TourMaG - Avec la rentrée, l'heure du bilan touristique estival a sonné. L'été 2024, semble un peu compliqué à appréhender ?
Didier Arino : Ce qui est compliqué cette année, c'est que, sur une même destination, certains opérateurs sont en croissance quand d'autres sont en baisse, avec quasiment le même type de produits. C'est assez difficile d’avoir une vision linéaire.
Autre point : il est compliqué de raisonner par région, voire même par espace géotouristique. Les situations peuvent être très contrastées d'une station à l'autre. En Vendée, par exemple, Les Sables d’Olonne ont bien marché, alors que d'autres stations vendéennes ont connu un été très difficile.
Au Pays basque, les hébergements affichaient du monde, mais globalement l'activité est plutôt en recul.
En Bretagne, la saison avait mal démarré, puis avec l’effet canicule elle a en partie rattrapé son retard. Autre exemple : la montagne. Juillet s’inscrit dans la tendance de 2024, et le mois d’août devrait être satisfaisant. Cependant, on constate des écarts entre les zones de lacs et les endroits où il y a de l’eau, et ceux qui n’en ont pas.
Les stations haut de gamme étaient plutôt désertées par la clientèle haut de gamme, qui ne part pas forcément à la montagne l’été, sauf dans certains hébergements type Club Med, qui s’en sortent bien.
La Plagne, Tignes, les stations-villages ou encore celles disposant d’un plan d’eau s’en sont plutôt bien sorties.
Didier Arino : Ce qui est compliqué cette année, c'est que, sur une même destination, certains opérateurs sont en croissance quand d'autres sont en baisse, avec quasiment le même type de produits. C'est assez difficile d’avoir une vision linéaire.
Autre point : il est compliqué de raisonner par région, voire même par espace géotouristique. Les situations peuvent être très contrastées d'une station à l'autre. En Vendée, par exemple, Les Sables d’Olonne ont bien marché, alors que d'autres stations vendéennes ont connu un été très difficile.
Au Pays basque, les hébergements affichaient du monde, mais globalement l'activité est plutôt en recul.
En Bretagne, la saison avait mal démarré, puis avec l’effet canicule elle a en partie rattrapé son retard. Autre exemple : la montagne. Juillet s’inscrit dans la tendance de 2024, et le mois d’août devrait être satisfaisant. Cependant, on constate des écarts entre les zones de lacs et les endroits où il y a de l’eau, et ceux qui n’en ont pas.
Les stations haut de gamme étaient plutôt désertées par la clientèle haut de gamme, qui ne part pas forcément à la montagne l’été, sauf dans certains hébergements type Club Med, qui s’en sortent bien.
La Plagne, Tignes, les stations-villages ou encore celles disposant d’un plan d’eau s’en sont plutôt bien sorties.
Saison été : "Il y a une dichotomie importante entre les prix pratiqués et les budgets vacances"

Didier Arino : Il y a une énorme dichotomie entre des hébergements qui s’en sortent plutôt bien, alors même qu’ils ont vécu un été sous tension. Il faut tenir compte de nombreux phénomènes qui empêchent une lecture simple et linéaire.
Pour certains hébergeurs, le remplissage a été très laborieux. Mais finalement, ils sont parvenus à remplir leurs établissements. Nous avons observé des phénomènes qui n’avaient jamais existé auparavant : des hôtels qui affichaient encore 50 chambres disponibles le matin et qui terminaient la journée avec seulement 4 chambres vacantes.
TourMaG - Est-ce un phénomène lié aux prix pratiqués ? Les consommateurs attendent-ils la bonne affaire ?
Didier Arino : Oui, il y a une dichotomie importante entre les prix pratiqués et les budgets vacances, tout simplement. Les vacanciers étaient à l’affût de la semaine la moins chère, des promotions, et aussi du fait que toutes les conditions soient réunies.
Ce comportement a, par exemple, bénéficié à la Normandie ou à la Bretagne. Pourquoi aller chercher la chaleur dans le Sud s’il fait beau sur les côtes normandes ou bretonnes ? Ce phénomène a contribué à rééquilibrer les flux.
La Méditerranée, qui était très bien réservée, a fait une saison correcte, mais les réservations de dernière minute y ont été moins nombreuses. À l’inverse, la Bretagne et le littoral ouest de la France ont bénéficié d’un surcroît de flux de dernière minute.
TourMaG - La question du pouvoir d’achat a donc bel et bien joué dans le choix des vacances ?
Didier Arino : Oui. Il y a un tel décalage entre l’augmentation du pouvoir d’achat, d’environ 2 %, et la hausse des prix, de près de 7 % !
Les consommateurs ont opéré des arbitrages très forts sur la restauration, les commerces, les dépenses annexes, bref tout ce qui paraissait inutile ou secondaire. Tout ce qui pouvait sembler superflu a été fortement réduit.
