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Un week-end à Bordeaux... so chic ! 🔑

La capitale de la Nouvelle-Aquitaine mĂ©rite qu’on lui consacre trois bons jours.


Longtemps assoupie dans le souvenir de sa gloire passĂ©e, l’ancienne capitale du duchĂ© d’Aquitaine est redevenue, depuis quelques dĂ©cennies, une destination plĂ©biscitĂ©e pour ses ambiances urbaines, sa gastronomie et son effervescence culturelle. TourMaG a pu profiter d'un week-end Ă  Bordeaux version chic !


Rédigé par le Jeudi 20 Juillet 2023 à 00:05

Week-end à Bordeaux, patrimoine classique et création contemporaine cohabitent avec bonheur. Ici, à cÎté de la colonnade de l'Opéra, une oeuvre du plasticien espagnol Jaume Plensa (@PB).
Week-end à Bordeaux, patrimoine classique et création contemporaine cohabitent avec bonheur. Ici, à cÎté de la colonnade de l'Opéra, une oeuvre du plasticien espagnol Jaume Plensa (@PB).
Depuis des siĂšcles, ses nectars font tourner les tĂȘtes dans le monde entier. Si Bordeaux est la capitale mondiale du vin, elle est bien plus que cela.

MarquĂ©e Ă  jamais par son prestigieux passĂ©, par l’histoire de son port aussi, cette ville longtemps rĂ©putĂ©e bourgeoise fait dĂ©sormais mentir le qualificatif de « belle endormie » qui lui a Ă©tĂ© accolĂ© dans les annĂ©es 1980.

Depuis vingt-cinq ans, elle est redevenue une destination plébiscitée pour ses ambiances urbaines et son effervescence culturelle. De surcroßt, elle ne manque ni de beaux hÎtels ni de bonnes tables.


Au Marty, un art de vivre trĂšs urbain

Bouquets blancs et cascade de lustres dorés créent un ambiance chaleureuse au Marty Bordeaux (PB)
Bouquets blancs et cascade de lustres dorés créent un ambiance chaleureuse au Marty Bordeaux (PB)
Ces derniĂšres annĂ©es et, de nouveau, ces derniers temps, une ribambelle de nouveaux hĂŽtels a ouvert Ă  Bordeaux. On n’a donc que l’embarras du choix.

Cette fois-ci, nous avons choisi comme compagnon de voyage, Le Marty Bordeaux, Tapestry Collection by Hilton. RĂ©cemment installĂ© au sein du quartier d’affaires MĂ©riadeck, cet Ă©tablissement pensĂ© pour les jeunes gĂ©nĂ©rations, dĂ©ploie un art de vivre rĂ©solument urbain.

Le Marty Bordeaux se veut un lieu de vie hybride qui fait une place exceptionnelle Ă  l’art. Nell Caritey-HerguĂ©, fondatrice de L’Artillerie, agence spĂ©cialisĂ©e dans la promotion d’artistes et la mise en valeur d’espaces, sĂ©lectionne chaque semestre sept artistes « coups de cƓur » : leurs Ɠuvres, dissĂ©minĂ©es Ă  travers l’hĂŽtel, suscitent Ă©changes et rencontres et sont disponibles Ă  la vente.

Abstraction, street art, photographie, sculptures, tous les genres sont prĂ©sents mais ils sont toujours rĂ©solument contemporains. Le Marty propose aussi Ă  ses clients des ateliers crĂ©atifs (mosaĂŻque, collage, etc..) Ă©galement ouverts aux habitants de Bordeaux. Car il entend « renforcer son ancrage local », souligne AurĂ©lie Jadelus, la directrice de l’établissement.

Dans le hall du Marty, face Ă  l’entrĂ©e, de gros bouquets blancs sont posĂ©s sur une table surmontĂ©e d’une avalanche de lustres ; Ă  droite, la rĂ©ception ; Ă  gauche, un salon ; au fond, un bar, immense.

La dĂ©coration est vitaminĂ©e, le mobilier souvent vintage, parfois contemporain. L’éclairage, trĂšs travaillĂ©, et la diversitĂ© des textures rendent l’atmosphĂšre chaleureuse.

