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Alternance : pas si simple de trouver un employeur !

La voie royale vers l’emploi, un parcours du combattant ?



Plébiscitée, l’alternance est une formule idéale pour se former tout en travaillant, sans payer ses frais de scolarité. Mais trouver une entreprise s’avère parfois compliqué. En effet, il peut être difficile de convaincre un employeur quand on a un profil sans expérience.


Rédigé par le Mercredi 16 Octobre 2019

En 2019, Disneyland Paris a recruté 810 alternants, ils seront 1 000 en 2020 - DR : Disney
En 2019, Disneyland Paris a recruté 810 alternants, ils seront 1 000 en 2020 - DR : Disney
L’alternance séduit les étudiants.

Fondée sur l’articulation de temps d’apprentissage théorique en établissement scolaire et de formation pratique en entreprise, la formule, très professionnalisante, prépare à l’insertion sur le marché du travail et permet de décrocher plus rapidement un contrat une fois diplômé.

De plus, l’alternant ne paye pas ses frais de scolarité, et l’entreprise lui verse un salaire selon un pourcentage du SMIC.

En 2017, 294 800 nouveaux contrats d’apprentissage ont été signés, dont 280 400 dans le secteur privé, soit une hausse de 2,1% par rapport à 2016, selon les données du ministère du Travail.

Le gouvernement souhaite d’ailleurs inciter un plus grand nombre de jeunes à se lancer dans cette voie à travers la loi sur « la liberté de choisir son avenir professionnel » promulguée en septembre 2018.

« Le système a fait ses preuves, il se généralise », remarque Rémi Campet, directeur des ressources humaines du pôle voyage du groupe Figaro (Marco Vasco / Les Maisons du Voyage).

Un outil de sourcing pour des métiers en émergence

A l’IEFT - Ecole Supérieure de Tourisme toutes les formations sont proposées en alternance. Cela représente 20 à 25% d’alternants.

« Chaque année, nous rédigeons davantage de contrats de professionnalisation, affirme Karine Gaudinet Guérin, responsable des relations extérieures à l’IEFT. La réforme de l’apprentissage devrait augmenter ce chiffre. »

Certains groupes misent chaque année sur ces contrats.

Ainsi Pierre & Vacances-Center Parcs emploie près de 170 étudiants en stage ou en alternance dans les métiers du tourisme et de l'immobilier à Paris. « Ce type de formation est également très étendu sur nos sites de vacances : chaque année, nous ouvrons plus de 120 contrats de professionnalisation principalement sur nos métiers de la réception, l'animation et plus récemment de la maintenance partout en France.

Au-delà de nos frontières nous comptons près de 70 alternants chaque année aux Pays-Bas et en Belgique sur l'ensemble de nos marques »,
souligne Emmanuel Martin, Responsable Recrutement France du groupe Pierre & Vacances-Center Parcs.

« Nous avons de vrais besoins opérationnels, l’alternance est alors pour nous un levier de réussite pour les absorber, c’est également un outil de sourcing pour pallier aux difficultés de recrutement et à des métiers en émergence, par exemple la data ou l’IT », indique, pour sa part, Guillaume Da Cunha, directeur des ressources humaines de Disneyland Paris.

En 2018, 735 alternants ont été recrutés à Disneyland Paris. En 2019, ils étaient 810. En 2020, ils seront 950.

« Ils représentent 5,5% de l’ensemble de l’effectif, notre plan à dix ans prévoit de faire passer ce chiffre à 8%, soit 1 000 apprentis », affirme Guillaume Da Cunha.

Cinq domaines d’activité sont notamment concernés : l’entertainment, le parc à travers les métiers de la restauration, les boutiques et l’animation des attractions, puis l’hôtellerie, les services techniques (usinage, horticulture, services généraux, soudeurs, chaudronniers) et les fonctions supports.

Des métiers en tension ou connaissant un fort taux de turn over.

La galère de trouver un employeur

"Trouver une entreprise n’est pas si simple", en témoigne Ambre Sutton, candidate malheureuse.

En MBA Tourisme, elle a contacté une centaine d’entreprises de l’industrie du tourisme sans succès. « J’ai réussi à décrocher deux entretiens qui se sont soldés par un refus, car je n’avais pas assez d’expérience.

L’école m’avait dit que ce serait difficile, mais que je finirai par trouver. Malheureusement, je ne poursuivrai pas mes études dans le tourisme »
, explique-t-elle. Finalement, elle a signé un CDI dans le secteur du commerce.

A 24 ans, titulaire d’un bachelor en hôtellerie de luxe, Adeline Michel a intégré l’EFHT et recherche actuellement un contrat de professionnalisation de 24 mois en agence de voyages ou dans le tour-operating.

