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Aérien : le consommateur, dernière roue du train d'atterrissage 🔑

L'Editorial de Jean da Luz



Beaucoup de transporteurs aériens sont aujourd’hui aux abois. Ce n’est pas un scoop. Il ne se passe pas une semaine sans que l’on évoque les difficultés de telle ou telle compagnie, qui pourrait prendre le bouillon. Mais que devient le consommateur dans tout ce bintz ? Est-il condamné à être toujours la dernière roue du train d'atterrissage ?


Rédigé par le Dimanche 16 Janvier 2022

Les compagnies pourraient-elles se voir imposer par l’Union européenne une législation plus protectrice des consommateurs ou ne s’agit-il que d’un énième effet d’annonce dans un dossier qui ressemble de plus en plus à un serpent de mer ?/crédit DEpositPhoto
Les compagnies pourraient-elles se voir imposer par l’Union européenne une législation plus protectrice des consommateurs ou ne s’agit-il que d’un énième effet d’annonce dans un dossier qui ressemble de plus en plus à un serpent de mer ?/crédit DEpositPhoto
Du pavillon français, aux legacy airlines en passant par les low cost, force est de constater la gravité de la crise du transport aérien, industrie sinistrée s'il en est...

L’Association internationale IATA qui représente la plupart de ces entreprises et les défend bec et ongles, avec l’efficacité qu’on lui connaît, informe régulièrement le secteur de l’impact de la pandémie.

Oui, le transport aérien vient de traverser la pire crise de sa jeune histoire. Il a même frôlé le crash et ce n’est probablement pas terminé...

Omicron poursuit son combat d'arrière-garde et pourrit toujours l’ambiance, en décimant les personnels navigants, ce qui a eu dernièrement pour conséquence d’annuler des milliers de vols dans le monde, faute de staffs suffisants.

A long terme, des turbulences risquent d’apparaître

Cependant, la situation est grave mais pas désespérée, comme disait quelqu’un.

A court terme, on sait les efforts incommensurables que sont prêts à consentir les Etats (y compris les plus petits) pour continuer à soutenir, vaille que vaille, leur pavillon. Parfois, on se demande bien pourquoi, mais c'est là un autre débat...

C’est probablement pour les mêmes raisons que cette industrie s’est souvent affranchie des règles contractuelles, et parfois même réglementaires, concernant la protection des consommateurs.

A moyen terme aussi, les prévisions sont plutôt optimistes : l’aérien devrait se remplumer plus vite que prévu parce que les impératifs de l’économie et ceux de la physique, ne nous permettent pas de nous passer de sitôt de ce moyen de transport.

A long terme, des turbulences risquent d’apparaître, notamment avec le besoin de décarbonation et la prise de conscience écologique des consommateurs.

Un phénomène que la SNCF veut saisir au bond avec son réseau ferroviaire à grande vitesse reliant les métropoles européennes.

Mais un autre bâton merdeux risque de revenir comme un boomerang : l’organisation de la garantie de l'insolvabilité. Faute d’avoir réglé cette question voire de l’avoir aggravée en refusant de rembourser les clients au début de la pandémie, les compagnies pourraient se voir imposer par l’Union européenne une législation plus protectrice des consommateurs.

L’industrie aéronautique dans le collimateur de la Commission ?

Un énième effet d’annonce dans un dossier qui ressemble de plus en plus à un serpent de mer ? Pas forcément. La Covid-19 et ses effets sur le voyage et le tourisme ont fait bouger les lignes.

L’industrie aéronautique est dans le collimateur de la Commission européenne, selon Eric Drésin.

Le secrétaire général inquiet de l'ECTAA milite pour la création d'une caisse de garantie européenne, afin de protéger les clients des défaillances éventuelles des compagnies.

Il indique dans une interview à TourMaG.com, que “la Commission est à l'écoute” (et) évalue la possibilité d'introduire une protection contre l'insolvabilité des transporteurs…”

Pour l’instant, pas de révolution en vue. Les compagnies peuvent dormir sur leurs deux ailes. Mais l’idée fait son bonhomme de chemin, étayée par l’exemple du Danemark, pionnier en la matière.

Ici, pas question de gruger les passagers : en cas de défaillance, la caisse de garantie intervient dès qu'il y a un préjudice supérieur à 130 euros. Chaque compagnie qui atterrit au pays des Vikings crache au bassinet, via une contribution passager comprise dans le tarif du billet.

L’Europe mettra-t-elle un jour un terme au scandale de l’insolvabilité des transporteurs aériens ? On peut l’espérer, mais il ne faut pas trop se faire d’illusions. Le lobbying de l’industrie, dont on connaît la puissance, n’a pas dit son dernier mot.

bEn France, le Ministère du Tourisme et l’APST, sont désormais outillés pour le faire avec la [Caisse centrale de réassurance (CCR)://www.ccr.fr/ pour changer la donne. Mais le peuvent et le veulent-ils ? Rien n’est moins sûr…]b

Jean Da Luz L'éditorial de Jean Da Luz Directeur de la rédaction - TourMaG.com
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