A l’étage - mais Ă©galement, de l’autre cĂŽtĂ© de la cour, dans un second bĂątiment habillĂ© de bois -, et toujours peuplĂ©e d'Ɠuvres d’art, Ă©galement Ă  vendre, se trouvent les 61 chambres.

Elles misent sur une ambiance plus feutrée, mais toujours élégantes. La literie haut de gamme by Hilton y est excellente, on est donc assuré de bien dormir, au calme, aprÚs une longue balade dans Bordeaux.

Cité du vin, véritable totem bordelais

Avec sa silhouette mordorée et spiralée en forme de bouchon, la Cité du vin est devenue un totem bordelais (@PB)
Avec sa silhouette mordorée et spiralée en forme de bouchon, la Cité du vin est devenue un totem bordelais (@PB)
Il y a tant de choses Ă  voir Ă  Bordeaux qu’il ne faut pas perdre de temps ! La ville peut se visiter Ă  pied, en taxi, Ă  vĂ©lo (la mĂ©tropole compte 200 kilomĂštres de pistes cyclables) mais le tramway qui a contribuĂ©, depuis une grosse vingtaine d’annĂ©e, Ă  moderniser l’image de Bordeaux, est trĂšs pratique.

En une grosse demi-heure, il est ainsi possible de rejoindre la Cité du vin.

Dressée au bord de la Garonne, sa silhouette mordorée et spiralée en forme de bouchon, change de couleur autant que le ciel de teintes. Depuis son ouverture en 2016, ce lieu culturel devenu un véritable totem, a un succÚs fou : 400 000 visiteurs par an hors-Covid.

MĂȘme ceux qui la connaissent dĂ©jĂ , ont intĂ©rĂȘt Ă  y revenir : la CitĂ© du vin vient de repenser sa scĂ©nographie, mais en Ă©vitant - de nouveau - l’écueil du tout exclusif Bordelais.

C’est avec le monde du vin sur la planĂšte toute entiĂšre que le nouveau parcours, dĂ©clinĂ© en huit langues –français, anglais, espagnol, etc.- propose de lier connaissance.

D’entrĂ©e, sur l’appareil genre smartphone qui lui est remis, le visiteur est invitĂ© Ă  choisir la thĂ©matique -gastronomie, art, environnement- qui guidera ses pas, puis Ă  cliquer, au fur et Ă  mesure, pour dĂ©clencher les explications sonores.

Le visiteur peut s’en donner Ă  cƓur joie Ă  travers de multiples expĂ©riences sensorielles : fouler –virtuellement, s’entend- des grappes de raisins avec ses pieds, participer –non moins virtuellement- Ă  un repas de famille gai et arrosĂ©, survoler –virtuellement toujours- les vignobles du monde en s’allongeant dans un cinĂ©ma Ă  l’écran incurvĂ©.

C’est l’occasion rĂȘvĂ©e de dĂ©couvrir les paysages viticoles de la Napa Valley californienne, de la rĂ©gion argentine de Mendoza ou encore ceux de l’üle grecque de Santorin oĂč les sarments des vignes, taillĂ©es en corbeille, sont enroulĂ©s au ras du sol pour les protĂ©ger du vent violent


Pourquoi pas, aussi, en profiter pour revoir, mais cette fois-ci d’en haut, le vignoble du MĂąconnais ou celui de l’Alsace ? Il sera temps, ensuite, d’écouter dix vignerons partager - sur grand Ă©cran - les particularitĂ©s de leur terroir et dire l’impact qu’elles ont sur leur vin. Et aussi de tester le « jeu des sept familles du vin ».

Ou encore de redécouvrir, dans la « galerie des civilisations », les mythes que le vin a contribué à forger à travers les siÚcles et, pourquoi pas, de mieux cerner, dans la "galerie des tendances", la (récente) percée des femmes dans le monde du vin ?

Bien que ce nouveau parcours se veuille sĂ©lectif, toutes ces expĂ©riences prennent du temps si l’on se laisse prendre au jeu. L’idĂ©al, si l’on arrive Ă  Bordeaux, tĂŽt dans la matinĂ©e, en train, c’est, une fois les valises posĂ©es Ă  l’hĂŽtel, d’entamer sa visite de la CitĂ© du vin avant dĂ©jeuner, avant de faire, sur place, une pause gastronomique.

