Thierry PrengÚre propose l'instauration d'une norme ou labellisation pour exercer le métier d'agent de voyages - Depositphotos @5amil.studio55
Depuis janvier 2016, toute personne, mĂȘme sans diplĂŽme ni expĂ©rience dans le tourisme, peut ouvrir une agence de voyages.
Les conditions à réunir pour se lancer sont peu nombreuses, mais pas toujours évidentes à obtenir.
A l'époque, Valérie Boned, alors secrétaire générale du SNAV, devenu depuis les Entreprises du Voyage (EDV) qualifiait la garantie financiÚre de "véritable sésame pour ouvrir une agence de voyages.
C'est la compétence au sein des points de vente qui compte véritablement. Et cela repose sur la qualité des collaborateurs qui y sont employés."
Une compétence qui est depuis attaquée par les travel planners alors que la qualité du personnel n'est pas toujours évidente à mettre en lumiÚre.
Finalement, 7 ans aprÚs cette réforme, Thierry PrengÚre, néo-professionnel du secteur, dresse un bilan plutÎt négatif de la mesure.
"Les agents en sont rĂ©duits Ă mettre en avant leur passion pour le voyage. Une passion qui est devenue la clĂ© pour lĂ©gitimer son travail et expertise, alors qu'un passionnĂ© de voyage peut ĂȘtre un amateur ou un travel planner.
A force de mettre en avant cet argument, nous nous tirons une balle dans le pied," analyse le président de LAhLANhLA.
Les conditions à réunir pour se lancer sont peu nombreuses, mais pas toujours évidentes à obtenir.
A l'époque, Valérie Boned, alors secrétaire générale du SNAV, devenu depuis les Entreprises du Voyage (EDV) qualifiait la garantie financiÚre de "véritable sésame pour ouvrir une agence de voyages.
C'est la compétence au sein des points de vente qui compte véritablement. Et cela repose sur la qualité des collaborateurs qui y sont employés."
Une compétence qui est depuis attaquée par les travel planners alors que la qualité du personnel n'est pas toujours évidente à mettre en lumiÚre.
Finalement, 7 ans aprÚs cette réforme, Thierry PrengÚre, néo-professionnel du secteur, dresse un bilan plutÎt négatif de la mesure.
"Les agents en sont rĂ©duits Ă mettre en avant leur passion pour le voyage. Une passion qui est devenue la clĂ© pour lĂ©gitimer son travail et expertise, alors qu'un passionnĂ© de voyage peut ĂȘtre un amateur ou un travel planner.
A force de mettre en avant cet argument, nous nous tirons une balle dans le pied," analyse le président de LAhLANhLA.
Agent de voyages : "la seule profession réglementée sans certification ou norme"
A l'heure oĂč les professionnels cherchent Ă acquĂ©rir de la lĂ©gitimitĂ© auprĂšs du grand public, parler de passion n'est plus la seule clĂ© pour s'ouvrir les portes du marchĂ© du voyage.
"Quand je vois les publicités expliquant pourquoi il faut passer par une agence de voyages, je pense que nous prenons le problÚme par le mauvais bout.
Il y a un manque de crĂ©dibilitĂ© certain et un intĂ©rĂȘt profond Ă faire reconnaĂźtre le professionnalisme des agents de voyages," estime le patron rĂ©unionnais.
Une lĂ©gitimitĂ© aprĂšs laquelle court la profession depuis des annĂ©es. Une quĂȘte qui ouvre la porte ouverte Ă d'autres acteurs.
D'autant que si deux critĂšres sont indispensables pour exercer (disposer d'une garantie financiĂšre et d'une RC Pro, pour obtenir une immatriculation auprĂšs d'Atout France), la majeure partie du grand public n'est mĂȘme pas au courant de ces conditions.
Et pour éviter de ne vivre que sur son image de passionné et du bouche-à -oreille, Thierry PrengÚre propose aux EDV de structurer de nouveau cette profession réglementée.
"A ma connaissance, c'est la seule dans le genre à ne pas avoir de certification ou de norme. b[Je pense que depuis 2016, les EDV auraient dû se saisir de la question et créer une norme ISO pour crédibiliser le métier.
Dans le mĂȘme temps, un client lambda est incapable de faire la diffĂ©rence entre un travel planner et un agent de voyages. Il ne sait pas non plus ce qu'est Atout France, " et encore moins l'APST ou un autre garant financier... (Ndlr)
Certification agent de voyages : que doit-elle comprendre ?
Pour sortir de son simple rÎle de distributeur de plus en plus imposé par les tour-opérateurs (TO), à en croire l'avis du président de LAhLANhLA, la création d'une charte ou norme permettrait une reconnaissance de la part du grand public.
"Les agents ne sont plus des experts, ils sont complÚtement liés aux TO. Qualitativement, l'agent de voyages est concurrencé par le travel planner et ce sera de plus en plus le cas.