Même les restaurants dans les campings ont été affectés, alors que l’épicerie du camping, elle, s’en est bien sortie. C’est révélateur de comportements où les clients surveillent de très près leurs dépenses.
"Une saison d'été décevante "
TourMaG - Les voyants étaient plutôt au vert en avant saison ?
Didier Arino : Si je devais résumer, je dirais que c’est malgré tout un été plutôt décevant.
En effet, toutes les conditions étaient réunies : nous avons eu une belle météo, pas d’élections, pas de Jeux Olympiques, pas de vacances scolaires démarrant tardivement…
Et pourtant, globalement, la saison n’a rien de fantastique.
TourMaG - Certains territoires ont tout de même tiré leur épingle du jeu, la Côte d’Azur par exemple ?
Didier Arino : Oui, les zones positionnées sur les clientèles étrangères s’en sortent plutôt bien, notamment la Côte d’Azur.
Tous les hébergeurs de la Côte d’Azur ont oscillé entre 85 % et 92 % de taux d’occupation selon les semaines. La Côte d’Azur fait clairement partie des grands gagnants.
TourMaG - Une saison d'été décevante mais qui ne sera pas forcément en baisse ?
Didier Arino : Dans les hébergements marchands, il n’y aura pas de baisse sur l’ensemble de la saison par rapport à 2024. Le printemps a été bon, le mois de juin très bon, en revanche le mois de juillet a été décevant.
Attention également aux comparaisons avec l’année précédente. Certaines destinations progressent en juillet, mais ce n’est pas pour autant que l’on peut parler d’une grande saison touristique. Les comparaisons avec 2024 ne sont donc pas toujours pertinentes.
Didier Arino : Si je devais résumer, je dirais que c’est malgré tout un été plutôt décevant.
En effet, toutes les conditions étaient réunies : nous avons eu une belle météo, pas d’élections, pas de Jeux Olympiques, pas de vacances scolaires démarrant tardivement…
Et pourtant, globalement, la saison n’a rien de fantastique.
TourMaG - Certains territoires ont tout de même tiré leur épingle du jeu, la Côte d’Azur par exemple ?
Didier Arino : Oui, les zones positionnées sur les clientèles étrangères s’en sortent plutôt bien, notamment la Côte d’Azur.
Tous les hébergeurs de la Côte d’Azur ont oscillé entre 85 % et 92 % de taux d’occupation selon les semaines. La Côte d’Azur fait clairement partie des grands gagnants.
TourMaG - Une saison d'été décevante mais qui ne sera pas forcément en baisse ?
Didier Arino : Dans les hébergements marchands, il n’y aura pas de baisse sur l’ensemble de la saison par rapport à 2024. Le printemps a été bon, le mois de juin très bon, en revanche le mois de juillet a été décevant.
Attention également aux comparaisons avec l’année précédente. Certaines destinations progressent en juillet, mais ce n’est pas pour autant que l’on peut parler d’une grande saison touristique. Les comparaisons avec 2024 ne sont donc pas toujours pertinentes.
200 000 partants de moins à l'étranger
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TourMaG - En mars, vous annonciez 200 000 partants de plus vers l’étranger. Quel est le constat à fin août ?
Didier Arino : Beaucoup de Français pensaient partir à l’étranger en se disant que ce serait moins cher.
Mais ils se sont rendu compte que ce n’était pas forcément le cas. En mars, 200 000 Français de plus envisageaient de voyager à l’étranger par rapport à l’an dernier. Mais à l’arrivée, ils sont 200 000 de moins !
Cela a joué plutôt en faveur de la France.
TourMaG - La rentrée s’annonce tendue avec le vote de confiance du 8 septembre et la journée de blocage qui se profile le 10… Cette incertitude n’augure rien de bon...
Didier Arino : Effectivement, l’aspect moral joue beaucoup sur le comportement des consommateurs. Nous l’avons vu l’an dernier avec les Jeux olympiques et cette ambiance particulière : les gens avaient dépensé. Là, nous ressentons une vraie inquiétude.
Didier Arino : Beaucoup de Français pensaient partir à l’étranger en se disant que ce serait moins cher.
Mais ils se sont rendu compte que ce n’était pas forcément le cas. En mars, 200 000 Français de plus envisageaient de voyager à l’étranger par rapport à l’an dernier. Mais à l’arrivée, ils sont 200 000 de moins !
Cela a joué plutôt en faveur de la France.
TourMaG - La rentrée s’annonce tendue avec le vote de confiance du 8 septembre et la journée de blocage qui se profile le 10… Cette incertitude n’augure rien de bon...
Didier Arino : Effectivement, l’aspect moral joue beaucoup sur le comportement des consommateurs. Nous l’avons vu l’an dernier avec les Jeux olympiques et cette ambiance particulière : les gens avaient dépensé. Là, nous ressentons une vraie inquiétude.