Vue panoramique à 360 degrés

Parmi les "expĂ©riences sensorielles" incluses dans son nouveau parcours de visite, la CitĂ© du vin propose de fouler –virtuellement, s’entend- des grappes de raisins avec ses pieds (@PB)
Parmi les "expĂ©riences sensorielles" incluses dans son nouveau parcours de visite, la CitĂ© du vin propose de fouler –virtuellement, s’entend- des grappes de raisins avec ses pieds (@PB)
En ce dĂ©but d’étĂ©, il Ă©tait assez naturel de prĂ©fĂ©rer Ă  la brasserie Latitude 20 installĂ©e en rez-de-jardin, le restaurant juchĂ© au septiĂšme Ă©tage de la CitĂ© du vin. Son nom ? « Le 7 », Ă©videmment !

Non seulement il offre une exceptionnelle vue Ă  360 degrĂ©s sur Bordeaux mais la carte Ă  base de produits rĂ©gionaux de saison, cuisinĂ©s aux saveurs du monde, rĂ©serve de jolies surprises. Par exemple ce tartare vĂ©gĂ©tal Ă  base de betterave, suivi d’une volaille du Sud-Ouest accompagnĂ©e de lentilles bio fumĂ©es et d‘une salade de pousses et herbes sauvages.

Pour l’accompagner, la sommeliĂšre qui a sĂ©lectionnĂ© 500 vins reprĂ©sentant 50 pays, conseille un blanc assez minĂ©ral de Sicile ou, si l’on prĂ©fĂšre boire « local », un Pessac-LĂ©ognan blanc 2020 du domaine « Les Demoiselles de Larrivet Haut-Brion ».

Lire aussi : Bordeaux se prépare un été smart

Avant de faire un petit tour Ă  la boutique et Ă  la cave (800 rĂ©fĂ©rences, 14 000 bouteilles), le reste de l’aprĂšs-midi n’est pas de trop pour s’approprier la fin du l'exposition permanente de la CitĂ© du vin qui vient, en sus, d'innover en lançant un parcours immersif de dĂ©gustation inĂ©dit, baptisĂ© Via sensoria. Cette "pause sensorielle" est prĂ©vue jusqu'au 5 novembre.

Notre visite, plus classique, s’est achevĂ©e, elle, par une petite dĂ©gustation (comprise dans le prix du billet d‘entrĂ©e) pour laquelle le visiteur est invitĂ© Ă  grimper au "BelvĂ©dĂšre" du huitiĂšme Ă©tage.

Sur cette terrasse couverte juchĂ©e Ă  35 mĂštres de haut qui rĂ©cuse l’appellation de rooftop, on profite, verre d'un nectar du monde Ă  la main, d’une vue Ă©blouissante sur la Garonne et la ville.

Petites assiettes japonisantes

De petites assiettes aux saveurs délicates (@PB)
De petites assiettes aux saveurs délicates (@PB)
AprÚs cette incursion dans le monde du vin, retour au Marty pour se rafraßchir un peu. Puis, pour terminer la journée en beauté, direction un restaurant gastronomique raffiné à 10 minutes à pied seulement de l'hÎtel, prÚs de la place Gambetta.

Son nom ? Inima. C’est un peu mystĂ©rieux, mais franchement plus adaptĂ© Ă  la cuisine dĂ©licate de Oxana Cretu, la jeune chef moldave, que le nom initial trĂšs connotĂ© qui Ă©tait 
 « Crosmagnon » !

Fan de fleurs et amatrice de poivres, cette autodidacte laisse libre cours à son imagination pour dérouler de petites assiettes aux influences japonisantes. Elle y associe textures et saveurs avec un indéniable talent.

Comment rĂ©sister, par exemple, Ă  son blanc-manger au gel de jasmin avec citron caviar, Ă  ses pommes Dauphine au sarrasin et glace au sarrasin sur un lit d’anguilles fumĂ©es ou Ă  ses coques et palourdes, lamelles d’artichaut et bouillon d’herbes marines ?