La vraie question n'est pas de se demander pourquoi - cette activité est illégale - mais pourquoi elle gagne des parts de marché," analyse Thierry PrengÚre.
Pour le patron de l'agence réunionnaise, qui a passé plus de 20 ans dans la finance, le syndicat de l'industrie doit prendre en main le sujet, en créant une norme avec une base juridique, une charte de bonne conduite et pratique du métier d'agent de voyages.
Toujours selon lui, il serait indispensable de créer des procédures écrites et d'instaurer une formation continue obligatoire, etc.
"La norme devrait intĂ©grer aussi le traitement des conflits d'intĂ©rĂȘts.
Quand un professionnel touche une surcommission de la part d'un tour-opĂ©rateur ou d'un hĂ©bergement, est-ce que ce n'est pas cette somme qui pousse l'agent Ă proposer tel ou tel produit ? C'est pour moi un conflit d'intĂ©rĂȘt," dĂ©plore ce professionnel qui s'est spĂ©cialisĂ© dans l'ultra-personnalisation, en se passant des TO.
Ce projet rejoint celui de l'obligation des restaurateurs de mentionner les plats qui ne sont pas "faits maison" d'ici 2025. Une plus grande transparence et un gage de qualité, c'est à peu de chose prÚs les combats que doivent mener les agents de voyages pour crédibiliser leur métier.
La nouvelle norme pourrait prévoir aussi une plus grande transparence dans la tarification de l'activité et, à terme, accorder une sous-licence ou label, aux travel planners.
"Les agents ne sont plus des experts, ils sont complÚtement liés aux TO. Qualitativement, l'agent de voyages est concurrencé par le travel planner et ce sera de plus en plus le cas.
La vraie question n'est pas de se demander pourquoi - cette activité est illégale - mais pourquoi elle gagne des parts de marché," analyse Thierry PrengÚre.
Pour le patron de l'agence réunionnaise, qui a passé plus de 20 ans dans la finance, le syndicat de l'industrie doit prendre en main le sujet, en créant une norme avec une base juridique, une charte de bonne conduite et pratique du métier d'agent de voyages.
Toujours selon lui, il serait indispensable de créer des procédures écrites et d'instaurer une formation continue obligatoire, etc.
"La norme devrait intĂ©grer aussi le traitement des conflits d'intĂ©rĂȘts.
Quand un professionnel touche une surcommission de la part d'un tour-opĂ©rateur ou d'un hĂ©bergement, est-ce que ce n'est pas cette somme qui pousse l'agent Ă proposer tel ou tel produit ? C'est pour moi un conflit d'intĂ©rĂȘt," dĂ©plore ce professionnel qui s'est spĂ©cialisĂ© dans l'ultra-personnalisation, en se passant des TO.
Ce projet rejoint celui de l'obligation des restaurateurs de mentionner les plats qui ne sont pas "faits maison" d'ici 2025. Une plus grande transparence et un gage de qualité, c'est à peu de chose prÚs les combats que doivent mener les agents de voyages pour crédibiliser leur métier.
La nouvelle norme pourrait prévoir aussi une plus grande transparence dans la tarification de l'activité et, à terme, accorder une sous-licence ou label, aux travel planners.
"Les agents de voyages ne sont plus des experts"
Avec cet outil, l'activité de Travel planer serait davantage encadrée. Il serait aussi possible de prévoir une obligation de travailler auprÚs d'une agence de voyages, pour finaliser des séjours, comme le font des apporteurs d'affaires, sous peine de poursuites en justice.
"Ils seraient obligés d'avoir une responsabilité civile, de publier des conditions générales de vente et éventuellement de disposer d'une garantie financiÚre. L'avenir de la profession dépendra de ce qui se fera ou non dans ce domaine au cours prochaines années," parie Thierry PrengÚre.
Si le chantier s'annonce colossal pour les Entreprises du Voyage, il parait de plus en plus vital, alors mĂȘme que le nombre de clients ne cesse de dĂ©croitre depuis la sortie de la crise sanitaire.
Une intermĂ©diation qui est aussi remise en question en Allemagne, oĂč les voyageurs dans les agences sont en baisse de -14% sur l'Ă©tĂ© et -17% pour la basse saison, selon Travel Data & Analytics (TDA).
Le Syndicat devra se questionner sur la raison d'ĂȘtre du mĂ©tier d'agent de voyages. Pour rappel, en Turquie, TURSAB l'Ă©quivalent des EDV locales, a instaurĂ© l'obligation de possĂ©der une expĂ©rience de cadre dans une entreprise du voyage pendant 6 ans et sortir de l'universitĂ© du secteur.
A lire : Turquie : qui est TURSAB, le syndicat des AGV qui a fait interdire Booking ?
Pour assurer une uniformisation et une bonne base de compétences à l'ensemble de la sphÚre touristique, le syndicat truc a monté sa propre académie. Elle comprend un lycée professionnel, une fondation et une université à Ankara.
