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Voyage d'affaires : l'hîtel, toujours plus cher en 2024 🔑

+200% de taxe de sĂ©jour en Île-de-France au 1er janvier 2024


La hausse des tarifs hîteliers va se poursuivre. Elle pourrait atteindre jusqu’à 17,5% dans certaines villes selon les observations d’Amex. CDS Groupe, en partenariat avec Epsa et MKG, confirme cette augmentation du prix des chambres, mais dans une proportion moindre.


Rédigé par le Vendredi 20 Octobre 2023 à 00:05

Amex et CDS Groupe en partenariat avec Epsa et MKG, anticipent une hausse des tarifs hĂŽteliers en 2024 - Depositphotos, AndreyPopov
Amex et CDS Groupe en partenariat avec Epsa et MKG, anticipent une hausse des tarifs hĂŽteliers en 2024 - Depositphotos, AndreyPopov
Selon les derniĂšres prĂ©visions d’American Express Global Business Travel (Amex GBT), les tarifs hĂŽteliers continueront d’augmenter dans la plupart des rĂ©gions du monde en 2024 malgrĂ© un ralentissement de la demande de voyages de loisirs.

Selon Amex, la France est le pays européen dont les prix des hÎtels, dopés par les JO de juillet 2024, va le plus augmenter : Paris +11%, Lyon +9,5%, Bordeaux +8,5%, Toulouse +7,8% et Marseille +6%.

Dans le reste de l’Europe, l’Europe du Nord se dĂ©marque avec une forte augmentation des prix Ă  Amsterdam (+10,8%), Göteborg, une des principales villes de SuĂšde (+10,1%), Dublin (+10%) et Berlin (+9,4%).

La hausse des tarifs pourrait atteindre jusqu’à 17,5% dans certaines villes, oĂč la pĂ©nurie de l’offre et les conditions locales contribuent Ă  faire grimper le prix moyen des chambres.

Les chiffres de CDS Groupe en partenariat avec EPSA et la cabinet MKG spécialiste du secteur hÎtelier, laisse entrevoir une hausse moins importante.

« Effectivement il y a une grosse augmentation des tarifs hĂŽteliers depuis 2019. Le prix moyen est de +27% versus 2019. Les prĂ©visions pour 2024 font Ă©tat d’une hausse de 4,7% versus 2023 », affirme Rebecca Xerri, directrice de la transformation digitale de la centrale hĂŽteliĂšre CDS Groupe.

En France, en 2024, EPSA anticipe une hausse des tarifs hĂŽteliers de +4,2% Ă  5,8% par rapport Ă  2023, avec un indice de confiance de 7/10. En Europe, la hausse serait comprise entre 2,6% Ă  3,7%.

« L’inflation est liĂ©e aux problĂ©matiques de formation des hĂŽteliers, Ă  l’augmentation du coĂ»t des matiĂšres premiĂšres, au retour de la clientĂšle Ă©trangĂšre, amĂ©ricaine et asiatique, avec des fortes monnaies, explique Rebecca Xerri. Et surtout Ă  l’augmentation de la taxe de sĂ©jour de 200% en Île-de-France.

C’est compliquĂ©, il faut intĂ©grer ces augmentations aux politiques voyages des corporates. »


Lire aussi : Voyage d'affaires : 2023, nouvelle année de référence !


Des hausses de tarifs attendues pendant les JO de 2024

L’accueil de la Coupe du Monde de rugby. en septembre et octobre 2023 a Ă©tĂ© un avant-goĂ»t des Jeux Olympiques qui se dĂ©rouleront en France Ă  l’étĂ© 2024.

« La nuit d’hĂŽtel a avoisinĂ© les 330€ Ă  Paris pendant le lancement de la Coupe du Monde de Rugby, c’est dĂ©lirant », commente Rebecca Xerri, de CDS Groupe, qui confirme une augmentation Ă  venir pendant les JO.

« Mais avant de parler d’augmentation des tarifs et de disponibilitĂ©, la premiĂšre chose est l’accessibilitĂ© de Paris. Ce sera Ă©galement une pĂ©riode estivale avec moins de dĂ©placements d’affaires, poursuit-elle.