On sort de ce dĂźner Ă©mue par toutes ces saveurs Ă©lĂ©gantes joliment combinĂ©es. Et convaincue que ce restaurant mĂ©rite d’ĂȘtre mieux connu.

Bordeaux, une ville de pierre blonde

Des vitraux dédiés au vin dans le Bar à vin, au rez-de-chaussée de l'immeuble qui abrite l'Interprofession des vins de Bordeaux (@PB)
Des vitraux dédiés au vin dans le Bar à vin, au rez-de-chaussée de l'immeuble qui abrite l'Interprofession des vins de Bordeaux (@PB)
AprÚs une nuit réparatrice (la literie du Marty est vraiment exceptionnelle) et un petit déjeuner dans la salle prÚs du bar, nouvelle échappée dans Bordeaux. Le centre historique est à une demi-heure seulement à pied.

La rue Georges Bonnac mĂšne tout droit Ă  la place Gambetta. Avant d’aller plus loin, un crochet s’impose jusqu’au 15, rue Vital-Carles oĂč se trouve la librairie Mollat.

Comme le cannelĂ©, un petit gĂąteau en forme de cylindre parfumĂ© au rhum et Ă  la vanille –on en trouve d’ailleurs d’excellents Ă  La Toque CuivrĂ©e, au 41, Place Gambetta-, Mollat est une vĂ©ritable institution bordelaise.

Quinze espaces thématiques et 300 000 références se cachent derriÚre son élégante façade bleue. Difficile donc de ne pas succomber à la tentation !

Il faut pourtant rĂ©sister Ă  l’envie de trop s’attarder dans cette librairie indĂ©pendante, fut-elle la plus grande de France.

Avec ses 150 hectares classĂ©s en secteur sauvegardĂ© et presque la moitiĂ© du territoire inscrit Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2007, Bordeaux regorge, Ă©videmment, de bien d’autres richesses Ă  ne pas manquer !

Lire aussi : Coup d'envoi du site Agora pour le tourisme Ă  Bordeaux-Metropole

En se dirigeant vers l’Office de tourisme de Bordeaux MĂ©tropole, on butte de nouveau sur le vin ! Le CIVB, entendez par lĂ  le ComitĂ© interprofessionnel des vins de Bordeaux, loge au 1, Cours du 30 juillet. Cette instance professionnelle n’aurait guĂšre d’intĂ©rĂȘt touristique si la « Maison Gobineau » -du nom de l’ancien conseiller parlementaire Ă  qui elle a appartenu- qui l’hĂ©berge, n’avait un dĂ©cor et des vitraux exceptionnels dĂ©diĂ©s au vin. En rez-de-chaussĂ©e se trouve aussi un Bar Ă  vin (fermĂ© le dimanche) oĂč l’on peut s’initier Ă  la dĂ©gustation.

L’Office de tourisme installĂ© presque en face, au 12, Cours du 30 juillet, rend Ă©galement hommage au vin, avec son parcours « le vin dans la ville ».

Un document vendu sur place (3 €) puis le QR Code Ă  tĂ©lĂ©charger permettent -grĂące aux capsules sonores installĂ©es sur les divers points d’intĂ©rĂȘt- de le rĂ©aliser en autonomie tout en ayant le sentiment d’ĂȘtre guidĂ©.

La Liberté brise ses chaßnes

En haut de la colonne de l'Esplanade des Quinconces, la liberté brise ses chaßnes (@PB)
En haut de la colonne de l'Esplanade des Quinconces, la liberté brise ses chaßnes (@PB)
L’esplanade des Quinconces se trouve non loin. Elle est le cƓur du « pĂ©rimĂštre Unesco ».

Difficile d’imaginer que, jadis, Ă  cet endroit trĂŽnait une immense forteresse, le chĂąteau Trompette, destinĂ© Ă  contrĂŽler une ville rĂ©putĂ©e rebelle pour avoir Ă©tĂ© dans le camp anglais pendant la guerre de Cent ans ! Il a Ă©tĂ© dĂ©truit en 1818 pour crĂ©er cette place de 12 hectares - la plus grande d’Europe -, bordĂ©e de chaque cĂŽtĂ© par une jolie promenade ombragĂ©e par des abres plantĂ©s en ... quinconce !

