aprĂšs un ajustement Ă la hausse avant saison, se stabilisent. Ă court terme, les professionnels sont prudents et anticipent au mieux une Ă©volution mesurĂ©e de lâactivitĂ©. »
Les VDM, mais aussi les réservations sur l'arriÚre-saison pourraient permettre d'améliorer le niveau d'activité ; mais avec des prix moins hauts qu'en juillet-août, pas sûr que le chiffre d'affaires engrangé suffise à contenter les professionnels.
D'autant qu'au-delà du coût des transports et de l'inflation, d'autres problématiques les inquiÚtent. « Nous assistons à une ubérisation qui nous asphyxie dans tous les sens, commente Karina Goffi pour l'UMIH. Cela touche les hébergeurs, mais aussi les loueurs de voitures, les taxis, les restaurateurs...
Certaines communes en France ont pris des mesures contre la poussée d'Airbnb, mais pour cela, il faut une volonté de la part des maires.
Aujourd'hui, le monde entier est en train de se rĂ©veiller sur Airbnb, et nous en Corse, nous allons encore ĂȘtre les derniers. Nous regardons le rouleau compresseur et nous attendons.
Alors bien sĂ»r, on ne peut pas arrĂȘter Airbnb, mais il faut le rĂ©guler et vivre avec, pour pouvoir proposer aux clients des offres qui rĂ©pondent Ă leurs diffĂ©rents besoins ».
« Il faut établir une politique touristique »
Autre sujet qui fùche les pros en Corse : la question du surtourisme, un terme qui fait les gros titres de la presse ces derniers mois.
En Corse, cette question de la surfrĂ©quentation touche quelques sites trĂšs prisĂ©s, telles les Ăles Lavezzi, et seulement Ă certaines pĂ©riodes de l'annĂ©e.
Mais cette année, elle est devenue une source de discorde entre l'Agence du tourisme de la Corse (ATC) et les professionnels de l'ßle, l'agence ayant déclaré ne pas vouloir faire de publicité à destination des touristes pour la haute saison.
Si l'ATC n'a pas répondu à notre demande d'interview, les professionnels du tourisme interrogés évoquent quant à eux les difficultés qu'ils rencontrent à se faire entendre auprÚs des institutions insulaires.
« Il y a eu des dizaines de réunions avec l'ATC, des vingtaines de rapports, et pour quoi ? Le problÚme des transports a-t-il été réglé ? Celui de la publicité ? Du Airbnb ? », s'interroge Jean-Marc Ettori. Cela fait 40 ans que je discute et je n'ai plus envie de discuter encore dix ans de plus ».
« Il faut établir une politique touristique et que tout le monde soit en capacité de se mettre autour de la table et de dire : voilà ce que l'on veut pour la Corse, voilà comment on imagine la suite et voilà ce qu'il faut faire pour promouvoir l'ßle et montrer que l'on aime les touristes, ajoute Karina Goffi.
Car ce n'est pas en écrivant des gros tags « Français dehors » que l'on va attirer du monde. C'est collectivement que l'on peut faire quelque chose. Et puis, il faut une aide de l'ATC ».
La présidente de l'UMIH regrette la dynamique qui avait été mise en place durant la pandémie, avec la création d'un collectif rassemblant entre autres les organisations interprofessionnelles, les gßtes, les campings, l'UMIH, la chambre des métiers, la CCI, la FNTV et Strada Corsa, le transport de marchandises.
« Nous représentions l'ensemble des socioprofessionnels de l'ßle et nous avons trÚs bien travaillé pendant la crise Covid. C'était une premiÚre en Corse.
Dans ce cadre, nous avons notamment mis en place des ANI (Accord National Interprofessionnel), c'est-Ă -dire de l'argent sur chaque passager qui venait sur l'Ăźle. Et bien aujourd'hui, nous demandons Ă peu prĂšs la mĂȘme chose Ă lâexĂ©cutif : que l'argent de la DSP (dĂ©lĂ©gation de service public), au lieu d'ĂȘtre reversĂ© au transporteur, soit mis sur le passager », explique Karina Goffi.
En Corse, cette question de la surfrĂ©quentation touche quelques sites trĂšs prisĂ©s, telles les Ăles Lavezzi, et seulement Ă certaines pĂ©riodes de l'annĂ©e.
Mais cette année, elle est devenue une source de discorde entre l'Agence du tourisme de la Corse (ATC) et les professionnels de l'ßle, l'agence ayant déclaré ne pas vouloir faire de publicité à destination des touristes pour la haute saison.
Si l'ATC n'a pas répondu à notre demande d'interview, les professionnels du tourisme interrogés évoquent quant à eux les difficultés qu'ils rencontrent à se faire entendre auprÚs des institutions insulaires.
