logo CruiseMaG  




Pourquoi Transport & Environment estime les « hôtels flottants » sous-taxés

Une étude de l’ONG environnementale


Une nuit en croisière supporterait une fiscalité nettement inférieure à celle d’une nuit d’hôtel, selon une étude de Transport & Environment. L’écart serait encore plus spectaculaire sur le segment du luxe. L’ONG environnementale remet sur la table sa proposition d’une taxe de 15 euros par passager et par escale, déjà combattue en France par la CLIA.


Rédigé par le Jeudi 9 Juillet 2026 à 10:00

À l’heure actuelle, souligne T&E, au sein de l’UE, seule la Grèce applique une taxe au niveau national, dont le montant varie de 5 à 20 € selon la saison. Néanmoins des villes comme Barcelone appliquent leur propre fiscalité. @DepositPhotos-  Photo by ursula1964
À l’heure actuelle, souligne T&E, au sein de l’UE, seule la Grèce applique une taxe au niveau national, dont le montant varie de 5 à 20 € selon la saison. Néanmoins des villes comme Barcelone appliquent leur propre fiscalité. @DepositPhotos- Photo by ursula1964
Dans une étude publiée le 3 juillet 2026, Transport & Environment (T&E), compare pour la première fois la fiscalité appliquée aux croisières et à l’hôtellerie en France, en Espagne et en Italie.

Sa conclusion: en moyenne, les taxes représenteraient 23 % du prix d’une nuit d’hôtel contre seulement 12 % de celui d’une nuit en croisière. Soit, selon T&E, une fiscalité inférieure de 40 % pour les navires.

Derrière cette moyenne, les écarts varient sensiblement selon les pays. Ils seraient particulièrement importants en France, où la part des taxes atteindrait 24 % pour une nuit d’hôtel contre 9 % pour une croisière.

L’écart serait de 21 % contre 13 % en Espagne et de 25 % contre 15 % en Italie. Les calculs reposent sur un coût journalier de 100 euros pour les deux types de vacances et sur des croisières internationales.

Un régime conçu pour le transport maritime

L’étude prend en compte sept composantes : TVA, fiscalité locale, redevances portuaires, taxes de séjour, taxation de l’énergie, tarification du carbone et fiscalité des entreprises.

T&E estime que les compagnies bénéficient de régimes historiquement conçus pour le transport maritime international, alors que la croisière serait aujourd’hui davantage en concurrence avec les activités touristiques terrestres.

L’organisation souligne notamment que les croisières internationales sont exonérées de TVA directe, que les carburants marins ne sont pas soumis aux taxes énergétiques et que les compagnies peuvent bénéficier du régime de la taxe au tonnage, calculée sur la capacité de la flotte plutôt que sur les bénéfices réalisés.

L’écart serait encore plus spectaculaire dans le haut de gamme. Selon les calculs de T&E, les taxes représenteraient environ 20 % du prix d’une nuit dans un hôtel haut de gamme, mais moins de 3 % du prix d’une nuit à bord d’un navire de croisière de catégorie comparable.

L’ONG explique notamment cette différence par le caractère forfaitaire de nombreux prélèvements appliqués aux croisières : leur poids relatif diminue à mesure que le prix du voyage augmente.

L’étude ne se limite pas à la comparaison avec l’hôtellerie. T&E chiffre entre 792 millions et 1,3 milliard d’euros la valeur des dommages environnementaux et sanitaires attribués aux émissions des navires de croisière en France, en Espagne et en Italie en 2025. Cette estimation monétarise notamment les effets des gaz à effet de serre sur le climat et ceux de la pollution atmosphérique sur la santé.

Dans le détail, la France représenterait un coût compris entre 117 et 186 millions d’euros, contre 301 à 502 millions pour l’Italie et 374 à 617 millions pour l’Espagne.

Une taxe de 15 euros par passager et par escale préconisée

Pour réduire cet écart, l’organisation défend l’instauration d’une taxe nationale de 15 euros par passager débarqué et par escale.

Selon ses calculs, la mesure permettrait de collecter 55 millions d’euros par an en France, 134 millions en Espagne et 145 millions en Italie, soit près de 335 millions d’euros au total.

T&E propose d'affecter ces recettes à la protection des écosystèmes côtiers, à l’électrification des quais et au développement de technologies de décarbonation du transport maritime.

En France, la proposition n’est pas nouvelle. En décembre 2025, le Sénat avait adopté, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances pour 2026, un amendement visant à instaurer une taxe de 15 euros par passager de croisière et par escale.

La CLIA avait alors vivement réagi, mettant en garde contre une accumulation des prélèvements supportés par les compagnies.


L’organisation professionnelle rappelait notamment l’entrée du transport maritime dans l’ETS européen et estimait que l’ajout d’une taxe forfaitaire dans chaque port français risquait de « taxer deux fois les mêmes émissions, sans bénéfice environnemental évident ».


Au-delà du débat environnemental, T&E ouvre ainsi un nouveau front pour le secteur de la croisière : celui de la comparaison avec l’hôtellerie. Une comparaison que les compagnies pourraient à leur tour contester, tant le modèle économique et fiscal d’un navire opérant dans plusieurs pays diffère de celui d’un établissement implanté sur un territoire unique.


Lu 150 fois

Tags : clia, croisieres
Notez

Nouveau commentaire :

Tous les commentaires discourtois, injurieux ou diffamatoires seront aussitôt supprimés par le modérateur.
Signaler un abus

Dans la même rubrique :
< >




































TourMaG.com
  • Instagram
  • Twitter
  • Facebook
  • YouTube
  • LinkedIn
  • GooglePlay
  • appstore
  • Google News
  • Bing Actus
  • Actus sur WhatsApp
 
Site certifié ACPM, le tiers de confiance - la valeur des médias