S’il ne reste aucune trace de Trompette, en revanche Bordeaux cultive le souvenir de Montaigne et de Montesquieu qui ont, tous deux, siĂ©gĂ© au parlement de Bordeaux. Et ont, chacun, leur statue Ă  un bout de la place.

L’élĂ©ment le plus stupĂ©fiant de cette imposante esplanade devenue l’un des lieux les plus populaires et les plus festifs de Bordeaux, c’est cependant l'imposant « monument aux Girondins », construit en 1890 en en mĂ©moire des dĂ©putĂ©s de la pĂ©riode rĂ©volutionnaire victimes de la Terreur.

En haut de la colonne haute de 43 mĂštres, la LibertĂ© dĂ©ploie ses ailes et brise ses chaĂźnes –tout un symbole-, Ă  ses pieds, d‘innombrables statues allĂ©goriques.

Week-end Ă  Bordeaux : le luxe du « Triangle d’Or »

La trÚs célÚbre "grosse cloche" de Bordeaux (@PB)
La trÚs célÚbre "grosse cloche" de Bordeaux (@PB)
C’est lĂ  aussi que dĂ©bute le fameux « triangle d’or » de Bordeaux, dĂ©limitĂ© par les AllĂ©es de Tourny, le Cours Georges ClĂ©menceau et le Cours de l’Intendance, sorte de Champs ElysĂ©es bordelais oĂč dĂ©bouche le passage Sarget, couvert d’une belle verriĂšre sous laquelle sont installĂ©es de jolies boutiques


Ce quartier dĂ©sormais luxueux –on n’y compte plus les hĂŽtels particuliers, les belles enseignes et les joailliers- nĂ© Ă  partir de 1790 grĂące Ă  l’architecte Chalifour, abrite aussi le Grand Théùtre, autrement dit l'OpĂ©ra.

Ce chef d’Ɠuvre de l’architecte Victor Louis se distingue avec son pĂ©ristyle Ă  douze colonnes, son grand escalier qui aurait inspirĂ© Charles Garnier pour l’OpĂ©ra de Paris et la magnifique coupole de sa salle de spectacle peinte par Charles Robin


Au centre de ce fameux « triangle d’or » se trouve aussi la Place des Grands Hommes. Catherine Bord, guide-confĂ©renciĂšre et autrice, avec une amie, d’un guide consacrĂ© Ă  Bordeaux (la version française est Ă©puisĂ©e, la version en anglais encore disponible) et d‘un guide ludique pour visiter Bordeaux avec les enfants (on les trouve chez Mollat et Ă  l’Office de tourisme), suggĂšre d’ailleurs de « dĂ©couvrir Bordeaux en marchant de place en place comme dans toutes les villes qui ont beaucoup d’histoire ».

Ce conseil vaut pour dĂ©couvrir le « triangle d’or », mais aussi pour les quartiers Saint-Eloi et Saint-Paul qui abritent, dans un dĂ©dale de ruelles pavĂ©es le Bordeaux mĂ©diĂ©val ainsi qu’une cĂ©lĂ©britĂ© locale, la "Grosse cloche", autrement dit le beffroi de l’ancien hĂŽtel de ville Ă©rigĂ© au XVe siĂšcle en lieu et place de l’ancienne porte Saint-Eloi.

On gagnera aussi à marcher de place en place pour aborder le b[quartier Saint-Pierre, qui est le cƓur de l’ancien castrum romain. ]b

Chemin faisant, on dĂ©couvre combien Bordeaux a su, depuis quelques dĂ©cennies, remettre en valeur la pierre blonde dont sont faits beaucoup d‘immeubles Ă  la stricte architecture classique, mais on a quelque difficultĂ© pour choisir oĂč poser les yeux tant d’innombrables monuments et façades se donnent en spectacle.

Des mascarons trĂšs bavards

Sur beaucoup de façades en pierre blonde, des mascarons (@PB)
Sur beaucoup de façades en pierre blonde, des mascarons (@PB)
En tout cas, il ne faut pas rater les mascarons qui ornent beaucoup de façades. Bordeaux en compterait plus de 3000, tous remarquables pour leurs grimaces !