Un exemple sur lequel peut s'appuyer le monde du tourisme, qui devra aussi faire face Ă de possibles discriminations, comme le font les assureurs avec les jeunes permis.
"Ils seraient obligés d'avoir une responsabilité civile, de publier des conditions générales de vente et éventuellement de disposer d'une garantie financiÚre. L'avenir de la profession dépendra de ce qui se fera ou non dans ce domaine au cours prochaines années," parie Thierry PrengÚre.
Si le chantier s'annonce colossal pour les Entreprises du Voyage, il parait de plus en plus vital, alors mĂȘme que le nombre de clients ne cesse de dĂ©croitre depuis la sortie de la crise sanitaire.
Une intermĂ©diation qui est aussi remise en question en Allemagne, oĂč les voyageurs dans les agences sont en baisse de -14% sur l'Ă©tĂ© et -17% pour la basse saison, selon Travel Data & Analytics (TDA).
Le Syndicat devra se questionner sur la raison d'ĂȘtre du mĂ©tier d'agent de voyages. Pour rappel, en Turquie, TURSAB l'Ă©quivalent des EDV locales, a instaurĂ© l'obligation de possĂ©der une expĂ©rience de cadre dans une entreprise du voyage pendant 6 ans et sortir de l'universitĂ© du secteur.
A lire : Turquie : qui est TURSAB, le syndicat des AGV qui a fait interdire Booking ?
Pour assurer une uniformisation et une bonne base de compétences à l'ensemble de la sphÚre touristique, le syndicat truc a monté sa propre académie. Elle comprend un lycée professionnel, une fondation et une université à Ankara.
Un exemple sur lequel peut s'appuyer le monde du tourisme, qui devra aussi faire face Ă de possibles discriminations, comme le font les assureurs avec les jeunes permis.
La position de Valérie Boned, présidente des EDV
Pour Valérie Boned, la présidente des EDV, "il n'est pas question de rendre obligatoire une formation pour exercer la profession d'agent de voyages, nous sommes plutÎt dans une démarche de valorisation des compétences.
Un état des lieux des certifications existantes ainsi que des besoins professionnels, a été mené.
Les rĂ©sultats dĂ©montrent que les certifications existantes correspondent aux besoins, mais que la perspective sur lâĂ©volution des mĂ©tiers a Ă©tĂ© soulevĂ© rĂ©guliĂšrement, et notamment autour de la question Ă©cologique avec une adaptation de lâoffre, donc des compĂ©tences.
Des focus pour approfondir lâanalyse ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s sur quatre thĂ©matiques :
- analyse du mĂ©tier de responsable dâagence,
- métier de conseiller voyages
- partenariats potentiels avec le ministĂšre de lâenseignement supĂ©rieur
- éductours.
Tous les rĂ©sultats sont soumis aux partenaires sociaux (Commission Paritaire Nationale de lâEmploi) dâici fin 2023, mais les EdV ont dĂ©jĂ avancĂ© sur les Ă©ductours qui doivent dĂ©boucher sur des projets de formations socles obligatoires et dĂ©diĂ©es au tourisme, ainsi que la crĂ©ation de passeports de compĂ©tences et un label autour des Ă©cogestes.
Nous réfléchissons à la création d'un Certificat de Qualification Professionnelle pour les responsables d'agence de voyages.
Tout ceci est pris à bras le corps par les EdV et dÚs 2024 des résultats concrets seront au rendez-vous !", assure la présidente.
Un état des lieux des certifications existantes ainsi que des besoins professionnels, a été mené.
Les rĂ©sultats dĂ©montrent que les certifications existantes correspondent aux besoins, mais que la perspective sur lâĂ©volution des mĂ©tiers a Ă©tĂ© soulevĂ© rĂ©guliĂšrement, et notamment autour de la question Ă©cologique avec une adaptation de lâoffre, donc des compĂ©tences.
Des focus pour approfondir lâanalyse ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s sur quatre thĂ©matiques :
- analyse du mĂ©tier de responsable dâagence,
- métier de conseiller voyages
- partenariats potentiels avec le ministĂšre de lâenseignement supĂ©rieur
- éductours.
Tous les rĂ©sultats sont soumis aux partenaires sociaux (Commission Paritaire Nationale de lâEmploi) dâici fin 2023, mais les EdV ont dĂ©jĂ avancĂ© sur les Ă©ductours qui doivent dĂ©boucher sur des projets de formations socles obligatoires et dĂ©diĂ©es au tourisme, ainsi que la crĂ©ation de passeports de compĂ©tences et un label autour des Ă©cogestes.
Nous réfléchissons à la création d'un Certificat de Qualification Professionnelle pour les responsables d'agence de voyages.
Tout ceci est pris à bras le corps par les EdV et dÚs 2024 des résultats concrets seront au rendez-vous !", assure la présidente.
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Publié par Romain Pommier 