« Mon CV n’est pas axé agence, mais plus hôtellerie, contrairement à d’autres candidats de ma promo, titulaires d’un BTS Tourisme. Il y a également plus d’offres de stage que d’alternance », tente d’expliquer Adeline Michel, face aux difficultés qu’elle rencontre.

« De manière générale, j’ai l’impression qu’il y a peu d’entreprises qui recrutent des alternants dans le tourisme. Rémunérer quelqu’un pendant 24 mois doit être un frein », poursuit-elle.

Adeline Michel a jusqu'à fin décembre pour trouver un employeur.

Etudiante en BTS tourisme l’an dernier, Chloé Chappelet s’était mise en quête d’une alternance à Lyon et/ou en Savoie dès sa première année. « J’avais envoyé des candidatures personnalisées, je m’étais déplacée dans les agences. Je n’avais pas trouvé, donc j’ai suivi mon BTS en formation initiale », dit-elle.

Depuis avril, Chloé recherche activement une entreprise pour suivre sa deuxième année de formation en alternance. « J’ai contacté les agences, Offices de tourisme, tour-opérateurs, etc. J’ai investi les réseaux sociaux, participé au job dating. J’ai réussi à décrocher deux entretiens. »

Sa persévérance a payé, Chloé a signé un contrat de professionnalisation avec l’Ecole de ski français de Valmorel.

L’alternance, non adaptée à l’industrie du tourisme ?

Le pôle voyage du groupe Figaro emploie chaque année moins de 10 alternants en contrats professionnels ou en apprentissage.

« L’alternance est très adaptée à des typologies de postes support, notamment aide comptable, assistant RH, assistant de production, assistant de contenu éditorial », analyse Rémi Campet, DRH du pôle Voyage du Groupe Figaro.

Plus long qu’un stage, l’alternance donne le temps de former des juniors. « Ils sont plus motivés, matures et impliqués », poursuit Rémi Campet.

Quid du financement des contrats ? Malgré les aides, le coût de l’alternance peut expliquer la difficulté à trouver un employeur.

« Payer un salarié à 80% du SMIC quand il n'est présent que deux jours par semaine, c’est cher. Peut-être qu’il faudrait les payer au prorata de leurs jours de présence », avance la responsable des relations extérieures à l’IEFT.

Autre frein : le découpage du temps entre l’école et l’entreprise. « Quand il y a une relation avec le client, le rythme devient trop rigide. C’est difficile d’assurer une continuité. Pour les métiers techniques, on arrive toujours à trouver un rythme qui convienne à l’étudiant et à l’entreprise », explique Rémi Campet.

Même constat chez TUI qui embauche chaque année 55 alternants dans tous les services (marketing, production, finances, agences de voyages, fonctions commerciales, etc.) : « Ils sont parfois absents de l'entreprise dans des périodes cruciales, de pic de travail. »

« Dans une agence de voyages, en hospitality ou dans l’événementiel, on est vraiment dans de la relation client, il n’y pas le droit à l’erreur.

L’exigence est telle que les employeurs sont plus frileux. Il y a également le problème du manque de place. Par exemple dans une agence, ajouter un poste de travail n’est pas toujours possible »
, constate Karine Gaudinet Guérin, responsable des relations extérieures à l’IEFT.

Porte d’entrée dans l’entreprise

Une fois le pied mis dans l’entreprise, l’avenir professionnel des alternants semble de bon augure.

Selon une étude de l’Apec, 37% des alternants ont eu une proposition d’embauche à l’issue de leur formation. « C’est un investissement pour l’entreprise », rappelle Karine Gaudinet Guérin.

Ils se retrouvent, deux ans après l’obtention de leur master, deux fois moins au chômage que les diplômés n’ayant pas suivi une alternance, soit 7% contre 14% de sans emploi.

« Ces contrats permettent de former des étudiants qui restent sur le long terme dans l’entreprise, qui peuvent donc bénéficier pleinement de cet « investissement » humain. Et par la suite, ces profils sont très intéressants en vue d’un recrutement car ils sont déjà formés et connaissent les process de l’entreprise », confirme-t-on chez TUI.

Sans avancer de chiffres, le DRH du pôle voyage du Figaro assure que l’alternance est une porte d’entrée pour intégrer l’entreprise en CDD ou CDI.

Au sein du Groupe Pierre & Vacances-Center Parcs, cette année plus de 40% des stagiaires et alternants du siège parisien ont continué l'aventure en CDI ou CDD.

L'alternance semble être une opération gagnante pour toutes les parties. De quoi motiver les entreprises à ouvrir leurs bras à ces jeunes ?

Caroline Lelievre Publié par Caroline Lelievre Journaliste - TourMaG.com
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