Parfois un visage d’esclave africain sculptĂ© dans la pierre blonde vient fort Ă  propos rappeler qu’au XVIIIe, la prospĂ©ritĂ© de Bordeaux a tenu pour bonne partie Ă  sa participation Ă  la traite nĂ©griĂšre transatlantique.

La magnificence de l’ancienne Place Royale, aujourd’hui nommĂ©e place de la Bourse, reflĂšte Ă©galement le boum du commerce maritime.

Lorsque cette place a Ă©tĂ© créée sous Louis XV, il s’agissait d’en mettre plein la vue Ă  ceux qui jetaient l’ancre dans le port. C’était aussi la premiĂšre fois que Bordeaux tournait la tĂȘte vers la Garonne aprĂšs s’en ĂȘtre protĂ©gĂ©e tout au long du Moyen-Age !

Cette pĂ©riode fastueuse passĂ©e, la ville s’était dĂ©tournĂ©e, un temps, de la Garonne. Par chance, l’enfilade de ses quais a Ă©tĂ© rĂ©habilitĂ©e et mise en valeur depuis quelques annĂ©es, rĂ©conciliant Bordeaux avec son fleuve.

Une promenade amĂ©nagĂ©e permet d’aller agrĂ©ablement Ă  pied du Pont de Pierre Ă  la CitĂ© du vin tandis qu’au bout de la place de la Bourse, l’une des attractions les plus emblĂ©matiques du Bordeaux actuel fait le spectacle : bien que le « miroir d’eau » » imaginĂ© par l’urbaniste Michel Corajoud soit profond de seulement 2 centimĂštres, les façades de la Bourse et le ciel s’y reflĂštent Ă  l’infini.

En reprenant, ensuite, l’exploration de la ville, difficile de rater la rue Sainte-Catherine - piĂ©tonne depuis 1984 -qui s’adapte aux ambiances des quartiers qu’elle traverse, un brin chic au nord, cĂŽtĂ© place de la ComĂ©die, plus Ă©tudiante cĂŽtĂ© place de la Victoire au sud. Logique d’ailleurs, c’est la plus longue rue commerçante d’Europe ! Ses nombreuses boutiques drainent un monde fou mais pour l’aborder, mieux vaut ĂȘtre bien chaussĂ©e


Pause relaxante sur le rooftop du Grand-HĂŽtel

Le rooftop de L’InterContinental Bordeaux-Le Grand HĂŽtel offre une vue Ă©blouissante sur la ville (@PB)
Le rooftop de L’InterContinental Bordeaux-Le Grand HĂŽtel offre une vue Ă©blouissante sur la ville (@PB)
AprÚs cette matinée un peu fatigante, il sera agréable de profiter de Bordeaux en prenant de nouveau un peu de hauteur.

L’InterContinental Bordeaux-Le Grand HĂŽtel (5 *) qui, depuis 70 ans, propose Ă  ses clients, sur la place de la ComĂ©die, un luxe Ă©lĂ©gant dans un dĂ©cor assez classique, s’est dotĂ© d’un rooftop exceptionnel. Avec jacuzzi.

Ouverte tous les jours de midi à minuit, cette élégante terrasse au mobilier moderne et confortable ne prend pas de réservation mais propose une sélection de plats de saison, de vins, de cocktails et de boissons détox et saines.

En ce dĂ©but d’étĂ© ensoleillĂ©, l’endroit est idĂ©al pour dĂ©jeuner, par exemple, d‘un ceviche frais et d‘un caviar d’aubergine. Et pour, de nouveau, admirer Bordeaux, avec d’un cĂŽtĂ© la cathĂ©drale Saint-AndrĂ©, de l’autre, au loin, le ruban de la Garonne.