« Il y a eu des dizaines de réunions avec l'ATC, des vingtaines de rapports, et pour quoi ? Le problÚme des transports a-t-il été réglé ? Celui de la publicité ? Du Airbnb ? », s'interroge Jean-Marc Ettori. Cela fait 40 ans que je discute et je n'ai plus envie de discuter encore dix ans de plus ».
« Il faut établir une politique touristique et que tout le monde soit en capacité de se mettre autour de la table et de dire : voilà ce que l'on veut pour la Corse, voilà comment on imagine la suite et voilà ce qu'il faut faire pour promouvoir l'ßle et montrer que l'on aime les touristes, ajoute Karina Goffi.
Car ce n'est pas en écrivant des gros tags « Français dehors » que l'on va attirer du monde. C'est collectivement que l'on peut faire quelque chose. Et puis, il faut une aide de l'ATC ».
La présidente de l'UMIH regrette la dynamique qui avait été mise en place durant la pandémie, avec la création d'un collectif rassemblant entre autres les organisations interprofessionnelles, les gßtes, les campings, l'UMIH, la chambre des métiers, la CCI, la FNTV et Strada Corsa, le transport de marchandises.
« Nous représentions l'ensemble des socioprofessionnels de l'ßle et nous avons trÚs bien travaillé pendant la crise Covid. C'était une premiÚre en Corse.
Dans ce cadre, nous avons notamment mis en place des ANI (Accord National Interprofessionnel), c'est-Ă -dire de l'argent sur chaque passager qui venait sur l'Ăźle. Et bien aujourd'hui, nous demandons Ă peu prĂšs la mĂȘme chose Ă lâexĂ©cutif : que l'argent de la DSP (dĂ©lĂ©gation de service public), au lieu d'ĂȘtre reversĂ© au transporteur, soit mis sur le passager », explique Karina Goffi.
« En Corse, aujourd'hui, aucun site n'est payant »
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Quant au surtourisme, la proposition rĂ©currente d'Ă©taler la saison pour rĂ©guler les flux ne convainc pas l'UMIH. « Il faut dĂ©jĂ avoir l'hĂ©bergement volontaire pour cela et pouvoir rester ouvert en fonction du personnel, de la mĂ©tĂ©o, des coĂ»ts supplĂ©mentaires engendrĂ©s. De mĂȘme, il y a beaucoup d'endroits l'hiver, par exemple entre Ăźle Rousse et Calvi, oĂč beaucoup de choses sont fermĂ©es.
Certaines mesures dĂ©ployĂ©es en ville sur le continent ne sont pas dĂ©clinables de la mĂȘme façon Ă la montagne ou sur une Ăźle ».
En revanche, nuance Karina Goffi, « je pense que nous sommes prĂȘts Ă envisager un autre mode de fonctionnement et à « éduquer » les touristes autrement.
Partout oĂč ils vont, les touristes doivent rĂ©server ou payer pour visiter des sites. En Corse, aujourd'hui, aucun site n'est payant.
Quand on nous parle des Ăźles Lavezzi, la Corse va rĂ©guler la frĂ©quentation. Par contre, la Sardaigne peut y accĂ©der et demain, si vous avez votre propre bateau, vous entrez sur ces Ăźles. Ăa n'est pas logique !Â
Il nous faut des politiques qui admettent que le tourisme rapporte à l'ßle et qu'il faut jouer le jeu à fond ».
* EnquĂȘte menĂ©e auprĂšs d'environ 8 500 entreprises ou Ă©tablissements de lâindustrie, des services et du bĂątiment entre le 28 juin et le 5 juillet 2023
Certaines mesures dĂ©ployĂ©es en ville sur le continent ne sont pas dĂ©clinables de la mĂȘme façon Ă la montagne ou sur une Ăźle ».
En revanche, nuance Karina Goffi, « je pense que nous sommes prĂȘts Ă envisager un autre mode de fonctionnement et à « éduquer » les touristes autrement.
Partout oĂč ils vont, les touristes doivent rĂ©server ou payer pour visiter des sites. En Corse, aujourd'hui, aucun site n'est payant.
Quand on nous parle des Ăźles Lavezzi, la Corse va rĂ©guler la frĂ©quentation. Par contre, la Sardaigne peut y accĂ©der et demain, si vous avez votre propre bateau, vous entrez sur ces Ăźles. Ăa n'est pas logique !Â
Il nous faut des politiques qui admettent que le tourisme rapporte à l'ßle et qu'il faut jouer le jeu à fond ».
* EnquĂȘte menĂ©e auprĂšs d'environ 8 500 entreprises ou Ă©tablissements de lâindustrie, des services et du bĂątiment entre le 28 juin et le 5 juillet 2023






Publié par Anaïs Borios
