En termes de disponibilitĂ©, en amont des Jeux, les deux ou trois Ă©toiles seront les plus prisĂ©s, par des personnes de l’organisation. Pendant les JO, la clientĂšle sera haute contribution, plus sur du 3 ou 4 Ă©toiles. »

Mercredi 18 octobre 2023, Ă  l'occasion d'un bilan de l'activitĂ© touristique du mois de septembre, Olivia GrĂ©goire, ministre dĂ©lĂ©guĂ©e chargĂ©e du tourisme, a appelĂ© une nouvelle fois Ă  la vigilance sur les tarifs : « La hausse du RevPAR (revenu par chambre disponible, ndlr) aprĂšs les annĂ©es Covid et avec l'inflation cela s'entend, mais il ne faudrait pas que les prix touchent au dĂ©raisonnable Ă  quelques mois des Jeux olympiques et paralympiques, et au moment oĂč les touristes du monde entier rĂ©servent leurs nuitĂ©es en France.

Il y aura des actions mises en place pour les plateformes de location de meublés.

D'ici la fin de l'année, les consommateurs auront accÚs à une information améliorée pour les informer si le prix est déraisonnable par rapport à ceux pratiqués sur les 3 à 5 derniÚres années. Cet été, le RevPAR a augmenté de 20% avec des pics jusqu'à 30% par rapport 2019 »
.

La Ministre souhaite mettre en place un observatoire des prix en collaboration avec les plateformes de location de meublés.

Déjà des discussions ont été entamées à ce sujet. Mais l'idée est aussi d'y associer l'hÎtellerie classique, afin de « renforcer la transparence des prix » pour les visiteurs qu'ils soient français ou étrangers.

Les tarifs hÎteliers, un frein au déplacement ?

L’accroissement du prix des chambres ne semble pas ĂȘtre un frein au dĂ©placement, mais a poussĂ© une partie de la clientĂšle Ă  modifier ses comportements.

« Nous sommes retournĂ©s Ă  la durĂ©e moyenne de dĂ©placement de 2019, soit 1,9 jour », prĂ©cise Rebecca Xerri, qui n’observe pas de baisse du volume de rĂ©servations chez CDS Groupe.

De son cĂŽtĂ©, Eric Estegassy, fondateur et CEO de Djoca Travel, centrale hĂŽteliĂšre B2B, constate un mĂ©contentement des voyageurs : « ils ne comprennent pas comment ils peuvent payer 250€ dans un deux Ă©toiles dont la qualitĂ© est indigente. Il y a une grosse insatisfaction et agressivitĂ© des clients.

Nous avons des problĂšmes pour les assister, car en intĂ©grant ces hĂŽtels, ils pensent trouver des conditions qui ne sont pas celles qu’elles sont au final. Je ne vois pas comment la clientĂšle business traditionnelle, qui frĂ©quente des 2 ou 3 Ă©toiles, peut continuer Ă  payer ces prix. »


La location de meublés, une alternative ?

Pour rĂ©duire le montant de la facture, certaines entreprises s’intĂ©ressent Ă  la location de meublĂ©s partagĂ©s par plusieurs collaborateurs.

« Aujourd’hui, ce n’est pas dans notre politique voyages, mais je suis sans cesse questionnĂ©e par des voyageurs qui sont insatisfaits et dans l’obligation de demander une dĂ©rogation, parce que le seuil de remboursement, le citycap, n’est plus en adĂ©quation avec la rĂ©alitĂ© », expliquait cette semaine Caroline Saccoletto, dĂ©lĂ©guĂ©e rĂ©gionale AFTM AURA, Ă  l’occasion d’un webinaire de l’AFTM.

« Il y a une demande pour des logements Airbnb, mais la qualitĂ© de service n’est pas encore lĂ . Contrairement Ă  un hĂŽtel, il y a trĂšs rĂ©guliĂšrement des problĂšmes Ă  l’arrivĂ©e, car la personne n’est pas forcĂ©ment disponible pour donner les clĂ©s, derriĂšre il y a beaucoup d’aprĂšs-vente et d’insatisfaction pour le voyageur d’affaires », note Maxime Pialat, CEO de l’agence de voyages Supertripper.

Duty of car, assurance... Faire appel Ă  de la location de meublĂ©s pose malgrĂ© tout quelques difficultĂ©s dans le cadre du voyage d’affaires.

« Airbnb permet de ne pas de saturer le marché et de moins tendre les prix. 50% des réservations des touristes pendant la Coupe du Monde ont été effectuées sur Airbnb, note Rebecca Xerri de CDS Groupe. Les clients ont tellement besoin de services, de prise en charge, de moyens de paiement, etc. Le Airbnb est à mettre entre parenthÚses pour la clientÚle corpo. »

Lire aussi : AFTM : 2023, une bonne annĂ©e "gonflĂ©e artificiellement par l’inflation"


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