Les trĂ©sors du musĂ©e d’Aquitaine

Cette pendeloque en forme de tĂȘte de cheval  trouvĂ©e Abri Duruthy, Sordes-l'Abbaye dans les Landes est exposĂ©e au MusĂ©e d'Aquitaine (@AurĂ©lien Simonet/MusĂ©e d'Aquitaine)
Cette pendeloque en forme de tĂȘte de cheval trouvĂ©e Abri Duruthy, Sordes-l'Abbaye dans les Landes est exposĂ©e au MusĂ©e d'Aquitaine (@AurĂ©lien Simonet/MusĂ©e d'Aquitaine)
AprĂšs cette agrĂ©able parenthĂšse, direction le quartier de la place de la Victoire. Au 20, Cours Pasteur, dans l’ancien Palais des FacultĂ©s, le musĂ©e d’Aquitaine propose un voyage hors du temps, de bien avant le palĂ©olithique jusqu’au XXIe siĂšcle.

Ce musĂ©e possĂšde des Ɠuvres et des vestiges incroyables -1,3 million de piĂšces ! – et son parcours permanent -5000 m2- conte toute l’histoire de la ville. Il ne laisse rien ignorer de ce que fut le castrum romain de Burdigala ou de ce qu’a Ă©tĂ© le passĂ© nĂ©grier que l’on a longtemps reprochĂ© Ă  Bordeaux de taire, grĂące Ă  l’espace commĂ©moratif « Bordeaux au XVIIIe siĂšcle, le commerce atlantique et l’esclavage ».

Jusqu'au 7 janvier 2024, ce musĂ©e consacre -450 objets Ă  l’appui - une exposition -accessible Ă  tous- Ă  "l’art prĂ©historique, de l’Atlantique Ă  la MĂ©diterranĂ©e".

C’est l’occasion de dĂ©couvrir que l’homo sapiens s’est distinguĂ© de ses prĂ©dĂ©cesseurs par la production d’art, grĂące Ă  des chefs d’Ɠuvre prĂ©historiques, des moulages de piĂšces trop fragiles pour voyager, des interviews de chercheurs, des Ă©crans avec des photos de peintures et gravures rupestres


Des Ă©crans diffusent aussi des films de la sĂ©rie « Les gestes de la prĂ©histoire » qui permettent de comprendre comment toutes ces Ɠuvres d’art ont Ă©tĂ© créées.

On sort avec la conviction que l’art prĂ©historique Ă©tait tout sauf primitif et rĂ©pondait Ă  des rĂšgles et Ă  des besoins spirituels que l’on peut approcher mĂȘme si on ne sait pas bien les expliquer
.

Soirée humour et cocktail sans alcool au Marty

Une ambiance résolument "arty", au Marty (@PB)
Une ambiance résolument "arty", au Marty (@PB)
Aprùs cette immersion dans le Bordeaux d’hier et d’aujourd’hui, retour au Marty.

Pour sa soirĂ©e, on peut aisĂ©ment se contenter d’un cocktail maison avec ou sans alcool (il y a le choix) accompagnĂ© d’une planche de charcuterie que l’on a pris soin de rĂ©server Ă  l’avance.

C’est l’occasion de profiter d’un Ă©vĂ©nement organisĂ© par le « Comedy club » de l’hĂŽtel, pour ses clients et pour les habitants du quartier en quĂȘte d’un lieu pour se distraire et s’offrir un verre.

Ce soir d’étĂ©, tables et chaises installĂ©es devant le bar Ă©taient pleines Ă  craquer, et plusieurs humoristes faisaient le spectacle devant une belle jeunesse d’évidence ravie.

Les extravagances des « Bassins des LumiÚres »

Ici, la Sagrada familia de Gaudi sublimée par les éclairages des Bassins des lumiÚres (@PB)
Ici, la Sagrada familia de Gaudi sublimée par les éclairages des Bassins des lumiÚres (@PB)
Pour terminer ce week-end à Bordeaux, une incursion s’impose dans l’ancienne base sous-marine de Bordeaux, dans le quartier des Bassins à Flots.

Pendant la Seconde guerre mondiale, l’armĂ©e allemande y cachait ses sous-marins. Cet immense et imposant bunker -20 mĂštres de haut_ impossible Ă  dĂ©molir sans risquer de faire sauter une partie de ville, abrite dĂ©sormais les Bassins des LumiĂšres, un centre d'art numĂ©rique.

Cet Ă©tĂ© -et jusqu'au 7 janvier 2024-, Dali et Gaudi virevoltent sur ses murs. MalgrĂ© son cĂŽtĂ© spectaculaire parfois dĂ©criĂ© par les puristes, cette immersion numĂ©rique vaut le dĂ©tour. Les non familiers de l’art s’y approprieront facilement l’univers mystico-surrĂ©aliste du peintre catalan, le cĂŽtĂ© onirique de l’exposition sĂ©duira les amateurs d’art plus classiques.

Dali, champion revendiqué de la démesure, était un candidat idéal pour ce lieu aux dimensions quelque peu extravagantes.

Certes, le visiteur a d’abord un petit frison en apercevant d’abord, dans un fond d’écran, un Ă©norme sous-marin se prĂ©senter, de cĂŽtĂ©, Ă  l’entrĂ©e brumeuse d’un premier bassin, puis, un second, s’engager de face dans le bassin suivant
 Mais, ensuite, comment ne pas ĂȘtre subjuguĂ© par la succession d’images qui s’entremĂȘlent sur les murs, sur le sol, ou sur l’eau, dĂ©multipliant les obsessions de Dali ?

Sur fond de musique des Pink Floyd, Gala (la femme et muse du peintre) et son cygne, les cĂ©lĂšbres Montres molles qui coulent comme un camembert, les personnages anthropomorphes, les cadavres en putrĂ©faction et bien sĂ»r les obsessions sexuelles de l’artiste jouent avec l’architecture des lieux
.

Quelques rĂ©fĂ©rences religieuses chĂšres Ă©galement Ă  Dali font le lien avec la seconde exposition consacrĂ©e Ă  un autre Catalan qui l’a d’ailleurs inspirĂ© : le trĂšs catholique Antoni Gaudi.

Ainsi, de vitraux en mosaĂŻques, le voyage entre rĂȘve et rĂ©alitĂ© se poursuit du cĂŽtĂ© de Barcelone, du parc GĂŒell Ă  la Casa BatllĂł en passant, bien sĂ»r, par la cĂ©lĂšbre Sagrada FamĂ­lia 
 Époustouflant !

A la Méca, « nous sommes tous des menteurs »

Pierre Molinier, un fétichiste des jambes . Ici, sa composition "Je rampe vers Gehamman" présentée à la Méca (@Fredéric Delpech/FRAC Nouvelle-Aquitaine)
Pierre Molinier, un fétichiste des jambes . Ici, sa composition "Je rampe vers Gehamman" présentée à la Méca (@Fredéric Delpech/FRAC Nouvelle-Aquitaine)
Pour complĂ©ter cette incursion sur la scĂšne culturelle bordelaise, les amateurs d’art classique iront au musĂ©e des Beaux-Arts aux riches collections (PĂ©rugin, Titien, VĂ©ronĂšse, Brueghel de Velours, Van Dyck, Rubens, Chardin, Delacroix, Corot, Rodin, Kokoschka, Picasso, Matisse...).

Les amateurs d’art contemporain auront, eux, le choix entre l'Institut Culturel Bernard Magrez et la MECA. Ce lieu de crĂ©ation artistique multiforme installĂ© dans le nouveau quartier Euratlantique abrite le FRAC, le Fonds rĂ©gional d’art contemporain.

Celui-ci consacre, jusqu’au 17 septembre, sur le thĂšme "nous sommes tous des menteurs", une exposition Ă  Pierre Molinier (1900-1976), artiste controversĂ© mais non dĂ©pourvu de talent. En attestent ses tableaux Ă©rotiques, ses photomontages, ses mises en scĂšne de son propre corps et ses autoportraits travestis.

Il est un peu Ă©trange cependant de le voir associĂ© aux questionnements trĂšs actuels sur le genre. A l'Ă©poque de Molinier, cette notion n’était pas abordĂ©e en ces termes.

Aprùs un dernier verre au bar du Marty, il sera, en tout cas, plus que temps de filer à la gare. Le train du retour n’attendra pas.

PAULA BOYER Publié par Paula Boyer Responsable rubrique LuxuryTravelMaG - TourMaG.com
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Tags : bordeaux
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